Spike Lee

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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AtCloseRange
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Re: Spike Lee

Post by AtCloseRange »

Vous n'avez pas dû beaucoup écouter Bruce Hornsby.
Peu importe la question de la couleur de peau, c'est autant à sa place que Céline Dion chez Wes Anderson.
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Re: Spike Lee

Post by AtCloseRange »

Ensuite, on a le droit d'aimer ça

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Gounou
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Re: Spike Lee

Post by Gounou »

Ce que je signifiais c'est que, quelle que soit la collaboration, ça a toujours été dans l'ADN de Spike Lee d'intégrer un univers musical pas forcément "raccord" avec l'univers social dépeint.
Quand à ses débuts, son propre père ou Blanchard soutenaient des images de quartiers populaires par des compositions philharmoniques ou jazzy, ça n'avait rien de contemporain.
Bref, Spike Lee c'est pas John Singleton quoi.
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AtCloseRange
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Re: Spike Lee

Post by AtCloseRange »

Sauf que Bruce Hornsby dans mon imaginaire, c'est du middle class américain blanc.
Alors ensuite, ce qu'il fait pour Spike Lee comme le prouve la vidéo n'est pas si éloigné dans l'esprit d'autres BOs jazzy qu'il a pu avoir dans le passé mais il n'en reste pas moins que je trouve cette association un peu incongrue.
J'y vois comme un choix par défaut par manque de moyens (mais je peux me tromper).
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Gounou
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Re: Spike Lee

Post by Gounou »

C'est libre de droit Bruce Hornsby ? :mrgreen:
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AtCloseRange
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Re: Spike Lee

Post by AtCloseRange »

Y a un annuaire des mecs oubliés depuis 25 ans pour les réalisateurs en manque de moyens :mrgreen:
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Jeremy Fox
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Re: Spike Lee

Post by Jeremy Fox »

Summer of Sam - 1999

L'été 77 dans les quartiers malfamés de New York ; la vie quotidienne de quelques italo-américains alors qu'un tueur en série sévit.
Un curieux film à la fois trash et fleur bleue, agaçant par certains partis-pris de mise en scène mais réjouissant par l'énergie qui s'en dégage, énergie et vitalité qui proviennent justement des excès du cinéaste, de sa virtuosité parfois un peu gratuite mais également gratifiante (il n'a pas son pareil pour la construction en montage alterné), de ce mélange entre grande crudité d'un côté (les dialogues, les scènes de sexe), de naïveté de l'autre avec cette musique très lyrique de Terrence Blanchard lors des scènes de couples essayant de se rabibocher. C'est inégal, inharmonieux au possible, ça part un peu dans tous les sens... mais ça reste néanmoins captivant tout du long grâce aussi à la description de ces personnages à la fois haïssables et attachants. Cependant très inférieur à Do the Right Thing avec lequel il possède de nombreux points communs ; le final est nettement moins cathartique alors que je m'attendais à un sommet de fureur. Bon soundtrack mélangeant Les Who, Abba et tous les standards de cette année 77.

6/10
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Jeremy Fox
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Re: Spike Lee

Post by Jeremy Fox »

He Got Game - 1998

Pour obtenir une réduction de peine, on confie à un prisonnier la mission de convaincre son fils, génie du basket, de choisir une certaine université. Ce seront dans le même temps des retrouvailles difficiles puisque le fils ne pardonne toujours pas à son père d'avoir accidentellement tué sa mère...

Enjeux dramatiques assez forts mais intrigue minimaliste et surtout un peu systématique, les scènes se succédant pour nous faire comprendre comment se passent les tractations dans chaque Université et à la NBA pour essayer de s'approprier les futurs stars du basket. Pas inintéressant mais Spike Lee a un peu de mal à gérer le rythme de son film, ayant pu largement en couper à mon avis un bon quart, chaque séquence m'ayant paru trop longuement étirée. Sinon Denzel Washington est excellent et il est toujours aussi réjouissant de voir Spike Lee jouer avec délectation de sa mise en scène, de la construction de son film et de son montage (même si tout n'est pas toujours du meilleur goût). En revanche, fausse bonne idée à mon avis, l'utilisation excessive de la très belle musique symphonique du compositeur classique Aaron Copland. Si ça fonctionne parfaitement lors du magnifique générique de début, ce n'est pas toujours le cas. Inégal, pas toujours captivant mais pas désagréable et même parfois assez émouvant.
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Flol
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Re: Spike Lee

Post by Flol »

J'aime bien ce film. Pas toujours finaud dans ses effets, mais très juste sur la peinture du bordel du système de recrutement propre à la NCAA.
Et outre Denzel Washington, Ray Allen est lui aussi excellent. Probablement la meilleure perf au ciné d'un joueur NBA.
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Watkinssien
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Re: Spike Lee

Post by Watkinssien »

Ratatouille wrote: Ray Allen est lui aussi excellent. Probablement la meilleure perf au ciné d'un joueur NBA.
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Flol
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Re: Spike Lee

Post by Flol »

Sans oublier mon préféré :

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7swans
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Re: Spike Lee

Post by 7swans »

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Surprenant, ce dernier film de Spike Lee.
Chi-Raq prend la forme d’une pièce Shakespearienne ou tragédie grecque (le postulat est d'ailleurs repris d'une comédie grecque antique d'Aristophane) voyant deux clans s’affronter dans un Chicago meurtri, et la prise de pouvoir des femmes qui se révoltent face à la domination des gangs. On s’y invective en alexandrins (la plupart du temps) alors que par ci par là, débarque le joyeux bouffon Samuel L. Jackson, commentateur omniscient.

