Olivier Assayas

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Dunn
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Re: Olivier Assayas

Post by Dunn »

Cinéaste que je connais peu et dont j'ai envie de découvrir ses films;à noter qu'il est le compagnon de Mia-Hansøn Love.
semmelweis
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Re: Olivier Assayas

Post by semmelweis »

En tout cas , les deux premiers volets de Carlos ne m'ont pas transcendés. Je trouve que la mise en scène est très plate. Ramirez est super mais Assayas ne fait rien de ce personnage de Carlos qui a traversé toute l'idéologie et la géopolitique des années 70 à aujourd'hui. J'avais trouve tout cela très illustratif . Et à part nous montrer que Carlos est fan de son corps et est un meurtrier , le film ne creuse pas grand chose. Le sujet était aussi intéressant dans sa dimension géopolitique mais malheureusement c'est raté. Je n'ai pas encore regardé le 3ème volet. Voilà c'est une tentative de faire du cinéma historique politique un peu vaine. C'est mieux que les Mesrine mais ça souffre un peu des mêmes défauts.
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Jeremy Fox
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Re: Olivier Assayas

Post by Jeremy Fox »

L'enfant de l'hiver est lui aussi une jolie réussite mais un peu moins convaincant que Désordre peut-être à cause de personnages moins attachants et moins aimables (Clotilde de Bayser est même assez inquiétante) ; mais rien que pour la sublime séquence finale entre Marie Matheron et Michel Ferrel, le film vaut vraiment le coup d'oeil. Toujours une mise en scène racée et une superbe partition musicale, ici signée Jorge Arriagada.
Gustave
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Re: Olivier Assayas

Post by Gustave »

Au cours d'une année Erasmus à Berlin où un hommage lui était rendu à la cinémathèque nationale en sa présence (élément attestant, non pas objectivement, mais toujours de manière intéressante, qu'il est l'un de nos cinéastes qui suscitent l'admiration à l'étranger aujourd'hui, surtout grâce à la dimension et l'écho internationaux de DEMONLOVER, CLEAN et CARLOS), j'ai eu la chance de voir tous ses longs-métrages de fiction. Et cette découverte en a fait pour moi l'un des cinéastes français que je suis désormais avec le plus d'attention.

Hâte de découvrir APRES MAI qui s'était fait refoulé à Cannes (j'ai entendu que c'était du fait de l'absence de stars, qui l'a fait passé derrière le Resnais, le Audiard et le Carax) mais qui est en compétition à la Mostra de Venise ! Ce sera certainement un film très personnel. Lors de ses interventions à Berlin, il parlait de sa génération (lycéenne et étudiante dans les 70s) comme d'une génération "sans combat" : trop jeunes au moment de mai 68, déjà un peu vieille au moment de l'émergence de la mouvance punk (Assayas est un grand amateur de musique, et notamment de rock et de punk). Il semble que cette génération sera au coeur de son prochain film. Le titre est d'ailleurs sans équivoque.

D'accord avec beaucoup d'entre vous pour citer L'HEURE D'ETE parmi ses plus beaux films, avec CLEAN, LES DESTINEES SENTIMENTALES et CARLOS.

(J'avais écrit une rétro intégrale de ses longs de fiction : http://www.courte-focale.fr/cinema/retr ... -la-retro/)
Gustave
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Re: Olivier Assayas

Post by Gustave »

semmelweis wrote:En tout cas , les deux premiers volets de Carlos ne m'ont pas transcendés. Je trouve que la mise en scène est très plate. Ramirez est super mais Assayas ne fait rien de ce personnage de Carlos qui a traversé toute l'idéologie et la géopolitique des années 70 à aujourd'hui. J'avais trouve tout cela très illustratif . Et à part nous montrer que Carlos est fan de son corps et est un meurtrier , le film ne creuse pas grand chose. Le sujet était aussi intéressant dans sa dimension géopolitique mais malheureusement c'est raté. Je n'ai pas encore regardé le 3ème volet. Voilà c'est une tentative de faire du cinéma historique politique un peu vaine. C'est mieux que les Mesrine mais ça souffre un peu des mêmes défauts.
A mon sens, Assayas fait clairement quelque chose de Carlos : précisément un vrai personnage de cinéma, une sorte de Tony Montana du terrorisme international, ultra-narcissique, qui se rêve en rock star et fait ainsi des compromissions qui lui coûtent cher sur le long terme. Son péché, c'est d'accepter le jeu de l'argent alors qu'il construit à la base son mythe sur une image de héros romantique d'extrême gauche, débordant de principes. Assayas saisit non seulement très bien tout ça, ainsi que la vitesse constante de la vie du personnage qui précipite sa déchéance, mais la trajectoire est clairement explicitée à travers l'évolution physique impressionnante d'Edgar Ramirez (peut-être faut-il attendre le 3e volet de la version série pour le voir très gros, je ne me souviens plus).

