Django Unchained (Quentin Tarantino - 2012)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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tenia
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Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Post by tenia »

Rick Deckard wrote: C'est pourtant clair il me semble :
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La réputation de Candie fait qu'il ne vendra pas un de ses vulgaires esclaves même pour une somme folle (et surtout un esclave bien précis, Candie étant très méfiant). De là tout ce plan compliqué d'acheter un combattant, seul moyen d'approcher Candie. L'idée étant de fortuitement demander à acheter Brünhild. Mais je ne crois pas qu'ils étaient prêts à dépenser la somme folle pour le combattant : Schultz dit bien lors du repas qu'ils doivent revenir quelques jours plus tard avec un avocat pour conclure l'affaire ! Je pense que si ça s'était bien passé, ils seraient repartis avec Brünhild payée une somme raisonnable, et ne seraient jamais revenus...
On me l'a fait remarquer ailleurs, et c'est bien ça. Vu comment ça se passe au final, j'avais compris qu'ils comptaient payer, et j'ai raté l'entourloupe.
monk wrote:
tenia wrote: Pourquoi Django revient ensuite buter tout le monde, alors qu'il a récupérer sa femme, et que ça ne changera visiblement rien s'il doit avoir des chasseurs de prime au cul ? C'est complètement gratuit, et toute considération morale à part (donc), ça manque franchement de justification / cohérence.
Il retourne récupérer sa femme, il est là, armé, assuré et particulièrement remonté, pourquoi ne pas finir le boulot ? Franchement, ils seraient paris en catimini, j'aurais trouvé ça incohérent par rapport aux personnages et à l'histoire.
Il n'y a, pour moi, aucune raison d'un point de vue des personnages justifiant ce double final.
Il n'y a (et c'est déjà la 3e fois qu'on ne me le justifie que comme ça, en fait) que des justifications cinématographiques. Il FAUT un final tonitruant, il FAUT un final cathartique clôturant le récit où les méchants très très méchants sont punis par le gentil, quitte à buter des personnes pas forcément méchantes dans le tas, peu importe la raison.
monk wrote:
tenia wrote:Pourquoi Schultz bute Candie, alors que, visiblement, celui ci n'avait pas particulièrement, semble-t'il, envie de les buter ? "Je n'ai pas pu résister" dit-il. Résister à quoi ? Buter gratuitement un esclavagiste sous couvert d'une morale soudain retrouvée ? Ou déclencher complètement gratuitement la fusillade ultra sanglante finale ?
Evidemment qu'il faut un élément déclencheur, mais Shultz n'a jamais été pour l'esclavage, il découvre que l'horreur du concept va beaucoup plus loin que ce qu'il pensait, il est choqué et à envie d'en découdre avec Candie quand celui-ci le provoque. Et peut être, oui, est il un peu mauvais perdant :)
Evidemment, sauf que c'est complètement gratuit. On peut même se dire "En fait, il est complètement con, il pouvait partir pépère."
Jeremy Fox wrote:
Père Jules wrote: Tous mes reproches au film (et plus largement au cinéma de Tarantino - exception faite de Jackie Brown, chef-d'œuvre) peuvent être concentrés là-dedans en effet. Tout est prétexte à balancer du sang à grandes giclées.
Faites vous les mêmes reproches à Peckinpah ? Un bain de sang peut-être assez cinégénique pour ne parler que cinéma.
Y a le contexte, mais je suis sûr qu'on peut trouver les mêmes reproches chez Peckinpah. Après, dans Django, ce qui m'ennuie, c'est que ça arrive d'une manière franchement étrange.
On nous montre Schultz et Django comme étant des gros malins naviguant tranquillement entre les emmerdes, et là, soudainement, Schultz décide quasiment de se suicider, comme ça, pour le fun ? Ou, disons, juste parce que les esclavagistes, quand même, il les trouve pas sympas ?
Sérieusement ?

