Le cinéma allemand contemporain

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Supfiction
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Re: Le cinéma allemand contemporain

Post by Supfiction »

Je reviens sur Er is wieder da/Il est de retour. Sous des allures de comédie (à ce titre il y a des passages très drôles,
Spoiler (cliquez pour afficher)

le film impressionne par sa très grande liberté de ton. A ce titre, les allemands donnent une leçon de comédie grinçante.
Le film qui commence un peu comme Les visiteurs, se poursuit comme un dialogue entre le vrai Hitler et le peuple allemand.
"Je serai toujours en toi" dit Hitler et il a probablement raison. Dans sa dernière partie, la mise en abyme est glaçante, on voit le film dans le film être réalisé, Hitler faire le tour des plateaux de télé et hypnotiser le public, les réseaux sociaux s'activer ("le pire c'est qu'il a raison"). De fait, le propos réussit à aller au-delà du cas particulier allemand, ce que ne manque pas d'illustrer le générique de fin avec des images de différents leaders d'extrême droite actuels dont Marine Le Pen. D'ailleurs, en dépit de sa situation économique enviable, les problèmes allemands semblent très proches de ce qui se passe en France. Et encore, le film a été réalisé en 2014, avant la crise migratoire, avant la Saint-Sylvestre 2015.
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Re: Le cinéma allemand contemporain

Post by Supfiction »

Transfert depuis Le western contemporain :

Supfiction wrote:Image


The Dark Valley (Andreas Prochaska, 2014)

Avec : Sam Riley, Paula Beer, Tobias Moretti

Fin du XIXe siècle. Un cavalier solitaire arrive dans un petit village de montagne perdu au fond d'une vallée des Alpes autrichiennes. Le genre d'endroit où l'étranger n'est pas le bienvenu, surtout quand il s'agit d'un jeune Américain nommé Greider qui souhaite y passer l'hiver pour, prétend-il, immortaliser les habitants avec son drôle d'appareil, ce « miroir doté d'une mémoire ». Petit à petit, on découvre que le photographe a d'autres intentions, moins humanistes, et qu'il est lui aussi doté d'une mémoire...

Présenté à l’avant-première du Festival international du film de Berlin 2014, The Dark Valley (titre original, Das Finstere Tal) est un western austro-allemand qui je crois n'est jamais sorti dans les salles françaises comme cela devient la norme desormais (surtout lorsque comme ici il n'y a même pas de star pour vendre le film). Ce n'est pas un western au sens strict du mot puisque l'action se déroule entièrement dans les Alpes, bien loin de l'Ouest américain. Et pourtant, sur le fond, le scénario est du archi-vu et revu, notamment chez Clint Eastwood (Pale rider, etc) ou Leone (Il était une fois dans l'Ouest) : une vengeance, une communauté isolée sous le joug d'une famille tout puissante. En revanche, la mise en scène est formidable, originale et les partis pris audacieux (musique rock, cadrages inspirés, réalisme des scènes d'action). Les décors sont extrêmement bien utilisés et participent d'une ambiance noire et opressante.
A noter une scène de bûcheronnage précédant les premiers actes de violence sèche qui m'a rappelé Le clan des irréductibles de Paul Newman.
Sorti il y a deux ans seulement, Paula Beer semble vraiment toute jeune dans ce film et bien loin de Frantz. Sam Riley sobre mais crédible une carabine à la main dans la séquence finale réaliste et crispante.

Commissaire Juve wrote:
Supfiction wrote:

The Dark Valley (Andreas Prochaska, 2014)
Je l'avais repéré (je ne sais plus comment). Faudra que j'essaye.

EDIT : je vois qu'il y a carrément un BLU !
... western austro-allemand qui je crois n'est jamais sorti dans les salles françaises comme cela devient la norme desormais (surtout lorsque comme ici il n'y a même pas de star pour vendre le film)...
Manque de curiosité typique pour tout ce qui peut être germanique. C'est comme les films néerlandais ou les films scandinaves. Les gens -- ici -- n'en ont rien à foutre.