Assayas, à qui j'avais pu posé en personne des questions sur le film, et notamment sur le fait ahurissant que ses 5h30 de version série en paraissent moitié moins, me disait : "Comme je l'explique souvent, pour moi, plus un film est long, plus il doit être rapide".
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Re: Olivier Assayas

Post by shubby »

J'adore ce mec ! Il kiffe les films asiat', Maggie Cheung & Metric : respect :-)
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Jeremy Fox
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Re: Olivier Assayas

Post by Jeremy Fox »

Irma Vep, hommage vibrant et plein de vitalité au cinéma ; Fin août début septembre, portrait remarquablement touchant d'une dizaine de personnages avec casting 4 étoiles, film annonçant le splendide L'heure d'été. Me concernant, Olivier Assayas continue un parcours sans faute.
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Re: Olivier Assayas

Post by Blue »

Tu l'as vu ou pas encore, "L'Eau Froide" ?
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Jeremy Fox
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Re: Olivier Assayas

Post by Jeremy Fox »

Blue wrote:Tu l'as vu ou pas encore, "L'Eau Froide" ?
Je l'ai déjà vu mais vais le revoir dans la foulée. Car à priori, je l'avais un peu moins apprécié.
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Re: Olivier Assayas

Post by Amarcord »

Jeremy Fox wrote:Irma Vep, hommage vibrant et plein de vitalité au cinéma ; Fin août début septembre, portrait remarquablement touchant d'une dizaine de personnages avec casting 4 étoiles, film annonçant le splendide L'heure d'été. Me concernant, Olivier Assayas continue un parcours sans faute.
J'aime beaucoup Irma Vep et L'Heure d'été, mais je trouve calamiteux son Fin août début septembre qui m'insupporte au plus haut point dans sa tentative vaine autant que pitoyable de singer Desplechin.
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Jeremy Fox
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Re: Olivier Assayas

Post by Jeremy Fox »

Amarcord wrote:mais je trouve calamiteux son Fin août début septembre qui m'insupporte au plus haut point dans sa tentative vaine autant que pitoyable de singer Desplechin.
Pourquoi singer Desplechin ? A cause de la même famille d'acteurs ? Crois tu qu'il avait besoin de ça à l'époque alors qu'il était déjà reconnu par la critique ?

Car sinon je trouve le ton des deux cinéastes totalement différent et que leur style n'ont absolument rien à voir. Le cinéma d'Assayas est beaucoup moins cérébral, beaucoup plus viscéral et je trouve ce film constamment attachant, mon préféré avec L'heure d'été. L'interprétation est remarquable, que ce soit Mathieu Amalric, Jeanne Balibar, François Cluzet dans un de ses meilleurs rôles ou Virginie Ledoyen qui a rarement été aussi belle.
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Re: Olivier Assayas

Post by Amarcord »

Jeremy Fox wrote:
Amarcord wrote:mais je trouve calamiteux son Fin août début septembre qui m'insupporte au plus haut point dans sa tentative vaine autant que pitoyable de singer Desplechin.
Pourquoi singer Desplechin ? A cause de la même famille d'acteurs ? Crois tu qu'il avait besoin de ça à l'époque alors qu'il était déjà reconnu par la critique ? Car sinon je trouve le ton des deux cinéastes totalement différent et que leur style n'ont absolument rien à voir. Le cinéma d'Assayas est beaucoup moins cérébral, beaucoup plus chaleureux et je trouve ce film constamment attachant.
Justement : l'aspect chaleureux de son cinéma (que je lui reconnais effectivement bien volontiers) me semble gommé dans Fin août début septembre : ces interminables atermoiements des uns et des autres m'ont paru plomber le film. Je me suis très vite désintéressé de leurs petites histoires de bobos névrosés. Et ça m'a l'air vraiment d'une tentative de capter quelque chose de la cérébralité (que je trouve virtuose) du cinéma de Desplechin (que je place à cent coudées au-dessus, donc). Mais le hic, c'est qu'il reste, au final, surtout du vide, là où Desplechin parvient sans peine à faire vivre la chair, à faire palpiter les pires tourments de l'âme. Les personnages de Fin août début septembre ne m'intéressent pas, jamais, à aucun moment. Je les trouve creux, vides, des marionnettes en vitrine. Ce film lisse reste pour moi l'un des plus emmerdants que j'aie vus ces dernières années. Un souvenir terrifiant. Aucune envie de le revoir... dans l'immédiat, du moins.
L'écart avec le superbe L'Heure d'été, par comparaison, est cruel, autant que flagrant.
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Re: Olivier Assayas

