Tony Scott (1944-2012)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Jeremy Fox
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by Jeremy Fox »

Unstoppable - 2010

Pas du tout fan de Tony Scott et bien je dois dire avoir été grandement surpris par son ultime film qui fait la nique à 90% des films catastrophes, son histoire étant basée sur des faits réels à propos d'un 'Runaway Train' dans le Tennessee. Ca rentre très vite dans le vif du sujet, c'est d'une redoutable efficacité et le suspense est maintenu de bout en bout grâce à un scénario sans fioritures restant constamment dans l'action sans aucune digressions. Mise en scène pêchue, duo d'acteurs qui accomplit parfaitement bien le travail et quelques bons seconds rôles dont Rosario Dawson. Très bien.
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hellrick
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by hellrick »

Jeremy Fox wrote:Unstoppable - 2010

Pas du tout fan de Tony Scott et bien je dois dire avoir été grandement surpris par son ultime film qui fait la nique à 90% des films catastrophes,
Sa durée est un énorme atout, pas le temps de passer par la case habituelle du ciné catastrophe où on présente les persos pendant une heure, là ça rentre direct dans le sujet et ça n'en sort plus pendant un peu moins de 90 minutes. Miam!
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Roy Neary
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by Roy Neary »

Et pour une fois que le cinéma hollywoodien montre des cols bleus au travail, et dans des conditions sociales réalistes en plus. Jusqu'à même en faire des héros. On va pas faire la fine bouche.
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Jeremy Fox
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by Jeremy Fox »

Roy Neary wrote:Et pour une fois que le cinéma hollywoodien montre des cols bleus au travail, et dans des conditions sociales réalistes en plus. Jusqu'à même en faire des héros. On va pas faire la fine bouche.
Exact ; et là ce sont de véritables héros.
Max Schreck
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by Max Schreck »

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Unstoppable, 2010
Après le métro de Pelham 123, j'imagine bien Scott voir dans ce nouveau projet de film ferroviaire, une sorte de challenge. Le film semble en effet assez peu recourir aux trucages numériques, et il faut donc imaginer la difficulté que ça a du être de gérer une telle production, avec ces trains de plusieurs centaines de mètres lancés dans une course folle. Pour une fois, le film ne fait pas de gras, n'impose pas de gros méchant de cinéma avec son plan en carton (c'est pas Speed 3), ni surenchère spectaculaire. Seules concessions : il faut bien sûr que les derniers wagons contiennent des produits explosifs, et qu'un camion se retrouve bloqué sur les rails. Le film demande même étonnamment peu de suspension d'incrédulité, exposant des situations plutôt crédibles et expliquant toujours clairement les différentes solutions techniques envisagées. Les héros vont certes être amenés à se dépasser, mais sans pour autant délivrer des prouesses surhumaines. Jouant la montre, le film nous accorde le minimum syndical d'exposition pour qu'on s'intéresse à ses personnages mais sans grande intelligence, et j'en avais franchement rien à battre des problèmes conjuguaux de Chris Pine, l'acteur donnant l'impression de s'emmerder, et faut avouer qu'il n'a pas grand chose à faire. Et même s'il a toujours la classe, je ne vois pas vraiment pas ce qui a pu intéresser Washington dans ce projet, à part le plaisir de prolonger sa collaboration avec le réal. Bien aimé le rôle très professionnel donné à Rosario Dawson, et ça fait toujours plaisir de croiser Kevin Dunn même dans un rôle caricatural de salaud de patron.

Formellement, en dehors de ces insupportables effets sonores qui se sentent obligés de souligner le moindre cut et mouvement de caméra, craignant sans cela que le spectateur ne s'endorme, j'ai trouvé la mise en scène de Scott relativement moins extrêmiste que dans ses précédentes réals. Suprême astuce : le fait que tout l'événement soit médiatisé en direct autorise la multiplication des cadrages/formats, et surtout permet d'intégrer dans le plan les hélicos qui filment l'action. Et puis encore une bouillie impersonnelle à mettre au crédit de Gregson-Williams. Le générique de fin mentionne d'ailleurs l'emploi de plusieurs bouts de la BO d'Alien vs. predator requiem, sans doute des restes de temp tracks conservés au montage final. Bref, même si parfaitement oubliable, c'est un divertissement qui a oublié d'être con. Et c'est pas si fréquent.
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by hansolo »

