Notez les films Août 2012

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Kevin95
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Re: Notez les films Août 2012

Post by Kevin95 »

Colqhoun wrote:
Kevin95 wrote:on espère naïvement que leur art éclate au grand jour.
ce qui est rigolo, c'est qu'en regardant ce film on ne peut s'empêcher de penser à Spinal Tap, réalisé par Rob Reiner et de constater que l'un des deux membres principaux de Anvil s'appelle.... Robb Reiner.
Ou encore le concert avec trois pèlerins, l'agent des musiciens aux fraises, le commentaire de toiles de peinture ou bien sur le volume à 11. :mrgreen:
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Colqhoun
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Re: Notez les films Août 2012

Post by Colqhoun »

Cela dit j'étais assez surpris de la qualité des peintures.
Le mec a un réel talent.

Après ouais, je pense que les types doivent quand même rire d'eux-même et les références à Spinal Tap ne sont jamais très loin.
Mais toute la partie en Europe, avec l'agent qui parle à peine anglais, les clubs qui veulent pas les payer, ça vire à la parodie.
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Colqhoun
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Re: Notez les films Août 2012

Post by Colqhoun »

AtCloseRange wrote:Le Sang des Héros (David Webb Peoples - 1989)
Ça a l'air bien tout ça.
Je vais m'empresser de le découvrir.
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riqueuniee
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Re: Notez les films Août 2012

Post by riqueuniee »

Colqhoun wrote:Cela dit j'étais assez surpris de la qualité des peintures.
Le mec a un réel talent.

Après ouais, je pense que les types doivent quand même rire d'eux-même et les références à Spinal Tap ne sont jamais très loin.
Mais toute la partie en Europe, avec l'agent qui parle à peine anglais, les clubs qui veulent pas les payer, ça vire à la parodie.
Effectivement, les peintures sont de grande qualité, et le mec en parle avec beaucoup de sincérité. Il y a parfois un "effet Spinal Tap", mais c'est aussi parce que le film de Rob Reiner se basait sur une certaine réalité, celle de groupes comme Anvil, justement. Le documentaire, lui, ne verse jamais d'ailleurs dans la dérision ou la parodie au détriment de ses personnages. Au contraire. Les seules traces de dérision sont en effet une certaine dose d'auto-dérision : ces gars savent parler d'eux avec humour (et ils sont certainement conscients des ressemblances avec Spinal Tap).
johell
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Re: Notez les films Août 2012

Post by johell »

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CENTIPEDE HORROR (Wu Gong Zhou) de Keith Li (1988)

Voilà un film qui offre toutes les promesses de son titre : De l’horreur avec des mille-pattes! Et ici on ne parle pas de bêbêtes en plastique ou de créatures géantes et démesurées qui donneraient un look ridicule à l’ensemble… Non, ici on est en face de véritables insectes, bien que d’une taille quand même conséquente, cela reste de véritables bestioles à l’écran, à vous filer directement la nausée! Cette curiosité filmique en provenance de Hong Kong offre donc son lot de séquences bien dégoûtantes à faire frémir tout les poils de votre corps! Même Sam Raimi, réalisateur de la fameuse trilogie EVIL DEAD s’en fendu d’un commentaire à ce propos « The Most Disgusting Film I’ve Ever Seen ». Une citation que l’éditeur du DVD Zone All - techniquement plutôt catastrophique, il faut le dire! - a repris pour bien la mettre en évidence sur la jaquette!

Nous voici donc en présence d’un de ces films dont l’intérêt réside essentiellement dans les agressions dont sont responsables les animaux du titre. Ici, pas de requins, de piranhas, de gorilles ou que sais-je d’autres; mais bien de simples insectes… Ce qui ne les rend pas moins dangereux. La jeune Kay l’apprendra à ses dépens lors d’un voyage dans une région de l’Asie du Sud-Est. Elle va être rapidement attaqué par des dizaines de centipèdes avant de tomber gravement malade, sombrer dans le coma et mourir dans d‘atroces souffrances! Après son décès à l’hôpital, les médecins vont rapidement découvrir à travers les blessures de son corps qui déjà se décompose que les fameux insectes rampants remplissent le cadavre de l’infortunée… L’intrigue de CENTIPEDE HORROR est très basique. Sur les prémices de ce qui se ressemble à un « fait divers » sordide va découler une histoire où le surnaturelle aura bien entendu sa place…

Sujet « choc » pour un résultat plutôt mou et guère convaincant, le long-métrage de Keith Li n’est finalement guère passionnant à suivre. Il brode autour de son sujet qui démarrait plutôt bien de par une approche quelque peu « scientifique » en présentant à l’écran diverses espèces de mille-pattes toutes plus repoussantes les unes que les autres, argumentant sur leurs différentes caractéristiques et mode de vie tout en soulignant l’aspect venimeux de certaines espèces. Voilà déjà une bonne mise en bouche - si je puis dire - dont l’aspect documentariste nous file déjà de sérieuses démangeaisons. Malheureusement pour la suite, le scénario essaie de bricoler des événements un brin farfelus mais même pas suffisamment déjantés pour être intéressants. Et pourtant, l’aspect fantastique du long-métrage et cette intrigue de possession aurait pu être captivante. Hélas, le réalisateur se repose un peu trop sur le côté répulsif de ces bestioles pour offrir une mise en scène soignée - guère aidé par l’amateurisme de sa distribution de comédiens - pour aller bien plus loin qu’une simple ambiance glauque. On a connu le cinéma de Hong-Kong visuellement bien plus fou. Ici, on s’ennuie ferme. Mis à part quelques séquences réellement oppressantes incluant les fameux insectes, CENTIPEDE HORROR donne davantage envie de bâiller que de pousser des hurlements d’horreur!