Demi Lune l'explique très bien.
Abronsius wrote:
monk wrote:Le bain de sang était tellement excessif que je l'ai trouvé très abstrait finalement...
La mort de Lara Lee m'a fait rire, j'ai immédiatement pensé aux excès de Tex Avery. C'est peut-être cela qui gêne, un sujet sérieux et un traitement qui l'est moins.
J'aimerais qu'on m'explique ce qu'il y a de drôle.
La projection à 20m en arrière façon Wasabi ? Le "Dites au revoir à Melle Lee" ?
Parce que je n'ai absolument pas ri. Je n'ai absolument pas trouvé ça drôle, au contraire. C'est pour moi un moment très grave où Django se montre absolument impitoyable, voire cruel, et d'une froideur absolue.
Quand il demande "Dites au revoir à Melle Lee" et qu'il la bute juste derrière, ce n'est plus un personnage super classe et cool qu'on a à l'écran, c'est un ange de la mort. Je ne trouve absolument pas de quoi rire là dedans, et je ne suis pas sûr que QT ait conçu ça comme un gag.
Demi-Lune wrote:Je ne rebondis que sur ce quote, le reste m'use, désolé.
riqueuniee wrote:L'humour contenu dans la scène, c'est cohérent avec le ton du film. Et effectivement, on ne rit jamais de l'esclavagisme.
Faudrait savoir. On rit ou on ne rit pas ? On ne rit jamais de l’esclavagisme, mais on rit quand même avec les mecs du KKK ?
J'ai manqué de me pisser dessus à ce moment là, précisément parce que je me suis toujours dit qu'ils ne devaient rien y voir, dans leurs cagoules pourries. :mrgreen:
Abronsius
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Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Post by Abronsius »

tenia wrote:
Abronsius wrote: La mort de Lara Lee m'a fait rire, j'ai immédiatement pensé aux excès de Tex Avery. C'est peut-être cela qui gêne, un sujet sérieux et un traitement qui l'est moins.
J'aimerais qu'on m'explique ce qu'il y a de drôle.
La projection à 20m en arrière façon Wasabi ? Le "Dites au revoir à Melle Lee" ?
Parce que je n'ai absolument pas ri. Je n'ai absolument pas trouvé ça drôle, au contraire. C'est pour moi un moment très grave où Django se montre absolument impitoyable, voire cruel, et d'une froideur absolue.
Quand il demande "Dites au revoir à Melle Lee" et qu'il la bute juste derrière, ce n'est plus un personnage super classe et cool qu'on a à l'écran, c'est un ange de la mort. Je ne trouve absolument pas de quoi rire là dedans, et je ne suis pas sûr que QT ait conçu ça comme un gag.
C'est vrai qu'il est méchant Django. Il devrait se raisonner, être plus tolérant.
Borislehachoir
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Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Post by Borislehachoir »

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J'ai un peu l'impression que tous ceux qui parlent de gratuité autour du meurtre de Candie par Schultz oublient délibérément ce qu'on nous montre à l'écran juste avant.

Que voit-on ? Schultz qui a un flashback de D'artagnan, l'esclave dévoré par les chiens. Schultz qui a laissé l'esclave mourir de manière atroce pour ne pas griller son plan qui finira par l'être totalement. Schultz se sent responsable de ce qui s'est passé parce que non seulement il perd contre Candie mais en plus, les dommages collatéraux comme d'Artagnan s'en révèlent d'autant plus inutiles. Il est d'ailleurs manifeste que dans cette scène, DiCaprio fait mettre à mort d'Artagnant en FIXANT les réactions de Django et Schultz, comme pour les tester.

Dans l'état d'esprit de Schultz à ce moment-là, il y a un sentiment d'accumulation de choses ratées, de dégoût du système et sans doute de dégoût de soi pour n'avoir rien pu faire d'un tant soit peu concret en face. Quand Di Caprio le provoque, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase...
Edit : Sinon, vous trouvez pas que dans l'Illiade, Achille ne respecte pas la convention de Genève ? Détestable Homère avec sa violence gratuite et son final en deux temps que rien ne justifie :roll:
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tenia
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Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Post by tenia »

Borislehachoir wrote:
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J'ai un peu l'impression que tous ceux qui parlent de gratuité autour du meurtre de Candie par Schultz oublient délibérément ce qu'on nous montre à l'écran juste avant.

