David O. Russell

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Supfiction
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David O. Russell

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- I Heart Huckabees (David O'Russell)

- The Fighter (David O. Russell - 2010)

- Happiness Therapy (David O. Russell - 2012)

- American Bluff (David O. Russell - 2013)
nobody smith wrote:Pendant ce temps là, David O. Russell fait un biopic sur la créatrice du balai à vapeur… et ça va le faire.

Après du Scorsese-like, David O. Russell s'attaque à Lars von Trier..
Cinemateaser wrote:Après HAPPINESS THERAPY et AMERICAN BLUFF, le réalisateur David O. Russell et la comédienne Jennifer Lawrence se retrouvent une troisième fois pour JOY. Ou l’histoire vraie de Joy Mangano, mère de famille au chômage qui devint millionnaire en inventant le ‘Balais Magique’ ou ‘Miracle Mop’ en anglais, un produit star du télé-achat dans le monde entier. Un film que Russell décrit comme « une histoire inattendue et épique sur la vie intérieure et l’âme d’une femme de ses 10 ans à ses 40 ans ». Ne pas s’attendre à un téléfilm Lifetime, en somme. Quoi qu’il en soit, le trailer, illustré par le désormais galvaudé et sur utilisé « You Can’t Always Get What You Want » des Rolling Stones nous laisse penser que Russell avait Lars von Trier en tête pour JOY. L’esthétique rugueuse mélangeant réalisme forcené et conte de fées baisé renvoie ainsi à DANCER IN THE DARK tandis que certains plans dans lesquels les personnages semblent évoluer dans des décors théâtraux, rappellent immanquablement le diptyque DOGVILLE / MANDERLAY. Verdict en salles le 30 décembre prochain.
Spoiler (cliquez pour afficher)
http://collider.com/david-o-russell-nai ... interview/
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Jeremy Fox
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Re: David O. Russell

Post by Jeremy Fox »

Ses deux films vus ayant été parmi mes plus grands coups de coeur de ces dernières années, autant dire que j'attends de découvrir les précédents et suivants avec une grande impatience. The Fighter est toujours dans ma wishlist Amazon.


Mes rapides avis sur Happiness Therapy
Depuis Pulp Fiction, je n'avais plus jamais ressenti à ce point cette jubilation à jouer pour toute une troupe de comédiens. Et déjà rien que pour cette direction d'acteur extraordinaire, ce film est un pur régal : Robert De Niro ne m'avait plus autant touché ou fait rire depuis une éternité, disons Jackie Brown, les seconds rôles sont géniaux et le couple Bradley Cooper/Jennifer Lawrence est merveilleux. C'est avant tout un film centré sur ses personnages et ça fait le plus grand bien aussi. Et puis la mise en scène de O'Russell déborde autant de vitalité que tout le reste. Un descendant de Frank Capra, assurément. Autant dire que j'attends de découvrir American Bluff avec impatience.
et American Bluff
Après Happiness Therapy, deuxième immense coup de coeur pour un film de David O.Russell. On y retrouve d'ailleurs les mêmes qualités : une écriture aux petits oignons qui n'oublie pas ses personnages malgré une intrigue très chiadée, d'excellents choix musicaux, une mise en scène virtuose et surtout une direction d'acteurs époustouflante. Bradley Cooper m'a fait hurler de rire, Amy Adams n'a jamais été aussi belle, Jennifer Lawrence et tous les autres ne déméritent pas. Et puis ce n'est pas que drôle ni malin, c'est aussi finalement très émouvant. Un grand film.
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Supfiction
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Re: David O. Russell

Post by Supfiction »

Jeremy Fox wrote:Et puis la mise en scène de O'Russell déborde autant de vitalité que tout le reste. Un descendant de Frank Capra, assurément.
J'aime au moins autant que toi Happiness Therapy (plus je le vois, plus je l'aime) même si je n'avais pas vu au premier abord de filiation avec Capra (référence ultime). Mais tu as raison, il y a un peu de cela dans son inclination pour les doux dingues et les marginaux un peu révoltés.

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Re: David O. Russell

Post by El Dadal »

Je ne trouve pas ses derniers films inintéressants, mais je regrette l'esprit d'aventure de ses films jusqu'à Huckabees. Flirter avec les embrouilles et Les Rois du désert, ça me parlait quand même plus.
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AtCloseRange
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Re: David O. Russell

Post by AtCloseRange »

J'attends toujours de voir un bon film...
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Rick Blaine
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Re: David O. Russell

Post by Rick Blaine »

Je n'ai vu que American Bluff qui m'avait moins enthousiasmé que Jeremy, malgré un belle mise en scène et des personnages réussi. Sur la longueur, j'avais trouvé la narration un peu brouillonne et été à la limite de décrocher.
Mais vu les commentaires je suis tenté par Happiness Therapy.
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Jeremy Fox
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Re: David O. Russell

Post by Jeremy Fox »

J'avais oublié Les Rois du désert vu à l'époque de sa sortie et qui m'avait lui aussi fait très bonne impression.
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Thaddeus
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Re: David O. Russell

