Never let me go (Mark Romanek - 2010)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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AtCloseRange
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Re: Never let me go (Mark Romanek - 2010)

Post by AtCloseRange »

Karras wrote:L'erreur d'interprétation est peut être de voir de la résignation la ou il s'agit d'abnégation. Le fait que l'auteur du scénario soit d'origine japonaise donne, à mon avis, des pistes pour une vision moins occidentale de la psychologie des personnages ( à rapprocher peut être du comportement global des japonais face aux événements récents qui semble susciter étonnement et admiration de par chez nous ).
Et ça continue...
Jusqu'à preuve du contraire, les personnages ne sont pas asiatiques (à moins de relier cela de façon arbitraire à une certaine retenue anglaise).

Pour reprendre ce que j'ai dit à Cinéphage en MP (pour ne pas prolonger ici un débat personnel inutile), je ne dis pas que ce n'est pas crédible en soi mais pas crédible parce que ce n'est étayé par rien et qu'il n'y a donc aucun raison dans le film pour que je le prenne pour argent comptant sans que ce soit justifié.
Dramatiquement, par ailleurs, ça amène le film à un surplace dans les personnages qui est anti-dramatique au possible.
C'est là-dessus que ça me gêne et pas une quelconque frustration dû à un manque de conduite héroïque auquel je serais habitué pour avoir regardé trop de blockbusters US (vu ce que je pense généralement de ce cinéma-là, voilà une belle ironie...).

Ne serait-ce que parce qu'ils onté été informé de leur condition de façon fortuite, sans préparation, ils ont forcément à ce moment-là dû se rebeller, si'ndigner d'autant qu'ils n'étaient au courant de rien et qu'ils n'avaient pas de raison d'être conditionnés à recevoir cette information.
Or l'histoire évacue ça pour pouvoir se repaître de bout en bout de ses héros atones et mélancoliques (facticement de mon point de vue).
Pour moi, c'est de la pose et ça rend le tout désincarné.
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Karras
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Re: Never let me go (Mark Romanek - 2010)

Post by Karras »

AtCloseRange wrote:
Karras wrote:L'erreur d'interprétation est peut être de voir de la résignation la ou il s'agit d'abnégation.
Et ça continue...
Cette erreur d'interprétation je l'applique en premier à moi même puisque c'était mon ressenti immédiat après la vision de ce film. C'est après quelques lectures avisées sur le livre que mon avis a évolué.
Anorya
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Re: Never let me go (Mark Romanek - 2010)

Post by Anorya »

J'en profite pour répondre parce que je sens le fermage de topic si ça continue, je sais pas, je suis ptêt parano. :fiou:
AtCloseRange wrote:
Karras wrote:L'erreur d'interprétation est peut être de voir de la résignation la ou il s'agit d'abnégation. Le fait que l'auteur du scénario soit d'origine japonaise donne, à mon avis, des pistes pour une vision moins occidentale de la psychologie des personnages ( à rapprocher peut être du comportement global des japonais face aux événements récents qui semble susciter étonnement et admiration de par chez nous ).
Et ça continue...
Jusqu'à preuve du contraire, les personnages ne sont pas asiatiques (à moins de relier cela de façon arbitraire à une certaine retenue anglaise).
Comme on me l'a fait remarquer dans le topic sur Akira en littérature, musique et arts, l'auteur du livre, Kazuo Ishiguro est britannique. Mais après recherche, j'ai remarqué qu'il est né à Nagasaki en novembre 1954 avant d'aller avec son père dans la perfide Albion dans son enfance. Et même là bas, il semble qu'il a été élevé en vue d'une éducation strictement japonaise afin de pouvoir retourner dans son pays natal un jour, ce qui n'arriva pas puisqu'il s'installa définitivement adulte là-bas. Ses personnages ne sont pas japonais mais il n'en conserve pas moins qu'il garde une certaine sensibilité tout en retenue que je retrouve pour ma part autant chez un Haruki Murakami qu'un Mishima et fortement transposée dans le film de Romanek, qui n'allait pas aussi loin dans le traitement éthéré de ses personnages dans un Photo Obsession par exemple (même si l'étude prolongée du personnage de Robin Williams et son inclination prolongée au voyeurisme et tout ce qui tourne autour pouvaient effectivement donner l'idée que Romanek ne pourrait qu'être intéressé par le livre afin d'en faire une adaptation).

