Melancholia (Lars von Trier - 2011)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Ouf Je Respire
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Re: Melancholia (Lars von Trier - 2011)

Post by Ouf Je Respire »

gnome wrote:
Billy Budd wrote:L'intro est d'une laideur inouïe, pauvre Wagner.
J'ai aimé le film, mais j'avoue ne jamais avoir compris, ni l'intérêt, ni les dithyrambes de l'époque à l'encontre de cette intro...
Tout le monde semblait se prosterner devant cette intro... Moi... :?
Mon avis: depuis Antichrist, les intros des films de LVT sont du pur plastique. PET, PEHD, PVC, etc. Du-plas-tique!
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Re: Melancholia (Lars von Trier - 2011)

Post by Federico »

Ouf, tonton machin wrote:Mon avis: depuis Antichrist, les intros des films de LVT sont du pur plastique. PET, PEHD, PVC, etc. Du-plas-tique!
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La Prince elle dit qu'elle aime bien la plastique... :P


Non, plus sérieusement, je suis d'accord sur l'artificialité (superficialité ?) de l'intro avec ses hyper ralentis même si c'est visuellement assez bluffant. Si LVT a voulu donner la sensation de voir lentement s'animer des tableaux de l'école symboliste de la fin du 19ème siècle, il a réussi son coup même si il est un peu fumeux.
Il y a quelques années, j'avais récupéré un DVD hors commerce qui servait de promo à une marque de jeans et où une vingtaine de vidéastes arty avaient conçu des clips. Certains ont une esthétique très proche de celle de LVT.
Last edited by Federico on 30 May 13, 22:11, edited 1 time in total.
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Re: Melancholia (Lars von Trier - 2011)

Post by Ouf Je Respire »

Il me manque la référence, sur ce coup.

EDIT: OK, j'avais pas l'image.
Last edited by Ouf Je Respire on 31 May 13, 08:58, edited 1 time in total.
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Re: Melancholia (Lars von Trier - 2011)

Post by Billy Budd »

monfilm wrote:
Strum wrote:Dommage que cette mélancolie s'incarne dans ces premières images dans une esthétique qui m'a fait surtout penser à celle du magazine américain Vanity Fair.
Le contre-pied esthétique est d'autant plus intéressant.
C'est moche, mais on sait que c'est moche, donc c'est beau ?

J'ai pensé à du sous Tarsem, c'est dire.
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Re: Melancholia (Lars von Trier - 2011)

Post by Ouf Je Respire »

La sanction. :lol:
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Re: Melancholia (Lars von Trier - 2011)

Post by AlexRow »

Bof.
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Re: Melancholia (Lars von Trier - 2011)

Post by homerwell »

Strum wrote:Après ce prologue tout en laideur, commence l'épreuve d'un roulis permanent.
Spoiler (cliquez pour afficher)
Pendant 1h20, les images tanguent. Comme d'habitude avec les films de Lars Von Trier ayant parti lié avec le Dogme idiot selon lequel il faut bouger sans cesse sa caméra et faire le point après le début d'un plan pour faire naturel (alors que c'est un artifice de mise en scène on ne peut plus lourd et aveuglant), le chef opérateur et le cameraman se prennent pour des convives ivres. Et que je bouge la caméra de haut en bas, et que je tremblote comme si j'avais un coup de vodka dans le nez. Le mal de mer, insidieux et irrépressible, vient. Les séquences s’enchainent, sans contrechamps, et avec un découpage réduit à la portion congrue, du fait de cette caméra portée qui, vorace, aimante l’action. Au centre de cette arche ivre, Justine détruit ce qui lui reste à détruire (patron, mari, tous deux d'une bétise à pleurer parce qu'ils ne sont pas mélancoliques sans doute), tandis que la planète que le prologue nous a annoncé poursuit sa trajectoire d'astre pondéreux venu briser toutes les aspirations humaines. Mais la planète n'aura plus rien à détruire. La caméra tremblante de Lars Von Trier est déjà passée par là, et a déjà détruit, désagrégé, éparpillé aux quatre coins de l'univers, les morceaux chiffonnés de l'espace filmique, elle a consciencieusement pulvérisé les efforts du chef décorateur qui resteront invisibles - dans cette première partie du moins.

