Philadelphia : sans moi

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Dave Garver
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Philadelphia : sans moi

Post by Dave Garver »

L'excellent Celluloid Closet (zone 1) que je n'avais plus vu depuis sa diffusion sur Arte il ya de ça de nombreuses années, m'a permis de me remémorer certains films dits gays et d'autres qui le sont clairement.

Le plus gros choc fut Philadelphia, brièvement évoqué dans Celluloid, j'étais étonné : l'écriture était celle d'un gay... Pourtant Philadelphia, même s'il nous conte les mésaventures d'un cadre atteint du SIDA, m'apparaît en plein comme le rpoduit marketing formaté pour les hétéros afin de leur faire comprendre les douleurs et les peines des sidéens. Un film qui s'apparenterait à la collection "Que sais-je ?" ou "le SIDA pour le nuls" tant le film manque de crédibilité : il est surjoué par Hanks (et par Banderas) qui n'est nullement crédible dans le rôle et dont certaines jérémiades accompagnées de musique lyrique me sont insupportables.

Autant certains films sont sincères dans leurs propos, autant Philadelphia me semble un produit lambda du même ordre que le Grand Bleu ou autres films dont le succès demeure pour moi un mystère... je ne retiendrai de positif que le musique du Boss, pour le reste, je préfère me plonger dans un vrai film GAY et pas une fourberie émotionnelle.

Qu'avez-vous pensé de ce film ?
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NUTELLA

Post by NUTELLA »

pareil que toi,on va d'ailleurs surement se faire lincher :lol:
je trouve ce film d'une lourdeur incroyable,aux effets faciles et detestables,on veut à tout prix nous faire pleurer avec un sujet aussi grave,alors que le traitement aurait mérité beaucoup plus de pudeur et moins d'emphase.BEURKKKK ...
George Bailey
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Post by George Bailey »

NUTELLA wrote:pareil que toi,on va d'ailleurs surement se faire lincher :lol:
je trouve ce film d'une lourdeur incroyable,aux effets faciles et detestables,on veut à tout prix nous faire pleurer avec un sujet aussi grave,alors que le traitement aurait mérité beaucoup plus de pudeur et moins d'emphase.BEURKKKK ...
Nous allons être 3 alors : même avis que vous BEURKKKK
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Dave Garver
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Post by Dave Garver »

NUTELLA wrote:pareil que toi,on va d'ailleurs surement se faire lincher :lol:
je trouve ce film d'une lourdeur incroyable,aux effets faciles et detestables,on veut à tout prix nous faire pleurer avec un sujet aussi grave,alors que le traitement aurait mérité beaucoup plus de pudeur et moins d'emphase.BEURKKKK ...

Entièrement de ton avis. :wink: (également pour les attaques qui vont fuser :lol: )
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

Je trouve au contraire que ce film est sincère. D'accord il est formaté pour le grand public. Mais il n'est pas sûr qu'un film parlant du même sujet et réalisé suivant les canons esthétiques underground aurait eu le même impact. Le film se voulait pédagogique pour le plus grand nombre et cherchait donc l'identification du spectateur au calvaire de son personnage principal.
Plus généralement, je me demande si tous les homosexuels se retrouvent dans la description que font d'eux les films dits gay et lesbiens. Les homos sont-ils tous des gens ivres de sexualité débordante, des fêtards excités à l'ecstasy ou des Vilage People sur le retour ?
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Dude
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Post by Dude »

...je me joints à vous pour dire que je n'ai pas trop aimé ce film (et surtout la maniere de traiter le sujet)
L'alcool ne résoudra pas tes problèmes, cela dit, le lait non plus...
Ouf Je Respire
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Post by Ouf Je Respire »

intéressant que tu lance le débat avec ce film. Moi aussi j'ai truc retors avec lui.

1) ça me faisait curieux de voir à l'époque que le réalisateur du Silence des Agneaux ait tourné quelque chose de si conventionnel et si peu ambitieux au niveau de la mise en scène et visuellement.

2) pour moi, ce film aurait été aidé si on l'avait fait basculer plus franchement dans un genre bien défini. Film gay? Film de procès? Film mélo? Drame? Rien de tout cela. Je dirais: fim fait pour avoir un Oscar.