Après, il faut remarquer que ce n'est pas non plus spécialement à cause de son ascendance ou de ses origines qu'on peut classer aussi vite ce qui se rapporte au style d'un auteur venant généralement d'une autre culture. Le fait que Romanek ait, pour beaucoup, le mieux adapté le roman alors qu'il y aurait pu y avoir autre chose (bon, pas non plus un film à la Michael Bay :mrgreen: ), un autre traitement bien différent, sans doute avec plus d'action (enfin dans l'optique d'un montage différent par exemple) tend plus à démontrer l'universalité d'une histoire, de personnages, d'émotions.

AtCloseRange wrote:Or l'histoire évacue ça pour pouvoir se repaître de bout en bout de ses héros atones et mélancoliques (facticement de mon point de vue).
Pour moi, c'est de la pose et ça rend le tout désincarné.

Je ne pense pas vraiment me tromper mais, par essence, qu'on aime ou pas le film, un personnage issu de la mouvance mélancolique, qu'elle soit typiquement du XIXe ou de variations plus récentes à notre époque, est le plus souvent un personnage passif qui se laisse emporter par ses passions et émotions. Dans Aventures d'Arthur Gordon Pym d'Edgar Allan Poe par exemple, même si le récit est à la première personne (et consigné soit sous formes de lettres, soit d'extraits de carnet, soit de compte-rendu), le héros n'est jamais vraiment dans l'action et ce sont plus les événements qui semblent bien souvent le faire bénéficier de certaines choses (d'où une certaine forme de fanfaronnerie qui est souvent éclipsée par des éléments plus réel que Poe livre afin de donner une base solide au fantastique qu'il fait émerger). Par définition, la mélancolie est une affection mentale poussée qui amène à une certaine absence d'envie de vivre pouvant aller bien souvent jusqu'au suicide. Dans Never let me go, j'ai plus eu l'impression que les personnages vivaient pleinement et intensément leur vie parce qu'ils savaient ce à quoi ils étaient destinés (cf les citations dans ma signature en clin d'oeil pour se marrer d'ailleurs, fin de la parenthèse :mrgreen: ). Ce que tu perçois subjectivement comme du surplace était pour moi une étude passionnante d'êtres dans une douloureuse impasse et comment ils allaient, à défaut s'en sortir, au mieux, vivre avec. :wink:
Ce Harfang, mon héros wrote:(...)

Bref, pour des raisons qui ne sont pas explicitées, mais n'ont pas besoin de l'être, parce que là n'est pas le propos du film, ces personnages acceptent leur position dans la société. C'est cette situation qu'examine le film. Il est paradoxal qu'en tant que public conditionné au héros défendant la liberté et la tarte aux pommes, tu en viennes à considérer leur position comme inconcevable ou non crédible.

(...)

Parle-t-on de femmes apathiques et fainéantes ?? Pourquoi n'envoient-elles pas balader les vicelards, ne refusent-elles pas le mariage, ne s'associent-elles pas contre l'injustice ?? Elles semblent l'accepter comme faisant partie de leur vie, de leur destin. La contrainte culturelle et sociale est une composante majeure de la personnalité d'un individu, et il faut une position bien extérieure et dénuée d'empathie pour considérer qu'il est "facile" de s'en extraire. Never let me go ne fait que s'intéresser aux victimes d'un système possible, quoique, certes imaginaire et futuriste. Mais l'attitude des "donneurs" ne me parait aucunement invraisemblable ni absurde, aussi tragique que cela soit (et c'est sans aucun doute une des composantes de la tragédie que décrit le film).

J'avais justement évoqué un exemple plus typiquement japonais avec Demi-Lune par MP dernièrement, qui était celui des Hibakushas, ces hommes et femmes qui ont étés mortellement contaminés par la bombe atomique (exemple qui d'ailleurs peut ressortir avec la brûlante question actuelle de l'irradiation des pompiers et sauveteurs japonais de Fukushima). Parce que la bombe atomique jusqu'à preuve du contraire on en guérit pas, ils s'étaient résignés (mais ça confine aussi finalement à une certaine forme d'abnégation) à ne vivre qu'en marge de la société, ne pouvant être qu'avec un conjoint ou un futur compagnon ou mari qui était lui aussi contaminé. Et inutile de dire qu'ils n'avaient pas conscience de la mort qui les attendait au bout du chemin à n'importe quel moment de leur vie. Ils ont appris à vivre avec. Bon c'était une parenthèse typiquement asiatique plus en rapport avec l'actualité du moment j'avoue mais les exemples cités par Cinéphage sont très juste aussi.
Bien sûr je peux me tromper mais cela entre en résonnance (en terme d'empathie, pas forcément de comparaison) avec les clones de Never let me go et c'est pourquoi je suis ému des personnages que sont Cathy ou Tommy.
Last edited by Anorya on 2 Apr 11, 20:05, edited 1 time in total.
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Jack Griffin
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Re: Never let me go (Mark Romanek - 2010)