Dans la deuxième partie du film (Claire), la caméra est toujours mobile, mais son roulis est plus supportable. Peu à peu un suspense nait de l’approche de la planète. Le pressentiment de Justine (en tant que mélancolique, nous dit-on, « she knows things » ; au-delà de l’origine artistique et historique de cette affirmation, les psychanalystes diront que c’est une croyance habituelle chez certains asociaux) s’est avéré exact, la planète est l’instrument de la future destruction du monde humain. Justine, a priori porte-voix de Von Trier, ne s’en offusque guère. « Earth is evil » dit-elle. La terre (entendre l’humanité) est mauvaise. Sa destruction sera un bon débarras. On peut y voir une morale commode et auto-justificatrice du moindre effort : puisque le monde est mauvais, pourquoi Justine ferait-elle l’effort de se plier aux conventions sociales et d’être bonne ? Ivan Karamazov disait déjà, en d’autres temps, « puisque dieu n’existe pas, tout est permis », ce qui produisit la catastrophe que les lecteurs de Dostoïevski savent. Jusqu’au bout, Justine reste comme étrangère à cette apocalypse qui vient. Peut-être trop même, et son personnage de devenir assez antipathique. Il est d'ailleurs dommage que Von Trier, plutôt que mettre en mots le don de divination de Justine, n'ait pas creuser davantage la veine des liens souterrains et mystérieux unissant Justine et Melancholia. Après la superbe séquence nocturne de la baignade lumineuse, j'en attendais davantage sur ce chapitre, je m'attendais à voir Justine refleurir, se mirer et puiser ses forces dans le bleu de la planète, attendre son arrivée avec la joie maléfique que ressentent devant la catastrophe certaines grandes figures gothique du romantisme anglais. Mais non, Von Trier ne choisit pas cette voie plus romantique. Il refait tomber Justine dans une forme de neurasthénie, malgré ses initiatives finales. Elle reste enfermée dans le monde de conventions sociales qui l'entoure (la métaphore du pont qu'elle ne peut franchir figure son enfermement). Or, Von Trier in fine ne se réjouit pas de la disparition du monde, si l'on considére que sa mise en scène parle pour lui - sur le fond, sans doute cela est-il à mettre à son crédit. Justine vers la fin du film n’est ainsi plus à l’unisson de la mise en scène qui semble refuser la mise à distance par Justine du monde -comme si Von Trier refusait qu'elle soit son porte-voix jusqu'au bout.
Lui se sent tout à fait impliqué par cette catastrophe, il veut nous la faire voir, nous la faire sentir et convoque pour cela la panoplie romantique dans la dernière scène : le pathétique de Wagner, une scénographie de fin du monde où la planète fond sur nous, une lumière bleutée dont semble sortir un grondement, et même le visage d’un enfant avec les pleurs d’une mère. Difficile donc de tenir la proposition glacée du « bon débarras », et d’ailleurs, comme le réalisateur l’espère, durant cette scène puissante, les larmes montent aux yeux. Ainsi, étrangement, les dernières images du film, mélancoliques, démentent le propos nihiliste de Justine. Au moment de la disparition du monde, vient le regret du nihilisme, qui n'était peut-être que posture bravache de Von Trier.
Tu ne peux pas attribuer les paroles nihilistes de Justine à Lars von Trier et dans le même temps trouver "étranges" les dernières images en les habillant de regrets et d'un "peut être" quant à la volonté du réalisateur.
Lars von Trier a fait de Justine un personnage antipathique, une dépressive qui croit à sa mauvaise étoile et qui en subit des effets annonciateurs. La posture bravache est plutôt dans le surnaturel quand il fait savoir le nombres de haricots à Justine, mais il n'oublie pas de contre-balancer son effet en la faisant s'empêtrer dans le green du 19ème trou qui n’existe pas...
Von Trier cède ici à l’appel le plus radical et arbitraire du romantisme, et détruit, comme Justine son monde social, son monde filmique. Ce faisant, il donne forme à ce fantasme récurrent des mélancoliques, qui consiste à imaginer leur propre enterrement. S’attristant de leur propre sort, ils veulent voir d’autres visages pleurer sur eux. Il en est un peu de même avec cette dernière scène. Von Trier met en scène la mort de son monde, et donc son enterrement, et nous demande d’y assister, puisque nous, spectateurs, sommes le contrechamp de ce film sans contrechamps.
Tu as un peu plus haut reproché de ne pas voir développer une réaction plus romantique de Justine et tu donnes maintenant une intention contraire au réalisateur, au moins cette fois ci sans faire la confusion entre les propos/comportements de Justine et ce que tu attribues à Lars von Trier.
Puis tu fais un raccourci sur une pseudo volonté de nous montrer un enterrement que pour ma part je n'ai pas vu. Ce qui rend caduque ton interprétation d'un quelconque fantasme assouvi. Le cataclysme est le point final du film, pas son propos, et Lars von Trier nous raconte ce qui se passe avant au contraire des supers productions américaines qui débute toujours par la catastrophe et nous raconte l'après.
Par ailleurs je cois que le personnage principal de l'histoire est cette planète qui vient percuter la terre, ce qui fait des personnages le contrechamps manquant de ton analyse.
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Re: Melancholia (Lars von Trier - 2011)

