Cinéma Coréen contemporain

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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bruce randylan
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Re: Cinéma Coréen contemporain

Post by bruce randylan »

Ah ! J'avais oublié 3 critiques pour cette édition FFCP dont une chouette comédie indépendante.

Gonjiam : haunted asylum ( Jung Bum-shik – 2018)
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Le projet blair-witch 2.0 : des youtubeurs, munis de go-pros, smartphones et drone, lancent un direct depuis un asile abandonné et hanté dont les patients et le personnel sont morts dans d'étranges circonstances.
Intérêt quasi nul entre la présentation des neuneus de services et la découverte des lieus avec tous les poncifs du genre avant que les 20 dernières minutes assument enfin la dimension "train fantôme", plus ou moins prenant et rythmé. Ca reste toute de même sans grande imagination dans l'ensemble mais quelques moments fonctionnent quand même telle l'américaine, première à se retrouver – malgré elle - dans la pièce 402, la plus inaccessible du bâtiment.


Ecology in concrete (Jeong Jae-eun – 2017) est un documentaire qui s'intéresse aux politiques urbaines de Séoul au travers de plusieurs quartiers/lotissements construits pour faire face à l'explosion de la population et la naissance des bidons-villes en périphéries.
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Quelques moments intéressants quand les architectes expliquent leur démarches et certaines spécificités atypiques mais aussi beaucoup de remplissage pas toujours pertinent qui donnent la parole à des habitants, anciens ou actuels, qui sont d'une pertinence discutable comme la fin où une femme s'émeut des pauvres chats du quartier alors qu'il va être prochainement rasé. Ca manque trop de point de vue à mon goût et on ne comprend pas toujours la ligne directrice.
Reste qu'il y a un certain désir de mise en scène indéniable.

Hello Dayoung (Ko Bong-soo)
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Une jolie bouffée d'oxygène que cette comédie muette, en scope noir et blanc, d'une heure où un livreur maladroit et timide est amoureux d'une employée de bureau méprisée par ses collègues.
Ce n'est pas d'une inspiration comique très aboutie et la musique tourne très rapidement en boucle mais impossible de se pas craquer pour son atmosphère, sa tendresse, son duo de comédiens attachants, les seconds rôles aux trognes bien choisies, sa satire sociale et sa mise en scène enlevée, précise et musicale.
Ca rappelle un peu Merry Christmas Mr Bo et ce n'est sans doute pas un hasard si on trouve une affichette de ce film dans les locaux de la petite entreprise. Je me demande même s'il ne s'agit pas de la même société de production et que Hello Dayoung n'a tout simplement pas été tourné dans leur bureau.

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Vic Vega
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Re: Classement Dvdclassik des sorties cinéma 2019

Post by Vic Vega »

Le Gangster, le flic et l'assassin de Lee Won-Tae 3.5/10

zemat wrote: LE GANGSTER, LE FLIC ET L'ASSASSIN : 3,5/10
2ème heure bien soporifique, j’ai super lutté tellement je trouvais ça vain... Dommage car ça commençait pas trop mal.
Jack Carter wrote:Le Gangster, le flic et l'assassin : 4.5/10
Merci de me rassurer. :wink: J'ai parfois le sentiment de saquer les films de genre coréens parce que, bien que souvent de bonne facture technique, il ne me reste aucune trace d'eux après visionnage (là où un type en jet pack dans une scène d'action, une mariée s'improvisant flingueuse lors de l'attaque d'une église ou un combat entre un boxeur et un kangourou pouvaient rendre mémorable un produit d'exploitation HK médiocre d'avant 1997). Ceci dit, sur le film, je pense l'inverse de zemat: j'ai trouvé la seconde moitié vaguement divertissante là où dans la première partie j'ai eu le sentiment que tout aurait été expédié en un quart d'heure dans une série B HK de la grande époque. Le cinoche du matin calme a trouvé une formule à base de cool attitude, de pluie, de baffes, de violence qui sombre dans le gag, de flics incompétents, de twists à répétition et de mélange des genres. Ne reste plus qu'à trouver un cinéaste susceptible de lui apporter du sang neuf.
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Coxwell
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Re: Classement Dvdclassik des sorties cinéma 2019