Post by Jack Griffin »

AtCloseRange wrote:
Karras wrote:L'erreur d'interprétation est peut être de voir de la résignation la ou il s'agit d'abnégation. Le fait que l'auteur du scénario soit d'origine japonaise donne, à mon avis, des pistes pour une vision moins occidentale de la psychologie des personnages ( à rapprocher peut être du comportement global des japonais face aux événements récents qui semble susciter étonnement et admiration de par chez nous ).
Et ça continue...
Jusqu'à preuve du contraire, les personnages ne sont pas asiatiques (à moins de relier cela de façon arbitraire à une certaine retenue anglaise).
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Surtout, il faudrait arrêter les clichés sur "les asiatiques faisant preuve d'abnégation". :evil:
Strum
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Re: Never let me go (Mark Romanek - 2010)

Post by Strum »

Jack Griffin wrote:Surtout, il faudrait arrêter les clichés sur "les asiatiques faisant preuve d'abnégation". :evil:
Sauf qu'il entre dans ce que tu appelles un cliché, et qui est essentiellement une généralité, une vraie part de vérité culturelle.
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Jack Griffin
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Re: Never let me go (Mark Romanek - 2010)

Post by Jack Griffin »

Strum wrote:
Jack Griffin wrote:Surtout, il faudrait arrêter les clichés sur "les asiatiques faisant preuve d'abnégation". :evil:
Sauf qu'il entre dans ce que tu appelles un cliché, et qui est essentiellement une généralité, une vraie part de vérité culturelle.
"Vérité culturelle" que n'arrête pas de ressasser les médias français, sans pour autant un seul instant l'analyser (censure des médias japonais pour éviter les mouvements de panique et préparation intensive au catastrophes naturelles). On ne va pas ouvrir la question ici mais ça m'énerve de lire ce genre de raccourci. Un japonais ou un "asiatique" ne fait pas preuve d'abnégation comme ça, à cause de sa culture. Chaque être a en lui une envie d'aller contre ce qui l'accable.
C'est comme entendre dire à l'école ou au boulot que les asiatiques sont calmes et travailleurs. Grrr...
riqueuniee
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Re: Never let me go (Mark Romanek - 2010)

Post by riqueuniee »

Ca un un peu trop dérivé , et on a sans doute un peu trop fantasmé à propos des origines japonaises de l'auteur du roman adapté. Ce qu'on (certains, du moins) voulait dire, c'est que l'absence de révolte des personnages semblait moins étrange hors de la culture occidentale. Ce qui ne veut pas dire que tout le monde , dans les pays concernés, pense pareil. Seulement que cela ne les surprend pas.
Strum
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Re: Never let me go (Mark Romanek - 2010)

Post by Strum »

Jack Griffin wrote:Un japonais ou un "asiatique" ne fait pas preuve d'abnégation comme ça, à cause de sa culture. Chaque être a en lui une envie d'aller contre ce qui l'accable...
J'aimerais que ce que tu dises soit vrai et je l'ai cru moi aussi. Mais confrontée à la réalité, cette assertion m'est apparue plus friable que je le voudrais. J'ai rencontré un certains nombres de japonais et de chinois dans ma vie, relations professionnelles ou académiques, et ce qu'ils m'ont dit de leur vie, de leur culture, ce que j'ai vu de leur capacité à accepter sans broncher certaines humiliations ou sentences du destin ou d'une affaire, certaines charges de travail démentes, ou certains résultats d'un mariage, m'ont donné à croire que les affirmations sur leur capacité d'abnégation ou d'acceptation (terme que je préfère à abnégation car ce dernier peut être perçue comme moins neutre) ne relèvent pas d'un mythe.
MJ
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Re: Never let me go (Mark Romanek - 2010)