Toutefois, il faut reconnaître qu’à travers quelques scènes, le film fonctionne plutôt bien. On retiendra surtout une dernière partie un brin plus angoissante et surtout une séquence finale assez incroyable avec sa galerie de centipèdes grouillant sur le lit d’une infortunée victime que l’on voit avec horreur en train de littéralement vomir ces saletés. Graphiquement, c’est carrément insoutenable à regarder, d’un réalisme à faire peur! On aura forcément une pensée pour l’actrice en question ayant dû réellement endurer cette épreuve physiquement dégoûtante. Cela rend ce bout de film encore plus effrayant et pénible à subir! Car aucun effet spécial, aussi crédible soit-il, n’arriverait à obtenir une telle intensité à l’écran. Au final, même si CENTIPEDE HORROR est bien loin d’être une réussite totale, cela reste une vraie curiosité qui ne pouvait qu’appartenir au 7ème Art de cinglés que peut nous offrir Hong Kong! Une œuvre bien barrée et écœurante qui plaira sans aucun doute aux amateurs de sensations fortes qui, à défaut d’être constantes sur la durée, provoquent des frissons bien réels lors de sa conclusion à vous procurer de jolies cauchemars pour vos prochaines nuits…

Des photos par ici
Anorya
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Re: Notez les films Août 2012

Post by Anorya »

Bliss (Drew Barrimore - 2009).

Aka Whip it.


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Réaliser un film sur une jeune fille qui s'évade de sa vie rangée (concours de beautés organisés par sa mère un peu trop surprotectrice, études ennuyeuses en fac et boulot qui l'est tout autant comme serveuse dans un petit bar) en participant à des courses de roller derby avait tout du projet casse-gueule. C'est pourtant un pari réussi pour le premier film de l'actrice-productrice Drew Barrymore qui en profite même pour jouer ici un second rôle assez ingrat (la bagarreuse du groupe qui s'en prend plein la gueule au passage). Porté par l'énergie de sa réalisatrice, le casting s'avère alors au diapason (Ellen Page über craquante et parfaite, Kristen Wiig sincère et touchante, Juliette Lewis en méchante qu'on aime d'emblée détester --même si le film ne verse jamais dans le manichéïsme et qu'une forme d'entente/respect naît entre les adversaires--, Drew Barrymore en tête brûlée assez drôle au fond), les scènes d'action en roller sont toujours lisibles et prenantes, presque filmées en direct, les stratégies de l'équipe pour imposer des bras cassés en nouveaux héros sont assez fascinantes (surtout si comme moi on ne connait pas ce sport finalement assez violent).


On ajoute à ça que les personnages ne virent jamais à la caricature (la relation entre Bliss et ses parents est assez belle), que le film se permet de petits morceaux de bravoure poétique (la scène où Page et Landon Pigg, son petit copain dans le film, s'abandonnent à se déshabiller et s'embrasser en apnée dans la piscine) ou technique (le plan final filmé à la grue qui se rapproche finalement de plus en plus du visage de l'actrice) et que la B.O aux petits oignons ravira tout le monde par ses choix éclectiques qui piochent sans distinction à la fois dans les années 90's (coucou les Breeders et Radiohead) comme les 2000's (la très belle chanson "28" du générique final est chantée par Lorene Scafaria... dont je parle en dessous, tiens) et l'on obtient un très beau premier film, drôle, réussi de bout en bout, passionnant. J'ai déjà envie de le revoir.

5/6.


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Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare (Lorene Scafaria - 2012).

Aka Seeking a friend for the end of the world.


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Lorene Scafaria donc, qui, en plus d'être actrice, scénariste, productrice, (merveilleuse) chanteuse (elle a sorti deux albums mais durs à trouver visiblement ) et passée à la réalisation avec ce film sur ...la fin du monde. Là aussi un projet casse-gueule car lié à un sujet plus que râbaché. Mais Scafaria choisit l'optique de transformer le film en comédie dramatique intimiste en se focalisant d'abord sur le personnage joué par Steve Carell. Ce dernier vient de perdre sa femme qui s'est enfuie à toutes jambes pour partir loin de ce personnage ennuyeux et lessivé de la vie. Et c'est très lentement que l'apocalypse va permettre à notre anti-héros de se réveiller pour, non pas se révéler à lui-même dans un parcours initiatique (l'option 40 ans, vie derrière soi est cochée d'emblée dès le début du film, barrant un peu la voie de ce côté là), mais finir la vie qui lui reste dans les bras d'une femme qui l'aime pour ce qu'il est.


