Notez les films juillet 2011

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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riqueuniee
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Notez les films juillet 2011

Post by riqueuniee »

Carte des sons de Tokyo (Isabel Coixet) Encore une variation sur des thèmes de films noir . Une réalisation un poil sophistiquée, avec la présence d'un narrateur (preneur de son, d'où le titre), qui sonne parfois un peu artificielle. Très belles images : visiblement, la réalisatrice est fascinée par le Japon. Au point de s'attarder parfois sur des détails insolites (du moins pour les Occidentaux), un peu au détriment de l'histoire.
Belle interprétation de Sergi Lopez et Rinko Kikuchi.
Film présenté à Cannes en 2009, mais qui a mis du temps à sortir en France. (il est sorti en janvier 2011)
Film vu à sa sortie en salles, revu en DVD
semmelweis
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Re: Notez les films juillet 2011

Post by semmelweis »

Indiana Jones et le royaume du grand n'importe quoi:Le plus mauvais film de Spielberg que j'ai vu.Après avoir revu les 3 premiers Indy, j'ai eu l'impression qu'on se foutait royalement de ma gueule.Sans commentaires.
riqueuniee
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Re: Notez les films juillet 2011

Post by riqueuniee »

En effet le pire film de la saga , vraiment l'épisode de trop. Et le pire Spielberg vu également...
Et dire que je ne sais combien de personnes ont planché sur le scenario...
Anorya
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Re: Notez les films juillet 2011

Post by Anorya »

semmelweis wrote:Indiana Jones et le royaume du grand n'importe quoi:Le plus mauvais film de Spielberg que j'ai vu.Après avoir revu les 3 premiers Indy, j'ai eu l'impression qu'on se foutait royalement de ma gueule.Sans commentaires.
Je sens qu'en te lisant, Demi-Lune va être transporté de joie. :mrgreen:
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riqueuniee
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Re: Notez les films juillet 2011

Post by riqueuniee »

L'anniversaire de Leila (Rashid Masharawi) Derrière l'anecdote (la journée d'un chauffeur de taxi à Ramallah), une description réaliste de la vie dans l'Autorité palestinienne, qui nous en apprend plus que bien des reportages. Le cinéaste a choisi l'humour et la dérision (mention spéciale à la scène de la file d'attente et au pétage de plomb du héros, vers la fin du film) pour nous parler de la situation dans le pays, même si le film est plus une chronique teintée d'humour qu'une comédie à proprement parler.
riqueuniee
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Re: Notez les films juillet 2011

Post by riqueuniee »

La prima cosa bella (Paolo Virzi) Très belle chronique, qui fait des allers-retours entre les années 70 et aujourd'hui, sur une famille italienne, et notamment les rapports parfois difficiles entre une mère quelque peu irresponsable et son fils. Tous les interprètes (dont Stefania Sandrelli, dans le rôle de la mère, de nos jours) sont épatants. Et le film mêle habilement humour et émotion.
A un moment, l'héroïne participe, en tant que figurante, au tournage d'un film de Dino Risi. Aucun titre n'est cité, mais ça ressemble à La femme du prêtre, même si ce film date de 1970 et que la scène est censée se passer en 1971. Pour l'anecdote, Dino Risi est interprété par son fils, Marco Risi (il s'agit d'une brève apparition).
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Joe Wilson
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Re: Notez les films juillet 2011

Post by Joe Wilson »

La tourneuse de pages (Denis Dercourt)

Un film intense et crédible dans son évocation du monde musical, tant Dercourt dévoile des angoisses, une fébrilité, des ambitions avec beaucoup de justesse. La tension psychologique nait d'exigences douloureuses, et consolide une solitude pesante et sans issue.
Catherine Frot et Deborah François offrent deux interprétations remarquables, nouant une relation possessive qui s'épanouit par des silences et des non-dits. La tourneuse de pages révèle alors une beauté troublante, miroir d'une intimité tourmentée car construite sur des illusions déçues.
La mise en scène, précise dans une forme de discrétion, manque cependant d'ampleur. Elle échoue surtout à renforcer un lien entre l'introduction et les développements du scénario, qui s'enferme parfois dans la rigidité d'un exercice de style.
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riqueuniee
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Re: Notez les films juillet 2011