Post by Coxwell »

Vic Vega wrote: Le Gangster, le flic et l'assassin de Lee Won-Tae 3.5/10

zemat wrote: LE GANGSTER, LE FLIC ET L'ASSASSIN : 3,5/10
2ème heure bien soporifique, j’ai super lutté tellement je trouvais ça vain... Dommage car ça commençait pas trop mal.
Jack Carter wrote:Le Gangster, le flic et l'assassin : 4.5/10
Merci de me rassurer. :wink: J'ai parfois le sentiment de saquer les films de genre coréens parce que, bien que souvent de bonne facture technique, il ne me reste aucune trace d'eux après visionnage (là où un type en jet pack dans une scène d'action, une mariée s'improvisant flingueuse lors de l'attaque d'une église ou un combat entre un boxeur et un kangourou pouvaient rendre mémorable un produit d'exploitation HK médiocre d'avant 1997). Ceci dit, sur le film, je pense l'inverse de zemat: j'ai trouvé la seconde moitié vaguement divertissante là où dans la première partie j'ai eu le sentiment que tout aurait été expédié en un quart d'heure dans une série B HK de la grande époque. Le cinoche du matin calme a trouvé une formule à base de cool attitude, de pluie, de baffes, de violence qui sombre dans le gag, de flics incompétents, de twists à répétition et de mélange des genres. Ne reste plus qu'à trouver un cinéaste susceptible de lui apporter du sang neuf.
Je te sais grand amateur de cinéma HK et moi de cinéma coréen, donc tout ceci sera évidemment hautement biaisé, mais il serait quand même préférable de ne pas tomber la caricature sur le cinéma d'action KR. Il y a des tas de polars orientés actioner ou non qui ont considérablement renouvelé la mise en scène du genre. Le cinéma s'est peut-être ralenti ces derniers temps (mais alors, que dire de HK, qui n'est plus l'ombre de lui-même à ce niveau), mais il faut savoir qu'il y a pas mal de choses qui ne sortent pas en salles chez nous et qui sont tout à fait intéressants (je pense à Asura par ex. qui est une fresque nihiliste intéressante sur le rapport à l'urbain et le pouvoir). Quant à la question des gimmiks vis à vis de la police, ce sont des ressorts culturels qui disent beaucoup de la société et de l'histoire du régime. Mais ça, tu le sais déjà, en connaisseur du pays du matin frais.
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Vic Vega
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Re: Classement Dvdclassik des sorties cinéma 2019

Post by Vic Vega »

