Le Pont des espions (Steven Spielberg - 2015)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Roy Neary
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Re: Le Pont des espions (Steven Spielberg - 2015)

Post by Roy Neary »

Ce combat intérieur est permanent depuis trèèèès longtemps (il faut même remonter à ses premiers films) et cela fait en grande partie la force de son cinéma.
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G.T.O
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Re: Le Pont des espions (Steven Spielberg - 2015)

Post by G.T.O »

Strum wrote:
G.T.O wrote:En un mot : j'y ai vu le signe d'un début d'effritement de son idéalisme. ( oui, cette idée te dit quelque chose, c'est normal... :mrgreen: )[/justify]
A mon avis, cela fait longtemps que son idéalisme est effrité. :)
Longtemps, je ne sais pas...Le Spielberg de la maturité n'est pas un renoncement total à sa vision du monde; entendu ici par vision humaniste, optimiste, réconfortante. Ce qui est certain et, en effet, pas nouveau, ce que le cinéma de Spielberg est schizophrène. Travaillé par des forces contraires et, constamment, tiraillé entre un désir démiurgique de refaçonner le monde et l'emprise d'un réel inquiétant. Bridge of spies est, pour moi, non seulement la preuve de ce tiraillement mais surtout le signe récent de l'adaptation pratique de la part de Spielberg. L'aveu qu'il ne peut pas tout résoudre. En tout cas, la formulation d'un compromis qui tienne compte, à la fois, de ce désir et de la réalité, sans pour annuler celle-ci sous l'effet de celui-ci. D'ailleurs, c'est un peu le sujet du film que ne pas apporter pas d'issue heureuse au sort de l'espion russe.
Et, selon les sujets abordés, le conflit est plus ou moins fort. Lorsque tu vois Terminal, Cheval de guerre ou bien encore dernièrement le commémoratif Lincoln , pour moi, tu sens que le désir est plus fort que la quête de vérité. En conclusion, j'ai surtout le sentiment qu'en fonction du sujet et des périodes, le scepticisme de Spielberg prend plus ou moins d'ampleur. Il est entier comme dans Munich, partiel jusqu'à la contradiction dans Minority Report ou bien encore, La guerre des mondes, avec notamment l'existence de ces épilogues absurdes, allant jusqu'à nier les acquis ou direction du film. Le film A.I est la plus belle démonstration de ce conflit interne à travers le concept de robot à l'affectivité programmée, rêvant et transformant la réalité pour la conformer à son désir.
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Roy Neary
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Re: Le Pont des espions (Steven Spielberg - 2015)

Post by Roy Neary »

Pour faire très court parce que j'ai pas le temps.
Le cinéma de Spielberg se partage TOUJOURS ou presque entre deux dimensions, deux niveaux pour faire simple : la réalité et ce que souhaiterait voir le personnage (ou le réalisateur ou les deux - surtout quand il s'agit de Dreyfuss ou de Hanks) par rapport à une quête de plénitude (ou d'accomplissement), à une quête intérieure qui selon les cas répondrait à un appel extérieur ou bien - plus intéressant et/ou original - générerait une modification de la perception de la réalité pour trouver une vérité qui satisferait ses ambitions ou ses désirs. Et parfois ça fait très mal quand la dissociation/fusion ne résout pas le conflit enduré par le personnage ou bien déconstruit brique par brique une espérance basée sur une illusion (cf. A.I).