Unstoppable, 2010
Un peu moins enthousiaste que les avis lu plus haut.
Ok c'est efficace et ça se laisse suivre sans trop ennui mais Chris Pine est insipide et transparent (il donne l'impression de sacrément s'ennuyer!)
Heureusement que Denzel Washington est impeccable et Rosario Dawson parfaite dans le (petit) rôle qu'on veut bien lui donner.
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Thaddeus
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Re: Tony Scott (1944-2012)

Post by Thaddeus »

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(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)


Les prédateurs
Sujet du premier long-métrage de Tony Scott : l’immortalité. Et parce que le vampirisme s’y prête parfaitement, le cinéaste le conçoit à la manière d’un opéra fantastique esthétisant, d’un spot de publicité qui se répèterait à l’infini. Le sang, les transformations mutilantes, le sexe castrateur, l’amour sacrifié, le vieillissement comme hantise permanente constituent les ingrédients de cette nouvelle version du mythe de Faust et d’Orphée, qui plonge ses personnages dans un New York infernal. D’une sophistication formelle frisant toujours l’artifice léché (voilages ondoyants, halos bleutés, colombes volant au ralenti, verres dépolis, contre-jours photographiques), elle témoigne d’un certain brio dans la création d’atmosphères baroques et langoureuses, dont le magnétisme est relayé par un séduisant trio d’acteurs. 4/6

True romance
Série noire plus série rose. Scott adapte le premier scénario de Tarantino et marche sur les traces de Sailor et Lula. Puisqu’il ne possède pas vraiment le talent de Lynch, son équipée sauvage et rock’n’roll, traversée d’éclairs de romantisme et d’ultraviolence, n’évite pas une certaine puérilité arrogante, vaine et tapageuse. Mais le guignol fonctionne plutôt bien, nourri à l’humour corrosif, aux seconds rôles colorés (à cet égard, le casting est assez jubilatoire), à la dinguerie convulsive et à l’énergie décapante. Les plus charitables y verront sans doute le reflet de la culture éclatée d’une fin de siècle sans repères et le désarroi d’une génération dont le futur est plus qu’incertain. Sachons raison garder : ce petit polar teigneux et rouleur de mécaniques est plus naïf et inoffensif, donc plus sympathique qu’il n’y paraît. 4/6

USS Alabama
Un bâtiment nucléaire censé tirer ses charges et déclencher ainsi une guerre totale perd, à la suite d’une avarie, tout contact avec la hiérarchie et le pouvoir politique. L’hypothèse, vraisemblable, concentre l’attention sur les officiers : le capitaine est une ganache (républicaine) accrochée à l’ordre, le lieutenant-commander un second éclairé (démocrate) plus sensible au facteur humain. Et Scott d’orchestrer le bras de fer de deux sensibilités, entre discipline et cas de conscience. Frénésie des va-et-vient dans les coursives, sueurs froides face aux écrans de contrôle, accidents de parcours : son techno-thriller s’appuie sur un scénario bien charpenté et un tandem de poids. Sans arriver à la cheville de l’Octobre Rouge de McT, il constitue un honorable et efficace avatar à ce genre qu’est le film de sous-marins. 4/6

Ennemi d’état
Le cinéma US a toujours secrété une mouvance paranoïaque et libérale déclinant la vision d’une Amérique en voie de fascisation, gagnée par l’obsession sécuritaire, qui n’est sauvée du pire que par la volonté d’un homme (presque) seul. Ce suspense diabétique en relève, mais frôle le grotesque lorsqu’il inscrit son récit dans un contexte géopolitique, comme si malgré toutes ses bonnes intentions il ne pouvait que perdre pied en quittant les strictes limites de l’action. Hachée menue dans un montage épileptique, l’intrigue hitchcockienne est comme bloquée par son postulat du fait même de la fascination du cinéaste pour la situation déshumanisante qu’il a installée : une traque suivie par l’œil froid et omniscient du chasseur, qui fait sienne les images de télésurveillance. On en sort avec une migraine carabinée. 2/6


Mon top :

1. Les prédateurs (1983)
2. USS Alabama (1995)
3. True romance (1993)
4. Ennemi d’état (1998)

Réalisateur-bazooka dopé à l’adrénaline surchargée et au filmage-montage-forceps, chantre de l’esthétique Bruckheimer qui a pollué le cinéma américain dès le milieu des années 80, Tony Scott me fatigue souvent mais parvient malgré tout, parfois, à m’embobiner. Ma clémence à son égard vient peut-être que, du peu que j'en connais, je n'ai sans doute vu que le haut du panier. J'ai de vagues souvenirs (consternés) de Top Gun, aussi.