C'est à dire pas grand chose en fait. :mrgreen:
Car l'attrait du film il provient de Keira Knightley qui, face à ce personnage mou et agaçant à la longue par son manque total de réaction durant les 3/4 du film, emporte l'adhésion par son personnage extraverti, boudeur, dynamique, pas complexé pour un sou, drôle, bref, bien vivant. Et si le film se permet de petits passages surprenants sur son chemin (une scène avec William Petersen assez marquante, une autre avec Martin Sheen où Carell nous touche enfin. Mais le film est déjà fini en somme), c'est bel et bien Knightley et son dialogue final qui nous terrasse avant un grand blanc de l'écran où l'on peut se demander si c'est vraiment la fin du monde qui embrase tout ou nos yeux qui voient flous car embués par quelques larmes bienvenues ?


En somme un beau film où le personnage principal ne touche pourtant pas tant que ça. On ajoute un rythme mollasson au possible, une fin du monde un brin cheap (On la sent passer dans les derniers jours du monde des frères Larrieu la fin du monde hein, remember mes photos et mon double avis. Ici le truc le plus incroyable que j'ai pu voir, c'est un bus vide en pleine route et encore...). Bref Les frères Larrieu 1, Scafaria 0. Mais heureusement il y a la fée Knightley --et je ne suis pas spécialement fan en plus donc ça pourrait encore mieux marcher chez ceux qui l'apprécient-- qui arrive pour sauver une poignée de vinyles de bon goûts de la fin du monde (John Cale, Scott Walker, Leonard Cohen, les Beach boys...) et nous émouvoir.

3,5/6.
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Thaddeus
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Re: Notez les films Août 2012

Post by Thaddeus »

Strum m'avait conseillé de mettre ces avis dans les topics des films concernés, mais tant pis. Pour ce mois-ci, je vais encore procéder comme ça.

Énorme mois d'août, en quantité comme en qualité.


Le roman de Mildred Pierce (Michael Curtiz, 1945)
A l’époque, le cinéma hollywoodien est à l’apogée de son âge d’or ; cet admirable film noir, où se surpassent la crème des meilleurs techniciens de la Warner, en est l’un des joyaux les plus achevés. Les images ciselées avec un style sans ostentation, la concentration de la moindre scène, le soin porté à la nature des personnages et à leurs relations, la dynamique sans faille d’un récit en flash-back éclairant par touches subtiles le mystère inaugural : tout concourt à la perfection du système narratif et formel. Maîtrise souveraine au service d’un propos riche et complexe, qui reflète les ambigüités morales de l’après-guerre et dresse, au travers de ses échecs sentimentaux et de ses sacrifices inutiles, le portrait d’une femme indépendante mais prise au piège de ses ambitions, condamnée, à travers l’amour qu’elle porte à sa fille pimbêche et matérialiste, à d’amères désillusions - Joan Cawford trouve ici l’un des rôles de sa vie. 5/6

Ascenseur pour l’échafaud (Louis Malle, 1957)
On peut se laisser bercer par le faux rythme tranquille, les accords lancinants de Miles Davis, l’indolence avec laquelle Louis Malle mène son intrigue passablement invraisemblable de série noire. On peut aussi être vite agacé par les affectations du couple de jeunes crétins qui se la joue amants maudits, se dire que l’exercice n’offre pas grand-chose de plus qu’un ressassement un peu dilettante de motifs jamais transcendés (le couple séparé, l’amour plombé par une trajectoire fatale), et considérer que cet hybride de polar post-qualité française et d’ébauche de Nouvelle Vague n’a pas très bien résisté à l’épreuve du temps. 3/6

Rushmore (Wes Anderson, 1998)
Naissance d’un auteur en une pincée de préoccupations bien cernées : cas d’école. Avec ses lunettes trop grosses et sa dégaine malhabile, notre héros vit une adolescence un peu déséquilibrée, confond suractivité et lucidité, se lie avec un quinquagénaire sympathique qui lui renvoie son image, s’enamoure d’une prof charmante dont la maturité le fera avancer : Anderson pose les bases de sa comédie humaine, peuplée d’êtres en décalage avec le réel mais qui tendent vers le bonheur. Le collage pop art, le rythme calé sur une B.O. exotique, le regard bienveillant équilibré entre blessures souriantes et douce drôlerie peaufinent la finesse d’un récit d’apprentissage sentimental qui donne du sang neuf au campus movie – lorsqu’à la fin le héros entérine sur scène sa sérénité nouvelle, on se dit qu’Anderson est, comme lui, très bien parti. 5/6

Qu’elle était verte ma vallée (John Ford, 1941)
Bien qu’arrivé tardivement sur le projet, le cinéaste s’est pleinement approprié cette nouvelle chronique ouvrière et sociale, qui comme le film précédent (Les Raisins de la Colère) illumine la condition tragique des classes modestes d’une humanité simple et universelle – espoirs et efforts sans calcul de parents aimants, loyauté et affection de leurs enfants, altruisme profond d’un pasteur touché par l’amour. Sacrifiés de la logique capitaliste, attachés à une terre qui pourtant noircit, les tue et les dévore, les mineurs formalisent ici l’éternelle aspiration des êtres à des lendemains plus heureux : John Ford en célèbre les valeurs avec un soupçon de paternalisme sentimental, mais surtout beaucoup de générosité. 4/6

Sœurs de sang (Brian De Palma, 1973)
D’emblée, Brian De Palma s’inscrit de façon très nette dans la filiation d’Hitchcock. Baroque et ludique, affirmant des choix formels qui portent déjà pleinement la marque de l’auteur, développant une intrigue invraisemblable avec une créativité un peu adolescente, presque gloutonne, cette œuvre de jeunesse se permet des décrochages assez réjouissants : la vraie héroïne n’est identifiée qu’au bout d’une demi-heure, le thriller déraille vers l’épouvante psychique, le long d’un récit qui fait la part belle à la surprise, au grand-guignol, à l’humour pervers. Tout ne fonctionne pas, mais on y décèle sans peine les manifestations déjà très sûres d’un talent génial. 4/6