Ce qui me donne l'occasion de parler ici de la fin de La Guerre des Mondes en rapport avec ce jugement : "...avec notamment l'existence de ces épilogues absurdes, allant jusqu'à nier les acquis ou direction du film."
Je me demande toujours aujourd'hui pourquoi il est acquis comme une évidence pour quasiment tout le monde que le fils de Tom Cruise est vivant. Mais enfin, c'est pas comme si la mise en scène de l'épilogue à Boston n'était pas singulière et ne marquait pas une coupure formelle avec tout ce qui a précédé ! Je conseille à tous de la revoir à la lumière de ce que je dis ci-dessus et surtout en analysant bien la forme (on est sur Classik quand même, vous aimez quasiment tous couper les cheveux en quatre ! :lol: ). Observez le rythme lent que prend le montage, l'atmosphère à la fois pesante et éthérée comme si le récit était suspendu dans une autre dimension spatio-temporelle, la photographie spectrale, l'entrée de champ des personnages (le beau-père et les beaux-parents et eux seulement) sur le perron qui lance la construction en point de vue à partir du regard de Cruise qui amène l'entrée de champ de son fils, qui surgit à partir du hors-champ sans lien avec le reste de la famille (sur le plan où il apparaît, on ne voit que Cruise et son fils dans une ligne oblique allant de l'avant-plan à l'arrière-plan). Il n'y a aucune interaction entre le fils et les autres protagonistes. Qu'en conclure ? Simplement que ce n'est pas si simple, que l'ardent engagement manifesté par le personnage de Cruise à sauver ses deux enfants se manifeste visuellement à travers la présence de ce garçon qui semble émaner de son esprit. La confusion est volontairement entretenue, certes, mais cette confusion renvoie justement à cette dichotomie qui traverse toute son oeuvre - qui est signe d'une grande mélancolie - entre la quête d'un espoir si fort qu'il prend forme à travers des projections visuelles et la persistance d'une réalité douloureuse qui oblige à des compromis ou à des sacrifices. Et moi je trouve que c'est ce combat permanent qui fait en grande partie la beauté et la singularité du cinéma de Spielberg. Il ne s'agit pas du tout de nier la réalité, mais de la dépasser. Et le cheminement pour y parvenir importe plus que le résultat, d'autant que ce dernier de film en film est de moins en moins de l'ordre de l'avantage acquis.
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Demi-Lune
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Re: Le Pont des espions (Steven Spielberg - 2015)

Post by Demi-Lune »

On s'éloigne du Pont des espions, mais, pour le plaisir... si je continue à la trouver effectivement étrange dans son ton (ça n'a curieusement pas le goût d'un happy-end, que ces retrouvailles soient improbables ou non), l'ambivalence de la fin de La guerre des mondes est quand même moins bien négociée que celle de Minority report (cas qui, déjà là, est loin de faire l'unanimité), où des indices visuels et oraux corroborent ce que peut dire à elle seule la mise en scène : toute la cohabitation des niveaux de lecture est contenue dans ce raccord, tout à fait discret mais que je trouve magistral, que choisit de faire Spielberg entre Tom Cruise plongé dans le noir de son tube, avec le cerceau lumineux qui commence à s'illuminer doucement pour formaliser l'activité cérébrale, et Max Von Sydow qui dit dès l'instant suivant "tout est de ma faute" en regardant droit dans la caméra, avant que cette même caméra ne pivote pour faire rentrer Kathryn Morris dans le plan et extériorise ainsi le point de vue. C'est-à dire qu'on passe en un même mouvement et une même échelle d'un plan subjectif (un personnage qui regarde Von Sydow et que regarde Von Sydow - la logique interne de la scène voudrait que ce soit donc Kathryn Morris, mais ça peut être aussi Tom Cruise, se raccrochant dans sa cellule à l'idée que son ancien mentor lui confesse droit dans les yeux son crime, grâce à la magie du raccord qui crée délibérément un contrechamp subjectif) à un plan à la troisième personne. En un mouvement, la mise en scène joue avec ce thème de la duplicité des images dont John Anderton a lui-même fait les frais en tant que personnage. Je ne peux pas m'empêcher de trouver ça génial. Et le pire, c'est que c'est comme les plans-séquences spielbergiens qu'analysait Every frame a painting dans sa vidéo: c'est tellement discret, qu'on n'y prête attention que si on observe rigoureusement l'agencement. Alors, je me rappelle parfaitement de notre bon vieux AtCloseRage maugréant sur le peu de clés donnés par le film pour le commun des mortels, mais à voir les divergences qu'entraînent sur beaucoup de spectateurs la réception de cette fin, celle de La guerre des mondes, ou encore celle d'Intelligence artificielle (combien de fois j'ai entendu autour de moi "mais qu'est-ce que c'était que cette histoire d'extraterrestres à la fin, c'est nul" alors que la mise en scène, là encore, anticipe tout dès le début en filmant la toute première apparition du robot David en flou, ce qui crée une forme avec un long cou identique à celle des futures intelligences artificielles, ou, pire encore, "ouais c'est encore un happy-end à la Spielberg"), je me dis que les réflexions de Roy sur l'entretien de cette confusion traduisent peut-être effectivement une nouvelle fois l'espèce de tiraillement propre à Spielberg, et qui est si fascinant à étudier.
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Watkinssien
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Re: Le Pont des espions (Steven Spielberg - 2015)

Post by Watkinssien »

