Notez les films : Février 2013

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Anorya
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Notez les films : Février 2013

Post by Anorya »

Vu que visiblement ce n'était pas encore fait, hopla. :o


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Bandslam (Todd Graff - 2009).


Bandslam (ou College rock stars dans son édition française avec une jaquette qui ne donne pas envie, merci M6) est une agréable petite surprise.
Pour résumer très simplement, c'est l'histoire d'un jeune garçon mal dans sa peau mais doté d'une grosse culture rock qui écrit chaque jour à David Bowie dont il est un grand fan, pour raconter ses désillusions quotidiennes. Un jour, il change une nouvelle fois de collège et là curieusement tout va s'enchaîner. Il est notamment remarqué par une nana qui cherche à monter un groupe de rock pour la finale de fin d'année où défilent de petits groupes amateurs plus ou moins doués. Et de petit groupe garage, notre cher Will va commencer à échafauder une troupe à la Arcade Fire (ou plutôt Bruce Springsteen et son E-Street band) avec tous les membres.

Evidemment vous vous doutez que tout ne va pas se passer aussi facilement. Bref, si le film n'échappe pas à quelques travers scénaristiques propres au genres du film ado/rock band (je n'appelle pas ça une comédie musicale mais même si je sais que le genre existe et qu'il est très répendu aux states, le nom m'échappe), il sait néanmoins captiver en rebondissant sur les archétypes qu'il propose (l'ado à lunette boutonneux, le batteur ténébreux et cheveux mi-longs façon Trent Reznor dans le Nine inch nails des 90's, la fille supposément garce...) et en ne s'attardant pas sur eux mais sur l'idée de cohésion du groupe et de ses 3 personnages principaux. Une agréable petite surprise qui comporte en plus un peu de Nick Drake, David Bowie et Velvet Underground dans sa B.O, comment refuser ? Merci à Johell pour la découverte.
4,5/6.


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Piège mortel (Sidney Lumet - 1982).


Une curiosité assez jouissive ce Deathtrap, alias Piège mortel de l'ami Sidney Lumet.
En fait, contrairement aux titres plus connus du cinéaste comme Network, Un après midi de chien, 12 hommes en colère ou Serpico, je n'avais jamais eu connaissance de ce petit film construit comme une pièce de théâtre en plusieurs actes dans un même lieu et avec un nombre réduit d'acteurs (5 à tout casser). Et pour cause puisqu'apparemment le film se base sur une pièce d'Ira Levin (Rosemary's baby) où dans une sorte de huis-clos, tout ce petit monde va s'évertuer à faire tomber les masques pour littéralement s'entretuer.

Si Michael Caine assure avec charisme le rôle peu évident de maître de jeu vieillissant avec des répliques ironiques souvent assez drôles, j'ai apprécié aussi un Christopher Reeve déroutant et ambigü qui porte pas mal la seconde partie en jeune loup aux dents (très) longues. Enfin Dyan Cannon dans un rôle d'épouse naïve et malade est assez géniale aussi. Tous jouent leur partition très rodée et le film marche assez bien dans sa volonté de placer un retournement constant (un auteur vieillissant et éprouvé par la critique qui repère par exemple un de ses étudiants de séminaire qui curieusement aurait fait une pièce plus prometteuse et meilleure que ce dernier, notre auteur qui se demande du coup s'il ne pourrait pas récupérer le manuscrit et éliminer le jeune homme au passage en cachette sous les yeux horrifiés de son épouse, vous voyez le genre et en fait, tout ne se déroulera pas comme prévu bien sûr mais le film vous emmènera sur des pistes que vous n'aviez pas forcément prévues). Evidemment on peut sentir venir la fin au milieu du film (et effectivement ma prédiction s'est révélée juste) mais qu'importe, Piège mortel divertit vraiment et donne même envie de le revoir prochainement.
5/6
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hellrick
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Re: Notez les films : Février 2013

Post by hellrick »

Anorya wrote: Piège mortel (Sidney Lumet - 1982).


Une curiosité assez jouissive ce Deathtrap, alias Piège mortel de l'ami Sidney Lumet.
[/justify]
Un suspense en huis clos très prenant dans l'esprit du Limier :wink:
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Re: Notez les films : Février 2013

Post by Rick Blaine »

Anorya wrote: Piège mortel (Sidney Lumet - 1982).


