Votre Top/Flop 2014

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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fargo
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Re: Votre Top/Flop 2014

Post by fargo »

TOP 20

L'année 2014 ne sera pas pour moi une grande année. Pas de vrai coup de coeur, pas de film qui se démarque vraiment des autres et qui les surpasse largement.
Mais beaucoup de films qui se tiennent dans un mouchoir de poche et qui sont donc difficiles à classer.

1. Her, Spike Jonze 9,25
2. The Grand Budapest Hotel, Wes Anderson, 9
3. Boyhood, Richrd Linklater 8,75
4. Le procès de Viviane Amsalem, Shlomi et Romit Elkabetz 8,75
5. Timbuktu, Abderramane Sissako 8,75
6. Deux jours, une nuit, JP et Luc Dardennes 8,75
7. Léviathan, Andreï Zviaguintsev 8,75
8. Interstellar, Christopher Nolan 8,5
9. Mommy, Xavier Dolan 8,5
10. 12 years a slave, Steve Mc Queen 8,25
11. My sweet Pepper Land, Hiner Saleem 8,25
12. Nebraska, Alexander Payne 8,25
13.Ida, Pawel Pawlikowski 8,25
14. Le vent se lève, Hayao Miyazaki 8,25
15. Les combattants, Thomas Cailly 8
16. Winter sleep, Nuri Bilge Ceylan 8
17. Mr Turner, Mike Leigh 8
18. Elle l'adore, Jeanne Herry 8
19. Mange tes morts: tu ne diras point, J. Ch. Hue 8
20. Blue Ruin, Jeremy Saulnier 8

+ 3 belles surprises : Black Coal, Diao Yi'nan / Le garçon et le monde, Alê Abreu / Edge of tomorrow, Doug Liman

Je n'ai pas vu: Philomena, Le conte de la princesse Kaguya, Under the skin, P'tit Qinquin ....

FLOP
Monuments men: une vraie déception
Gone girl
American bluff
Bilbo 3
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locktal
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Re: Votre Top/Flop 2014

Post by locktal »

TOP 20 ANNEE 2014

Sur 167 films sortis en 2014 et vus au cinéma :

1 - National Gallery (Frederick Wiseman)
2 - Le conte de la princesse Kaguya (Isao Takahata)
3 - Deux jours, une nuit (Jean-Pierre et Luc Dardenne)
4 - Under the skin (Jonathan Glazer)
5 - Timbuktu (Abderrahmane Sissako)
6 - Le vent se lève (Hayao Miyazaki)
7 - Maps to the stars (David Cronenberg)
8 - Leviathan (Andrei Zviaguintsev)
9 - Still the water (Naomi Kawase)
10 - Boyhood (Richard Linklater)
11 - Ida (Pawel Pawlikowski)
12 - L'institutrice (Nadav Lapid)
13 - Interstellar (Christopher Nolan)
14 - Black coal (Diao Yinan)
15 - Winter sleep (Nuri Bilge Ceylan)
16 - Sunhi (Hong Sang-soo)
17 - Ana Arabia (Amos Gitaï)
18 - A cappella (Lee Su-jin)
19 - Bird people (Pascale Ferran)
20 - Real (Kiyoshi Kurosawa)

Mentions bien à :
Les combattants (Thomas Cailley)
The Grand Budapest Hotel (Wes Anderson)
Mommy (Xavier Dolan)
The raid 2 (Gareth Evans)
Her (Spike Jonze)
Godzilla (Gareth Edwards)
Detective Dee II - La légende du dragon des mers (Tsui Hark)
Only lovers left alive (Jim Jarmusch)
At Berkeley (Frederick Wiseman)
Maïdan (Sergei Loznitsa)
Saint Laurent (Bertrand Bonello)

Et en DTV :
Drug war (Johnnie To)
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Jeremy Fox
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Re: Votre Top/Flop 2014

Post by Jeremy Fox »

Avec le tant attendu Boyhood, ça aurait donc donné ça


1- Deux jours une nuit : Jean-Pierre et Luc Dardenne
2- Interstellar : Christopher Nolan
3- Boyhood : Richard Linklater
4- Only Lovers Lef Alive : Jim Jarmusch
5- American Bluff : David O'Russell
6- Winter Sleep : Nuri Bilge Ceylan
7- Bird People : Pascale Ferran
8- P'tit Quinquin : Bruno Dumont
9- Jersey Boys : Clint Eastwood
10- States of Grace : Destin Cretton
11- Gone Girl : David Fincher
12- Magic in the Moonlight : Woody Allen
13- Captain America, le soldat de l'hiver : Antony & Joe Russo
14- Philomena : Stephen Frears
15- Her : Spike Jonze
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Thaddeus
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Re: Votre Top/Flop 2014

Post by Thaddeus »

Selon l'année Imdb (et non les sorties françaises en 2014).