Post by monfilm »

Billy Budd wrote:
monfilm wrote:
Le contre-pied esthétique est d'autant plus intéressant.
C'est moche, mais on sait que c'est moche, donc c'est beau ?

J'ai pensé à du sous Tarsem, c'est dire.



Beau ou moche le propos du film semble ne pas t'intéresser (?) Sinon tu comprendrais ce que je veux dire par contre-pied. Contre-pied esthétique, technique, artistique.

Tarsem esthétise à outrance, au détriment du reste.
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Re: Melancholia (Lars von Trier - 2011)

Post by Strum »

homerwell wrote:Tu ne peux pas attribuer les paroles nihilistes de Justine à Lars von Trier et dans le même temps trouver "étranges" les dernières images en les habillant de regrets et d'un "peut être" quant à la volonté du réalisateur.
Lars von Trier a fait de Justine un personnage antipathique, une dépressive qui croit à sa mauvaise étoile et qui en subit des effets annonciateurs. La posture bravache est plutôt dans le surnaturel quand il fait savoir le nombres de haricots à Justine, mais il n'oublie pas de contre-balancer son effet en la faisant s'empêtrer dans le green du 19ème trou qui n’existe pas...
Je peux au contraire, et je crois même que je dois au contraire, proposer des hypothèses, et faire état de mes propres doutes quant à la validité de l'interprétation que je livre d'un film aussi particulier que Melancholia, qui se termine sur quelque chose d'aussi radical et effrayant que la fin du monde (rien à voir avec la possible fin des temps de Tree of Life par exemple, où le monde se poursuit dans son éternité) : cette fin du monde imaginée par Von Trier nous somme de dire ce que l'on en a pensé et de nous interroger sur ce que le réalisateur a essayé de dire et de faire.
Tu as un peu plus haut reproché de ne pas voir développer une réaction plus romantique de Justine et tu donnes maintenant une intention contraire au réalisateur, au moins cette fois ci sans faire la confusion entre les propos/comportements de Justine et ce que tu attribues à Lars von Trier.
Puis tu fais un raccourci sur une pseudo volonté de nous montrer un enterrement que pour ma part je n'ai pas vu. Ce qui rend caduque ton interprétation d'un quelconque fantasme assouvi. Le cataclysme est le point final du film, pas son propos, et Lars von Trier nous raconte ce qui se passe avant au contraire des supers productions américaines qui débute toujours par la catastrophe et nous raconte l'après.
Par ailleurs je cois que le personnage principal de l'histoire est cette planète qui vient percuter la terre, ce qui fait des personnages le contrechamps manquant de ton analyse
.

J'interprète. Je m'interroge. J'essaie de déceler l'intention derrière l'image en fonction de ce qu'elle m'a fait ressentir et de ma propre conception de la mise en scène. Sans avoir l'obligation de te convaincre - ce que je ne cherche d'ailleurs pas à faire : tu as aimé le film, moi non (je n'aime pas du tout la façon dont Von Trier met en scène : comment pourrais-je aimer son film dans ces conditions ? Le cinéma est d'abord affaire d'image et de mise en scène). Le film se termine sur la fin du monde. Après : le néant. Rien à voir avec les blockbusters américains, où la catastrophe n'a pas du tout la même signification, puisqu'elle est là en tant qu'épreuve, pour être surmontée par les personnages. Chez Von Trier, ce n'est pas une épreuve, mais la fin de tout. J'ai peu de goût pour cette représentation de la fin de tout.

Quant à l'histoire du contrechamp : je parlais de la mise en scène de Von Trier, que je trouve destructrice et sans contrechamp (pas d'autre point de vue possible que le sien dans ce film), planète ou pas planète. La planète n'est pas un contrechamp ; elle est n'est pas un autre point de vue ; elle est une présence qui écrase les personnages de sa menace, de son ombre, de sa rotondité qui dévore le cadre.