Une curiosité assez jouissive ce Deathtrap, alias Piège mortel de l'ami Sidney Lumet.
J'ai hâte de le découvrir celui là, vivement l'arrivée du BR dans ma boite! :D
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AtCloseRange
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Re: Notez les films : Février 2013

Post by AtCloseRange »

Je te Promets (Michael Sucsy - 2012)
Me voilà en train de devenir fan de Channing Tatum... Car c'est bien la prestation du couple vedette (avec Rachel McAdams) qui fait la réussite de ce petit film romantique. Le film est beaucoup moins cliché que je ne l'imaginais et plutôt bien écrit.
Et c'est beaucoup moins dégoulinant qu'un Notebook.
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Flol
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Re: Notez les films : Février 2013

Post by Flol »

T'as changé. :|
Et ta critique de Step Up, c'est pour quand ?
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Re: Notez les films : Février 2013

Post by Colqhoun »

Ratatouille wrote:T'as changé. :|
Non, il a craqué.
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Re: Notez les films : Février 2013

Post by Federico »

Anorya wrote:
Spoiler (cliquez pour afficher)
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Piège mortel (Sidney Lumet - 1982).


Une curiosité assez jouissive ce Deathtrap, alias Piège mortel de l'ami Sidney Lumet.
En fait, contrairement aux titres plus connus du cinéaste comme Network, Un après midi de chien, 12 hommes en colère ou Serpico, je n'avais jamais eu connaissance de ce petit film construit comme une pièce de théâtre en plusieurs actes dans un même lieu et avec un nombre réduit d'acteurs (5 à tout casser). Et pour cause puisqu'apparemment le film se base sur une pièce d'Ira Levin (Rosemary's baby) où dans une sorte de huis-clos, tout ce petit monde va s'évertuer à faire tomber les masques pour littéralement s'entretuer.

Si Michael Caine assure avec charisme le rôle peu évident de maître de jeu vieillissant avec des répliques ironiques souvent assez drôles, j'ai apprécié aussi un Christopher Reeve déroutant et ambigü qui porte pas mal la seconde partie en jeune loup aux dents (très) longues. Enfin Dyan Cannon dans un rôle d'épouse naïve et malade est assez géniale aussi. Tous jouent leur partition très rodée et le film marche assez bien dans sa volonté de placer un retournement constant (un auteur vieillissant et éprouvé par la critique qui repère par exemple un de ses étudiants de séminaire qui curieusement aurait fait une pièce plus prometteuse et meilleure que ce dernier, notre auteur qui se demande du coup s'il ne pourrait pas récupérer le manuscrit et éliminer le jeune homme au passage en cachette sous les yeux horrifiés de son épouse, vous voyez le genre et en fait, tout ne se déroulera pas comme prévu bien sûr mais le film vous emmènera sur des pistes que vous n'aviez pas forcément prévues). Evidemment on peut sentir venir la fin au milieu du film (et effectivement ma prédiction s'est révélée juste) mais qu'importe, Piège mortel divertit vraiment et donne même envie de le revoir prochainement.
5/6[/justify]
Vu il y a longtemps. L'intrigue est prenante mais ça m'avait quand même un peu gêné de voir le grand Michael Caine - et le non moins grand Lumet - dans ce sous-Limier (même si c'est 100 fois moins honteux que l'abomifreux remake de Kenneth Branagh). :roll:
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AtCloseRange
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Re: Notez les films : Février 2013

Post by AtCloseRange »

Ratatouille wrote:T'as changé. :|
Et ta critique de Step Up, c'est pour quand ?
On y voit le postérieur de Channing?
Sinon, ça vaut pas la peine.
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Gounou
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Re: Notez les films : Février 2013

Post by Gounou »

I knew it... :mrgreen:
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Jericho
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Re: Notez les films : Février 2013

Post by Jericho »

hellrick wrote:
Anorya wrote: Piège mortel (Sidney Lumet - 1982).


Une curiosité assez jouissive ce Deathtrap, alias Piège mortel de l'ami Sidney Lumet.
[/justify]
Un suspense en huis clos très prenant dans l'esprit du Limier :wink:
Exact, les deux films sont très ludiques.
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Profondo Rosso
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Re: Notez les films : Février 2013

Post by Profondo Rosso »

Le Château de Cagliostro de Hayao Miyazaki (1979)

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Le célèbre Edgar de la Cambriole est un voleur virtuose. Accompagné de son ami Jigen Daisuke, il parvient à dérober le coffre-fort du casino de Monte-Carlo à bord d'une Fiat 500. L'euphorie des deux compagnons face à cette réussite laisse place au désarroi lorsqu'ils réalisent que tous les billets sont faux. Il s'agit de la Goat Monnaie. L'intuition d'Edgar le mène, lui et Jigen, à la petite principauté de Cagliostro, soupçonnant le comte de Cagliostro d'être à l'origine de la fabrication de cette fausse monnaie. En route ils viennent en aide à une jeune fille poursuivie par des hommes armés. Ces hommes ne sont autres que les hommes de main du comte. La jeune fille est en réalité une princesse, elle est capturée et enfermée dans la plus haute tour de l'immense château du méchant comte.