Post by Thaddeus »

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(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)


Les rois du désert
En mars 1991, quatre bérets verts cyniques et blasés au service de l’Amérique triomphante de Bush Sr dénichent un plan juteux dans le trou de balle d’un bidasse irakien. L’occasion pour Russell de se livrer au saignant démontage d’une trahison politique, celle d’une administration qui, après avoir promis un soutien logistique aux opposants de Saddam Hussein, les laissa se faire exterminer sans broncher. La désastreuse confusion régnant au lendemain du conflit fournit la matière d’une comédie pétaradante et loufoque, qui se joue vertement des comptes-rendus officiels de CNN, accumule les situations déjantées façon MASH, renvoie l’image caustique des cruels paradoxes laissés par une guerre sans conclusion, pour mieux accorder à ses profiteurs devenus héros malgré eux une absolution urbi et orbi. 4/6

Fighter
Si on compare à l’anarchie joyeuse du film précédent, on peut croire que le cinéaste rentre dans le rang : toutes les conventions du film de boxe sont ici respectées, du rêve de revanche sociale aux effusions de sueur et de sang. On ne perd au change, parce que Russell a le don pour faire vivre des personnages exubérants arrachés au prolétariat white trash d’une Amérique déglinguée, et parce que la tendresse rugueuse qu’il impulse à cette histoire somme toute prévisible de courage, de rivalité et de rédemption garantit une émotion cash qui tient à la fois de la gueule de bois et de la truculence radieuse. L’homogénéité complice de la distribution, le style direct et brut, le premier degré frontal de ses intentions font de ce film un très beau mélo mâtiné de feel good movie, à moins que ce ne soit l’inverse. 5/6

Happiness therapy
Russell souscrit à nouveau aux lieux communs d’un autre genre typiquement américain (la comédie romantique) en y apportant son attachement pour les protagonistes déboussolés, les êtres en marge ou en rupture, son goût pour les névroses banales, les jactages à la limite de l’hystérie, les prises de bec homériques qui se terminent en embrassades ou en réconciliations. Le développement des enjeux est cousu de fil blanc, rien ne dérogera aux principes normatifs du couple déphasé qui apprend à se reconnaître et à s’aimer, mais c’est justement dans notre connivence avec cet optimisme joyeux, dans notre adhésion aux étapes obligatoires (le concours de danse final) que le film fait naître un charme persistant. Bradley Cooper est vraiment très bien, au moins autant que Jennifer Lawrence avec sa tête bouffie un peu chelou. 5/6

American bluff
Les clinquantes années 70, des magouilleurs de seconde zone, des politiciens à enfumer et des caïds à redouter, du disco, des coups fourrés et tout le folklore qui va avec. Dans le registre du dépoussiérage vintage, colifichets et camelote compris, Russell est doué. Bonne surprise : il dépasse le plaisir superficiel du toilettage, aussi brillant soit-il, pour dire avec humour et pertinence une certaine époque où l’on ne vit, jusqu’au délire, que pour pour le plaisir de faire passer des vessies pour des lanternes. Sans cynisme, il s’attache surtout à révéler la pathétique humanité de ses personnages à bon fond, tous fidèles, au-delà du jeu de dupes et d’entourloupes, à leurs amours ou à leurs nobles idéaux. Le casting s’en donne à cœur joie, dominé par une Amy Adams royale, délicieuse, émouvante et sexy à se damner. 4/6


Mon top :

1. Fighter (2010)
2. Happiness therapy (2012)
3. American bluff (2013)
4. Les rois du désert (1999)

Quatre films sans génie mais traversés par un réel enthousiasme, une identité marquée qui déplace les clichés sur un terrain personnel sans jamais les subvertir, une énergie roborative et assez euphorisante ont fait de David O. Russell un cinéaste franchement intéressant.
Last edited by Thaddeus on 27 Jan 19, 18:01, edited 3 times in total.
Bogus
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Re: David O. Russell

Post by Bogus »

J'avais bien aimé The Fighter, en revanche je ne comprends pas du tout l'engouement autour de Happiness Therapy :| ...
Même au niveau des acteurs, il y a bien Jennifer Lawrence qui est lumineuse je suis d'accord mais pour le reste, de toute façon je crois bien que je ne suis pas très fan de Bradley Cooper.
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AtCloseRange
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Re: David O. Russell

Post by AtCloseRange »

Bogus wrote: je crois bien que je ne suis pas très fan de Bradley Cooper.
Moi non plus à la base mais essaie quand même American Sniper et The Place Beyond the Pines si ça n'est pas déjà fait.
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Bogus
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Re: David O. Russell

Post by Bogus »

AtCloseRange wrote:
Bogus wrote: je crois bien que je ne suis pas très fan de Bradley Cooper.
Moi non plus à la base mais essaie quand même American Sniper et The Place Beyond the Pines si ça n'est pas déjà fait.
American Sniper est programmé pour le courant de l'été et en effet j'avais oublié qu'il était très bien dans The Place...
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locktal
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Re: David O. Russell

Post by locktal »

Je crois que mon film préféré de David O. Russell reste le 1er film que j'ai découvert de lui : Flirter avec les embrouilles, que j'avais trouvé vraiment enthousiasmant, avec un Ben Stiller excellent. Mais cela fait longtemps que je ne l'ai pas vu.