Lee joue sur plusieurs tableaux, commençant par interpeller son spectateur (le carton THIS IS AN EMERGENCY), puis poussant vers le drame urbain (réminiscence de Clockers) pour finalement déjouer toutes les attentes en prenant le chemin de la comédie parfois vulgos, over the top, s’éclatant dans la bouffonnerie au postulat finalement bien fantaisiste. Jusqu’à déstabiliser quand cette fantaisie vient d’une scène à l’autre se superposer à la douleur d’un peuple qui perd ses enfants, toujours plus, de jour en jour. Ce chaud-froid constant étonne, quand on pourrait penser que Spike Lee tombe dans le trivial, il vient nous rappeler que le fond n’est jamais loin, que le drame est à la porte, que cette mascarade a un but.

Les acteurs s’en sortent bien, particulièrement Teyonah Parris (qu’on a vue dans Dear White People) qui porte littéralement le film (on délaisse rapidement Nick Cannon, le wanna be Denzel Washington, le charisme en moins) et putain, oui, Wesley Snipes, qui n’a pas grand chose à jouer, mais qui s’amuse comme un petit fou, vrai ressort comique du film. C’est un réel plaisir de revoir Wesley dans le Spike Lee-universe.

Visuellement le film se tient bien, Libatique fait un super boulot, particulièrement de nuit avec ses noirs profonds et les quelques points de couleurs chauds par ci par là, mais on est encore loin des touches colorées et presque oniriques de Ernest Dickerson qui baignaient les premiers films de Lee (oublions vite Ellen Kuras, avec qui Spike Lee a fait ses films les plus hideux).

La grosse surprise c’est de retrouver le bon vieux Terence Blanchard, toujours très inspiré, même s’il délaisse les cuivres pour un score au piano plus diffus.

Le film n’est pas dénué de (gros) défauts, mais a beaucoup de personnalité, et ne ressemble vraiment à aucun autre. C’est déjà pas mal.
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Flol
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Re: Spike Lee

Post by Flol »

Tu l'as vu comment ?
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7swans
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Re: Spike Lee

Post by 7swans »

Ratatouille wrote:Tu l'as vu comment ?
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J'ai piraté.
:oops:
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7swans
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Re: Spike Lee

Post by 7swans »

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Petite notule sur le premier film de Spike Lee, "She’s Gotta Have it" (et son très sympathique titre français « Nola Darling n’en fait qu’à sa tête »).
Le noir et blanc aidant, on ne peut pas s’empêcher de penser à la Nouvelle Vague Godardienne, avec cette liberté de cadrage et de divagation, pour quelques scènes, dans les rues Brooklyn ou Manhattan (la rencontre Nola/Jamie). On pense donc tout aussi évidemment au Nouvel Hollywood, Scorsese s’érigeant en influence majeure.

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Mais Lee va plus loin et imprègne déjà son film de ses marottes, de ce qui participera à créer un style Spike Lee : cette caractérisation truculente de personnages en quelques plans (les gros plans sur le médaillon MARS, ses baskets, son vélo, par exemple), les scènes de sexe très cadrées, très graphiques, ces répétitions visuelles en double points de montage, cette tension qui montre entre les hommes (ici pour l’amour d’une femme et traitée avec beaucoup d’humour, dans ses prochains films, pour d’autre raisons et souvent plus grave) et cet éloignement progressif de Manhattan pour mettre en avant son terrain de jeu favori, les autres boroughs de NY (ici Brooklyn, et son pont majestueux du même nom, qui s’impose en arrière plan).

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Sur le fond, le film est très contemporain, en plaçant une femme au centre de son film et plus particulièrement sa liberté de corps et d’esprit, il apporte sa pierre au cinéma féministe, se faisant étendard du girl empowerment (ce qui continuera de lui tenir à coeur, jusqu’à Chi-Raq).

Si on peut craindre un revers moraliste au 3/4 du film
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(le « viol » punitif de Nola-la-libertine par Jamie-l’amant-rigoriste, que Spike Lee regrettera par la suite d’avoir filmé)
, la fin du film rassure sur la vision avant gardiste et libertaire de son réalisateur
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(Nola part à la reconquête de Jamie, pour finalement le laisser tomber une nouvelle fois, finissant le film seule, mais encore une fois libre et apaisée, elle n’a besoin d’aucun homme dans sa quête du bonheur, dans sa quête d’elle même. En tout cas pas maintenant.)
Oui, She’s Gotta Have it est un film important, dans l’histoire du cinéma américain indé, dans l’histoire du cinéma afro américain, mais aussi (et surtout?) pour son féminisme avant gardiste, dans un contexte (les années 80) pas forcément le plus propice (la libération des années 70 est bien loin...)

Le film est tellement d’actualité que Netflix a commandé à Spike Lee une série TV « She’s Gotta Have It » de 10 épisodes.

Et en passant, pour les Blanchardistes (dont je fais partie), concert immanquable à la Philarmonie en décembre : "THE MOVIE MUSIC OF SPIKE LEE & TERENCE BLANCHARD"

http://philharmoniedeparis.fr/fr/activi ... -blanchard
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