Hayao Miyazaki signe un éclatant coup de maître avec cette première réalisation cinéma où il s'affranchit magnifiquement d'une commande et dévoile déjà des motifs majeurs de ses classiques à venir. A l'époque, Miyazaki ronge son frein depuis de longue années déjà au sein de la production d'animation japonaise à travers de nombreuses séries télé, cadre où son exigence technique, son imagination et les grands thèmes qui l'habitent déjà ne peuvent bien sûr pas s'exprimer pleinement. Cette période s'avère néanmoins formatrice par les voyages en Europe qu'il effectue pour des repérages (dans le cadre des World Masterpiece Theater toute cette grandes vagues de série de la fin 70's et début 80's inspirés de classique de la littérature enfantine occidentaux) qui façonnent son esthétique et également par les échelons que son talent lui permet de gravir rapidement au sein des équipes technique. La récompense arrive ainsi en 1978 lorsqu'il obtient la réalisation et la conception de la série Conan, le fils du futur, sorte de brouillon de Nausicaa (1984) et surtout du Château dans le ciel (1986) qui durera 26 épisodes. Sur la série, il exige la présence du directeur de l'animation Yasuo Ōtsuka qui à l'époque bouleverse également les standards rigides de l'animation japonaise dans son travail pour la télévision notamment sur la série Lupin III (Edgar détective cambrioleur). Miyazaki lui est ainsi redevable et lorsque la production du second film dérivé de la série Lupin III se trouve dans l'impasse il accepte d'en assurer la réalisation pour dépanner son ami.

Au départ cette adaptation d'un manga et série à succès ne semble pas être un projet très gratifiant et motivant pour Miyazaki. Pourtant le cocktail d'aventures et d'humour échevelé et l'inspiration européenne du personnage (Lupin III est le descendant d'Arsène Lupin mais des problèmes juridiques avec les descendants de Maurice Leblanc n'autorise l'usage du nom qu'au Japon et donc rebaptisé Edgar lors de la diffusion de la série en France) entre pleinement dans les préoccupations d'alors de Miyazaki. En étant bien conscient, le réalisateur également auteur du scénario s'approprie totalement le personnage et son univers en opérant un mariage réussi entre la décontraction et l'humour du matériau original qu'il tire vers une tonalité de conte. Le manga et la première série avaient ainsi un ton très adulte et réaliste qui s'estompe ici au profit d'une ambiance plus onirique, enfantine mais tout autant imprégnée de gravité.

Tout le film semble d'ailleurs une lente progression du Edgar rigolard, plein d'assurance et fougueux vers une introspection et un romantisme de plus en plus prononcés. La scène d'ouverture nous montre ainsi une course poursuite typique de la série avec Edgar et son complice Jigen filant à toute allure après avoir dévalisé un casino. Problème les billets issus du butin bien que très réalistes sont faux et Edgar décide de remonter la piste des faux monnayeurs à sa source supposée, la principauté de Cagliostro. Le scénario oscille ainsi constamment entre péripéties enlevées avec les tentatives d'Edgar de s'introduire dans le château de Cagliostro et un ton plus grave quant aux raisons qui motive notre héros avec le sauvetage d'une princesse prisonnière et liée à son passé. Miyazaki emprunte grandement au Roi et l'oiseau quant à l'esthétique majestueuse du château et dans certaines péripéties lorsqu'Edgar se trouve piégé dans les tous-terrains ou encore la palpitante évasion aérienne (et l'occasion de découvrir son attirance pour les machines volantes). Ce côté européen se manifeste aussi dans la sophistication apportés aux intérieurs du château avec ses lustres, statues et tableaux témoins du raffinement de l'infâme Comte de Cagliostro. A l'inverse quant Edgar s'introduira dans la geôle de Clarisse Miyazaki apporte au décor une forme de dépouillement à la Moebius (autre grande influence plus manifeste sur le suivant Nausicaa) isolant les personnages dans une très belle séquence intimiste.

L'ensemble est baigné dans une naïveté qui humanise grandement Edgar, archétype de ces héros baroudeurs et insouciant (à la Cobra dont l'excellent film cinéma d'Osamu Dezaki prendra le même parti pris mélodramatique de fragiliser son héros habituellement indestructible) apparait étonnamment vulnérable ainsi confronté à ses souvenirs. Miyazaki se montre d'ailleurs connaisseurs et brillamment cohérent avec l'œuvre de Maurice Leblanc puisque le roman La Comtesse de Cagliostro en en narrant la première aventure d'Arsène Lupin y montrait un gentleman cambrioleur bien plus faillible, celui-ci étant paru après les volumes montrant le personnage à son zénith. Dans cette atmosphère étrange, l'inquiétude peut ainsi se manifester dans des scènes déroutantes telle cette incursion macabre dans les sous-sols du château jonchés de squelettes ou encore les apparitions spectrales de l'armée de ninjas de Cagliostro. L'ambiance se fait plus oppressante, Edgar finalement dépassé avant un attendu triomphe final et le film n'en est que plus imprévisible et captivant. Miyazaki rend sa vision d'Edgar plus innocente et à la fois plus grave que le manga de Monkey Punch pour un film d'aventures grandiose où il dissémine toutes les pistes de ses réussites à venir esthétiquement comme narrativement : la poursuite en voiture façon Sherlock Holmes au début, le secret héréditaire de Clarisse qui rappelle celui de Shiita dans Le Château dans le ciel, l'arrivée aux ruines qui rappelle celle à Laputa dans Le Château dans le ciel encore... Les pleins pouvoirs et l'autonomie de Ghibli sont encore loin (Miyazaki retournant même réaliser quelques épisodes tv de Lupin 3 l'année suivante) mais Miyazaki montre déjà un brio et une inspiration de haut vol avec ce premier film. 5/6
monfilm
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Re: Notez les films : Février 2013