La honte (Ingmar Bergman, 1968)
Après L'Heure du Loup, Le cinéaste offre une nouvelle perspective à son éprouvante radiographie de la terreur, mais en déplaçant sa formalisation sur un autre terrain : celle d’un chaos fulgurant, imprévisible, déchaîné sur un pays en guerre. Secoué par les événements (propagande mensongère des soldats-journalistes, détachement absurde des médecins tortionnaires), ballotté dans un paysage de désolation jusqu'à dériver en barque au milieu des cadavres, un couple déjà fragile se fissure, voit la mesquinerie, la bassesse et l’abjection se propager en son sein même, et l’insoutenable conscience de l’humiliation lui sucer ce qui lui reste de dignité humaine. Le questionnement est noir et âpre, ce qu’il suscite peu agréable à éprouver – le film, lui, est très fort. 5/6

L’enfance d’Ivan (Andreï Tarkovski, 1962)
S’il s’insère dans le cinéma russe dit du dégel, dénonçant la guerre et les erreurs politiques comme autant d’entraves aux vies et aux promesses d’avenir, Tarkovski impose d’emblée un humanisme plus fort que toutes les motivations patriotiques et idéologiques. Ivan, jeune garçon lié à deux officiers par une profonde et émouvante affection mais dont l’héroïsme suicidaire reflète un esprit de vengeance qui l’empêche d’accéder à une vie normale, rêve de la douceur caressante de sa mère assassinée, des humeurs labiles de son passé, des sensations aqueuses, baignées de soleil, qui l’habitent en des souvenirs lancinants. Déjà le cinéaste éblouit par la beauté envoûtante de ses travellings, par la charge panthéiste des plans où la nature tient une place prépondérante, à l’image de ces sous-bois inondés et traversés par les soldats dans une nuit sillonnée par les fusées d’éclairage. 5/6

Le carrosse d’or (Jean Renoir, 1953)
Renoir revient apaisé de son expérience indienne, cultivant le plaisir d’esthète d’inventer des histoires et des spectacles, ornant son (faux) désengagement politique d’une exaltation virevoltante de l’art et de l’artifice. D’une certaine manière, il franchit le muret de la villa du Fleuve et offre le contre-champ du colonialisme en le parant des atours bariolés de la commedia dell’arte. Le monde réel et celui de la représentation coulissent en une mosaïque baroque, les portes s’ouvrent comme autant de poupées russes sur un enchevêtrement d’intrigues de cour, saltimbanques et aristocrates font danser ors, velours et pastels en une fantaisie ultracolorée – c’est une fête pour les yeux, qui catalyse l’énergie vitale du théâtre et rappelle l’impossibilité de savoir où s’arrête la scène et où commence la vie. 5/6

Printemps tardif (Yasujiro Ozu, 1949)
La caméra enregistre actions et événements en les cadrant au ras du tatami, les personnages se disent leurs quatre vérités au travers de champs/contre-champs radicaux, dans des chuchotements parfois humides de quelques larmes retenues : le cinéaste met au point un système très pensé de variations infimes que les films suivants ne cesseront d’approfondir. Une douce mélancolie s’invite au sein de ce climat serein, sentimental mais percé d’une secrète tristesse, qui exprime, par la grâce d’une lèvre frémissante, d’un sourire chargé de regret, ou d’une pièce soudainement vide, la douleur de la séparation inéluctable entre une jeune femme et son père, dont le lien affectif plie sous le poids des convenances sociales. 4/6

Les deux anglaises et le continent (François Truffaut, 1967)
Neuf ans après Jules et Jim, le cinéaste en inverse les données à travers l’initiation amoureuse de trois jeunes personnages romantiques habités par la fièvre charnelle et spirituelle. Les fermetures à l’iris, la fermeté des cadres et des enchaînements, la pureté de la lumière naturelle d’Almendros, la surabondance du commentaire off décliné par la voix blanche de Truffaut chargent le récit d’une âpreté tranchante et cruelle. L’oxymore régit d’un bout à l’autre les tiraillements de ce drame passionnel : crudité sous les conventions et les pudeurs puritaines, affleurement de sentiments grattés jusqu’à l’os mais restitués avec une littéralité froide, qui confèrent aux obstacles des amours contrariées un étrange alliage d’exigence et de bouillonnement. 4/6

Le poison (Billy Wilder, 1945)
Tenir une heure, se traîner jusqu’au zinc du coin pour se couler les cinq dollars qui restent dans le gosier, trouver de quoi se payer une autre bouteille, réussir à passer la nuit sans boire, puis recommencer… Faire une croix sur toute ambition professionnelle, toute dignité, toute probité morale, ne pas voir que sa petite amie et son frère se tuent pour nous sortir de la prison d’égoïsme et de veulerie que le poison de l’alcoolisme construit jour après jour. Wilder fixe cet enfer de manière clinique, en restitue la désillusion et le désarroi du quotidien à travers un climat d’angoisse asphyxiant – les murs se resserrent, le temps se fige dans le manque du prochain verre, les hallucinations remontent à la surface de l’image. Accessoirement, il rappelle à quel point Ray Milland (remarquable) est un sosie de James Stewart. 5/6

Viva Zapata ! (Elia Kazan, 1953)
La terre brûlée du Mexique nourrit de sa lumière aride les veines de cette fausse biographie historique, scénarisée par John Steinbeck sur une idée personnelle de Kazan lui-même. Influencé par le cinéma soviétique, mû par une admiration nuancée pour l’utopie révolutionnaire, le cinéaste refuse les idées préconçues, les raccourcis manichéens, et développe une passionnante réflexion sur le pouvoir qui finit toujours par corrompre, en même temps qu’une incitation à l’insurrection permanente. Actions de terrain, intrigues politiques, pièges de la volonté idéologique et relativité de la démocratie sédimentent l’admirable complexité d’une épopée de plus en plus désenchantée, à travers laquelle Marlon Brando, en hérault paradoxal de la lutte populaire, impose un charisme assez monstrueux. 5/6

Le sourire de ma mère (Marco Bellocchio, 2002)
C’est à travers les yeux d’un héros rétif et perplexe que Bellocchio mène cette singulière enquête au cœur des instances vaticanes, durant laquelle la réalité s’estompe au profit de son envers fantomatique. On y croise un vieux comte antimonarchiste qui provoque un duel lors d’une scène à l’anachronisme délirant, une beauté blonde irréelle n’existant peut-être pas ailleurs qu’en songe, et toute une famille liguée avec l’épiscopat dans une sombre conspiration – à travers ce ballet d’ombres et de secrets, le cinéaste stigmatise l’obscurantisme et les relations occultes entre pouvoir et religion, rend aux manœuvres politiques leur visage le plus cynique, et affirme un agnosticisme radical qui trouve sa pleine expression dans le sourire ironique de Sergio Castellito. 4/6

Conte des chrysanthèmes tardifs (Kenji Mizoguchi, 1939)
C’est en quittant sa classe privilégiée, en cristallisant sur scène ses dons et sa nature et en s’en remettant aux conseils de la femme qui l’aime que le héros trouve ici son accomplissement. La métaphore autour de la dualité identitaire imposée par le métier d’acteur, celle également de la sensibilité artistique et humaine qui féminise, soulignent l’oppression que la société de caste et l’ingratitude masculine imposent aux femmes sacrificielles. La beauté souple des mouvements d’appareil, la conception des scènes en travellings coulissants et en plans-séquences définis par les rapports psychologiques et sociaux des personnages, la pudeur constante de l’expression mélodramatique imposent ce style délicat et retenu qui ne fera que s’épanouir par la suite. 4/6

Tabou (Friedrich Wilhelm Murnau, 1931)
C’est une pureté originelle de la même eau que celle de L'Aurore que Murnau parvient à capter dans les images huileuses et scintillantes de cet envoûtant conte sauvage, déplaçant les vertus documentaires promues par Flaherty sur un champ plus sacré. Le cinéaste traduit les flux et reflux de l’ombre et de la lumière dans une perfection esthétique et symbolique du jeu des masses, des contrastes sur les corps et les objets, et célèbre les forces élémentaires de la nature en contre-point romantique aux espoirs que laisse percevoir la civilisation. Le paradis, puis sa perte : telles sont les deux étapes d’une histoire que l’on peut lire comme une émanation presque mythologique de l’inconscient de l’Occident, et dont la poétisation panthéiste a sans doute profondément influencé Malick. 5/6

Stromboli (Roberto Rossellini, 1949)
Le film de la rencontre avec Ingrid Bergman est aussi la première étape d’une évolution vers une autre forme de radiographie, celle d’un couple moderne, par le prisme d’un journal intime où l’anecdote est réduite à sa plus simple et exigeante expression. De fait, si le monde de la terre (et de la mer, ici particulièrement) italienne est dépeint avec le même souci vériste qu’auparavant, c’est bel et bien au désarroi intime d’une femme malheureuse en mariage, cherchant à échapper à sa condition dans la ruse de la séduction charnelle ou au contraire dans l’absolution d’une foi rédemptrice, que s’intéresse le cinéaste. Reste que la blancheur de cette expression, la mise à plat très littérale de ces intentions, me laissent à distance de tout véritable intérêt. 3/6

Quarante tueurs (Samuel Fuller, 1957)
Une poignée de personnages arrachés à la roche des archétypes, une durée compressée autour de quelques enjeux aussi sommaires qu’efficaces, un goût prononcé pour la résolution sauvage et les confrontations édifiantes (entre ennemis, ou avec les forces de la nature), le tout unifié par une forme tonitruante, parsemée d’effets fantasques et bigarrés, font de ce western à la fois classique et baroque une réussite assez singulière. Mais la réflexion, inhérente au genre, de la disparition progressive des anciennes traditions au profit d’un genre nouveau d’hommes et d’organisations sociales, pâtit quelque peu d’une narration déséquilibrée, et de développements psychologiques parfois approximatifs. 4/6