Post by riqueuniee »

En effet un très beau film. La description du monde musical et des musiciens est en effet plus que crédible, et pour cause. Denis Dercourt connaît vraiment la musique : quand il ne réalise pas de films, il est professeur au conservatoire de Strasbourg.
Profondo Rosso
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Re: Notez les films juillet 2011

Post by Profondo Rosso »

La Maîtresse du lieutenant français de Karel Reisz (1981)

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Dans le port anglais de Lyme, Charles Smithson, rentier et collectionneur de fossiles marins, fait la connaissance de Sarah Woodruff, une jeune préceptrice solitaire et mélancolique. Cette rencontre va faire renaître à la vie celle qui fut jadis abandonnée par un lieutenant francais.

Contrairement à cette trop répandue idée reçue, les meilleures adaptations sont rarement celle fidèle à la virgule près à l'oeuvre originale mais bien celle qui parvienne aussi et surtout à en capturer l'esprit et l'essence profonde. The French Lieutenant's Woman en montre un exemple assez magistral par la grâce d'un travail collectif brillant magnifiant l'écrit. Au départ nous avons donc un roman singulier signé John Fowles, Sarah et le Lieutenant français paru en 1969. L'auteur mêlait grande histoire d'amour romanesque dans le style le plus flamboyant du genre, description cruelle et tragique des entraves sociales et morales du XIXe (où plane l'ombre de Thomas Hardy modèle avoué de Fowles) et exercice de style narratif où Fowles commente les évènements et interpelle à plusieurs reprise le lecteur jusqu'à cette chute insensée où il lui laisse le choix parmi trois fins différentes, de la plus romantique à la plus sombre.

Si le livre a un vrai potentiel filmique, transposer les audaces de John Fowles relève casse-tête. Plusieurs réalisateurs baisseront les bras face au défi de l'entreprise et ainsi Milos Forman, Fred Zinneman ou encore Sidney Lumet seront envisagés pour diriger une adaptation. Au casting seront évoqués Robert Redford et Richard Chamberlain en Smithson et pour Sarah, Gemma jones, Francesca Annis et Helen Mirren cette dernière ayant la préférence de Fowles. Tout se résout avec l'arrivée de Harold Pinter qui de son propre aveux signe là un de ses meilleurs script, en étroite collaboration avec John Fowles et Karel Reisz. Tout trois confèrent une tonalité plus cinématographique à l'histoire et par des trahisons osées rendent finalement un superbe hommage au livre et à ses expérimentations.

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La scène d'ouverture donne le ton, nous sommes en plein tournage de film en extérieur où Meryl Streep prend ses marques. Le réalisateur crie "action", la caméra s'élève, les éléments contemporain s'estompent et nous suivons alors notre héroïne tout de noir vêtue s'avancer sous les flots vers la jetée dans l'attente de son amant disparu. Le film prend ainsi le parti d'une double narration, l'une classique et adaptant fidèlement le livre tandis que l'autre nous plonge dans l''histoire d'amour entre les deux acteurs principaux prolongeant l'interdit de leur relation à l'écran par une liaison sur le plateau. L'idée est brillante et efface tout ce qui aurait pu paraître lourd dans une adaptation plus littérale. L'ironie des commentaires de Fowles qui aurait nécessité grand usage d'une voix off créant irrémédiablement une distance avec le spectateur naît maintenant du décalage entre les époques. Le plus bel exemple est la discussion amusée des deux acteurs se documentant sur la pratique élevée de la prostitution à Londres au XIXe, ce qui apporte un degré d'information supplémentaire lors de la scène autrement plus tragique dans la partie d'époque où Meryl Streep évoque ce sort peu enviable qui l'attend si elle se rend à Londres sans la moindre ressources.

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Cette mise en abyme crée également des passerelles inattendues et des sentiments contradictoire lorsqu'on passe de l'un à l'autre des récit. La partie classique s'orne du plus bel écrin romantique (flamboyante scène de coup foudre) bien que feutrée avec la magnifique photo de Freddie Francis, la reconstitution est magnifique et Karel Reisz aligne les compositions de plans les plus somptueuses. Rien de cette recherche picturale dans l'autre partie plus simple et terre à terre dans sa mise en scène volontairement sans éclat. Ce choix se fait à l'image de la teneur des émotions exprimées dans chacune des direction.