Post by MJ »

cinephage wrote:Ta position est vraiment indéfendable à mes yeux : il n'est pas besoin d'aller chercher dans un hypothétique avenir pour trouver des gens qui acceptent leur destin sans broncher, parce que la contrainte sociale ou culturelle le leur impose. Combien de jeunes gens, en Asie ou au moyen-orient, voire en Europe, acceptent d'épouser une personne dont ils ne savent rien, qu'ils n'aiment pas, parce que ça a été décidé et que c'est comme ça ?? La révolte, l'héroïsme qui remet tout en question au nom d'une pseudo-idéalisation de la liberté individuelle, bien que très populaire au cinéma, surtout américain (Land of the Free, of course), n'a rien d'une règle ou d'une norme dans la vraie vie. Les personnages du film ne sont ni apathiques, ni fainéants, ils ont grandi dans un paradigme qui fixe de façon précise leur role dans la société, et ils n'ont pas vocation à tout remettre en question. Dans le monde réel aussi, ça arrive, ce genre de personnes. Ils sont même, et tu sembles l'ignorer, plus courants que les héros qui refusent le rôle qu'on leur attribue.
Ca n'empêche ni la réalité des sentiments, ni l'émergence d'envies et d'aspirations en conflit avec ce rôle. Mais ce n'est pas forcément la soif de liberté qui gagne la partie.
C'est quand même une (la?) grande question de la sociologie depuis bientôt deux siècles: comment se fait-il que les gens ne se révoltent pas alors que, généralement, ils auraient toutes les raisons de le faire? Les comédies de Molière regorgent déjà de ces personnages qui apparaissent ridicules au spectateur à force d'accepter voire de se complaire dans des rôles de victimes et de dominés. Mais peut-être les choses ont-elles réellement changé depuis. :idea:
Jack Griffin wrote:"Vérité culturelle" que n'arrête pas de ressasser les médias français, sans pour autant un seul instant l'analyser (censure des médias japonais pour éviter les mouvements de panique et préparation intensive au catastrophes naturelles). On ne va pas ouvrir la question ici mais ça m'énerve de lire ce genre de raccourci. Un japonais ou un "asiatique" ne fait pas preuve d'abnégation comme ça, à cause de sa culture. Chaque être a en lui une envie d'aller contre ce qui l'accable.
C'est comme entendre dire à l'école ou au boulot que les asiatiques sont calmes et travailleurs. Grrr...
A ce propos, un extrait assez juste d'un article paru mi-Mars dans le Temps (Samedi 19, "Terre d'Impermanence"):
«Avant de vouloir comprendre les Japonais, il faut comprendre qu’ils sont des hommes comme nous, dit Jean-Michel Butel, ethnologue et enseignant à l’Institut national des civilisations et langues orientales, à Paris. On a tendance à chercher dans leur culture de quoi comprendre leur attitude aujourd’hui. Mais c’est absurde. Après la tempête Xynthia en France, personne n’a évoqué le catholicisme ou les codes de la chevalerie pour expliquer l’attitude des Français…»

«Le Japon est une terre de fantasme, rappelle l’historien Pierre-François Souyri, professeur à l’Université de Genève. Dès qu’on en parle, on utilise des poncifs: ils sont calmes et impassibles devant la mort, insensibles, kamikaze, obéissants, capables de se jeter dans le feu… Alors qu’ils ne le sont pas plus que d’autres. J’ai lu récemment qu’une vingtaine d’Algériens s’étaient immolés par le feu. Personne ne s’est demandé si c’était un comportement traditionnel chez eux! Les cultures sont toujours plus complexes qu’on veut bien le dire. Et surtout, elles n’expliquent pas tout.»
J'aurais bien aimé parler de Never Let Me Go, mais remercions les distributeurs, il ne sortira pas en Suisse...
"Personne ici ne prend MJ ou GTO par exemple pour des spectateurs de blockbusters moyennement cultivés." Strum
Dunn
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Re: Never let me go (Mark Romanek - 2010)

Post by Dunn »


J'avais même pas capté qu'elle ressemblait à Massina. :lol:
Non surtout, en avatar actuel, elle est très proche d'une de mes ex (et encore une raison de plus). :uhuh: :wink:
Tout dabord tres belle critique et analyse Anorya qui me donne vraiment envie de le revoir et lui donner une deuxieme chance a ce film car je pense l avoir vu dans de mauvaises conditions.
et comme toi jadore Carey et comme toi elle ressemble beaucoup a mon ex :mrgreen: etrange :fiou:
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Karras
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Re: Never let me go (Mark Romanek - 2010)

