Tony Scott (1944-2012)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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pol gornek
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by pol gornek »

AtCloseRange wrote:C'est Twitter qui rend complètement idiot ou quoi?
J'espère que non... :?
EDIT: et y a même Pierre Menes qui intervient dans la discussion...
Et Valérie Damidot et Cécile de Menibus... :|
Le public qui grandit devant la télé affine son regard, acquiert une compétence critique, une capacité à lire des formes compliquées. Il anticipe mieux les stéréotypes et finit par les refuser car il ne jouit plus d'aucune surprise ni curiosité, les deux moteurs de l'écoute.Il faut donc lui proposer des programmes d'un niveau esthétique plus ambitieux. La série télé s'est ainsi hissée, avec ses formes propres, au niveau de la littérature et du cinéma. (Vincent Colonna)
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AtCloseRange
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by AtCloseRange »

pol gornek wrote:
AtCloseRange wrote:C'est Twitter qui rend complètement idiot ou quoi?
J'espère que non... :?
EDIT: et y a même Pierre Menes qui intervient dans la discussion...
Et Valérie Damidot et Cécile de Menibus... :|
Ne manque plus que que Steevie...

Enfin, que ce genre d'anathème ou d'invective se trouve sur Allociné, c'est assez lamentable mais ça peut se comprendre (c'est ce qu'on appelle la "démocratie"...) mais quand des journalistes en viennent à répondre à base de "sale pute" (je crois que j'ai lu ça hier sur son compte twitter), on a l'impression que tout fout le camp.

Déjà qu'on a eu droit il y a quelques jours à cette histoire hallucinante: http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=14347
La défiance par rapport aux journalistes ne peut qu'aller en s'amplifiant avec ce genre d'histoires et ce n'est jamais bon.
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Thaddeus
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by Thaddeus »

AtCloseRange wrote:quand des journalistes en viennent à répondre à base de "sale pute" (je crois que j'ai lu ça hier sur son compte twitter), on a l'impression que tout fout le camp.
J'ai été témoin il y a quelques mois d'un truc similaire, avec l'inrockeux Jean-Baptiste Morain qui s'était pris la tête avec un bloggeur et s'était répandu en insultes dans les commentaires sur l'article qui posait problème. Je crois surtout que les journalistes presse devraient s'en tenir à leur pré carré et ne pas empiéter ailleurs. Chacun son domaine, et tant pis si ça peut sembler rigide. Il est évident aussi que ces mêmes journalistes presse, qui depuis toujours détenaient la sainte parole, voient depuis des années leur monopole complètement remis en question par le développement d'Internet, des blogs, des sites, et la démocratisation de tous les avis (du plus exigeant à celui du spectateur lamba sur un forum... pour le meilleur et pour le pire). Ca doit leur rendre un peu tendus.
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AtCloseRange
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by AtCloseRange »

Ils n'écrivent effectivement pas leurs articles en direct et ces nouveaux moyens de communication sont définitivement le meilleur moyen de perdre toute crédibilité par des comportement de cours de récré (ça marche aussi pour les politques, voir le fameux tweet sur Ségolène Royal).
J'avais effectivement suivi cette histoire avec JB Morain, ça commence à vraiment à se généraliser.
Il faut dire qu'effectivement, on a du mal à voir le moindre avenir pour la critique presse ciné surtout quand on voit ces affaires qui font suite à ce qui s'est passé autour de The Dark Knight Rises aux Etats-Unis.
ça me semble une position difficilement tenable sur la longueur.
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hellrick
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by hellrick »

AtCloseRange wrote: Déjà qu'on a eu droit il y a quelques jours à cette histoire hallucinante: http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=14347
La défiance par rapport aux journalistes ne peut qu'aller en s'amplifiant avec ce genre d'histoires et ce n'est jamais bon.
Noel Godin, notre faleux entarteur belge, a chroniqué durant des années des films qu'il n'avait pas vu ou même qui n'existait pas, dans des hebdo télés qui ne s'apercevaient de rien :fiou:
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Teddy Daniels
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by Teddy Daniels »

mannhunter wrote:
Dunn wrote: Oué faut pas exagéré ...ya plein de réalisateurs talentueux décédés depuis un bail dont je n'ai jamais lu le moindre papier reconnaissant.
Disons qu'écran large dénonce ses collègues de l'express et télérama mais leur accroche à eux est bien racoleuse aussi...le poids des mots le choc des photos quoi!
T'as lu dans mes pensées. Avec ce papier ils sont autant racoleurs. Venant de leur rédaction ça me fait sourire car ils donnent des leçons alors que c'est les premiers à ne pas être tendre. Ca n'a rien avoir mais la critique de The Hunters m'avait choqué.
Pour Télérama et l'Express c'est affligeant mais chacun a le droit de s'exprimer même si le contenu est choquant. C'est bien ça fait débat au moins et la majorité s'n rend compte.
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El Dadal
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by El Dadal »