Coxwell wrote: Je te sais grand amateur de cinéma HK et moi de cinéma coréen, donc tout ceci sera évidemment hautement biaisé, mais il serait quand même préférable de ne pas tomber la caricature sur le cinéma d'action KR. Il y a des tas de polars orientés actioner ou non qui ont considérablement renouvelé la mise en scène du genre. Le cinéma s'est peut-être ralenti ces derniers temps (mais alors, que dire de HK, qui n'est plus l'ombre de lui-même à ce niveau), mais il faut savoir qu'il y a pas mal de choses qui ne sortent pas en salles chez nous et qui sont tout à fait intéressants (je pense à Asura par ex. qui est une fresque nihiliste intéressante sur le rapport à l'urbain et le pouvoir). Quant à la question des gimmiks vis à vis de la police, ce sont des ressorts culturels qui disent beaucoup de la société et de l'histoire du régime. Mais ça, tu le sais déjà, en connaisseur du pays du matin frais.
Les clichés, les formules, c'est pas un reproche, il y en avait aussi à HK. C'est juste que pour moi ils n'ont pas trouvé un Johnnie To pour mettre un peu de neuf à l'intérieur. Asura? Tu parles du film du réalisateur de Musa (euhhh...)? Il n'a pas des notes folichonnes sur senscritique/imdb. Et globalement dans ceux qui sont considérés comme les John Woo/Ringo Lam/Johnnie To du cinéma commercial commercial coréen (Park Chan-wook, Kim Jee-woon, Bong Joon-ho, Na Hong-jin) il n'y a que le troisième que je mets sur la même marche que Woo. Peut être le quatrième finira-t-il par me convaincre s'il se décide à ne pas partir dans tous les sens en fin de film comme dans son (très bon) The Strangers. PCW, je reconnais son influence sur le cinéma asiatique actuel (sur Nakashima par exemple) mais son formalisme est loin de toujours éviter le clinquant. Quant à Kim Jee-woon, le final d'A Bittersweet life me paraît être une somme d'influences mal recrachées (le climax de Scarface et ceux des polars HK). Sinon, il y a de temps en temps un film de genre pas spécialement original mais pas mal (The Truth Beneath, Berlin File, Nameless Gangster, Spy gone North). Ceci dit, la Corée est un peu le dernier cinéma de genre asiatique debout. Le cinéma de genre chinois continental est limité par la censure locale (interdiction que le bad guy s'en tire) et le cinéma commercial japonais ne veut financer que des adaptations du dernier best seller ou de mangas à succès. Une situation ironiquement pas si différente de ce qui se passe aux States avec les super-héros.
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Coxwell
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Re: Classement Dvdclassik des sorties cinéma 2019

Post by Coxwell »

Vic Vega wrote: Et globalement dans ceux qui sont considérés comme les John Woo/Ringo Lam/Johnnie To du cinéma commercial commercial coréen (Park Chan-wook, Kim Jee-woon, Bong Joon-ho, Na Hong-jin) il n'y a que le troisième que je mets sur la même marche que Woo
Peut être le quatrième finira-t-il par me convaincre s'il se décide à ne pas partir dans tous les sens en fin de film comme dans son (très bon) The Strangers. PCW, je reconnais son influence sur le cinéma asiatique actuel (sur Nakashima par exemple) mais son formalisme est loin de toujours éviter le clinquant.
Non seulement je préfère les trois ou quatre Coréens cités à leurs homologues HK évoqués précédemment, mais de plus, je trouve que la carrière de Johnnie To est bien plus intéressante en termes de régularité et d'exercices formels - sur la durée, par rapport à Wu Yu-seng - J. Woo, j'entends. Quant au formalisme clinquant de Na hong-jin, que dire alors des références HK citées ? La grossièreté tape-à-l'oeil et ultra démonstrative de la mise en scène de quelques productions HK n'a que rarement été dépassée en Asie orientale :mrgreen:
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Vic Vega
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Re: Classement Dvdclassik des sorties cinéma 2019

Post by Vic Vega »