Germanique ou slave.
AtCloseRange wrote:En même temps, si c'est pour te survendre un Labyrinthe du silence qui vaut à peine mieux qu'un téléfilm moyen...
Ah tu as fini par le voir finalement ?
C'est vrai que tous ceux qui l'ont vu ont mis une bonne note. J'avais mis un 7/10 je pense et pourtant je ne l'ai pas repris dans mon Top de fin d'année, preuve que le film est bon mais peu mémorable.
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Commissaire Juve
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Re: Le cinéma allemand contemporain

Post by Commissaire Juve »

Désolé pour le parasitage.
Commissaire Juve wrote:
Supfiction wrote:... Elser Un Heros Ordinaire (2015)...
Faudra que je le teste, celui-là.
Finalement, je l'ai testé et approuvé.

http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... 0#p2558492

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Re: Le cinéma allemand contemporain

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Re: Le cinéma allemand contemporain

Post by Supfiction »

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Schtonk ! (1992, Helmut Dietl) doit son titre au Dictateur de Charlie Chaplin, clin d’œil aux onomatopées prononcées par Chaplin dans le film (lors de son premier discours, Adenoïd Hynkel affirme que la liberté est "Schtonk").
Le film évoque une affaire véridique, celle du faux journal intime d'Adolf Hitler en réalité écrit par un faussaire à la fin des années 70 et au début des années 80. Soixante carnets furent achetés en 1983 pour plus de 9 millions de Deutsche Marks par le magazine Stern. Deux véritables historiens avaient même authentifié les carnets avant de se raviser mais aucun examen scientifique sérieux n'avait été effectué avant la révélation de leur existence et leur publication..

Au casting, on reconnaitra Ulrich Mühe, rendu célèbre à l'international grâce au succès de La vie des autres (il était également dans le Funny Games 1997 de Michael Haneke).

Le film était diffusé sur Arte ce lundi (une rediffusion est prévue dans la semaine). Il est étonnant de constater que l'humour allemand de ce type de film ressemble à celui de comédies italiennes. Je pense notamment aux comédies qui évoquent Mussolini sans complexe. Hitler est décidément omni-présent dans le cinéma allemand de ces dernières années, que ce soit dans le drame historique comme dans la comédie contemporaine. Je n'ai pas trouvé ça très drôle cela dit et je me suis même pas mal ennuyé, luttant pour aller jusqu'au bout. Quoiqu'il en soit, il est intéressant de constater que l'humour allemand est parfois peut-être plus proche de la comédie italienne que de la comédie française.
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Re: Le cinéma allemand contemporain

Post by Supfiction »

Karras wrote:Fritz Bauer, un héros allemand (5/10) : Après le labyrinthe du silence, un film qui témoigne de la volonté du cinéma allemand de traiter de sujets trop longtemps laissés dans l'ombre. Dommage que la réalisation ne suive pas ; sans imagination, avec des digressions hors sujet, le film se révèle assez ennuyant malgré sa construction en thriller.
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Commissaire Juve
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Re: Le cinéma allemand contemporain

Post by Commissaire Juve »

Supfiction wrote: Schtonk ! (1992, Helmut Dietl)

Le film évoque une affaire véridique, celle du faux journal intime d'Adolf Hitler en réalité écrit par un faussaire à la fin des années 70 et au début des années 80. Soixante carnets furent achetés en 1983 pour plus de 9 millions de Deutsche Marks par le magazine Stern.
Me souvenant bien de l'affaire, je l'ai regardé avec curiosité. Après le film, j'ai re-regardé les JT français de l'époque pour voir comment les choses avaient été présentées. La supercherie a été annoncée le 6 mai 83 et le scandale a éclaté le 7 mai. Mais je peux témoigner qu'on en parlait encore dans les journaux allemands fin juillet (à cette époque-là, en rentrant de Suède, je m'étais retrouvé dans un train allemand où mon voisin de gauche lisait un article sur l'affaire).
... Je n'ai pas trouvé ça très drôle cela dit et je me suis même pas mal ennuyé, luttant pour aller jusqu'au bout. Quoiqu'il en soit, il est intéressant de constater que l'humour allemand est parfois peut-être plus proche de la comédie italienne que de la comédie française.
j'ai regretté, pour ma part, le traitement "bouffon" de l'arnaque. Dans le film, les dindons de la farce sont vraiment de "gros" dindons, alors que c'étaient sûrement des gens qui ne devaient pas plaisanter avec l'argent. Ou alors, ils étaient totalement cyniques.

Un regret : le film ne dit pas ce qu'il est advenu "vraiment" du faussaire (il s'est rendu assez rapidement, il a été condamné à 4 ans et demi de prison en 1985 et il en est sorti en 1987... après, il a ouvert une galerie d'art).

Pour revenir au film, j'ai trouvé "marrant" de voir Veronica Ferres "jeune" (mais c'est une actrice que j'ai surtout vue dans des téléfilms sur ARTE).
... l'humour allemand de ce type de film ressemble à celui de comédies italiennes.
Avec sa moustache, Götz George m'a fait penser à Mastroianni tout du long.
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Re: Le cinéma allemand contemporain

Post by Commissaire Juve »

UP ! (le topic était en page 11)

Mon petit dernier. Film germano-norvégien (2012). Pas encore vu.