Le reste de sa filmo, j'ai plutôt apprécié, mais pas non plus de grands coups de coeur.

J'aimerais beaucoup découvrir son premier film dont on dit le plus grand bien : Spanking the monkey.
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Jeremy Fox
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Re: David O. Russell

Post by Jeremy Fox »

Les Rois du désert (Three Kings) - 1999

Belle idée de départ que celui de ce pitch déjanté qui voit 4 soldats américains profitant de la fin de la guerre du Golfe pour aller s'approprier les lingots d'or volés par Saddam Hussein au Koweït. En cours de route, découvrant les véritables horreurs qui se sont déroulés durant ce conflit, ils préfèreront s'occuper des rebelles et les faire passer la frontière avant que les autorités politiques du pays les rattrapent...

Un film totalement culotté que ce soit sur le fond comme sur la forme, très critique à l'encontre du conflit et du rôle qu'y ont joué les USA, utilisant un puissant humour noir et une ironie dévastatrice au sein d'une mise en scène qui possède une pêche d'enfer (même si parfois un peu saoulante et lourde), accumulant les séquences extrêmement spectaculaires. Alors certes David O'Russell est loin d'être un manche et il nous le démontre tout du long. Malheureusement, son scénario manque de rigueur, multipliant les points de vus et partant dans tous les sens. Le film devient ainsi rapidement assez fatiguant d'autant que, contrairement à ses opus suivants, le cinéaste a du mal à camper des personnages auxquels on arrive à s'attacher. Et ce n'est pas la faute de comédiens tous excellents. Même si je trouve le film loin d'être mauvais, il m'a quand même souvent épuisé ; et puis le rythme est tellement intense que lorsque le film fait des pauses, il nous ennuierait presque tellement le contraste est grand. Bref, au final quand même plutôt déçu malgré ses qualités.
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Re: David O. Russell

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Et si l'année 2015 se terminait en beauté ?

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Re: David O. Russell

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Joy (David O. Russell)

Personne ne semble s'être précipité pour voir le dernier film du quatuor O.Russell/Jennifer Lawrence/Bradley Cooper/De Niro. Il faut dire que le film est sorti en catimini et à une très mauvaise date (30 décembre alors que la plupart des gens ont autre chose à faire, et en plein tsunami Star Wars). En outre, l'argument de départ n'est pas folichon : l’histoire vraie de Joy Mangano, mère de famille au chômage qui devint millionnaire en inventant le ‘Balais Magique’, produit star du télé-achat. Si le choix de cette histoire est surprenant, on se retrouve très vite en terrain connu chez O. Russell : une famille de losers que traine comme un boulet l'héroïne comme le faisait précédemment Mark Wahlberg dans The fighter et Bradley Cooper dans Happiness Therapy. Comme dans ces deux films, l'héroïne en vient à douter d'elle-même par instants, en dépit de ses idées et de son énergie débordante, à force d'être tirée vers le bas par ses proches, mais relèvera constamment la tête pour s'en sortir. Et comme dans American Bluff, le précédent film de l'équipe (sans De Niro cette fois), il y a ce gout pour les embrouilles et les arnaques tordues.

En dépit des mêmes atouts, la mayonnaise ne prend pas toujours cette fois. Le début du film est très laborieux et le film ne démarre qu'au moment précis (la caméra insiste d'ailleurs là-dessus) des retrouvailles Jennifer Lawrence/Bradley Cooper. Ces deux là ont véritablement une alchimie hors du commun et forment pour moi un couple de comédie déjà mythique, dans la lignée de Richard Gere/Julia Roberts, Tom Hanks/Meg Ryan, James Stewart/Margaret Sullavan, Myrna Loy/William Powell ...
Le film fonctionne dès qu'ils sont ensemble à l'écran (même si Bradley semble un peu bouffi, peut-être à cause du poids pris sur le Eastwood) mais retombe dès que ce n'est plus le cas, pas aidé par un De Niro toujours aussi exaspérant (c'est dingue d'écrire ça, j'en conviens). A signaler le retour au premier plan et en grande forme de Virginia Madsen, méconnaissable dans le rôle de la mère qui passe sa vie devant la télé et se fait servir (à l'instar de celle de Gilbert Grape, par exemple).

Certains journaux avaient évoqué une parenthée avec le cinéma rugueux de Lars Von Trier. Il n'en est rien, car dans le style et les thématiques, c'est du pur O. Russell. Une success story mais racontée comme un conte désenchanté, un Silver Linings Playbook sous prozac et dont l'auteur semble plus désabusé qu'exalté par la réussite de ses protagonistes.

Une petite déception au final, même si le second tiers du film est réjouissant et qu'on retrouve par moments un peu l'esprit du génial Happiness Therapy et l'énergie de Jennifer Lawrence.

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