Image



1. The Grand Budapest Hotel – Wes Anderson

Avec ce splendide édifice opérant la jonction entre luxe somptuaire et vertige endiablé, plaisir et profondeur, Anderson atteint la plénitude vers laquelle son cinéma a toujours tendu. Sa démiurgie est fondée sur un affolement créatif qui explose et s’anéantit dans une fuite en avant complètement dingue, mais avant tout sur une morale de la probité et du métissage, de la transmission et de la résistance qui, par delà l’effervescence poétique, fournit à l’œuvre sa gravité et son désenchantement.

2. Deux Jours, Une Nuit – Jean-Pierre & Luc Dardenne

Vaillante comme une guerrière, fragile comme le verre, Sandra craint et tremble, pleure puis exulte, défaille parfois mais avance toujours. Dans sa trajectoire de rebelle du compte à rebours, elle a des atouts immenses : sa persévérance, son courage, des alliés fidèles qui la soutiennent. Compagne de nos désarrois et de nos espérances, elle traverse un atelier de vertus où s’équilibrent les fonctions de l’humain, du social, de l’économique. Le film est à son image : il chamboule sans sommation.

3. Bird People – Pascale Ferran

Tentative un peu folle, transformée avec une évidence si claire qu’elle laisse aussi subjugué que ravi. Flânant librement sans rien s’interdire, inventoriant les moyens par lesquels se déploient les informations (de Skype au langage animal ou à la somatisation), Ferran nous arrache au sol premier de l’angoisse pour toucher à la légèreté poids plume, aux chants miniatures, aux intuitions enfantines, à l’ultra-perception. Ou quand l’art de déployer ses ailes donne à ressentir, à penser et à rêver.

4. La Cour de Babel – Julie Bertuccelli

Nouvel exemple de ce genre très prisé en France qu’est le film d’école circonscrit entre les murs. Pas le moins passionnant et émouvant tant s’y exprime une large variété de déracinements, d’exils et d’aspirations. Entre l’enseignante, formidable pédagogue, et ces jeunes pétris d’intelligence, d’humour, de lucidité, le courant passe, les idées fusent, les discussions s’enflamment. Un phénomène d’osmose qui, sans jamais occulter les difficultés de l’immigration, incite à un optimisme revigorant.

5. Mange tes Morts – Jean-Charles Hue

C’est Scorsese meets Dumont, un croisement hybride de western urbain pétaradant et de truculence iconoclaste, de tension vive et de drôlerie burlesque, de mythologie yéniche et de fatalisme noir, où les mots claquent comme du slam, où le réalisme social se nimbe de fantasmagorie et où les rodéos mécaniques s’achèvent dans le soleil levant. À la fois une ode à la reconquête, une initiation à la grâce et une fiction furibarde. En résumé, une claque aussi franche qu’inattendue. Eh ouais, mon pral.

6. Mommy – Xavier Dolan

Des cris, de l’amour et des larmes. Dolan ne peut voir les choses qu’en grand, et à défaut de l’être lui-même il approche un cinéma de la dépense, de la prodigalité et de la démonstration où tout serait validé, motivé, amplifié par le prisme affectif. Film exubérant donc, incendaire, volcanique, fondé sur une recherche de déséquilibre permanent, qui voit trois cabossés de la vie s’inventer ensemble un répit, et dont les secousses sismiques font progresser une lave émotionnelle qui avale tout.

7. Bande de Filles – Céline Sciamma

De l’ouverture (une mêlée d’amazones de banlieue) à la conclusion (une héroïne quittant le cadre la tête haute), Sciamma raconte l’affranchissement de trois duchesses fortes en gueules et en sapes, pas manchotes dans la castagne, et qui puisent leurs forces dans leur goût pour la liberté. Funambule d’un réalisme "dépassé", elle retourne et complexifie les apparences, leur accorde une fonction dialectique pour mieux imposer l’ardeur sensuelle d’un regard combattant sur la France d’aujourd’hui.

