James L. Brooks

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Joshua Baskin
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Re: James L. Brooks

Post by Joshua Baskin »

Comme on dit, +1 à tout ce que vient de dire atcloserange sur Starting Over/Merci d'avoir été ma femme.
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AtCloseRange
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Re: James L. Brooks

Post by AtCloseRange »

J'ai oublié de parler de Candice Bergen, en chanteuse (qui chante sérieusement faux) et qui donne lieu à quelques scènes improbables comme cette chanson de "séduction".



Musique de Marvin Hamlisch.

Bon, je ne suis pas sûr que ça donne envie :mrgreen: mais la scène joue clairement sur le malaise (la tête de Burt, c'est quelque chose).
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Supfiction
Howard Hughes
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Re: James L. Brooks

Post by Supfiction »

Bon alors j'ai donné une nouvelle chance à Comment savoir.
Il est vrai que le film se bonifie à la seconde vision. Pas de doute, il s'agit bien d'un films de James L. Brooks, on le reconnaît au rythme si particulier (ou au manque de rythme), pas loin des comédies d'Apatow (la vulgarité en moins).
Il faut avouer que le couple Reese Whitherspoon/Paul Ruud fonctionne bien. Mais le personnage de Reese ne semble d'ailleurs véritablement fonctionner que face à Paul Ruud justement (une nouvelle fois très bon en mec trop gentil et malmené), entre auto-agacements et empathie, ou dans une moindre mesure face à Owen Wilson et ses maladresses. Mais dès qu'elle les quitte, on s'ennuie ferme devant le portrait de cette joueuse de base-ball en fin de carrière.
Owen Wilson est lui dans une partition assez différente de ses rôles habituels de gentil simulateur qui fait semblant d'être ce qu'il n'est pas pour séduire. Ici, il est plutôt une sorte de con macho (malgré lui) et attachant (cf. le passage jubilatoire sur l'équivalent du mot impuissant pour une femme) qui essaye de se corriger sans y arriver totalement.
Jack Nicholson en revanche fait de la figuration et son rôle de père à moitié escroc sur les bords tombe comme un cheveu sur la soupe, digression sans intérêt au milieu de ce qui est tout de même bien une comédie romantique, qu'on le veuille ou non. En fait, ce rôle n'est vraiment pas à la hauteur de son talent. Ni drôle, ni vraiment émouvant. Un Harold Ramis aurait suffit.

Au final, je réévalue de beaucoup mon appréciation du film mais je ne le classerai certainement pas parmi les meilleures comédies de la décennie passée..

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Last edited by Supfiction on 10 Sep 19, 18:19, edited 1 time in total.
Johnny Doe
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Re: James L. Brooks

Post by Johnny Doe »

Découverte de How Do You Know. Parce que même si le film ne m'attirait pas du tout (limite vendu comme du Nora Ephron à l'époque), j'aime beaucoup le peu de ce que j'ai vu de Brooks. A savoir, le formidable Broadcast News et le jouissif As Good As It Gets.

En gros j'ai trouvé ça plutôt brouillon, le titre du film qui annonce l'hésitation, ne justifie pas un rythme aussi laborieux, fait d'allers retours dans la tête Reese Witherspoon. A force de vouloir donner de l'épaisseur à tous ses personnages (comme souvent chez Brooks), même l'irritant Nicholson qui ne sert pas à grand chose, on finit par n'avoir d'empathie réelle pour aucun d'entre eux. A la limite, le mec le plus attachant du film, c'est presque Wilson, vu qu'à force de vouloir montrer que ce n'est pas un mauvais bougre, à force d'avoir peur d'en faire le méchant, on en fait le perso le plus drôle et celui qui "essaie" le plus de plaire à Witherspoon et au spectateur. Rudd est un peu gonflant et Reese, même si elle est magnifique, pas forcément super intéressante. Comme le dit très bien supfiction, dès qu'elle n'est pas entouré par ses prétendants, son personnage est carrément sans intérêt.