Roy Neary wrote: Observez le rythme lent que prend le montage, l'atmosphère à la fois pesante et éthérée comme si le récit était suspendu dans une autre dimension spatio-temporelle, la photographie spectrale, l'entrée de champ des personnages (le beau-père et les beaux-parents et eux seulement) sur le perron qui lance la construction en point de vue à partir du regard de Cruise qui amène l'entrée de champ de son fils, qui surgit à partir du hors-champ sans lien avec le reste de la famille (sur le plan où il apparaît, on ne voit que Cruise et son fils dans une ligne oblique allant de l'avant-plan à l'arrière-plan). Il n'y a aucune interaction entre le fils et les autres protagonistes.
Et je rajoute les notes de piano de John Williams très mélancoliques, ainsi que l'utilisation formelle des feuilles mortes, qui appuient le caractère fantasmatique (et paradoxalement tragique) de cette séquence.
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AtCloseRange
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Re: Le Pont des espions (Steven Spielberg - 2015)

Post by AtCloseRange »

Demi-Lune wrote:On s'éloigne du Pont des espions, mais, pour le plaisir... si je continue à la trouver effectivement étrange dans son ton (ça n'a curieusement pas le goût d'un happy-end, que ces retrouvailles soient improbables ou non), l'ambivalence de la fin de La guerre des mondes est quand même moins bien négociée que celle de Minority report (cas qui, déjà là, est loin de faire l'unanimité), où des indices visuels et oraux corroborent ce que peut dire à elle seule la mise en scène : toute la cohabitation des niveaux de lecture est contenue dans ce raccord, tout à fait discret mais que je trouve magistral, que choisit de faire Spielberg entre Tom Cruise plongé dans le noir de son tube, avec le cerceau lumineux qui commence à s'illuminer doucement pour formaliser l'activité cérébrale, et Max Von Sydow qui dit dès l'instant suivant "tout est de ma faute" en regardant droit dans la caméra, avant que cette même caméra ne pivote pour faire rentrer Kathryn Morris dans le plan et extériorise ainsi le point de vue. C'est-à dire qu'on passe en un même mouvement et une même échelle d'un plan subjectif (un personnage qui regarde Von Sydow et que regarde Von Sydow - la logique interne de la scène voudrait que ce soit donc Kathryn Morris, mais ça peut être aussi Tom Cruise, se raccrochant dans sa cellule à l'idée que son ancien mentor lui confesse droit dans les yeux son crime, grâce à la magie du raccord qui crée délibérément un contrechamp subjectif) à un plan à la troisième personne. En un mouvement, la mise en scène joue avec ce thème de la duplicité des images dont John Anderton a lui-même fait les frais en tant que personnage. Je ne peux pas m'empêcher de trouver ça génial. Et le pire, c'est que c'est comme les plans-séquences spielbergiens qu'analysait Every frame a painting dans sa vidéo: c'est tellement discret, qu'on n'y prête attention que si on observe rigoureusement l'agencement. Alors, je me rappelle parfaitement de notre bon vieux AtCloseRage maugréant sur le peu de clés donnés par le film pour le commun des mortels, mais à voir les divergences qu'entraînent sur beaucoup de spectateurs la réception de cette fin, celle de La guerre des mondes, ou encore celle d'Intelligence artificielle (combien de fois j'ai entendu autour de moi "mais qu'est-ce que c'était que cette histoire d'extraterrestres à la fin, c'est nul" alors que la mise en scène, là encore, anticipe tout dès le début en filmant la toute première apparition du robot David en flou, ce qui crée une forme avec un long cou identique à celle des futures intelligences artificielles, ou, pire encore, "ouais c'est encore un happy-end à la Spielberg"), je me dis que les réflexions de Roy sur l'entretien de cette confusion traduisent peut-être effectivement une nouvelle fois l'espèce de tiraillement propre à Spielberg, et qui est si fascinant à étudier.
Salaud! :mrgreen:
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Max Schreck
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Re: Le Pont des espions (Steven Spielberg - 2015)

Post by Max Schreck »