En ce mois de cinéma un peu naze, j'ai revu Jours de Tonnerre avec beaucoup de plaisir, plus en tout cas que je ne l'aurai imaginé. Bon, j'admets ne jamais avoir détesté le film en premier lieu. Techniquement, c'est comme toujours chez Tony Scott assez irréprochable (et j'aurai adoré en voir une copie 70mm!). Mais le film n'est pas aussi idiot qu'on le dit. La structure est même plutôt réjouissante, avec les enjeux qui se décalent en cours de route (Michael Rooker > Cary Elwes) sans que ça débouche sur un final nauséabond comme dans Top Gun. Il y a pas mal d'humour, comme quand Duvall et son équipe lui font une bonne blague, au petit Tom:
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Pour info, c'est Leilani Sarrelle (plus tard, madame Miguel Ferrer, elle est surtout connue pour avoir interprété Roxy dans Basic Instinct :mrgreen: ) qui joue la fliquesse).
Le meilleur du meilleur reste tout de même la course en fauteuils roulants dans les couloirs de l'hôpital, c'est assez grandiose dans l'absurde:
Spoiler (cliquez pour afficher)
Mais là, il y une scène en particulier que j'ai trouvée épatante, c'est quand Nicole Kidman, excédée par les démonstrations d'orgueil du petit Tom, le remet bien à sa place, scène de crise de couple pré-Eyes Wide Shut, que, dans une mise en abyme plutôt réjouissante, l'on pourrait croire adressée à Cruise et non à son personnage: "Tu es égoïste, fou et apeuré. [...] Tu veux garder le contrôle de quelque chose qui ne se contrôle pas. Laisse moi te dire quelque chose qui n'est une secret pour personne sauf pour toi: ce n'est qu'une illusion, espèce d’égo-maniaque infantile. On ne domine jamais rien." Du pur Tony Scott.

Bon, restent les accolades et autres sourires colgate, et les clichés en pagaille, mais ça ne gène pas trop je trouve.
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Demi-Lune
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by Demi-Lune »

El Dadal wrote:Pour info, c'est Leilani Sarrelle (plus tard, madame Miguel Ferrer, elle est surtout connue pour avoir interprété Roxy dans Basic Instinct :mrgreen: ) qui joue la fliquesse).
Je ne l'avais jamais reconnue. :o
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nobody smith
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by nobody smith »

Revu hier soir Top Gun et découvert son court-métrage One Of The Missing. J’ai pas franchement à redire sur Top Gun. ça reste une bonne grosse comédie à la débilité insurpassable (la musique me fait pouffer de rire chaque fois qu’elle retendit). Par contre, j’ai nettement plus apprécié le travail de Scott qui m’apparaissait jusqu’alors insignifiant. Sa compétence visuelle est pourtant bien là (la scène d’ouverture m’a limite fait croire à une possible grosse réévaluation) et sa mise en scène propose parfois des idées passionnantes, même si elles sont au service d’un monument de caricature.

De l’autre côté, One Of The Missing est une œuvre tout à fait brillante. Je n’hésiterais pas à considérer cette toute première réalisation comme une des meilleures œuvres de sa filmographie. L’histoire est simple : pendant la guerre de sécession, un soldat part seul en éclaireur. Scott utilise ce pitch minimaliste pour démontrer sa redoutable efficacité de metteur en scène qui est déjà bien affirmée. Le court tend ainsi vers l’exercice de style (tournage intégralement en forêt, très peu de dialogue, absence total de musique au profit des effets sonores). Ce qui s’affirme d’autant plus lorsque le personnage principal se retrouve bloqué dans une situation périlleuse. A tout juste 25 ans, Tony Scott composait ici un beau morceau de cinéma. A noter pour l’anecdote la présence dans le casting de son frère Ridley (juste retour des choses puisque Tony jouait le rôle principal de Boy And Bicycle). J’aurais bien voulu proposer un lien pour voir le court mais je n’ai rien trouvé sur le net (il avait été un temps sur youtube mais depuis retiré pour des questions de droit). Comme indiqué au début du topic, il est disponible sur le DVD Le Court Des Grands pour les curieux.
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Rockatansky
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by Rockatansky »

El Dadal wrote: Mais là, il y une scène en particulier que j'ai trouvée épatante, c'est quand Nicole Kidman, excédée par les démonstrations d'orgueil du petit Tom, le remet bien à sa place, scène de crise de couple pré-Eyes Wide Shut, que, dans une mise en abyme plutôt réjouissante, l'on pourrait croire adressée à Cruise et non à son personnage: "Tu es égoïste, fou et apeuré. [...] Tu veux garder le contrôle de quelque chose qui ne se contrôle pas. Laisse moi te dire quelque chose qui n'est une secret pour personne sauf pour toi: ce n'est qu'une illusion, espèce d’égo-maniaque infantile. On ne domine jamais rien." Du pur Tony Scott.
C'est sur on peut toujours voir tout et n'importe quoi dans un film, même des trucs qui n'existent pas...
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El Dadal
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by El Dadal »