L’année des treize lunes (Rainer Werner Fassbinder, 1978)
Au travers de longs monologues narratifs ou méditatifs, et par le prisme de séquences pathétiques conçues comme autant de blocs cassavetesiens, la vie d’un transsexuel malheureux se raconte : ses cinq derniers jours forment une lamentation tragique qui refuse la complaisance comme la perspective sociologique. Directement inspiré par le suicide de son ami Armin Meier, Fassbinder restitue au héros sa dimension la plus écorchée, la plus douloureuse, et parvient à transcender le naturalisme sordide et l’artifice scabreux que le sujet appelle constamment : les quelques touches de burlesque grinçant (tel Gottfried John en capitaliste délirant, rescapé des camps et organisant avec ses sbires des jeux ubuesques en tenue de tennis) ne font que mettre en relief le désespoir radical d’un être condamné, dans son âme meurtrie et son corps autre, au rejet et à la solitude. 5/6

Une passion (Ingmar Bergman, 1969)
L’île de Farö encore et toujours, quatre personnages réunis en de subtils rapports interconjugaux, et le passage définitif à la couleur, arborant une palette impressionniste assez singulière malgré la rudesse granuleuse de l’image. Bergman poursuit l’auscultation du désarroi et de l’angoisse domestiques à travers la rencontre de deux solitudes en proie à leurs fantômes respectifs, qui s’aperçoivent que nulle reconstruction n’est possible sur une terre brûlée. La noirceur crue et l’austérité presque nihiliste du propos sont comme refusées par une forme de douceur meurtrie, par la limpidité d’une narration libre et elliptique, et par la distanciation quasi expérimentale conférée par les commentaires des acteurs sur la nature de leurs personnages. 5/6

Bande à part (Jean-Luc Godard, 1964)
Beaucoup prétendent qu’il n’y que fraîcheur et spontanéité dans cette drôle de fausse série noire tragi-comique, que la liberté de Godard sautille d’un plan à l’autre, d’une idée à la suivante, sur les traces de trois personnages encore adolescents qui jouent aux gangsters comme des gamins assez idiots. Mais la fantaisie semble ici particulièrement fabriquée, ne débouche sur rien d’autre qu’un exercice d’autosatisfaction tout fier de ses petites afféteries – une interjection lancée face caméra, une minute de silence littérale, et ces éternels apophtegmes godardiens, parfois imbitables, débités avec un aplomb très calculé. Bref, ça se veut léger et charmeur, c’est surtout terriblement vide et ennuyeux. Et puis le jeu dilettante et les fausses intonations de Karina, pitié. 2/6

Journal d’un curé de campagne (Robert Bresson, 1950)
L’épineuse question de l’adaptation littéraire trouve ici une proposition assez stimulante car le cinéaste ne cherche jamais à fuir la littéralité du texte originel. Il en reprend au contraire la matière et la traduit en images aplaties, non signifiantes, dont la tentation ascétique est constamment remise en perspective par la parole du héros narrateur, qui semble remplir les interstices des plans et y nicher son épaisseur d’âme. La nature de la sainteté dans le monde réel, l’épreuve du don de soi, l’expérience de la solitude à travers le sacerdoce d’un jeune prêtre confronté à la mesquinerie, à l’hostilité et au rejet de ses paroissiens tracent les lignes rigoureuses d’une méditation certes peu séduisante, mais pas encore recouverte par la sécheresse absolue qui fige certains films suivants. 4/6

Le cirque (Charlie Chaplin, 1928)
Embauché dans un cirque, l’éternel vagabond est confronté au regard du spectateur : il ne fait rire que lorsqu’il ignore ce pour quoi il a été réellement engagé, et qu’il bat sur leur propre terrain, de façon totalement involontaire, les artistes du spectacle forain. La réflexion démystificatrice que Chaplin porte sur son métier, son rapport avec le public, est de celles que seuls les plus grands peuvent se permettre. Et cette grandeur éclate à chaque seconde, dans l’ordonnancement géométrique de la mise en scène, dans la poésie d’un dîner de misère partagé avec une jeune fille, dans les hilarantes séquences de répétitions ratées, de clownerie involontaire ou de funambulisme acrobatique, corsé par des primates facétieux, qui font de cette petite merveille l’un des films les plus drôles de son auteur. 5/6

Le mouchard (John Ford, 1935)
En exergue, une citation de l’Évangile évoquant le dilemme de Judas : c’est sur les affres de la culpabilité et de la trahison que se penche John Ford, dans un style hérité de l’esthétique expressionniste qui tire le meilleur parti d’un décor dublinois reconstitué en des nappes de brouillard épais , des territoire de pénombre lugubres troués par des lumières solitaires. Un colosse rustre et simple se damne par amour, dilapide en une nuit avinée la solde de son infamie, se noie dans une faiblesse morale constamment rachetée par mille attentions dérisoires, pour finir jugé par un tribunal populaire sorti d’M le Maudit. De la faute à la rédemption, la trajectoire de cet être pathétique et rebutant à la fois captive de bout en bout. 5/6

Time and tide (Tsui Hark, 2000)
D’une, on ne comprend à peu près rien de l’histoire, car Tsui abolit les notions d’unité et les règles de bienséance de la narration traditionnelle : les couches temporelles se mêlent, on ne sait plus qui est qui, qui fait quoi, et pour quelle raison. De deux, on n’a pour ainsi dire jamais vu ça. Difficile de théoriser sur un tel prototype, qui semble redéfinir le rapport du corps à l’espace et les principes élémentaires de découpage et de composition. Le cinéaste fragmente, malaxe, expérimente tout, accumule les plans impossibles qu’il organise en un montage anarchique, une éruption permanente de défis aux lois de la physique dont le feu continu vise à la pure sensorialité et confine à l’abstraction. Ca ne dit probablement rien, mais c’est une expérience sacrément singulière. 5/6