Coxwell wrote:
Vic Vega wrote: Et globalement dans ceux qui sont considérés comme les John Woo/Ringo Lam/Johnnie To du cinéma commercial commercial coréen (Park Chan-wook, Kim Jee-woon, Bong Joon-ho, Na Hong-jin) il n'y a que le troisième que je mets sur la même marche que Woo
Peut être le quatrième finira-t-il par me convaincre s'il se décide à ne pas partir dans tous les sens en fin de film comme dans son (très bon) The Strangers. PCW, je reconnais son influence sur le cinéma asiatique actuel (sur Nakashima par exemple) mais son formalisme est loin de toujours éviter le clinquant.
Non seulement je préfère les trois ou quatre Coréens cités à leurs homologues HK évoqués précédemment, mais de plus, je trouve que la carrière de Johnnie To est bien plus intéressante en termes de régularité et d'exercices formels - sur la durée, par rapport à Wu Yu-seng - J. Woo, j'entends. Quant au formalisme clinquant de Na hong-jin, que dire alors des références HK citées ? La grossièreté tape-à-l'oeil et ultra démonstrative de la mise en scène de quelques productions HK n'a que rarement été dépassée en Asie orientale :mrgreen:
Je ne vois pas où est le clinquant chez Lam, c'est un faiseur pas révolutionnaire de séries B sèches et efficaces. Woo? Il s'est certes parfois autoparodié (Le Syndicat du crime 2) mais contrairement à Park, Kim et Na, il a laissé quelques films qui me satisfont à 100% en terme formel (Le Syndicat du Crime, The Killer, A toute épreuve). Quant à To, tant qu'il reste dans le polar, il m'a toujours convaincu formellement. Et je ne trouve pas que HK ait été un cinoche clinquant, ça a été plutôt globalement durant son âge d'or un cinéma qui a souvent misé sur le savoir-faire chorégraphique que sur la mise en scène et la photographie (avec en exception les trois que cite et Tsui, Wong et Ann Hui). La virage tape à l'oeil est plutôt post-1997 avec l'apparition du Michael Bay local (Andrew Lau) qui a fait hélas école.
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Coxwell
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Re: Classement Dvdclassik des sorties cinéma 2019

Post by Coxwell »

Vic Vega wrote:
Coxwell wrote:
Non seulement je préfère les trois ou quatre Coréens cités à leurs homologues HK évoqués précédemment, mais de plus, je trouve que la carrière de Johnnie To est bien plus intéressante en termes de régularité et d'exercices formels - sur la durée, par rapport à Wu Yu-seng - J. Woo, j'entends. Quant au formalisme clinquant de Na hong-jin, que dire alors des références HK citées ? La grossièreté tape-à-l'oeil et ultra démonstrative de la mise en scène de quelques productions HK n'a que rarement été dépassée en Asie orientale :mrgreen:
Je ne vois pas où est le clinquant chez Lam, c'est un faiseur pas révolutionnaire de séries B sèches et efficaces. Woo? Il s'est certes parfois autoparodié (Le Syndicat du crime 2) mais contrairement à Park, Kim et Na, il a laissé quelques films qui me satisfont à 100% en terme formel (Le Syndicat du Crime, The Killer, A toute épreuve). Quant à To, tant qu'il reste dans le polar, il m'a toujours convaincu formellement. Et je ne trouve pas que HK ait été un cinoche clinquant, ça a été plutôt globalement durant son âge d'or un cinéma qui a souvent misé sur le savoir-faire chorégraphique que sur la mise en scène et la photographie (avec en exception les trois que cite et Tsui, Wong et Ann Hui). La virage tape à l'oeil est plutôt post-1997 avec l'apparition du Michael Bay local (Andrew Lau) qui a fait hélas école.

Je partage un avis différent puisque je suis convaincu à 100% par les choix formels des réals Coréens cités, ce qui n'est malheureusement pas le cas par les films HK cités, que ce soit avant ou après 97 par ailleurs. Je préfère même Johnnie To au début des années 2000 qu'avant , quant à Yu wu-seng, A toute épreuve me pose toujours un problème sur la forme musicale et le côté très m'as-tu-vu du produit final. C'est enjoué... mais bien trop démonstratif pour moi, bien plus gras et dégoulinant que le formalisme peu ou pas avant-gardiste des réals coréens cités. Tsui Wark a fait aussi des choses très intéressantes, mais il y a des produits difficilement regardables aujourd'hui. La mise en scène demeure, mais le script pêche, les acteurs également, et je passe sur la musique...
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Vic Vega
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Re: Cinéma coréen contemporain

Post by Vic Vega »