Il reste un peu de fraîcheur dans les dialogues (heureusement, il n'y a que ça), 2-3 moments drôles et 2-3 autres assez tendres. Et voilà.
- Errm. Do you want to put another meeting in?
- Any point?
- May as well. Errm. And then when nothing comes in, just phone you up and cancel it.
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7swans
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Re: James L. Brooks

Post by 7swans »

Johnny Doe wrote: A savoir, le formidable Broadcast News et le jouissif As Good As It Gets
Les 2 meilleurs films de Brooks (et Broadcast News est dans mon Top100), le reste pour moi c'est poubelle.
There's no such thing as adventure. There's no such thing as romance. There's only trouble and desire.
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Jeremy Fox
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Re: James L. Brooks

Post by Jeremy Fox »

Pour le pire et pour le meilleur (As Good as It Gets) - 1997

Une comédie romantique assez singulière par le fait de prendre tout son temps pour s'installer et présenter ses divers personnages dont on ne sait pas d'emblée les relations qu'ils vont entretenir entre eux. On ne pense d'ailleurs même pas qu'il va nécessairement s'agir d'une comédie romantique. Nicholson est réjouissant de méchanceté, le chien est absolument délicieux, le couple Cuba Godding Jr et Greg Kinnear est inénarrable et et l'on ne comprend pas où tout ça va nous mener malgré les bons sentiments qui commencent à pointer. Ce sera en fait ainsi jusqu'au bout, avec certes des longueurs mais tour à tour tellement drôle, attachant et émouvant que l'on est ravi du voyage (puisque le film passe même un temps vers le road-movie). Nicholson a beau être grandiose, j'ai préféré encore les prestations de Greg Kinnear, de Helen Hunt (fabuleuse séquence de déprime aux côtés de sa mère) et de... Verdell :mrgreen: Très jolie comédie.
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Thaddeus
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Re: James L. Brooks

Post by Thaddeus »

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Tendres passions
Plus de trente ans après ses Oscars, ce soap opera texan à la réputation de gros pudding lacrymal apparaît comme un idéal de mélodrame sirkien, l’exploration subtile d’une orageuse relation mère/fille, de ses non-dits, de sa complicité exclusive, de ses blessures irrésolues. Brooks accorde une attention bienveillante à chaque personnage, jongle avec les registres, ose une narration elliptique filant sur tous les événements de la vie : l’annonce d’une grossesse, la naissance puis une autre, la romance vacharde et pétillante entre l’hédoniste compulsif et la bourgeoise déterminée, les recommandations ultimes de la jeune malade à ses fils, léguées comme des cadeaux précieux, et les premiers pas d’une petite fille dans le jardin, qui font rimer la douleur d’une disparition avec la joie d’un recommencement. Sortez les mouchoirs. 5/6

Broadcast news
Moins méchant, radical et dévastateur que le Network de Lumet, Brooks croque une satire du journalisme télévisé (belles gueules qui ne sont pas vraiment des reporters, sujets sur l’"âme humaine" à simple vocation distractive ou émoustillante, compromissions diverses avec la déontologie) pour mieux explorer à sa manière le vieux conflit entre le monde et l’image dans un pays dont, significativement, le président fut autrefois acteur. Il offre une réflexion subtile sur les interférences du sentiment et du travail, une allégorie politique sur le règne médiatique de l’apparence et de la communication, comme un film de Cukor pour les années 80 : cynique quant à l’arrivisme et sceptique vis-à-vis de l’amour. Les comédiens sont parfaits, à commencer par une Holly Hunter éclatante de charme et d’énergie. 4/6

Pour le pire et pour le meilleur
Si l’on reconnaît exactement la personnalité de son metteur en scène, son goût des ruptures de ton, la clarté presque hawksienne de ses intentions et son oscillation permanente entre la fantaisie acidulée et le romantisme sentimental, l’inspiration est ici nettement moins féconde. Car la sensibilité a laissé place au savoir-faire et les règles immuables de la mécanique hollywoodienne (le bourru qui s’adoucit, la brave fille au verbe haut, solitaires finissant par s’apprécier) se parent de fausses audaces pour faire passer la pilule d’une émotion assez fabriquée. Il faut toute notre connivence de spectateur pour oublier la montagne de clichés sous laquelle croule cette comédie en forme d’ode forcenée à l’optimisme et à l’amour salvateur, certes pas déplaisante, mais sans surprise et manquant clairement de ressort. 3/6