Ça commence plutôt très bien, et j'en viens aujourd'hui à ressentir du plaisir dans le simple fait de retrouver la grammaire et l'univers visuel familiers de Spielby et Kaminski. Après une séquence d'ouverture formidablement efficace, où je me suis régalé de la maîtrise confondante du réal pour nous intéresser à son personnage muet, son environnement et mettre en scène sa filature, j'ai trouvé que le film perdait un peu vite en efficacité. Quel dommage de devoir tiquer après à peine 10mn de métrage, lorsqu'Abel réussit à faire disparaître son petit papier avec autant de facilité, au milieu de tous ces agents du FBI qui ont envahi son appart et qui devraient précisément être à l'affût (scène un peu gadget puisque cet élément de preuve ne servira en rien le récit par la suite). Les séquences de procès dévoilent progressivement une réflexion intéressante, où le personnage de l'avocat prend son rôle au sérieux, seul contre tous y compris sa famille, refusant de céder à la mascarade politique qui se met en place. On se retrouve finalement avec un film au propos très citoyen, qui dit des choses sur le monde d'aujourd'hui, où face à de nouvelles crises la question du respect des droits fondamentaux est toujours posée. Parce que film d'espionnage, j'avais le fabuleux Munich en ligne de mire. On est ici plutôt dans la lignée du bavard Lincoln.

Dès que les scènes avec les soldats de l'US Air force commencent à s'intercaler, on devine où tout cela va conduire. Dès lors, le suspense m'a paru complètement éventé, me laissant avec la pénible impression que le film ne démarrait vraiment qu'au bout d'une heure, lorsque Hanks déboule à Berlin. Certes, toute cette première partie sert à montrer sa détermination personnelle à toute épreuve, mais dans ce cas-là j'aurais préféré qu'on nous laisse hors-champ l'histoire du pilote (sa scène de crash n'ayant plus aucune intensité, puisqu'on sait qu'il va survivre pour finir échangé) . Le meilleur du film réside donc dans ces pénibles et parfois absurdes tractations entre les deux côtés du rideau de fer, et là c'est souvent passionnant. Là encore, tout passe essentiellement par le dialogue et les scènes doivent aussi un grande part de leur réussite à l'excellence de l'interprétation. Evidemment, ça fait plaisir de voir un acteur de la trempe de Hanks prolonger sa collaboration avec Spielberg, et il incarne vraiment ici une sorte de tradition du héros américain, humaniste et individualiste (dans le sens où il trace son propre chemin contre les règles) à la James Stewart chez Capra. Mais même si le réalisateur montre des moments difficiles — l'interrogatoire du pilote et les tentatives de franchissement du mur — je n'ai jamais pleinement ressenti angoisse et froideur (même quand Hanks se fait agresser dans la rue, c'en est presque inconséquent). Et ce n'est pas la photo de Kaminski aux teintes bleutées qui compensera ça. L'échange final lui-même pâtit d'un suspense franchement artificiel, on n'est jamais vraiment inquiet pour sa résolution. Si je me permet de dire que le film ronronne, c'est parce que j'espérais davantage de tripes de la part de Spielberg pour un sujet pareil qui offrait une bonne opportunite de mélanger réflexion citoyenne et spectacle efficace (les ressorts du film d'espionnage) en nous plongeant dans un monde où la confiance n'est plus de mise. Pourtant, on ne peut nier qu'il est impliqué et qu'il s'efforce de raconter du mieux qu'il peut cette histoire, mettant en scène cette époque de paranoïa qu'il a lui-même connu (celle que Joe Dante évoquait à sa façon dans Matinee).

Deux surprises au générique de fin : le noms des Coen Bros. à l'écriture, et c'est sans doute à eux qu'on doit ces nombreuses répliques pleine d'esprit qui trouvent plutôt bien leur place dans un récit sérieux. Et la capacité de Thomas Newman à livrer une partition que j'aurais juré signée Williams.

À la lecture des notes de fin qui racontent le devenir des personnages, c'est peut-être davantage la négociation de l'avocat à Cuba qui m'aurait semblé mérité un traitement.
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Re: Le Pont des espions (Steven Spielberg - 2015)

Post by Pomponazzo »

Assez d'accord avec toi, sauf que je me suis laissé porter et je n'ai pas trouvé les péripéties si téléphonées ou artificielles. Je serais moins sévère.
Max Schreck wrote:Et la capacité de Thomas Newman à livrer une partition que j'aurais juré signée Williams.
Et que pour bien connaître les deux compositeurs, le score, qui sonne "Newman" à chaque note, est très loin, à mes esgourdes, de ressembler au style de Williams :)
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Re: Le Pont des espions (Steven Spielberg - 2015)

Post by Flol »

Max Schreck wrote:Et la capacité de Thomas Newman à livrer une partition que j'aurais juré signée Williams.
Ok j'ai quasi 1 semaine de retard, mais là pardon je suis obligé de réagir :

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