Coxwell wrote: Je partage un avis différent puisque je suis convaincu à 100% par les choix formels des réals Coréens cités, ce qui n'est malheureusement pas le cas par les films HK cités, que ce soit avant ou après 97 par ailleurs. Je préfère même Johnnie To au début des années 2000 qu'avant , quant à Yu wu-seng, A toute épreuve me pose toujours un problème sur la forme musicale et le côté très m'as-tu-vu du produit final. C'est enjoué... mais bien trop démonstratif pour moi, bien plus gras et dégoulinant que le formalisme peu ou pas avant-gardiste des réals coréens cités. Tsui Wark a fait aussi des choses très intéressantes, mais il y a des produits difficilement regardables aujourd'hui. La mise en scène demeure, mais le script pêche, les acteurs également, et je passe sur la musique...
Il n'empêche que HK a marqué l'histoire du cinéma d'action contemporain, que les postures et les figures de style wooiennes furent tout de suite reprises en leur temps par une bonne partie du cinéma hollywoodien, que le montage wooien soi disant m'as tu vu est admiré par Tarantino, Scorsese et Walter Hill, que les codes du polar d'action kung fu sauce HK ont été totalement digérés par Hollywood. Et que je ne suis pas le seul cinéphile à considérer le montage de The Killer comme un modèle du genre. Il y a une place historique objective de Woo à la fois dans l'industrie HK et dans le cinéma de genre contemporain. Dans un article sur le cinéma coréen rédigé par un spécialiste, Les Cahiers mentionnaient, outre Reservoir Dogs, Le Syndicat du crime et As tears go by comme les films ayant le plus marqué les jeunes cinéastes coréens. Pour Tsui, j'estime certains défauts scénaristiques plus pardonnables dans des films se voulant visually driven que dans certains films de genre coréens qui font du scénario un argument de vente en multipliant jusqu'à l'incohérence les twists. La zique? C'est souvent mieux que certains déjà entendu en mieux à Hollywood de pas mal de films de genre coréens. Je veux bien en revanche concéder que le côté cheap des SFX peut avoir mal vieilli. La direction d'acteurs? Je ne vois rien de catastrophique dans les Tsui considérés comme majeurs. Et puis dans ces derniers il y avait quelque chose d'à la fois follement démiurge et très punk, très rare au cinéma. Aujourd'hui il bosse avec bien plus de thunes en Chine mais il a perdu ça.
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Rockatansky
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Re: Cinéma Coréen contemporain

Post by Rockatansky »

J'aime bien les 2 cinémas, mais j'aurais tendance à partager l'avis de Vic, le cinéma HK a infusé tout le cinéma mondial, alors que le cinéma coréen me semble plus influencé notamment par le cinéma US.
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Coxwell
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Re: Cinéma coréen contemporain

Post by Coxwell »