La scène est dans le film. Elle existe. Le reste n'est qu'une interprétation mais c'est pas plus débile qu'autre chose :roll:
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by Rockatansky »

Je ne pense pas avoir écrit le mot débile, décidemment tu as une certaines propension à être visionnaire :mrgreen:
Excuse moi de penser que voir dans une scène une réfèrence à un futur couple et à un futur film qui n'existent pas lors du tournage de ladite scène, cela reste fort de café...
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by Kevin95 »

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THE TAKING OF PELHAM 1 2 3 - Tony Scott (2009) découverte

L'original... pardon la première adaptation du bouquin, est une petite merveille de concision, de suspense, de fièvre typiquement seventies. The Taking of Pelham One Two Three est un classique de la série B qui claque, qu'on se le dise. L'idée d'en faire un remake... pardon une réadaptation, a de quoi rafraichir l’atmosphère même si l’hypothèse d'avoir un Tony Scott investi et un script en béton de Brian Helgeland - qui a bien réussi à refaire Point Blank sans se vautrer avec Payback - peut constituer une bonne couverture (on doit quand même au duo le sublime Man on Fire). Ni l'un ni l'autre, réponse normande car le nouveau métro 1 2 3 est ni un ratage complet, ni une franche réussite, mais un film friqué qui se cherche sur près de deux heures. Scott est encore dans ses délires visuels et ne se rend pas compte que le script raconte surtout le conflit de deux personnages assis sur une chaise en train de parler via un talkiewalkie. Le bougre a la pêche, on peut au moins lui reconnaitre ça, comme reconnaitre qu'une poignée d'effets font mouche même si la plupart du temps, les travellings circulaires ou les arrêts sur images font plus télé (donc relou) qu'autre chose. Quant à Helgeland, il fait mine de ne pas regarder la copie de son ainé et essaye tant bien que mal de trouver une sacoche d'idées le distinguant de son illustre modèle. Si l'arrière-plan politico-économique est grossier, il réussit néanmoins à insérer un peu d’humour dans le récit (le film de 74 en était quasiment dépourvu) et à dessiner une relation étrange et tendue entre les deux principaux protagonistes. Le premier film reposait sur une confrontation clair et net entre deux personnages antinomiques là où le film de Scott joue au jeu des sept différents sans marquer d'une nette frontière le caractère du brave fonctionnaire (qui a des squelettes dans le placard) et celui du criminel (trop cabot pour être totalement mauvais). Syndrome des années 2000, le héro est plus fragile qu'on ne le croit et le bad guy en chie comme tout le monde. Si d'ordinaire, ce procédé scénaristique m’exaspère, ici le trait est sensible, non sans coquilles mais fait avec une réelle empathie pour les personnages. Dommage que Travolta en fasse six tonnes dans son jeu habituel entre la coke et Zavatta. Pour Denzel c'est en revanche bien plus intéressant, on sait Scott fana du comédien et il est intéressant de se pencher sur l'évolution de leurs travaux commun. Là où Crimson Tide présentait un jeune idéaliste, où Man on Fire présentait un être tragique et meurtri, les deux derniers films de Scott (j'oublie volontairement l'insignifiant Déjà vu) présente un Denzel Washington comme le croisement du James Stewart de Capra et de Mann, à la fois naïf, positif ("t'es mon héro" lui glisse par deux fois le méchant de Pelham 1 2 3) mais pris par des doutes et l'ombre des erreurs passées (ici la corruption). A travers le regard d'un cinéaste pour son comédien fétiche, le film gagne en humanité. Passons rapidement sur la dernière partie, celle dite "spectaculaire". Tous les clichetons de l'actioner viennent réclamer leur dû, course poursuite, perso lambda qui se métamorphose en super flic, balle dans la tronche du méchant, retour au bercail après les félicitations du maire avant que bobonne ne vienne récompenser son homme. Beaucoup de violons, ça reste au ventre, on est bien loin de l'efficacité du film de 74. En tant que remake, Pelham 1 2 3 version 2009 perd au premier round, en tant que modeste métrage du samedi soir, ça fait le job.
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by Flol »

Kevin95 wrote:(j'oublie volontairement l'insignifiant Déjà vu)
Qui est pourtant carrément plus intéressant que ce remake sans âme ni saveur.
C'est plutôt lui, qui aurait dû s'appeler Déjà vu.
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Kevin95
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by Kevin95 »

J'ai le souvenir d'un film qui tortille du cul et qui use dix pour cent de son concept (tout en l'expliquant quinze fois pendant une heure). Au moins Pelham a un programme et le remplit.
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