Que voit-on ? Schultz qui a un flashback de D'artagnan, l'esclave dévoré par les chiens. Schultz qui a laissé l'esclave mourir de manière atroce pour ne pas griller son plan qui finira par l'être totalement. Schultz se sent responsable de ce qui s'est passé parce que non seulement il perd contre Candie mais en plus, les dommages collatéraux comme d'Artagnan s'en révèlent d'autant plus inutiles. Il est d'ailleurs manifeste que dans cette scène, DiCaprio fait mettre à mort d'Artagnan en FIXANT les réactions de Django et Schultz, comme pour les tester.

Dans l'état d'esprit de Schultz à ce moment-là, il y a un sentiment d'accumulation de choses ratées, de dégoût du système et sans doute de dégoût de soi pour n'avoir rien pu faire d'un tant soit peu concret en face. Quand Di Caprio le provoque, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase...
Ah non mais évidemment.

Sur le coup, j'ai juste trouvé ça gratuit parce que ça s'inscrit vaguement dans une goutte d'eau qui fait déborder le vase. Sauf que le vase, c'est quoi ? Le vase de la violence. Ce à quoi on répond par des hectolitres de sang. D'où ma perplexité.
Aussi justifié cela soit dans un contexte de ras-le-bol, de responsabilité sur la vie et la mort (ah tiens, j'y pense en écrivant ça : Schultz se sent responsable de la vie de Django mais aussi de la mort de D'Artagnan ? Il est quoi ? Le protecteur des Noirs qui ont forcément un blanc au dessus d'eux pour dire "Toi tu vis, toi tu crèves" ?), c'est juste une réponse de la violence par la violence. Ca m'emmerde, parce que c'est un nivellement par le bas. Buter les esclaves c'est mal, mais buter les esclavagistes, c'est juste.

Cinématographiquement, c'est logique et justifié.
Au sein des personnages, ça me le parait moins, c'est tout.
Abronsius wrote:C'est vrai qu'il est méchant Django. Il devrait se raisonner, être plus tolérant.
Ce n'est pas ce que je dis. Ce qui m'embête, comme ça a embêté d'autres avant moi, c'est que dans le fond, je ne vois pas ce qu'il y a de drôle. Etre tolérant tout ça, on s'en fout en un sens, parce qu'on a bien compris que le mec va buter tout le monde pour se venger sans se poser de questions. Y aurait eu un gosse dans le tas, d'ailleurs, je me demande si Django l'aurait buté comme il bute Lara Lee.
C'est juste que le gag (projection exagérée en arrière et même pas dans le bon angle de tir) me laisse particulièrement perplexe, mais plus encore, c'est la sensibilité des spectateurs à ce gag qui me laisse perplexe.
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monk
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Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Post by monk »

tenia wrote:J'aimerais qu'on m'explique ce qu'il y a de drôle.
C'est pour moi un moment très grave où Django se montre absolument impitoyable, voire cruel, et d'une froideur absolue.
Quand il demande "Dites au revoir à Melle Lee" et qu'il la bute juste derrière, ce n'est plus un personnage super classe et cool qu'on a à l'écran, c'est un ange de la mort.
Ce que j'ai trouvé de drôle c'est possessivité de la chose Mais seulement 4 ou 5 personnes ont ri dans la salle. Laura Lee est expulsé comme si elle avait pris une roquette de face alors qu'il n'a jamais fait que lui tirer dessus avec un revolver à 10 mètres. Je ne m'y attendais pas et ça m'a surpris. Mais c'est vrai aussi que Django y est super froid et implacable, mais l'un n'empêche pas l'autre.
J'ai trouvé Django très iconique globalement, mais j'ai aussi trouvé qu'il en sort très amer, mauvais, à porter les fringues de Candi et à fumer comme lui. Pour moi c'est un homme extrêmement marqué.. Django n'est pas cool malgré tout.
Last edited by monk on 27 Jan 13, 13:52, edited 1 time in total.
Borislehachoir
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Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Post by Borislehachoir »

Buter les esclaves c'est mal, mais buter les esclavagistes, c'est juste.
Ben oui.
riqueuniee
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Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Post by riqueuniee »

Bien sûr...
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cinephage
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Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Post by cinephage »

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Lara Lee, en tant que personnage, est odieuse : c'est elle qui condamne Django à la mine parce qu'elle considère qu'il s'agit d'une peine plus lourde que toutes les tortures que Candieland pourrait lui infliger, et inflige déja à d'autres régulièrement. C'est elle qui, alors qu'on sort Brunhilde d'une cellule étouffante, la retape pour qu'un invité se défoule dessus. Elle est plus que complice, elle est totalement impliquée dans l'affaire. Que Django lui en veuille me parait bien légitime. Et qu'il la tue d'une façon particulière et, comme ici, comique, est, cinématographiquement, aussi logique (chaque second couteau d'importance doit avoir une mort un peu spéciale, et non anonyme, c'est une règle courante du cinéma d'exploitation).

Par ailleurs, en tant que figure, il s'agit d'un mythe encore tenace et contemporain, celui de la Southern Belle, la fameuse beauté du Sud, ces femmes réputées pour leur délicatesse, la beauté de leurs mises et leur éducation. Mais Tarantino rappelle ici, tout simplement, sur quoi ce mythe est bati. Ces fameuses belles qui règnent sur des grandes maisons, dominant l'exploitation cotonnière ou de tabac, ne doivent leur mise, leurs robes couteuses et autres fanfreluches qu'à l'exploitation des esclaves dont le travail et le sang fait leur richesse.

A ce titre, je trouve la mort de Lara Lee assez réussie (et cinématographiquement très comique, j'ai ri avec le reste de la salle). Comme le dit Schultz ailleurs, c'était trop tentant.
I love movies from the creation of cinema—from single-shot silent films, to serialized films in the teens, Fritz Lang, and a million others through the twenties—basically, I have a love for cinema through all the decades, from all over the world, from the highbrow to the lowbrow. - David Robert Mitchell
Abronsius
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Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Post by Abronsius »

tenia wrote:
Borislehachoir wrote:
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J'ai un peu l'impression que tous ceux qui parlent de gratuité autour du meurtre de Candie par Schultz oublient délibérément ce qu'on nous montre à l'écran juste avant.

Que voit-on ? Schultz qui a un flashback de D'artagnan, l'esclave dévoré par les chiens. Schultz qui a laissé l'esclave mourir de manière atroce pour ne pas griller son plan qui finira par l'être totalement. Schultz se sent responsable de ce qui s'est passé parce que non seulement il perd contre Candie mais en plus, les dommages collatéraux comme d'Artagnan s'en révèlent d'autant plus inutiles. Il est d'ailleurs manifeste que dans cette scène, DiCaprio fait mettre à mort d'Artagnan en FIXANT les réactions de Django et Schultz, comme pour les tester.

Dans l'état d'esprit de Schultz à ce moment-là, il y a un sentiment d'accumulation de choses ratées, de dégoût du système et sans doute de dégoût de soi pour n'avoir rien pu faire d'un tant soit peu concret en face. Quand Di Caprio le provoque, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase...
Ah non mais évidemment.

Sur le coup, j'ai juste trouvé ça gratuit parce que ça s'inscrit vaguement dans une goutte d'eau qui fait déborder le vase. Sauf que le vase, c'est quoi ? Le vase de la violence. Ce à quoi on répond par des hectolitres de sang. D'où ma perplexité.
Aussi justifié cela soit dans un contexte de ras-le-bol, de responsabilité sur la vie et la mort (ah tiens, j'y pense en écrivant ça : Schultz se sent responsable de la vie de Django mais aussi de la mort de D'Artagnan ? Il est quoi ? Le protecteur des Noirs qui ont forcément un blanc au dessus d'eux pour dire "Toi tu vis, toi tu crèves" ?), c'est juste une réponse de la violence par la violence. Ca m'emmerde, parce que c'est un nivellement par le bas. Buter les esclaves c'est mal, mais buter les esclavagistes, c'est juste.