8. Les Combattants – Thomas Cailley

Dans la catégorie des petits films qui font beaucoup de bien, voici la meilleure pioche de l’année. Soit une très drôle comédie romantique inversant les normes, slalomant entre les clichés et les genres (de la romance balnéaire au film de troufions, avec menace eschatologique comme horizon), tandis que le couple se forge au rythme des ordres et des obstacles, par l’exercice et l’endurance des corps, et s’isole au sein d’une nature régénérative. Adèle Haenel et Kevin Azaïs sont plus qu’épatants.

9. Winter Sleep – Nuri Bilge Ceylan

Trois heures et quart : c’est le temps qu’il faut pour dessiner le portrait d’un notable de la steppe anatolienne, le dépouiller de ses contradictions et creuser la sédimentation des rancœurs et des rêves trahis sur laquelle la vie a passé. Ce sommeil d’hiver n’a donc rien d’une hibernation : traversé de frissons de fièvre, vibrant toujours au-deçà des mots et de la majestueuse noblesse des images, il pose sur le monde et les êtres un regard dont la lucidité n’altère en rien la compassion.

10. Le Sel de la Terre – Wim Wenders & Juliano Ribeiro Salgado

Les vertus artistiques d’un film s’inclinent parfois devant la marque émotionnelle laissée par son visionnage. Ici la caméra s’efface derrière les images et les mots comme les velléités critiques derrière la puissance cathartique de l’œuvre de Salgado. C’est toute l’errance et la douleur de l’homme, les cycles de l’exode et du conflit, l’histoire moderne des civilisations qui transparaît le long de ce cri de révolte et d’espoir mêlés, dont les larmes s’abolissent au sein d’une nature retrouvée.


Sur le banc : A Most Violent Year (J.C. Chandor), La Chambre Bleue (Mathieu Amalric), Gone Girl (David Fincher), Les Nouveaux Sauvages (Damián Szifron), La Planète des Singes : L’Affrontement (Matt Reeves)...
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LordAsriel
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Re: Votre Top/Flop 2014

Post by LordAsriel »

Ah, enfin ! :D

Bon, je commente : déjà, d'accord pour trouver l'année 2014 pas folichonne du tout...

1. Oui, c'est un beau film, bien qu'il m'ait moins touché que le précédent Wes Anderson. Mais j'ai très envie de le revoir quoi qu'il en soit...
2. Très bien aussi.
3. J'aime beaucoup, mais certains trucs m'empêchent de le considérer aussi haut. C'est un film très fragile, régulièrement au bord du grotesque, ce qui est à la fois sa qualité et son défaut.
4. Sublime réussite artistique, mais aussi récit très surprenant et très fort dans sa cruauté et sa mélancolie. Les derniers films des deux grands piliers Ghibli sont deux splendeurs absolues, dans des partitions très différentes.
5. Pas vu. Et surpris de le voir apparaître ici, dans la mesure où j'avais lu et entendu des choses à propos du film qui ne m'auraient pas fait parier sur ton adhésion. Du coup je suis curieux...
6. Pas vu. Mais assez envie, c'est un film qui faisait partie de ma watch list.
7. Beaucoup aimé également.
8. Pas vu. Encore un film que j'ai raté cette année...
9. J'aime beaucoup tout le premier segment du film, d'une grâce et d'une précision emballantes. Suis beaucoup plus réservé sur la deuxième partie (à partir du basculement mafieux), dont j'ai trouvé l'écriture assez lâche et les personnages plus caricaturaux. Mais c'est à voir, même si c'est en-dessous de Tomboy à mon sens.
10. Pas vu. Et je suis curieux, même si j'ai eu des échos assez divers et contrastés sur ce film...

En ce qui concerne les films sur le banc, vu : A Most Violent Year, Her, Gone Girl, Winter Sleep.
Le Jonze et le Fincher sont aux portes de mon propre top. Surtout Her, que j'ai trouvé très en phase avec le monde contemporain, et assez émouvant. En ce qui concerne Gone Girl, j'ai trouvé ça très malin, très brillant et efficace, mais peut-être un peu trop lisible et attendu dans sa satire... J'aime beaucoup la Palme d'Or aussi. En revanche, le Chandor m'en a touché une sans faire remuer l'autre. J'ai trouvé le film incroyablement sur-intentionné dans son écriture et sa direction d'acteurs. D'ailleurs, je n'avais pas vu Margin Call, mais avais eu un peu le même problème au visionnage de All is lost...
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Thaddeus
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Re: Votre Top/Flop 2014

Post by Thaddeus »

:wink:

Rapidement :