Umberto D. (Vittorio De Sica, 1952)
Résister, ne pas baisser les bras, se battre contre l’adversité qui menace chaque jour et prend les formes les plus diverses : une pension de misère, d’anciens amis qui tournent le dos, une marchande de sommeil sans scrupule. Umberto l’affirme, aux autres et surtout à lui-même : il ne se laissera pas faire. Mais ce retraité famélique, cultivé et lucide ne peut rien contre la société qui broie et écarte les plus faibles. Ses seuls amis sont la très jeune bonne de sa logeuse, déjà victime elle aussi, et dont les larmes coulent presque sans qu’elle en ait conscience, et surtout son chien, fidèle compagnon d’infortune, qui lui donnera le courage de continuer à vivre sa vie errante et misérable. En termes poignants et très purs, au plus près des pulsations intérieures de son héros, De Sica dit tout de la lassitude, du malheur des laissés-pour-compte de l’Italie d’après-guerre. 5/6

Le signe du lion (Éric Rohmer, 1962)
Pour le jeu de l’exégèse, on peut inventorier toute une smala chabrolienne : Géhauff aux dialogues, le parfum de satire bourgeoise, un rôle tenu par Stéphane Audran (que cette femme était belle). Godard et ses éternelles lunettes noires, Marie Dubois y héritent aussi de quelques plans. Rohmer ébauche surtout les fondements d’une philosophie (le hasard, le destin) et d’une esthétique attachée aux lieux (ceux de Paris en été, écrasé par un soleil de plomb, où les couples se prélassent le long de la Seine). On y suit la déambulation d’un bohème oisif soudainement sur la paille, confronté à l’indifférence, au dénuement, à sa clochardisation progressive, subie davantage par passivité que par infortune. Le propos est noir, fixé dans sa nudité concrète, mais éclairé d’un amusement ironique que la pirouette finale met en relief. 5/6

Trois femmes (Robert Altman, 1977)
Millie, touchante aliénée de la solitude contemporaine, se pare des atours féminins prisés par les magazines et des jaunes artifices qu’elle se crée pour se protéger de ses illusions. Pinkie est une femme-enfant dont la candide naïveté couve une inquiétante fracture psychique. Willie, muette, enceinte jusqu’au cou, peint de monstrueuses figures hermaphrodites au fond des piscines. Trois chrysalides en plein processus de transfert et d’identification, qui rejouent la partition de Persona dans la banlieue post-hippie de Los Angeles et l’aridité poussiéreuse de Desert Hot Springs, jusqu’à fusionner en une cellule père-mère-fille évidée de toute masculinité. Baignant dans le liquide amniotique d’une photo sous-exposée, habitée par les incroyables Shelley Duvall et Sissy Spacek, le film distille un mystère déroutant et vénéneux. Absolument fascinant. 5/6

Un ange à ma table (Jane Campion, 1990)
Trois romans autobiographiques de la Néo-Zélandaise Janet Frame portés à l’écran en autant de parties interdépendantes autour de l’enfance, de l’adolescence et de l’âge adulte, vécus dans la douleur par un être exclu au monde, qui trouve dans l’écriture à la fois un échappatoire et un moyen de survie radical. Cette femme effacée, hyperémotive, dont les cheveux rouges semblent faire affluer tout le sang, impose à la biographie ses pulsations sensitives, une sorte d’attention toujours diffractée à la texture du monde. Reste que, en étant tout à fait estimable, le film ne se défait jamais d’une forme d’académisme bon teint qui lui porte un peu préjudice. 4/6

Une balle dans la tête (John Woo, 1990)
Réputation flatteuse : le film serait un des sommets de l’auteur. Ah bon ? Woo accouche surtout d’un patchwork invraisemblable qui, sur une trame très proche de The Deer Hunter, vivifie les contrées nanardesques d’un bon vieux Chuck Norris des familles : succession d’explosions et de fusillades contre des truands patibulaires et de méchants soldats de l’armée régulière dans la jungle, qu’accompagne un synthé digne des fleurons de la série Z. La stigmatisation de l’horreur de la guerre se fait dans l’esthétisation permanente de l’artillerie, de la balistique, des morts aux ralentis ; l’exaltation de l’amitié n’est que gesticulation hystérique et caractérisation à la serpe (mention à Paul qui passe en mode Orange Sanguine en cinq sec) ; bref j’ai passé l’essentiel à pouffer devant tant de grotesque boursouflé, malgré une dernière demi-heure pas trop mauvaise. 2/6

Barberousse (Akira Kurosawa, 1965)
Trois heures pour raconter le passage de l’égoïsme et de l’ambition individuelle à l’altruisme le plus désintéressé. Pour éclairer le malheur des miséreux dans le Japon provincial du début du XIXè siècle, en suivant le quotidien d’un vieux docteur bourru, pétri d’humanité, qui soigne les corps autant que les âmes. Pour vibrer à la confession déchirante d’une mère tremblante de désespoir, au témoignage en flash-back d’un agonisant qui se remémore son amour perdu, ou à la douceur d’une jeune patiente veillant sur son médecin, malade à son tour – tout témoigne d’une pudeur d’évocation sans faille. Trois heures pour, au final, pleurer devant le miracle invoqué par les supplications de quelques vieilles femmes autour d’un puits : ce que nous enseigne ce film bouleversant, digne de Dostoïveski, c’est la valeur noble et universelle de la compassion. 6/6
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cinephage
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Re: Notez les films Août 2012