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Constamment épiés et jugés dans la société Victorienne inquisitrice du XIXe, Sarah et Charles sont brûlant d'amour et de désir par la grâce d'un simple geste, regard ou parole quand dans des situations plus intimes les acteurs sembles avoir un véritable fossé entre eux (Meryl Streep qui chuchote David dans son sommeil...). La distance se crée donc par ce décalage, la première étreinte d'une incroyable intensité du passé répondant à la langueur détachée du présent, la grande romance tragique impossible se substituant une coucherie finalement banale entre adulte consentant. Jeremy Irons et Meryl Streep sont fabuleux dans ce double registre, elle figure sacrificielle touchante puis froide et égoïste, lui tout en hésitation et en retenue puis manifestant grossièrement son désir.

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La boucle est bouclée avec cette sublime conclusion où les auteurs osent reprendre le principe de la fin multiple (les trois fins du livre dont une rêvée étant réduites à deux ici). Les va et vient passé/passé présent se font plus saccadés dans les derniers instants, le spectateur comme les personnages finissant par se perdre dans ce chassé croisé, à l'image de Jeremy Irons abandonné qui crie Sarah lorsque Meryl Streep lui échappe, alors que c'est son prénom au sein du film qu'ils tournent. Tout pourrait se confondre mais Reisz et Pinter font le choix d'accorder une perspective ténue de bonheur à ceux qui le méritent dans une dernière scène au montage alterné cruel et touchant à la fois. Quant au principe du film, il fera des émules quelques années plus tard avec le réussi Tournage d'ans un jardin anglais de Michael Winterbottom qui mêlera adaptation de Tristram Shandy de Laurence et film dans le film dans une veine plus satirique. 5,5/6

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hellrick
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Re: Notez les films juillet 2011

Post by hellrick »

Dr CALIGARI

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Ceci est le "remake" proposé par Stephen Sayadan en 1989. Ceux qui connaissent l'univers déjanté du cinéaste via son chef d'oeuvre CAFE FLESH ou son intéressant NIGHTDREAMS retrouveront un même monde personnel, à la fois déjanté, glauque, sexy, humoristique dans ce qui s'apparente surtout à une version soft des deux films précités. Malheureusement, pour son unique film non X Sayadan se plante quand même beaucoup et son Dr Caligari est plutôt emmerdant, la faute à un scénario incompréhensible et bâclé et des acteurs médiocres (ce qui est fou étant donné qu'avec Café Flesh et Nightdreams il avait évité ces deux écueils!) Toutefois j'avoue avoir compris très peu des dialogues non sensiques et alambiqués alors je suis peut-être passé à côté du film!
Cela dit, visuellement, c'est complètement fou avec éclairages au néon, cadrages délirant et décors biscornus.
Un vrai film culte, à revoir si possible avec des sous-titres pour se faire son opinion, en l'état je dirais 3/6
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Joe Wilson
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Re: Notez les films juillet 2011

Post by Joe Wilson »

riqueuniee wrote:En effet un très beau film. La description du monde musical et des musiciens est en effet plus que crédible, et pour cause. Denis Dercourt connaît vraiment la musique : quand il ne réalise pas de films, il est professeur au conservatoire de Strasbourg.
En effet, cette expérience est particulièrement visible lorsqu'il évoque les préparations d'audition et concerts, et souligne le poids de l'investissement musical dans la vie quotidienne.
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Nestor Almendros
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Re: Notez les films juillet 2011

Post by Nestor Almendros »