1. Il me semble qu'avec ce film beaucoup accusent Anderson de souscrire à un système, mais j'ai rarement (voire jamais) perçu autant de plénitude dans son art, sans que jamais celle-ci n'empiète sur la richesse du propos et la vérité émotionnelle. Je ne suis pas loin de le considérer comme son chef-d'oeuvre, en fait.
3. En effet, c'est un film très fragile : il suffit d'un cheveu pour que l'expérience bascule de l'émerveillement à l'incrédulité gênée. Je suis constamment resté dans la première catégorie, mais il est vrai que le visionnage nécessite un certain saut de foi. À sa sortie je comparais la démarche de Ferran à la liberté poétique de Weerasethakul : je persiste et signe.
4. Tout à fait - d'ailleurs je sais que tu portes Le Vent se lève très haut dans ton coeur et je le comprends parfaitement.
5. Disons que ce n'est pas un film très "Cahiers-friendly", et de ce fait pas du tout conforme à une certaine police du bon goût. Et tu sais bien où il faut se mettre la police du bon goût. :mrgreen:
9. Le film de Sciamma est loin d'être exempt de scories (ceux dont tu parles notamment), mais il est d'une telle sincérité, d'un tel enthousiasme, d'une telle générosité ! Je préfère quand même un chouïa Tomboy, moi aussi.


En ce qui concerne ton top 10 :

1 - Sans être aussi bouleversé que beaucoup de gens, ici ou ailleurs, je conçois parfaitement qu'on le considère comme une oeuvre de grande importance... car c'est probablement le cas.
2 - Pas vu.
3 - Pas vu.
5 - Très beau film en effet, tout en sobriété, qui désamorce d'un bout à l'autre les écueils que l'on aurait pu redouter (le côté performatif, la leçon de vie...)
6 - Beaucoup aimé aussi. Disons que ça fait plaisir de retrouver le Jarmusch envoûtant, affuté et poétique d'autrefois, même s'il ne m'a jamais vraiment déçu.
7 - Je suis moins emballé par celui-ci. Un peu l'impression de voir encore et toujours le même film en mode mineur, même si le charme opère toujours.
8 - Pas vu.

Je n'ai pas établi mon Flop mais si je l'avais vu Nymphomaniac aurait sans doute été un beau vainqueur. Quoique je me suis bien empressé d'éviter le Godard aussi...
LordAsriel
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Re: Votre Top/Flop 2014

Post by LordAsriel »

Et tu sais bien où il faut se mettre la police du bon goût.
Certes. :mrgreen:

Le Vent se lève est un film qui m'a absolument bouleversé. J'avais écrit ça à l'époque de la sortie :
Le propos est déchirant : c'est le parcours d'un myope qui aurait voulu voir les étoiles filantes que la vie lui montrait, et qui s'est réfugié dans ses rêves pour les créer de toutes pièces. Un homme qui s'aperçoit trop tard, d'une certaine manière, qu'il n'a jamais vu le vent tourner que dans ses fantasmes, alors que des tempêtes de toutes sortes s'agitaient au dehors - dans la Grande comme la Petite Histoire.

Quelque part, le film m'apparaît comme une sorte de pendant cinématographique de L'Œuvre de Zola : c'est d'une lucidité et d'une puissance absolues sur l'insatisfaction et l'urgence de vivre qui préside à toute existence humaine.
Et d'un point de vue purement cinématographique, c'est fantastique. Le traitement de l'histoire d'amour, en particulier, est au-delà des mots tant tout passe par la mise en scène : la rencontre, les retrouvailles, l'avion de papier, scènes littéralement orchestrées par le vent, et imprimant tout son sens à la formule de Valery qui donne son titre au film ; la scène du restaurant - avec l'Allemand au premier plan qui relègue la vision de Nahoko à l'arrière-plan - ; le mariage, et Jiro subjugué ; l'essai final du Zero et Jiro enfin détourné de son obsession - par une sensation, une rumeur diffuse et ténue des montagnes - mais trop tard - ...
Quant à Boyhood, c'est un film qui m'a vraiment emporté, comme le quotidien emporte les personnages durant les douze années dont nous sommes les témoins. Contrairement à beaucoup de personnes, je n'ai jamais eu le sentiment que le film était déceptif par rapport à son projet de départ : pour moi, Linklater a tout compris de ce qu'il fallait saisir, en faisant notamment du personnage de la mère la vraie figure centrale du long-métrage. Chaque épisode de la chronique me paraît chargé de ce qui forge une mémoire, entre instants de bonheur et de partage volatiles, périodes sombres qui impriment leur poids sur les êtres, et épiphanies en trompe-l’œil... Ce pan de vie discontinu, mêlé de joies et de douleurs, à l'aune duquel se trouve la mère après douze ans, cette idée sublime et insupportable que quelque chose se perd en même temps que les êtres se construisent et gagnent en beauté - c'est là que réside à mon sens toute la puissance secrète de ce film. En ce sens, le sujet de Boyhood n'est pas si loin d'Interstellar, joli film qui parle aussi de la fuite du temps, et qui aurait pu être magnifique s'il avait été un peu mieux écrit (je fantasme les émotions ressenties à la lecture des récits de Sol Weintraub et du consul, dans Hyperion, que le film de Nolan aurait pu atteindre idéalement...).