Post by cinephage »

:D
En effet, quel mois !!
Obviously the world is not a wish-granting factory (The fault in our stars, Josh Boone, 2014)
Pour caler mes bennos
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Thaddeus
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Re: Notez les films Août 2012

Post by Thaddeus »

Attends je me rends compte que j'en ai oublié, en plus. Et pas qu'un ou deux, au moins une demi-dizaine : Salvatore Giuliano, Soupe au canard, Adieu Philippine, Le Trou, Turning Gate... Et le mois n'est pas encore terminé. :D

J'actualiserai ce message avec les manquants dès que possible.
LéoL
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Re: Notez les films Août 2012

Post by LéoL »

Wow, en plus tu n'es pas loin de piocher dans le meilleur de chacun!
Du coup ça manque de 6/6 à mon goût :D
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Père Jules
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Re: Notez les films Août 2012

Post by Père Jules »

Stark wrote:Attends je me rends compte que j'en ai oublié, en plus. Et pas qu'un ou deux, au moins une demi-dizaine : Salvatore Giuliano, Soupe au canard, Adieu Philippine, Le Trou, Turning Gate... Et le mois n'est pas encore terminé. :D
Je choisis pour toi ton film du mois. Il faut que ce soit Le trou. Ou alors Barberousse. Mais pas autre chose hein ! :D
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Thaddeus
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Re: Notez les films Août 2012

Post by Thaddeus »

LéoL wrote:Wow, en plus tu n'es pas loin de piocher dans le meilleur de chacun!
Du coup ça manque de 6/6 à mon goût :D
C'est un peu le souci quand on s'enquille tant de grands films d'affilée ; le niveau est tellement haut que la qualité requise pour obtenir la note suprême a tendance à être surévaluée. :D Je suis sans doute un peu trop exigeant pour mes 6/6, mais bon... c'est pour bien signifier que je réserve cette note à la crème de la crème. Ceci étant dit, Mildred Pierce, Viva Zapata ! ou Le Trou n'en sont vraiment pas loin. Sur 10, je mets à chacun de ces films un 9, quoi.
Père Jules wrote:Je choisis pour toi ton film du mois. Il faut que ce soit Le trou. Ou alors Barberousse. Mais pas autre chose hein ! :D
Je vois mal qui pourra déroger le Kurosawa, quand même, qui m'a profondément ému : une oeuvre en tout point magnifique. Beaux accessits nénamoins au Becker, au Altman, au Curtiz, au Kazan... Bref, un grand mois pour ma part, dont l'exceptionnelle qualité risque de ne pas être réitérée avant un bon moment.
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AtCloseRange
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Re: Notez les films Août 2012

Post by AtCloseRange »

Bah en fait, t'es presque aussi difficile que moi parce que j'aurais mis une meilleure note à quelques films là (Les 2 Anglaises, Printemps Tardif, Un Ange à ma Table). Il y avait largement de quoi avoir 10 films du mois dans ta liste...
Faut que tu regardes aussi quelques daubes, c'est pas bon de regarder trop de bons films :mrgreen:
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Anorya
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Re: Notez les films Août 2012

Post by Anorya »

Stark wrote:
LéoL wrote:Wow, en plus tu n'es pas loin de piocher dans le meilleur de chacun!
Du coup ça manque de 6/6 à mon goût :D
C'est un peu le souci quand on s'enquille tant de grands films d'affilée ; le niveau est tellement haut que la qualité requise pour obtenir la note suprême a tendance à être surévaluée. :D Je suis sans doute un peu trop exigeant pour mes 6/6, mais bon... c'est pour bien signifier que je réserve cette note à la crème de la crème. Ceci étant dit, Mildred Pierce, Viva Zapata ! ou Le Trou n'en sont vraiment pas loin. Sur 10, je mets à chacun de ces films un 9, quoi.
Pas assez de Bergman à mon goût mais ça va, il y a du bon. 8) :mrgreen:
Moi je t'encourage pour Le trou en film du mois.
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Colqhoun
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Re: Notez les films Août 2012

Post by Colqhoun »

Vous m'excuserez d'abaisser un peu le niveau après la volée des films de Stark, de mon côté j'ai regardé un petit survival rigolo et assez efficace.

Surviving the Game | Ernest R. Dickerson
Avec Ice-T contre une bande de sales types qui se mettent à le chasser au fin fond des Rocheuses.
Et les sales types en question sont quand même interprétés par Rutger Hauer, Charles S. Dutton, John McGinley ou encore F. Murray Abraham.
Casting improbable, pour ce film plutôt bien foutu, où l'action ne cesse jamais. Ice-T et ses dreadlocks balance des punchlines à deux balles sans arrêt et Hauer joue au psychopathe de service.
En l'état c'est une sorte de croisement un peu cheap entre Cliffhanger sans la neige et The Most Dangerous Game (duquel on comprend vite que le titre est complètement inspiré).
"Give me all the bacon and eggs you have."