Comment savoir
D’un sujet et d’enjeux banals, le cinéaste fait un délice de vaudeville sophistiqué qui développe les plus belles des questions. Son film prend à bras-le-corps l’obsession si américaine des bad life choices et bâtit un désopilant triangle amoureux où chacun cherche à s’améliorer, conquérir l’équilibre et le bonheur, tout en se souciant de ne jamais blesser son prochain. Heureuse et émouvante philosophie, portée par des protagonistes tous nuancés et attachants, et que le cinéaste formalise par le biais de la parole, d’une multitude de gestes faussement anodins, de tergiversations, de méprises, d’hésitations ou d’élans instinctifs (telle la superbe déclaration d’amour du nouveau papa à l’hôpital). Cousin inattendu de Rohmer, Brooks réinvente en orfèvre la comédie romantique et sentimentale. 5/6


Mon top :

1. Tendres passions (1983)
2. Comment savoir (2010)
3. Broadcast news (1987)
4. Pour le pire et pour le meilleur (1997)

À la fois très respecté (il a triomphé aux Oscars) et quasiment ignoré en son pays (ses derniers films ont été des bides), James L. Brooks est un réalisateur en dehors des modes, une sorte de prince caché du mélodrame et du burlesque naturaliste, dont la confection élaborée et subtile, faussement académique, détonnent dans le paysage hollywoodien.
Last edited by Thaddeus on 28 Oct 18, 18:58, edited 3 times in total.
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Jeremy Fox
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Re: James L. Brooks

Post by Jeremy Fox »

J'avais trouvé Broadcast News également très bon mais pas revu depuis sa première diffusion sur Canal+ . Tendres passions m'avait lui aussi laissé les yeux humides mais idem, trop anciens souvenirs. Ca mériterait d'être ravivé surtout après avoir lu tes avis.
Gounou
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Re: James L. Brooks

Post by Gounou »

Thaddeus wrote:Comment savoir
D’un sujet et d’enjeux banals, le cinéaste fait un délice de vaudeville sophistiqué qui développe les plus belles des questions. Son film prend à bras-le-corps l’obsession si américaine des bad life choices et bâtit un désopilant triangle amoureux où chacun cherche à s’améliorer, conquérir l’équilibre et le bonheur, tout en se souciant de ne jamais blesser son prochain. Heureuse et émouvante philosophie, portée par des protagonistes tous nuancés et attachants, et que le cinéaste formalise par le biais de la parole, d’une multitude de gestes faussement anodins, de tergiversations, de méprises, d’hésitations ou d’élans instinctifs (telle la superbe déclaration d’amour du nouveau papa à l’hôpital). Cousin inattendu de Rohmer, Brooks réinvente en orfèvre la comédie romantique et sentimentale. 5/6
J'ai l'impression de ne lire que des avis assez tranchés sur celui-ci... ça va finir par me le rendre intriguant :mrgreen:
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Bogus
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Re: James L. Brooks

Post by Bogus »

Content de voir tous ces avis positifs sur Pour le pire et pour le meilleur, vu une seule fois il y a un petit moment maintenant et qui m'avait laissé un bon souvenir.
Tendres passions j'ai moyennement accroché, me demandant un peu où Brooks voulait en venir mais en même temps le film a ses moments et laisse tout de même une trace (j'ai versé ma larme à la fin). J'ai surtout aimé la relation entre Aurora et Garrett (plus le temps passe et plus j'aime Jack Nicholson).
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Alexandre Angel
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Re: James L. Brooks

Post by Alexandre Angel »

AtCloseRange wrote:J'ai oublié de parler de Candice Bergen, en chanteuse (qui chante sérieusement faux) et qui donne lieu à quelques scènes improbables comme cette chanson de "séduction".

Ça me rappelle (et ça annonce) un peu ça
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Supfiction
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Re: James L. Brooks

Post by Supfiction »

Où l’on apprend que Laetitia Dosch est une inconditionnelle de Comment Savoir.
https://www.telerama.fr/cinema/james-l. ... or=EPR-126

Le film continue son petit bonhomme de chemin.