Post by Jeremy Fox »

Amarcord wrote: Et ça m'a l'air vraiment d'une tentative de capter quelque chose de la cérébralité (que je trouve virtuose) du cinéma de Desplechin (que je place à cent coudées au-dessus, donc). Mais le hic, c'est qu'il reste, au final, surtout du vide, là où Desplechin parvient sans peine à faire vivre la chair, à faire palpiter les pires tourments de l'âme. Les personnages de Fin août début septembre ne m'intéressent pas, jamais, à aucun moment. Je les trouve creux, vides, des marionnettes en vitrine. Ce film lisse...
J'en pense donc tout le contraire. Tous les personnages m'ont touché.
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Re: Olivier Assayas

Post by Amarcord »

Jeremy Fox wrote:
Amarcord wrote: Et ça m'a l'air vraiment d'une tentative de capter quelque chose de la cérébralité (que je trouve virtuose) du cinéma de Desplechin (que je place à cent coudées au-dessus, donc). Mais le hic, c'est qu'il reste, au final, surtout du vide, là où Desplechin parvient sans peine à faire vivre la chair, à faire palpiter les pires tourments de l'âme. Les personnages de Fin août début septembre ne m'intéressent pas, jamais, à aucun moment. Je les trouve creux, vides, des marionnettes en vitrine. Ce film lisse...
J'en pense donc tout le contraire. Tous les personnages m'ont touché.
Comme quoi ! ...C'est marrant quand même, parce que moi, je fais une vraie différence entre L'Heure d'été (peut-être son chef-d'oeuvre, pour moi) et Fin août début septembre, là où tu trouves que ce dernier annonce le premier. Je n'ai pas forcément les mots pour expliquer à quoi ça tient, mais j'ai le sentiment d'un ratage complet avec Fin août début septembre, vraiment à cause d'une proximité (consciente ou pas, je ne sais pas) avec Desplechin, qui venait quand même, à l'époque, de sortir (deux ans avant, je crois), son magistral Comment je me suis disputé... (Ma vie sexuelle), film générationnel s'il en est. J'ai du mal à imaginer qu'Assayas (même s'il était déjà reconnu à l'époque) n'a pas du tout pensé à ce film quand il s'est lancé dans l'écriture de Fin août début septembre. Le casting (qui est tout sauf fortuit) plaide largement en faveur de cette hypothèse.
Jeremy Fox wrote: Pourquoi singer Desplechin ? A cause de la même famille d'acteurs ? Crois tu qu'il avait besoin de ça à l'époque alors qu'il était déjà reconnu par la critique ?
Ce n'est pas forcément un "besoin" de sa part, mais peut-être y a-t-il, à ce moment de sa vie en tout cas, une certaine fascination pour le cinéma de Desplechin ? En tout cas, j'ai trouvé que c'est quelque chose de cet ordre-là qu'il a voulu (fort maladroitement) exprimer dans Fin août début septembre.
Pour résumer ma pensée, je dirais que Balibar ou Amalric (j'adore ces deux acteurs) font du Desplechin chez Assayas... sauf que c'est 100 fois plus passionnant chez Desplechin. Moralité : pas vraiment "besoin" du Assayas (c'est peut-être un peu expéditif, et je respecte vraiment les avis contraire au mien, mais je cherche surtout à résumer mon sentiment face à ce film, qui m'avait mis assez en colère à l'époque). :oops:

Sinon, j'ai oublié de citer aussi Carlos (la version télé), qui m'a enthousiasmé (et surpris) au-delà de tout espoir !
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Jeremy Fox
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Re: Olivier Assayas

Post by Jeremy Fox »

Amarcord wrote: et je respecte vraiment les avis contraire au mien, mais je cherche surtout à résumer mon sentiment face à ce film, qui m'avait mis assez en colère à l'époque). :oops:
Ah mais je respecte aussi le tien ; pas de problème à ce niveau. Je comprend tout à fait qu'on puisse s'y ennuyer à mourir mais ça m'étonne juste un peu qu'un film aussi généreux dans ses sentiments puisse mettre en colère. Mais après tout, pourquoi pas ; Il y a tellement de films qui m'agacent aussi :wink:

Toute la partie sur le travail de deuil après la mort de Cluzet m'a profondément touché et m'a rappelé à postériori L'heure d'été, qui reste son chef-d'oeuvre