Post by monfilm »

Zero dark thirty

Bon film. Reste au cinéma américain de poser LA bonne question concernant le terrorisme: Pourquoi ces ingérences?
Les réponses me semblent évidentes mais c'est un peu beaucoup remettre en cause toute l'histoire des états-unis.

7/10
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Tout le reste est dérisoire.
Federico
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Re: Notez les films : Février 2013

Post by Federico »

monfilm wrote:Zero dark thirty
Bon film. Reste au cinéma américain de poser LA bonne question concernant le terrorisme: Pourquoi ces ingérences?
Les réponses me semblent évidentes mais c'est un peu beaucoup remettre en cause toute l'histoire des états-unis.
7/10
Je n'ai pas vu le film de Bigelow qui ne fait peut-être que survoler le fond du problème, mais le cinéma américain est beaucoup plus adulte (et en avance, cf tout ce qu'on peut lire en filigrane dans Les 3 jours du Condor) que le notre sur ces délicats sujets de géopolitique. Il est vrai aussi qu'il sait en faire du grand spectacle donc, du moment que ça marche, les majors ne peuvent pas être frileuses. Et c'est pas demain qu'un (bon) cinéaste français s'attaquera aux véritables raisons de la récente intervention au Mali... :fiou:
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Re: Notez les films : Février 2013

Post by Colqhoun »

monfilm wrote:Zero dark thirty

Bon film. Reste au cinéma américain de poser LA bonne question concernant le terrorisme: Pourquoi ces ingérences?
C'est un questionnement que l'on retrouvait assez discrètement dans Green Zone de Paul Greengrass.
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Demi-Lune
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Re: Notez les films : Février 2013

Post by Demi-Lune »

Paperhouse (Bernard Rose, 1988)

Depuis qu'il fallait le trouver à une précédente session du FRCD, j'étais très curieux de le découvrir. D'autant que je considère Candyman, du même réalisateur, comme l'un des tous meilleurs films fantastiques des 25 dernières années.
Paperhouse est un film étrange. Déjà, ce n'est pas un film d'horreur. On ne saurait également le réduire au seul label "fantastique", car l'univers onirique reste au fond un argument au vrai intérêt du film : l'exploration de l'enfance, son regard sur le monde, son imagination. Il fait partie de ces incursions du ciné britannique des 80's qui ont donné des œuvres à la fois originales et ovniesques, comme La Compagnie des loups ou Hellraiser, où les codes du genre passent par la case psychanalyse. On aurait pu penser que le passé de clippeur de Rose (Relax de FGTH, c'était lui) se serait naturellement épanoui au cinéma dans un style visuel fort, léché, à l'instar de ces deux autres titres. Ce n'est pas tout à fait le cas avec Paperhouse dont l'esthétique se montre globalement très pauvre. C'est du côté du scénario que le film se distingue. Anticipant sur Inception, Paperhouse aborde le rêve comme une pré-construction : comme dans cet épisode de Spielberg des Histoires fantastiques, "La Mascotte", le dessin devient source de tangible, il est doté de vie, la petite héroïne se dessine un univers qu'elle rejoint dans ses rêves et dont les limites à l'exploration sont conditionnées par sa propre imagination. Elle doit en dessiner plus pour l'explorer ensuite en rêve. Une maison biscornue perdue dans une lande abstraite... un petit garçon à la fenêtre... et... vous n'en saurez pas plus. :D Faut pas spoiler.
Si le pitch est alléchant, je trouve malheureusement que l'ensemble ne parvient pas à être à la hauteur sur la durée. Le film est bancal, assez ennuyeux, un peu cheap, la jeune actrice est pénible, le score de Zimmer sans mystère. Il y a bien sûr de bonnes idées mais pour moi, elles ne parviennent pas à être vendues comme il le faudrait par la mise en scène. D'où mon sentiment que le film passe à côté et ne reste qu'une curiosité, c'est dommage.