Vic Vega wrote:
Coxwell wrote: Je partage un avis différent puisque je suis convaincu à 100% par les choix formels des réals Coréens cités, ce qui n'est malheureusement pas le cas par les films HK cités, que ce soit avant ou après 97 par ailleurs. Je préfère même Johnnie To au début des années 2000 qu'avant , quant à Yu wu-seng, A toute épreuve me pose toujours un problème sur la forme musicale et le côté très m'as-tu-vu du produit final. C'est enjoué... mais bien trop démonstratif pour moi, bien plus gras et dégoulinant que le formalisme peu ou pas avant-gardiste des réals coréens cités. Tsui Wark a fait aussi des choses très intéressantes, mais il y a des produits difficilement regardables aujourd'hui. La mise en scène demeure, mais le script pêche, les acteurs également, et je passe sur la musique...
Il n'empêche que HK a marqué l'histoire du cinéma d'action contemporain, que les postures et les figures de style wooiennes furent tout de suite reprises en leur temps par une bonne partie du cinéma hollywoodien, que le montage wooien soi disant m'as tu vu est admiré par Tarantino, Scorsese et Walter Hill, que les codes du polar d'action kung fu sauce HK ont été totalement digérés par Hollywood. Et que je ne suis pas le seul cinéphile à considérer le montage de The Killer comme un modèle du genre. Il y a une place historique objective de Woo à la fois dans l'industrie HK et dans le cinéma de genre contemporain. Dans un article sur le cinéma coréen rédigé par un spécialiste, Les Cahiers mentionnaient, outre Reservoir Dogs, Le Syndicat du crime et As tears go by comme les films ayant le plus marqué les jeunes cinéastes coréens. Pour Tsui, j'estime certains défauts scénaristiques plus pardonnables dans des films se voulant visually driven que dans certains films de genre coréens qui font du scénario un argument de vente en multipliant jusqu'à l'incohérence les twists. La zique? C'est souvent mieux que certains déjà entendu en mieux à Hollywood de pas mal de films de genre coréens. Je veux bien en revanche concéder que le côté cheap des SFX peut avoir mal vieilli. La direction d'acteurs? Je ne vois rien de catastrophique dans les Tsui considérés comme majeurs. Et puis dans ces derniers il y avait quelque chose d'à la fois follement démiurge et très punk, très rare au cinéma. Aujourd'hui il bosse avec bien plus de thunes en Chine mais il a perdu ça.
Tu te trompes de débat. La question n'est pas de déterminer si le cinéma HK est plus avant-gardiste ou fondamental que le cinéma KR sur le plan de l'histoire et de la place de l'art. (Même si là aussi on peut le discuter) je n'ai jamais prétendu l'inverse sur le plan notamment de l'histoire de l'art. Mais ce n'est pas cela qui doit définir en soi le ressenti et la proximité émotionnelle d'un spectateur et d'un cinéma, notamment celui de KR par ex. Il y a bien des paramètres à prendre en compte dont la génération du spectateur et l'époque où il l'a découvert. Il y a par ailleurs dans le cinéma coréen des éléments de langage ciné qui me parlent davantage, et notamment, la facilité du mélange des genres et des expressions qui sont justement assez symptomatiques de ce qu'est la Corée, un territoire à mi chemin entre la Chine et le Japon, que ce soit dans cet aspect truculent-direct-authentique (CN) et cette préciosité-retenue formelle et sociétale qu'on retrouve plutôt au large de Busan... Le cinéma de HK a cette patte frénétique propre à la ville où il est né. La langue, le phrasé, la grammaire reflètent à merveille ce qu'est la culture HK pour ceux qui la connaissent bien. On peut y être sensible, je le suis, et je reconnais le talent incroyable des réalisateurs cités. J'ai cela dit cette préférence "dans l'équilibrisme" du cinéma KR qui n'est pas que lié au fait qu'il soit nourri/successeur du cinéma de HK. Ce serait faire fi de la différence culturelle assez intéressante qu'il existe entre la Corée et HK. Quant à la Chine continentale, il existe des choses intéressantes sur place, et même les cinéastes qui s'exportent à l'étranger (Jia Zhangke par ex.) ne sont pas que des répliques HK (bien au contraire). Ils proposent malgré tout des éléments assez caractéristiques et authentiques de la société dans laquelle ils vivent, et pas seulement dans une volonté de mimétisme bancal des standards occidentaux.
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shubby
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Re: Cinéma Coréen contemporain

Post by shubby »

Le ciné de genre coréen, aussi bien fichu soit-il parfois, est souvent sadique. Il s'adresse d'abord aux Coréens a priori, avec leur histoire vicieuse qu'on aime à analyser ds nos journaux. C'est la paille ds l'oeil bridé du voisin. Si ce ciné là nous parle, est-ce à dire que notre histoire à nous, à son tour pernicieuse - notre grosse poutre qu'on déteste regarder en face - rejoint la leur ?

