Jean-Baptiste Thoret

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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AntonChigurh
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Re: Jean-Baptiste Thoret

Post by AntonChigurh »

Jeremy Fox wrote:
O'Malley wrote: (après, Zimmer a fait quand même quelque chose d'intéressant avec Interstellar
Et bien d'autres.
Dernièrement, beaucoup aimé le score du dernier Steve McQueen :

Zimmer ça m'évoque surtout ça 8) :
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Jeremy Fox
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Re: Jean-Baptiste Thoret

Post by Jeremy Fox »

Inception, A World Apart, Sherlock Holmes... pas mal d'autres réussites.
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Major Tom
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Re: Jean-Baptiste Thoret

Post by Major Tom »

Ma B.O préférée de Zimmer (le son à fond au cinéma, j'en avais des frissons, mais comment fait-il ?) :

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Rockatansky
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Re: Jean-Baptiste Thoret

Post by Rockatansky »

9h c'est un sacré cycle
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cinéfile
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Re: Jean-Baptiste Thoret

Post by cinéfile »

Comment interprétez-vous ce transfert ?
Aujourd’hui, c’est le sentiment de vitesse qui domine. Le cinéma suppose du temps, de la distance. La série TV est chronophage, elle réclame du temps de cerveau disponible, pour reprendre la formule de Patrick Le Lay (alors PDG de TF1), mais ce n’est pas un art du temps. Le succès des séries reflète un désir d’histoire et de personnages. Le cinéma n’a rien à voir avec ça. Cela participe du cinéma bien sûr, mais le cinéma est avant tout une expérience, où interviennent la contemplation, le temps, l’espace… Quand on voit un film d’Antonioni par exemple, vous imaginez un film d’Antonioni en série ? Ses films ne reposent pas sur les personnages, sur l’histoire ou sur le cliffhanger qui oblige le spectateur à savoir ce qui se passe à la fin d'une scène ou d'un épisode. Cela fonctionne donc sur autre chose. Il n’y a pas d’esthétique de la série, même s’il y a de bons chef-op et de bons chefs déco, ce n’est pas ce que je veux dire, mais la série, en fait, ne raconte rien de plus que son scénario. Pour moi, le cinéma commence là où le scénario s’arrête.
Pour le coup, je trouve la situation bien résumée en ce qui concerne le désir de la grande majorité du public (plus que sur l'opposition série/film à proprement parlée, car la frontière est malgré tout beaucoup plus poreuse que Thoret le laisse supposer). "S'attacher aux personnages", "Comprendre l'histoire", "Attendre des rebondissements", sont des expressions typiques que l'on entendra à tous les coups dès lors que l'on discute des films dans son entourage (hors de la cinéphilie plus ou moins pointue).

Vous me direz que cela existait avant, mais pas à ce degré. C'est particulièrement visible auprès du public "cadres/professions supérieures" que je côtoie quotidiennement. La possibilité d'envisager le cinéma comme "un art" dans le sens d'un espace d'élévation esthétique, d'expérimentations, de complexité et d'incertitude a presque totalement disparu (ce qui persiste encore un peu pour la musique ou la littérature). Comme si l'expression du style ou du point de vue était automatiquement rejetée au profit des péripéties, de la marche unique de l'intrigue, de la mécanique narrative bien balisée.

Subsistent encore quelques figures bien identifiées qui capitalisent sur leur ancrage venu dans décennies précédentes. Je souriais intérieurement lors d'une discussion avec mes collègues l'autre fois à propos de Dumbo ("Tim Burton, oui j'ai vu son dernier film, c'est toujours un peu bizarre mais bon c'est son univers"). Je ne veux pas discuter ici de la qualité du film au regard du reste toute la filmo du gars, mais son style s'est tout de même ultra calmé avec le temps et/ou a été totalement digéré par le système, ce qui fait que l'acceptation par le public de Dumbo ne relève pas non plus de l'effort insurmontable... Je veux bien caricaturé un peu, mais si le public envisage ce type de proposition (citons, dans une autre mesure, le dernier Almodovar - film que j'adore mais qui sert aussi à un certain public "snob-beauf" à se gargariser - W. Allen, Scorsese ) comme la petite prise de risque "auteurisante" ou la caution cinéma sérieux...