Le Jarmusch m'a profondément réjoui. Je trouve que derrière son élégance pudique et son côté ludique, c'est un film qui a surtout le bon goût d'être exigeant vis-à-vis des hommes, et qui par là même, est profondément humaniste.

En ce qui concerne Sunhi, c'est une friandise, c'est certain. J'aime toujours les films de Hong Sangsoo - certains plus que d'autres. Celui-là fait partie de mes préférés, d'abord parce que j'ai trouvé ça très drôle, mais aussi parce que ce que le film aborde, l'idée que le regard de l'autre induit imperceptiblement quelque chose dans notre propre jugement et nos propres perceptions des objets ou des personnes, est mis en scène de façon vraiment subtile. Il me semble que la question de la réécriture et du ressassement qui taraude le cinéaste coréen trouve matière à un renouvellement fécond ici.

Edge of tomorrow est un pur plaisir, et un des rares blockbusters que j'ai trouvés réellement réussis dernièrement. Évidemment, le sujet aurait pu être exploité davantage encore (c'est un peu Un Jour sans fin transposé dans un jeu vidéo en immersion dans un environnement de survie), mais il y a une réflexion méta qui n'est pas pour me déplaire, le long-métrage ne manque pas d'humour... Et puis un film qui me fait trouver Tom Cruise bon ne peut-être qu'estimable. :mrgreen:
Bon, et je ne parle même pas d'Emily Blunt, devant laquelle je perds toute objectivité... :fiou: (sauf dans Looper, où elle ne parvient pas à sauver le film...)

Je pense par ailleurs que tu pourrais beaucoup aimer mes tops 2 et 3, qui sont deux documentaires splendides - l'un érudit et captivant de bout en bout, l'autre dévastateur et passionnant dans ses partis-pris formels.
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LordAsriel
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Re: Votre Top/Flop 2014

Post by LordAsriel »

Bon, et puis Nymphomaniac, c'est vraiment un film minable - collection de réflexions de comptoir auto-satisfaites, d'une complaisance assez puante dans sa misanthropie. Je pense que tu aurais détesté, en effet. Pas vu le Godard, que j'aurais pourtant été intéressé d'aller voir...
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Outerlimits
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Re: Votre Top/Flop 2014

Post by Outerlimits »

Mon top :

1 - Maps to the stars (David Cronenberg)
2 - Interstellar (Christopher Nolan)
3 - Joe (David Gordon Green)
4 - 12 years a slave (Steve McQueen)
5 - The raid 2 (Gareth Evans)
6 - La planète des singes : l'affrontement (Matt Reeves)
7 - Whiplash (Damien Chazelle)
8 - Enemy (Denis Villeneuve)
9 - Under the skin (Jonathan Glazer)
10 - Captain America 2 : le soldat de l'hiver (Anthony Russo)
11 - Amazing spiderman 2 (Marc Webb)
12 - La prochaine fois je viserai le cœur (Cédric Anger)
13 - Nymphomaniac vol 1+2 (Lars Von Trier) - Version intégrale
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Vic Vega
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Re: Votre Top/Flop 2014

Post by Vic Vega »

Modification de mon top à la page précédente : exit Jonze et Tsui, bienvenue à Fukada (le croisement Naruse/Rohmer d'Au revoir l'été est un peu trop appliqué mais le film fonctionne) et Kleber Mendonça Filho (Les Bruits de Recife est chiantissime la moitié du temps mais ce premier film montre déjà beaucoup s'agissant de l'utilisation du Scope et du travail sur le son).
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Dunn
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Re: Votre Top/Flop 2014

Post by Dunn »

Je viens de me rendre compte que je n'ai pas participé au top 2014 alors que je viens de finir seulement celui de 2015 :mrgreen:
Comming soon... :uhuh: