Olivier Nakache & Eric Toledano

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Jeremy Fox
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Olivier Nakache & Eric Toledano

Post by Jeremy Fox »

Ils méritent peut-être finalement leur topic à mon avis, surtout en ces temps de French Bashing à cause duquel nos deux sympathiques cinéastes font aussi les frais.

Nos jours heureux : Olivier Nakache & Eric Toledano - 2006

Comédie sans aucune prétention sur trois semaines de colonie de vacances au cours desquelles on découvre que les moniteurs peuvent être aussi infantiles que les enfants dont ils sont chargés de s'occuper. Alors oui rien de très original. Malgré tout, et donc dès leurs deuxième film, le duo de cinéaste se révélait comme faisant parmi des tous meilleurs dans le domaine de la comédie française bon enfant de ces années 2000. Un film aussi rythmé et frais que drôle avec un casting qui fonctionne à merveille, Jean-Paul Rouve en tête. Bien évidemment que les gags sont inégaux mais certains valent vraiment leurs pesants de fous rires, notamment la visite au musée de la charentaise, une Joséphine de Meaux se transformant d'introverti maladive en reine de la vulgarité ("tu veux que je lui dise de se faire enculer ?" ; bien plus drôle évidement dans le contexte), la sortie pizzeria avec le mono québecois...

Et tous leurs films suivants ne démériteront pas, l'émotion qu'ils leurs réussiront à leur insuffler les rendant encore plus attachants (dont le fameux Intouchables). Me reste à voir leur premier, Je préfère qu'on reste amis....

Comme le disait Joshua, "le haut du panier de la comédie populaire française".
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Flol
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Re: Olivier Nakache & Eric Toledano

Post by Flol »

On ne peut pas avoir fait des colos dans sa jeunesse et ne pas aimer ce film.
Mon préféré du duo.
Duke Red
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Re: Olivier Nakache & Eric Toledano

Post by Duke Red »

Petite erreur dans ton texte, Mister Fox : la monitrice qui passe de grosse coincée à charretière n'est pas Julie Fournier (elle, c'est le canon que les hommes essaient de pécho) mais Joséphine de Meaux.

Sinon, je souscris totalement à ton avis. Voilà l'exemple même de la comédie sans prétention particulière, sinon de faire rire, et qui réussit parfaitement son coup. Je me demande même si je ne suis pas allé le voir deux fois au cinéma, à l'époque. Tous les personnages sont attachants, que ce soit chez les monos, les gosses (le petit bourge belge :lol: ) ou les parents, et on ne voit pas le temps filer.

Dans le genre comédie chorale, leur opus suivant, Tellement proches, reste un cran en-dessous (trop gnangnan sur la fin), même s'il contient aussi de grands moments.
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Jeremy Fox
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Re: Olivier Nakache & Eric Toledano

Post by Jeremy Fox »

Duke Red wrote:Petite erreur dans ton texte, Mister Fox : la monitrice qui passe de grosse coincée à charretière n'est pas Julie Fournier (elle, c'est le canon que les hommes essaient de pécho) mais Joséphine de Meaux.
Merci : j'ai édité. Comme c'était le seul nom que je connaissais et aussi le seul visage féminin qui m'était connu, j'avais fait l'amalgame.
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Joshua Baskin
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Re: Olivier Nakache & Eric Toledano

Post by Joshua Baskin »

Content que ça t'ait plu. Tu m'as presque donné envie de le revoir pour la xième fois.
ATP
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Re: Olivier Nakache & Eric Toledano

Post by ATP »

Tiens ça fait drôle de voir un topic sur eux, je viens juste de faire le figurant hier après midi dans un court métrage de prévention sur l'alcool au volant qu'ils réalisent et dont ils tournaient deux scènes dans ma fac :P j'ai pas eu l'occasion de discuter avec eux par contre...
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Re: Olivier Nakache & Eric Toledano

Post by Hitchcock »

Jeremy Fox wrote:Nos jours heureux : Olivier Nakache & Eric Toledano - 2006
J'avais trouvé ça exécrable pour tout dire :? :oops:
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Jeremy Fox
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Re: Olivier Nakache & Eric Toledano

Post by Jeremy Fox »

Hitchcock wrote:
Jeremy Fox wrote:Nos jours heureux : Olivier Nakache & Eric Toledano - 2006
J'avais trouvé ça exécrable pour tout dire :? :oops:
N'en ai pas honte. Rien n'est plus mystérieux que l'humour et l'effet qu'il a sur nous. Pour ma part cette comédie (tout comme les autres du duo de réalisateurs) me fait plus rire et m'est plus sympathique que n'importe quel film avec Louis de Funès ; c'est dire :wink:
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Jeremy Fox
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Re: Olivier Nakache & Eric Toledano

Post by Jeremy Fox »

Je préfère qu'on reste amis... - 2005

Bon et bien voilà, j'aurais vu tous les films du duo après avoir découvert leur premier opus ce soir. Et je peux dire que l'immense succès d'Intouchables n'était finalement pas étonnant tellement les compères s'avèrent être le haut du panier dans le domaine de la comédie française actuelle. Ce premier essai contenait déjà tous les ingrédients que Nakache et Toledano reprendront avec presque toujours autant de bonheur jusqu’au très plaisant Samba, un certain sens du rtyhme et de la réplique qui fait mouches, une grande drôlerie mélangée à une certaine dose d'émotion, des hymnes à l'amitié souvent assez touchants, un ton bon enfant sans aucun cynisme, ce qui fait quand même beaucoup de bien. Ici, le duo Rouve-Depardieu est tout à fait réjouissant, Yves Jacques désopilant et tous les comédiens autour extrêmement sympathiques. On pourra lui préférer son film suivant, l'inénarrable Nos jours heureux, mais, sur une musique jazzy assez entrainante de Bruno Coulais, Je préfère qu'on reste amis est une comédie française tout à fait réussie.
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Joshua Baskin
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Re: Olivier Nakache & Eric Toledano

Post by Joshua Baskin »

Vu à sa sortie au cinéma. J'avais beaucoup aimé.
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tenia
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Re: Olivier Nakache & Eric Toledano

Post by tenia »

Idem, même si à la revoyure je lui préfère Nos jours heureux. Dans les 2 cas, je trouve ces films bien supérieurs à Intouchables (pas vu Samba).
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Re: Olivier Nakache & Eric Toledano

Post by cinéfile »

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Thaddeus
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Re: Olivier Nakache & Eric Toledano

Post by Thaddeus »

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(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)


Intouchables
C’est l’histoire pontifiante de l’intégration sociale par le travail, de la fascination complaisante pour une prospérité matérielle constituant le seul critère valable de réussite : en somme, un rêve de cinéma sarkozyste. Elle coche une par une les cases du discours populiste : si la culture (expos d’art contemporain, concerts de musique classique) est une risible imposture, s’il convient de décoincer le bourgeois en dansant sur Earth Wind and Fire, en revanche les signes extérieurs de richesse (grosse bagnole, jet privé) fascinent le beauf arrogant et macho issu des banlieues. Morale logique à tirer de cet épisode amélioré de Mimie Mathy, porteur de la compréhension des vraies valeurs de la vie que les démagogues attribuent au gens simples : un film à dix-sept millions d’entrées peut être aussi très déplaisant. 2/6

Samba
On ne change pas une formule qui gagne, même si l’on sait gré au tandem d’atténuer sensiblement la consensualité racoleuse de son propos. Non que le film soit moins lénifiant que le précédent, bien au contraire : il est régi par le même optimisme fédérateur à base d’échange, d’entraide et d’enrichissement mutuel, permettant au public d’opérer une sorte de thérapie de la bonne pensée. Mais sur un sujet qui prêtait aisément le flanc à l’indécence (la précarité et les galères des immigrés en situation irrégulière), cette comédie romantique certes tiédasse et cousue de fil blanc s’avère assez sympathique dans son humilité, sa volonté de dire la société française sans la travestir par les ressorts du divertissement. Et si l’ensemble est parfaitement anecdotique, il demeure honnête, dans tous les sens du terme. 3/6

Le sens de la fête
Sur le modèle d’Un Mariage d’Altman, les auteurs oublient les velléités démagogiques et leçons de morale plombant d’ordinaire leur cinéma et livrent une machinerie comique menée tambour battant, avec un sens infaillible de la situation déraillante, du portrait concis et du rebondissement catastrophique. On peut légitimement en estimer les rouages un peu trop huilés (un gag récurrent par personnage, une vanne par réplique) et considérer la férocité superficielle du tableau comme un prétexte cosmétique. Il n’en reste pas moins qu’il s’en dégage un dynamisme, une loufoquerie auxquels il est difficile de résister, et que la truculente effervescence de ce dérèglement programmé, bien servie par un casting hétérogène mais complémentaire, atteste d’une vigueur et d’une précision réjouissantes. 4/6

Hors normes
L’application de la formule toledanakachienne, désormais des plus identifiables, a ici pour mérite de gripper volontairement son propre logiciel d’optimisme fédérateur et de se ménager quelques entrées plutôt inattendues. Car si les lieux communs abondent, tissant un scénario cousu de fil blanc (le jeune des banlieues qui s’ouvre au contact du handicap) ou recourant à des conventions archicuites (l’apparition des "personnages réels" au générique final), il faut reconnaître à cet éloge de l’engagement, de la solidarité et de l’activisme humanitaire qu’il équilibre avec justesse humour et gravité, tendresse et lucidité, et qu’il ne cède ni à la facilité du gag trop payant ni à l’alibi parasitaire du sentimentalisme. Il y a gagne ainsi une efficacité dramaturgique accentuant la force de conviction de son propos. 4/6



Mon top :

1. Le sens de la fête (2017)
2. Hors normes (2019)
3. Samba (2014)
4. Intouchables (2011)

Dans le domaine assez sinistré de la comédie française à grande audience, les deux compères peuvent êtres considérés comme plutôt bienvenus. Sans bien sûr en faire de grands réalisateurs, on peut estimer que leur maîtrise du genre, leur capacité à saisir l’air du temps et à assaisonner leurs fictions de problématiques sociales, leur respect du public constituent autant de qualités équilibrant un peu leur propension à la démagogie. Reste que je n’aime pas du tout leur "film-phénomène".
Last edited by Thaddeus on 31 Oct 19, 23:28, edited 1 time in total.
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Supfiction
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Re: Olivier Nakache & Eric Toledano

Post by Supfiction »

cinéfile wrote:
Ils sont très Lelouch finalement.
(Et ils aiment les gacheurs aussi.)
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Jean-Pierre Festina
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Re: Olivier Nakache & Eric Toledano

Post by Jean-Pierre Festina »

Thaddeus wrote:Intouchables
C’est l’histoire pontifiante de l’intégration sociale par le travail, de la fascination complaisante pour une prospérité matérielle constituant le seul critère valable de réussite : en somme, un rêve de cinéma sarkozyste. Elle coche une par une les cases du discours populiste : si la culture (expos d’art contemporain, concerts de musique classique) est une risible imposture, s’il convient de décoincer le bourgeois en dansant sur Earth Wind and Fire, en revanche les signes extérieurs de richesse (grosse bagnole, jet privé) fascinent le beauf arrogant et macho issu des banlieues. Morale logique à tirer de cet épisode amélioré de Mimie Mathy, porteur de la compréhension des vraies valeurs de la vie que les démagogues attribuent au gens simples : un film à dix-sept millions d’entrées peut être aussi très déplaisant. 2/6
Comme toi j'ai été un tout petit peu gêné par l'absence de réciprocité culturelle entre les deux personnages principaux (il faudra juste se contenter d'une petite allusion aux "montres molles" de Dali prononcée en fin de film par Omar Sy). Et ta grille de lecture sur le "populisme" (je dirais plutôt "libéralisme botté") est très intéressante. Mais Seigneur quelle outrance dans ta première phrase !
Thierry Mugler, Lorus, MVMT, Calvin Klein, Louis Pion, Fossil, Cerruti, G-shock premium, Casio pro-trek, Chanel, Ted Lapidus, Esprit, Michael Kors, Diesel, Daniel Wellington, Hugo Boss, Emporio Armani, Cluse, Gucci, Guess, Lacoste, Superdry, Maserati, Nixon, Pulsar, Tommy Hillfiger, Swarowski, Kookai, Dior, Marc Jacobs, Lotus, Dolce Gabbana... et bien sûr Festina !