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Re: Le cinéma allemand contemporain

Post by Supfiction »

Berlin 1956

http://www.telerama.fr/series-tv/dans-b ... 155467.php

En cours de diffusion sur Arte en ce moment, belle reconstitution de l'Allemagne d'après-guerre. A l'instar de ce qu'on fait les americains avec Mad men ou les anglais avec The hour, cette mini-série de 6 épisodes évoque la difficulté d'émancipation des femmes dans ces années 50 où l'émergence du rock'n roll se confrontait à une société patriarcale et conservatrice.
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Re: Le cinéma allemand contemporain

Post by Truffaut Chocolat »

De l’excellent Tom Tykwer, il y a Winterschläfer (Les Rêveurs en VF).
Une sorte de faux thriller qui fait se croiser les chemins de personnages tous aussi différents les uns que les autres, notamment un projectionniste dont le besoin de prendre des photos pour ne pas perdre la mémoire ressemble furieusement à Memento. Mais en vrai, ça ressemble trait pour trait à du Atom Egoyan, jusqu’au point de retrouver un accident originel dans la neige :o. Beaucoup de sensualité aussi.
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Re: Le cinéma allemand contemporain

Post by Supfiction »

Supfiction wrote:Berlin 1956

http://www.telerama.fr/series-tv/dans-b ... 155467.php

En cours de diffusion sur Arte en ce moment, belle reconstitution de l'Allemagne d'après-guerre. A l'instar de ce qu'on fait les americains avec Mad men ou les anglais avec The hour, cette mini-série de 6 épisodes évoque la difficulté d'émancipation des femmes dans ces années 50 où l'émergence du rock'n roll se confrontait à une société patriarcale et conservatrice.
Le test du Blu ray qui sort dans la foulée:

http://www.dvdfr.com/dvd/c161876-berlin-56.html
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Re: Le cinéma allemand contemporain

Post by Supfiction »

Supfiction wrote:
Supfiction wrote:Berlin 1956

http://www.telerama.fr/series-tv/dans-b ... 155467.php

En cours de diffusion sur Arte en ce moment, belle reconstitution de l'Allemagne d'après-guerre. A l'instar de ce qu'on fait les americains avec Mad men ou les anglais avec The hour, cette mini-série de 6 épisodes évoque la difficulté d'émancipation des femmes dans ces années 50 où l'émergence du rock'n roll se confrontait à une société patriarcale et conservatrice.
Le test du Blu ray qui sort dans la foulée:

http://www.dvdfr.com/dvd/c161876-berlin-56.html
La suite, Berlin 59 sera diffusé en Mai su Arte.
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Re: The Keeper (2020)

Post by Supfiction »

The Keeper (2020)

A la fin de la Seconde guerre mondiale, Margaret se rend dans un camp de prisonniers près de Manchester avec son père. Ce dernier, entraîneur de l’équipe de foot locale, repère un soldat allemand, Bert Trautmann. Impressionné par les prouesses du jeune homme dans les buts, il parvient à le faire sortir du camp pour l’intégrer à son équipe..


David Kross, le petit gamin de The reader a bien grandit. Cet excellent acteur allemand joue désormais les prisonniers de guerre dans cette co-production anglo-allemande.
Avec également une formidable actrice au regard qui tue, la britannique montante Freya Mayor qui travaille chez nous de temps en temps (par exemple, dans L’empereur de Paris, dans le film de Joann Sfar La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil qui l’a lancé et plus récemment dans la série ARTE Il était une seconde fois avec Gaspard Ulliel). Personnellement, je suis totalement sous le charme, d’autant plus qu’elle parle parfaitement le français (elle a grandit en France) et est très désireuse de travailler pour le cinéma français.

Ce très beau film sur le gardien star de Manchester City des années 50, Bert Trauttman, est l’occasion d’aborder le sujet de la difficile réconciliation anglo-allemande d’après guerre et la difficulté de panser les plaies. A cet égard, le film fait écho au Frantz de François Ozon. Dans le milieu du football. Le scénario peut sembler convenu au départ mais réserve quelques surprises. En outre, s’il aborde un sujet grave (les crimes de guerre, la dénazification, la haine entre les peuples), il n’est pas dénué d’humour, ni de tension dramatique. La photographie est chaude et la reconstitution très soignée. J’aime beaucoup.

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Last edited by Supfiction on 5 Oct 20, 14:39, edited 1 time in total.
Alibabass
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Re: Le cinéma allemand contemporain

Post by Alibabass »

Merci pour l'info :)
Sur Netflix, je présume ?
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Re: Le cinéma allemand contemporain

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Alibabass wrote: 23 Sep 20, 22:15 Merci pour l'info :)
Sur Netflix, je présume ?
MyCanal.