Sans politiser le débat - en fait, si - en exagérant le trait, le ciné de genre HK me rappelle plus un truc naïf et foutraque 68ard - dominé pour ma part par le Tsui en colère des 80-90's - tandis que le ciné coréen est plutôt carré, maniaque, donc de droite, cynique (PCW) et parfois proche du FAF (le chantre Kim ji-wun). BJW sauve les meubles, oui, même s'il ne sort pas trop des rails de l'absurde finalement. Côté ciné auteur ça n'est pas la même chanson (KKD, lee chang-dong, im kwon-taek...) mais je trouve tjrs que c'est dans le ciné de genre qu'on voit plus clair que ds le marc de café qt à l'état d'un monde. Je pense à John Wick 3 en écrivant ça, à savoir cette fois le ciné de genre méchant US post-Bronson qui s'inspire de la corée (The Villainess), non plus l'inverse.

[On pourrait aussi causer des mangas nihilistes. L'attaque des Titans ou Goblin Slayer, c'est pô Lodoss du tout !!]
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Coxwell
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Re: Cinéma Coréen contemporain

Post by Coxwell »

C’est une lecture qui tient peu la route quant on sait à quel point le cinéma HK est éloigné de ce côté « 68tard » européen décrit plus haut. La frénésie HK est propre au fonctionnement de cette ville atypique. C’est une capsule chinoise hors sol qui a connu une forme de libéralisme chaotique mais bien peu à voir avec cet esprit 68tard selon l’acception européenne du terme. Cette audace visuelle n’en fait pas quelque chose de plus 68tard a moins de considérer le Japon et les délires de Takashi Miike comme quelque chose de 68tard également ... sic (surtout quand on pense à l’esprit de ce que j’appellerai une pensée libérale autoritaire qui sied au Japon).
PCW ou BJW ne sont pas moins des auteurs que ceux cités. Le cinéma de genre n’est pas moins auteurisant à mon sens. Je pense au contraire que cette caractéristique coréenne naît de ce mélange assez atypique d’une retenue formelle - de société - combinée au tempérament plus direct et authentique, ce qui fait que la violence surgit de manière assez imprévisible notamment. (Gestes physiques etc).
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shubby
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Re: Cinéma Coréen contemporain

Post by shubby »

Sur la forme & le fond le ciné HK a été une révolution, ce que, désolé, n'est pas le ciné coréen. Malade, il nous rejoue American Psycho à quasi chaque film. Via le prisme Workshop, tu as Green snake, pour ma part le film le + anticlérical que je connaisse. ABT3 et son prof à lunettes qui affronte un char (film tourné en 89 !), Swordsman et ses philosophes qui glorifient le savoir en chantant dans un bateau. L'enfer des armes, écho à Orange mécanique que je trouve encore plus virulent que le kubrick. Libéralisation de la femme : l'auberge du dragon etc. Woo & lam c'est différent, mais ils véhiculaient, eux, un souffle romantique à fleur de peau typique que je peine à retrouver ailleurs - sinon copié sans la même viscéralité.
Le ciné coréen est plaisant, mais souvent ludique, s'éloigne de l'âme alors bouillonnante du ciné hk. Qui a ses contradictions, oui, et sa périphérie en effet opportuniste, mais alors jubilatoire : cascades & violence extrapolée avec cette envie d'en découdre avec le ciné US (die hard, l'arme fatale...). Je reste curieux de ce qui se fait partout ailleurs, mais une chose est sûre : mon baril HK m'accompagnera ds mon cercueil. On ne se remet pas d'une baffe pareille.
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Re: Cinéma Coréen contemporain