HANNA de Joe Wright

J'en attendais certainement trop, le résultat fut honnête mais bancal. J'avais déjà repéré le talent formel du réalisateur, capable de plans-séquence homériques comme de scènes quasi-expérimentales (les deux dans REVIENS-MOI). Joe Wright montre une réelle capacité dans son travail visuel, ce qui peut aussi surprendre avec son cinéma qui garde constamment la marque d'un auteur qui lorgne vers les genres sans jamais entièrement y sacrifier l'oeuvre. HANNA est un très bon exemple de cette ambivalence et de ce regard décalé sur un cinéma rabaché et attendu que le réalisateur s'applique à investir avec ses propres méthodes. HANNA est un film ambitieux qui, pourtant, ne concrétise pas toutes ses espérances. Il y a d'abord un scénario certes intéressant quand il joue avec les codes et les références aux contes et à l'enfance (la sorcière, le parcours intiatique, la maison dans la forêt, le parc d'attraction, etc.), moins quand il s'agit d'impliquer le spectateur avec des personnages ou des situations réellement immersives (à coup d'inohérences assumées). Seule Hanna offre un semblant de profondeur tandis que les autres personnages, plus ou moins artificiels, n'ont que le talent des acteurs pour être incarnés avec justesse et empathie (c'est là qu'on retrouve l'excellente et trop rare Cate Blanchett). On a donc une histoire suffisamment prenante pour faire avancer le film mais elle ne se révèle pas assez exceptionnelle. La mise en scène de Wright est dynamique et inventive, parfois audacieuse, mais n'atteint pas l'efficacité escomptée. Il y a bien un regard, un décalage, une certaine aisance même, mais je ne m'y suis pas assez retrouvé.
magobei
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Re: Notez les films juillet 2011

Post by magobei »

Monsters, de Gareth Edwards

Premier long métrage d'Edwards, qui vient des effets spéciaux: ça se voit, et ce n'est pas une critique. Ceux-ci sont dans l'ensemble très réussis, bien intégrés - mention spéciale à la parade nuptiale des aliens - sans être envahissants (le film a eu un budget très modeste). Il faut dire aussi que le réalisateur oriente judicieusement son récit, se concentrant sur ses personnages, sur leur romance naissante. Bref, ce Monsters est un drôle d'objet, un genre de "kaiju eiga" contemplatif et poétique. Edwards doit réaliser la prochaine adaptation de Godzilla, ça peut être intéressant.

8/10


Easy A, de Will Gluck

Sorte de version teenage de La lettre écarlate d'Hawthorne, Easy A est une intéressante variation sur le genre, avec quelques moments bien caustiques. Cela dit, Emma Stone porte littéralement le film, un chouïa pantouflard dans son rythme et ses audaces. Mention aussi à Lisa Kudrow, bien barrée dans un petit rôle de psychologue scolaire.

7/10
Last edited by magobei on 8 Jul 11, 16:26, edited 1 time in total.
Ça sera la restauration antédiluvienne de 2017 sortie chez Olive et Koch, mais avec un bitrate à 26Hz et du DNR à 36Mb comme toujours chez l'éditeur. Autant dire que l'image sera merdique. Mais je vais l'acheter, même si ça fera doublon avec le Olive, le Koch et le Indicator parce qu'il y a des STF - je n'en ai pas besoin, mais c'est important si on veut partager - et surtout la VF d'origine avec Henri Chalant qui double Rex Edwards qui joue l'indien qui se fait tuer sur la gauche à 40:23.
styx
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Re: Notez les films juillet 2011

Post by styx »

Ah oui je me rappelais plus de Lisa Kudrow là dedans, qui est vraiment bien marrante en folle psychologue :) Emma Stone tiens effectivement bien le rôle et le film, sinon le reste est oubliable, c'est vrai :)

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Check out how I made the Ultimate Burger in the entire world! The "Hurricane" Burger! 
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Joe Wilson
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Re: Notez les films juillet 2011

Post by Joe Wilson »

My name is Hallam Foe (David Mackenzie)

Un film bancal mais séduisant, porté par une remarquable interprétation de Jamie Bell. L'acteur exprime une fébrilité intense, une angoisse étouffante, et il parvient à offrir une crédibilité à un personnage en mouvement perpétuel : marqué par le poids d'un héritage familial, il ne peut que se refermer sur lui-même en observant les autres.
Sa rencontre avec une jeune femme (belle prestation de Sophia Myles) accélère une prise de conscience, apporte une légèreté tout en le précipitant dans une impasse, jusqu'au choc nécessaire.
Si le scénario peut apparaitre maladroit dans sa rigueur psychologisante, surchargée de symboles, My name is Hallam Foe reste une proposition intéressante par un mélange des genres audacieux et limpide.
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