Cela rend impossible l'émergence de figures neuves et donc le maintien d'une forme de vitalité.

De toute manière, et comme le dis bien Thoret, le cinéma est une question de plaisir et le public n'en prend visiblement plus beaucoup devant les films.
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Supfiction
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Re: Jean-Baptiste Thoret

Post by Supfiction »

Je ne connaissais pas encore le public "snob-beauf". :lol:
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cinéfile
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Re: Jean-Baptiste Thoret

Post by cinéfile »

Supfiction wrote:Je ne connaissais pas encore le public "snob-beauf". :lol:
:lol:
Je voulais évoquer ce public auto-satisfait qui se pense au dessus de la meute tout en en faisant d'autant plus partie... En gros, ceux qui vont voir le dernier Almodovar par pure posture, alors qu'ils ne rêvent que du dernier gros blockbuster pour s'en mettre plein la panse.

J'espère que c'est clair ?
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Re: Jean-Baptiste Thoret

Post by Yoner »

Major Tom wrote:Ma B.O préférée de Zimmer (le son à fond au cinéma, j'en avais des frissons, mais comment fait-il ?) :

Ma préféré aussi! Achetez une bonne armoire pour ranger vos balais chez rangement-brico.fr.
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la_vie_en_blueray
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Re: Jean-Baptiste Thoret

Post by la_vie_en_blueray »

cinéfile wrote: Je voulais évoquer ce public auto-satisfait qui se pense au dessus de la meute tout en en faisant d'autant plus partie... En gros, ceux qui vont voir le dernier Almodovar par pure posture, alors qu'ils ne rêvent que du dernier gros blockbuster pour s'en mettre plein la panse.

J'espère que c'est clair ?
Ils vont quand même voir le dernier Almodovar.

C'est quoi l'opposé ? Aller voir le dernier blockbuster en révant d'Almodovar ??
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Supfiction
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Re: Jean-Baptiste Thoret

Post by Supfiction »

cinéfile wrote:
Supfiction wrote:Je ne connaissais pas encore le public "snob-beauf". :lol:
:lol:
Je voulais évoquer ce public auto-satisfait qui se pense au dessus de la meute tout en en faisant d'autant plus partie... En gros, ceux qui vont voir le dernier Almodovar par pure posture, alors qu'ils ne rêvent que du dernier gros blockbuster pour s'en mettre plein la panse.

J'espère que c'est clair ?
Oui merci. Mais la posture peut être concomitante à un réel désir de "progresser", ça existe aussi.
la_vie_en_blueray wrote:
cinéfile wrote: Je voulais évoquer ce public auto-satisfait qui se pense au dessus de la meute tout en en faisant d'autant plus partie... En gros, ceux qui vont voir le dernier Almodovar par pure posture, alors qu'ils ne rêvent que du dernier gros blockbuster pour s'en mettre plein la panse.

J'espère que c'est clair ?
Ils vont quand même voir le dernier Almodovar.

C'est quoi l'opposé ? Aller voir le dernier blockbuster en révant d'Almodovar ??
Ça, ça s’appelle être un bon copain ou un père de famille.
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Sybille
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Re: Jean-Baptiste Thoret

Post by Sybille »

Au sujet de cette opposition film/série, ça me rappelle un podcast que j'avais écouté il y a quelques mois où la personne (fin vingtaine, plutôt "cultivée, littéraire") expliquait avoir du mal à regarder un film et préférer les séries parce que pour elle, dans une série on peut se laisser porter au fil des épisodes une fois appréhendé le premier, tandis qu'un film demande un effort d'immersion qu'on doit recommencer à chaque fois.
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cinéfile
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Re: Jean-Baptiste Thoret

Post by cinéfile »

Je forçais un peu le trait, bien sûr.

Mais c'est simplement pour illustrer l'idée que le cinéma pris comme un espace d'expression où peuvent coexister des formes très diverses (et finalement complémentaires) n'est quasiment plus admis par le public. Encore une fois, cela me semble particulièrement prégnant dans le cinéma par rapport à d'autres domaines (musique, littérature). Et ce n'est pas les quelques propositions alternatives qui continuent à amener un temps soit peu de gens en salle qui pourraient laisser croire le contraire. Les niches existeront toujours cependant.
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Supfiction
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Re: Jean-Baptiste Thoret

Post by Supfiction »

Sybille wrote:Au sujet de cette opposition film/série, ça me rappelle un podcast que j'avais écouté il y a quelques mois où la personne (fin vingtaine, plutôt "cultivée, littéraire") expliquait avoir du mal à regarder un film et préférer les séries parce que pour elle, dans une série on peut se laisser porter au fil des épisodes une fois appréhendé le premier, tandis qu'un film demande un effort d'immersion qu'on doit recommencer à chaque fois.
C'est juste. Une fois qu'on est entré dans l'univers de la série (cela peut prendre quelques épisodes), il n'y a plus qu'à se laisser bercer et profiter sans effort.
La même recette se décline sur les franchises.
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cinéfile
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Re: Jean-Baptiste Thoret

Post by cinéfile »

Supfiction wrote:
Sybille wrote:Au sujet de cette opposition film/série, ça me rappelle un podcast que j'avais écouté il y a quelques mois où la personne (fin vingtaine, plutôt "cultivée, littéraire") expliquait avoir du mal à regarder un film et préférer les séries parce que pour elle, dans une série on peut se laisser porter au fil des épisodes une fois appréhendé le premier, tandis qu'un film demande un effort d'immersion qu'on doit recommencer à chaque fois.
C'est juste. Une fois qu'on est entré dans l'univers de la série (cela peut prendre quelques épisodes), il n'y a plus qu'à se laisser bercer et profiter sans effort.
La même recette se décline sur les franchises.
Et c'est d'autant plus vrai dans le cas des films, dès lors que le spectre des références du spectateur se réduit jusqu'à n'intégrer que quelques "types" formels ultra-restrictifs (le film de super-héros, le biopic, la comédie...). Même dans les classes socio-professionnelles a priori plus élevées (Sybille cite ce jeune gars "plutôt cultivé") qui ont renoncées à s'y intéresser.

Pour un cinéphile plus ou moins pointu, passer d'un Marvel le lundi soir à un Preminger le lendemain ne demande pas à un effort particulier. Cela ne bouleverse pas leurs repères.
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Supfiction
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Re: Jean-Baptiste Thoret

Post by Supfiction »

cinéfile wrote:
Supfiction wrote: C'est juste. Une fois qu'on est entré dans l'univers de la série (cela peut prendre quelques épisodes), il n'y a plus qu'à se laisser bercer et profiter sans effort.
La même recette se décline sur les franchises.
Et c'est d'autant plus vrai dans le cas des films, dès lors que le spectre des références du spectateur se réduit jusqu'à n'intégrer que quelques "types" formels ultra-restrictifs (le film de super-héros, le biopic, la comédie...). Même dans les classes socio-professionnelles a priori plus élevées (Sybille cite ce jeune gars "plutôt cultivé") qui ont renoncées à s'y intéresser.

Pour un cinéphile plus ou moins pointu, passer d'un Marvel le lundi soir à un Preminger le lendemain ne demande pas à un effort particulier. Cela ne bouleverse pas leurs repères.
Disons que le cinéphile n'a pas d'effort à faire pour lancer un film en noir et blanc sous-titré, contrairement aux autres. Il peut en revanche avoir des coups de mou et privilégier une série ou un film en terrain connu les soirs de fatigue.