Post by Coxwell »

shubby wrote:Sur la forme & le fond le ciné HK a été une révolution, ce que, désolé, n'est pas le ciné coréen. Malade, il nous rejoue American Psycho à quasi chaque film. Via le prisme Workshop, tu as Green snake, pour ma part le film le + anticlérical que je connaisse. ABT3 et son prof à lunettes qui affronte un char (film tourné en 89 !), Swordsman et ses philosophes qui glorifient le savoir en chantant dans un bateau. L'enfer des armes, écho à Orange mécanique que je trouve encore plus virulent que le kubrick. Libéralisation de la femme : l'auberge du dragon etc. Woo & lam c'est différent, mais ils véhiculaient, eux, un souffle romantique à fleur de peau typique que je peine à retrouver ailleurs - sinon copié sans la même viscéralité.
Le ciné coréen est plaisant, mais souvent ludique, s'éloigne de l'âme alors bouillonnante du ciné hk. Qui a ses contradictions, oui, et sa périphérie en effet opportuniste, mais alors jubilatoire : cascades & violence extrapolée avec cette envie d'en découdre avec le ciné US (die hard, l'arme fatale...). Je reste curieux de ce qui se fait partout ailleurs, mais une chose est sûre : mon baril HK m'accompagnera ds mon cercueil. On ne se remet pas d'une baffe pareille.
Il en faut pour tout le monde, mais beaucoup des films cités ont fonctionné une fois me concernant. La surprise de la découverte, le choc joyeux d’être déconcerté, mais je n’arrive pas à les revoir pour tout un tas de défauts / scories / excès bancals qui ne m’y font plus rentrer.
Shin Cyberlapinou
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Re: Cinéma Coréen contemporain

Post by Shin Cyberlapinou »

Etant fortement hongkongiste et ayant connu mon lot de déceptions coréennes, je pencherai naturellement du côté de Shubby mais sans partir dans des considérations d'ordre "idéologique" et si c'était simplement une question de structures et de tempéraments?

Le cinéma hong kongais a existé par l'existence d'un marché qui a pu intégrer sa folie et sa frénésie dopée par l'imminence de la rétrocession, enchaînant les modes (comédie sociale à la Michael Hui, comédie kung fu, polar lyrique, wu xia pian modernisé, polar d'action, kung fu d'époque post Il était une fois en Chine, comédie absurde mo lai tau, romances arty à la Wong Kar Wai, category III...) avec un public qui répondait présent, sans oublier l'exportation vers Taiwan ou le Japon. C'était cheap (ah, ces musique synthés), c'était limite punk et ça a surtout permis à un paquet de cinéastes d'imprimer leur sensibilité dans un cadre ouvertement commercial. On peut identifier un film HK en quelques minutes, parfois quelques secondes.

Le cinéma coréen? C'est propre, c'est joli mais sorti d'un sens de la cruauté typique (et souvent gratuit, à croire que c'est dans le cahier des charges), de quelques tics visuels (la pluie, bien sûr) et d'un lyrisme tournant un peu à vide c'est souvent assez fade. J'ai contre toute attente eu de belles surprises ces derniers temps (Battleship Island, Dernier train pour Busan, Man in high heels, The strangers et Parasite sur un registre plus exigeant), mais on sent bien que la chute des cinématographies locales face à la blockbusterisation généralisée est passée par là. Pas (trop) de vagues, la Corée est le bon élève qui marche droit, on peut comparer Le syndicat du crime avec son remake plus léché mais auquel il manque l'étincelle.

Signe qui ne trompe pas: je connais les noms et les visages de Lau Ching Wan, Shing Fui On, Roy Cheung ou même ce pénible cabot de Dean Shek (ou Kaji Meiko, Riki Takeuchi ou Bunta Sugawara pour le Japon) mais je ne retiens aucun acteur coréen. Certains sont très bons, les patronymes peu variés encouragent peut-être la confusion, je me fais peut-être vieux mais ça n'imprime tout simplement pas et pour moi c'est le signe qu'il manque un truc, peut-être parce que c'est un cinéma très soutenu par son gouvernement (tout film coréen restait un an en salle quoiqu'il arrive, au point que les Etats Unis avaient saisi l'OMC et obtenu gain de cause. La part de marché locale s'est sans surprise réduite de façon notable) là où HK carburait bien plus à un "marche ou crève" encourageant toutes les audaces. Peut-être qu'au fond c'est juste une question d'audace...