J'écrivais aussi (je ne suis pas sûr que cette façon que j'ai eu de prendre des bouts de ma critique en les donnant de manière éparpillée est de nature à en faire ressortir la cohérence que j'avais péniblement essayé de lui donner, mais bon) :
Et pourquoi donc ne plus croire à la vertu du plan fixe, qui puise sa force aux dimensions du cadrage ? Même dans les plus beaux plans du film qui appelaient de toute évidence une caméra fixe, ceux de la séquence envoûtante où Justine sort dans la nuit aux deux lunes pour se baigner nue dans la lumière de Melancholia, telle une prêtresse appelant l'apocalypse et recevant son dû, la caméra est portée, et les cadrages bougent donc un peu. Jamais, au grand jamais, la caméra n'est posée, et le plan totalement fixe. A ce stade de respect des règles d'une caméra toujours portée et mouvante que Von Trier s'est imposé il y a quelques années, on pourrait presque parler de superstition. Cette séquence de baignade nocturne est en tout cas très belle (à côté de la laideur émergent dans ce film des saillies visuelles de toute beauté ; certains diront que c'est l'essentiel) et crée enfin ces « images » fortes que Von Trier se refuse à donner le reste du temps, notamment dans la première partie frénétique du film (« Justine »). Avec la séquence de fin qui procure une grande émotion, elles forment les deux plus beaux instants de Melancholia, les seuls moments où il s’approche du sublime romantique.

Cette approche antinaturelle du cinéma (une caméra épileptique n’a rien de naturelle, et est à mon sens le syndrome d’une approche esthétique précieuse tout autant qu'une approche trop figée, qui borne en tout cas le monde et cache son caractère vaste aux spectateurs...
En relisant ces bouts de paragraphe, je perçois en tout cas le trouble et l'irritation que j'avais ressentis en voyant ce film.
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Re: Melancholia (Lars von Trier - 2011)

Post by homerwell »

Strum wrote:En relisant ces bouts de paragraphe, je perçois en tout cas le trouble et l'irritation que j'avais ressentis en voyant ce film.
Je te confirme que je les ai ressenti aussi dans ton texte. :wink:
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Re: Melancholia (Lars von Trier - 2011)

Post by monfilm »

AlexRow wrote:Bof. Les critiques (positives ou négatives) parlent plus de leurs auteurs que des œuvres.
C'est effectivement quasiment toujours le cas. Comme ne sont fréquentables que ceux qui s'expriment de la "bonne" façon. Bref.
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Re: Melancholia (Lars von Trier - 2011)

Post by AlexRow »

Je voulais surtout dire qu'un avis négatif (ou positif) ne sanctionne (ni ne sanctifie) l'œuvre.
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Re: Melancholia (Lars von Trier - 2011)

Post by AlexRow »

Strum wrote:Le film se termine sur la fin du monde. Après : le néant. Rien à voir avec les blockbusters américains, où la catastrophe n'a pas du tout la même signification, puisqu'elle est là en tant qu'épreuve, pour être surmontée par les personnages. Chez Von Trier, ce n'est pas une épreuve, mais la fin de tout. J'ai peu de goût pour cette représentation de la fin de tout.

Quant à l'histoire du contrechamp : je parlais de la mise en scène de Von Trier, que je trouve destructrice et sans contrechamp (pas d'autre point de vue possible que le sien dans ce film), planète ou pas planète. La planète n'est pas un contrechamp ; elle est n'est pas un autre point de vue ; elle est une présence qui écrase les personnages de sa menace, de son ombre, de sa rotondité qui dévore le cadre.
Il m'a plu justement qu'on échappe aux règles du blockbuster, qu'il n'y ait pas de salut externe possible. On y trouve une sorte de jugement ultime et impersonnel de comment chacun peut faire face à la certitude de sa propre fin. Ce n'est ni vain, ni inintéressant.
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Re: Melancholia (Lars von Trier - 2011)

Post by gnome »

AlexRow wrote:On y trouve une sorte de jugement ultime et impersonnel de comment chacun peut faire face à la certitude de sa propre fin. Ce n'est ni vain, ni inintéressant.
C'est en effet en partie le sujet du film et une thématique trop souvent éclipsée et pourtant essentielle. Je ne le sais que trop bien pour régulièrement côtoyer des gens qui vont mourir.
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Re: Melancholia (Lars von Trier - 2011)

Post by AlexRow »

Et cette planète est d'ailleurs comme une maladie incurable. Une matérialisation du fatum qui peut s'abattre sur chacun. Mais la force de la mise en situation de Melancholia, c'est que toute l'humanité est aussi seule que peut l'être un malade face à sa maladie.
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