3) c'est vrai que hanks joue bien, et c'est probablement le principal point fort du film. Imaginez quand même un film qui montre les gays non pas comme des parias et marginaux, mais comme des gens lambdas sur lesquels leur sexualité n'est pas écrite sur leur front et que même des avocats peuvent l'être, une première pour les spectateurs américains... Ce film est donc sobre sur cet aspect et c'est salutaire, parce qu'au moins, ça n'est pas vulgaire (ç'aurait été pourtant simple). Quoique... Il a quand même fallu que les scénaristes fassent mourir l'homo du SIDA. La morale est sauve chez les WASP....

Je pense donc que ce film a une valeur pédagogique pour pas mal de WASP, et en plus ça pouvait se doubler d'un rôle à Oscar... Mais pour moi personnellement, ce film ne m'a rien apporté, si ce n'est une certitude: les homos n'ont pas fini d'avoir des rôles à la fois de victimes d'eux même et de punis pour la bonne pensée catholique extrémiste...
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Dave Garver
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Post by Dave Garver »

Roy Neary wrote:Je trouve au contraire que ce film est sincère. D'accord il est formaté pour le grand public. Mais il n'est pas sûr qu'un film parlant du même sujet et réalisé suivant les canons esthétiques underground aurait eu le même impact. Le film se voulait pédagogique pour le plus grand nombre et cherchait donc l'identification du spectateur au calvaire de son personnage principal.
Plus généralement, je me demande si tous les homosexuels se retrouvent dans la description que font d'eux les films dits gay et lesbiens. Les homos sont-ils tous des gens ivres de sexualité débordante, des fêtards excités à l'ecstasy ou des Vilage People sur le retour ?
Comme les hétéros, ils n'ont pas tout une sexualité débordante... J'ai un pote qui attend le mec parfait. Il attend depuis 25 ans... pendant tout ce temps il n'a pas eu de rapport sexuel...

Celluloid me fait penser que peu de films gays cités sont sortis en dvd : pour exemple : making love ? nada. Le controversé Cruising avec pacino ? nada... Pas de peine par contre pour se procurer les classiques : suddenly last summer...
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

Mais non, il ne faut pas exagérer avec "la bonne pensée catholique extrémiste". On nous propose l'histoire d'un drame poignant, un homme va mourir du SIDA et, au contraire, le spectateur doit enfin intégrer que les malades sont des victimes et non des pêcheurs. La notion de culpabilité est battue en brêche dans ce film. Le personnage a le droit de vivre comme bon lui semble et la solidarité humaine doit naturellement s'exercer sans aucun a priori. C'est l'idée du film. Oui, il est didactique mais pas du tout intégriste !
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Billy Budd
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Post by Billy Budd »

Je n'ai pas aimé ce film pour les raisons évoquées par la plupart d'entre vous, Les nuits fauves, que je n'ai pas aimé non plus, me paraît en partie, mais en partie seulement, plus réaliste par exemple, et j'ajouterai qu'il n'est pas anodin que le malade soit défendu par un noir et la société d'avocats par une femme - toutes les "minorités" sont ainsi représentées - sans parler du copain latino, Banderas, de Hanks

Je pense aussi comme d'autres que ce film était malheureusement nécessaire

Quant au personnage de Hanks, je crois pas que cela soit un homo lambda justement mais qu'au contraire il a le cul, sans jeu de mots, quoique, entre deux b euh chaises

Un personnage homo lambda est Rupert Evrett dans Le meilleur mariage de mon meilleur ami par exemple ou, encore plus fort, le couple de voisins dans American Beauty, le seul du film a ne pas être névrosé
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Dave Garver
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Post by Dave Garver »

Roy Neary wrote:Mais non, il ne faut pas exagérer avec "la bonne pensée catholique extrémiste". On nous propose l'histoire d'un drame poignant, un homme va mourir du SIDA et, au contraire, le spectateur doit enfin intégrer que les malades sont des victimes et non des pêcheurs. La notion de culpabilité est battue en brêche dans ce film. Le personnage a le droit de vivre comme bon lui semble et la solidarité humaine doit naturellement s'exercer sans aucun a priori. C'est l'idée du film. Oui, il est didactique mais pas du tout intégriste !
En effet le film n'est pas intégriste... mais bien didactique... et là ça me fait mal (mais il en faut)
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Sergius Karamzin
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Post by Sergius Karamzin »

J'ai vu Philadeplhia pour la première fois il y a quatre mois je crois.