Post by Karras »

Jordan White wrote:Never let me go : Fable (très) mélancolique sur le temps qui passe, une forme de fatalité et de résignation, dont j'ai préféré la deuxième partie à la première (à partir des années 80 en fait), grâce à l'interprétation de Carey Mulligan, Keira Knightley et Andrew Garfield. Le sujet est traité avec une certaine distance voire froideur a priori, mais il révèle aussi et surtout des personnalités et des sensibilités à fleur de peau, avec des non-dits ici magnifiés par l'image. La photo du film, très soignée, joue sur le contre-jour, le clair-obscur, les zones d'ombre, le mystère. Le film baigne dans une sorte de langueur, avec un rythme anesthésié. Par moments, le film m'a fait penser à Gattaca, sauf que le Niccol (par ailleurs le seul film du réalisateur que j'aime beaucoup, détestant tous les autres) avait plus d'ambition tant par son histoire que sa plastique. Reste que Never Let me go nous propose des personnages très loin des archétypes du cinéma commercial américain, des blockbusters et autres, et que l'accent anglais me fait une fois de plus complètement fondre, surtout quand il souligne les traits de Carey Mulligan. Je ne sais pas si tu as eu le temps de voir Une éducation depuis ta découverte de ce Never Let me Go Anorya, mais l'actrice prend effectivement du galon d'une façon impressionnante.
J'ai découvert avec surprise que le blu-ray Uk avait non seulement des sous-titres français mais également une piste audio française en DTS.
6.5/10
Anorya
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Re: Never let me go (Mark Romanek - 2010)

Post by Anorya »

Je vais répondre ici plutôt que dans le classement 2011.
Je n'ai pas encore vu Une éducation mais je ne doute pas de le voir prochainement, tu connais mon attachement à mademoiselle Carey, Jordan. ;)
Très bonne nouvelle ces spécificités techniques sur le blu-ray UK, achat probable pour ma part un jour prochain.
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riqueuniee
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Re: Never let me go (Mark Romanek - 2010)

Post by riqueuniee »

Le DVD vient de sortir, et je viens (enfin, hier après-midi...) de revoir le film. Je suis toujours aussi "fan" du film, peut-être même encore plus. Le revoir m'a permis de mieux apprécier certains détails, comme le bracelet qu'ils portent en permanence et qu'ils "bipent" à chaque fois qu'ils entrent ou sortent de chez eux (et ce, à tout moment de leur vie).
Le documentaire en bonus contient des interviews de Mark Romanek et de Kazuo Ishiguro , brèves mais éclairantes sur l'interprétation qu'on peut donner à ce film.
Celle sur la métaphore de l'acceptation de la mort à venir m'a semblé très convaincante.
En ce qui concerne l'émotion ressentie, elle est toujours là. Le visage de Carey Mulligan à lui tout seul suffirait à la provoquer...
A noter que le film, pour l'édition DVD française, a été rebaptisé Auprès de moi toujours (titre français du roman adapté).
hansolo
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Re: Never let me go (Mark Romanek - 2010)

Post by hansolo »

riqueuniee wrote:Le DVD vient de sortir, et je viens (enfin, hier après-midi...) de revoir le film.
Merci pour cette piqure de rappel :D ; clairement dans ma wish list quand il sera passé à 10€

Edit : c'est moi, ou les éditeurs français ont renommé le film
Auprès de moi toujours - Never let me go ... :shock:
encore des titreurs qui n'ont pas vu le film ...
- What do you do if the envelope is too big for the slot?
- Well, if you fold 'em, they fire you. I usually throw 'em out.

Le grand saut - Joel & Ethan Coen (1994)
riqueuniee
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Re: Never let me go (Mark Romanek - 2010)

Post by riqueuniee »

Tu n'as pas rêvé. Je viens d'ailleurs d'éditer mon message pour le signaler.
Peut-être pour donner une deuxième chance au film (qui n'a pas trop marché en salles) en lui redonnant le titre français du roman, qui avait bien marché, lui...
PS C'est Auprès de moi toujours (Never let me go), qui figure sur la jaquette du DVD.