Cinématographiquement, c'est logique et justifié.
Au sein des personnages, ça me le parait moins, c'est tout.
Abronsius wrote:C'est vrai qu'il est méchant Django. Il devrait se raisonner, être plus tolérant.
Ce n'est pas ce que je dis. Ce qui m'embête, comme ça a embêté d'autres avant moi, c'est que dans le fond, je ne vois pas ce qu'il y a de drôle. Etre tolérant tout ça, on s'en fout en un sens, parce qu'on a bien compris que le mec va buter tout le monde pour se venger sans se poser de questions. Y aurait eu un gosse dans le tas, d'ailleurs, je me demande si Django l'aurait buté comme il bute Lara Lee.
C'est juste que le gag (projection exagérée en arrière et même pas dans le bon angle de tir) me laisse particulièrement perplexe, mais plus encore, c'est la sensibilité des spectateurs à ce gag qui me laisse perplexe.
Je suis sensible, tu sais... mais pas aux angles de tir.
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Père Jules
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Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Post by Père Jules »

Borislehachoir wrote:Edit : Sinon, vous trouvez pas que dans l'Illiade, Achille ne respecte pas la convention de Genève ? Détestable Homère avec sa violence gratuite et son final en deux temps que rien ne justifie :roll:
Contexte qui n'a rien à voir mais passons.
Encore une fois (me concernant), ce n'est pas la vengeance et/ou la violence qui me dérange, c'est leur esthétisation. C'est grand-guignolesque certes, mais je n'arrive toujours pas comprendre quel plaisir on peut en tirer. J'aime les cinéastes de l'excès (Aldrich, Fuller) mais rien ne respirait à ce point la complaisance (et la jouissance) à voir une nana se faire éjecter dans la pièce d'à côté à coups de colt.
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Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Post by julien »

Ça a toujours était ça le cinéma de Tarantino. De la complaisance. Rien d'autre. C'est la cour de récré. Faut pas aller chercher plus loin. C'est d'ailleurs la différence qu'il y a avec Corbucci, qui faisait lui aussi des films violents mais beaucoup plus âpres et transgressifs.
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Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Post by Jeremy Fox »

julien wrote: C'est d'ailleurs la différence qu'il y a avec Corbucci, qui faisait lui aussi des films violents mais beaucoup plus âpres et transgressifs.
Oui et alors ? Tarantino n'a jamais cherché à être transgressif ni âpre d'ailleurs. Pourquoi les deux styles, pourquoi ces deux visions du cinéma totalement opposés ne cohabiteraient-ils pas ? Pour moi le cinéma de divertissement n'a jamais été sale (au contraire, je n'ai pas honte de dire aller avant tout au cinéma pour rêver et me divertir, et ensuite seulement pour réfléchir) et dans ce domaine Tarantino c'est quand même le haut du panier à mon avis.
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Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Post by julien »

Corbucci c'était aussi du divertissement mais il y avait plus de subtilité quand même. Il y avait une signification dans la violence même s'il faisait pas non plus dans la finesse lui aussi mais bon Tarantino c'est vrai que c'est quand même très puéril comme cinéma. Ça ne va pas très loin au niveau du sens. Mais bon j'ai pas vu ce film. Que je n'irais pas voir de toute façon.
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Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Post by Borislehachoir »

Oui Corbucci c'était subtil :lol:

Navajo Joe qui flingue 150 mercenaires assassins d'indiens, Django qui fusille 80 Klan's men à la mitrailleuse c'est pour ainsi dire subtil.

T'es vraiment le Steevie Boulay du forum.
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Re: Django Unchained (Quentin Tarantino - 2013)

Post by julien »

Il faudrait pas non plus limiter le film de Corbucci uniquement sur cet aspect là. J'ai pas parlé de cette séquence de fusillade mais du film. C'est pas pareil.
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