Et si d'une part j'ai été étonné de certains aspects clichés ou "manichéens" du film, il faut dire que le film replonge dans le climat de l'époque, où l'on était peu informé.

Très honnêtement, peu de choses m'ont véritablement choqué dans le film, si ce n'est certains épisodes avec Denzel Washington, sa femme, ses gosses, auxquels je n'ai rien compris (le rapport avec l'histoire ? C'est un mec bien qui va avoir des gooses... bon ! Il serrera la main d'un sidéen, c'est ça le message?) et surtout la grande scène sur l'opéra ! Un must ! Il faut être homo pour aimer l'opéra ? Et Washington qui en écoute après, c'est un peu fort...

Malgré tout le film a de l'impact, sert des valeurs nobles et n'est pas si outrancier que ça.
Dave Garver
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Post by Dave Garver »

Nikita wrote:Je n'ai pas aimé ce film pour les raisons évoquées par la plupart d'entre vous, Les nuits fauves, que je n'ai pas aimé non plus, me paraît en partie, mais en partie seulement, plus réaliste par exemple, et j'ajouterai qu'il n'est pas anodin que le malade soit défendu par un noir et la société d'avocats par une femme - toutes les "minorités" sont ainsi représentées - sans parler du copain latino, Banderas, de Hanks

Je pense aussi comme d'autres que ce film était malheureusement nécessaire

Quant au personnage de Hanks, je crois pas que cela soit un homo lambda justement mais qu'au contraire il a le cul, sans jeu de mots, quoique, entre deux b euh chaises

Un personnage homo lambda est Rupert Evrett dans Le meilleur mariage de mon meilleur ami par exemple ou, encore plus fort, le couple de voisins dans American Beauty, le seul du film a ne pas être névrosé
Hanks a pris un risque en acceptant le rôle, mais un risuqe calaculé tant tout y est calculé afin, comme tu l'écrit, de plaire au plsu grand nombre... A la limite le public le voit plutôt comme une victime que comme un gay. Sentiment accentué par l'absence de sensualité dégagée entre hanks et Banderas (on dirait un vieux couple) ce qui casse la crédibiltié de leur relation.

Rupert Everett, gay reconnu, parvient néanmoins à sortir du registre gay de service pour nous offrir des prestations hétéros (dell' amore, della morte...)
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

Dave Garver wrote:A la limite le public le voit plutôt comme une victime que comme un gay.
Exactement et c'est bien la tout l'intérêt du film en 1993.
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Dave Garver
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Post by Dave Garver »

Sergius Karamzin wrote:J'ai vu Philadeplhia pour la première fois il y a quatre mois je crois.

Et si d'une part j'ai été étonné de certains aspects clichés ou "manichéens" du film, il faut dire que le film replonge dans le climat de l'époque, où l'on était peu informé.

Très honnêtement, peu de choses m'ont véritablement choqué dans le film, si ce n'est certains épisodes avec Denzel Washington, sa femme, ses gosses, auxquels je n'ai rien compris (le rapport avec l'histoire ? C'est un mec bien qui va avoir des gooses... bon ! Il serrera la main d'un sidéen, c'est ça le message?) et surtout la grande scène sur l'opéra ! Un must ! Il faut être homo pour aimer l'opéra ? Et Washington qui en écoute après, c'est un peu fort...

Malgré tout le film a de l'impact, sert des valeurs nobles et n'est pas si outrancier que ça.
Le film ne fait pas de mal à la communauté, mais il l'enferme dans une série de clichés cités précédemment (opéra, ...) le film, comme il ne se veut aps critique d'une situation humaine, sert des valeurs, mais j'aurais préféré voir autrement ces valeurs exprimées à l'écran... Pour être bref, je reproche que peu voire prou de films ont été tournés à l'époque sur le SIDA et ses implications affectives et sociales et que celui que l'on nosu a proposé fut le comemercial Philadelphia.
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