Notez les films mars 2011

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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riqueuniee
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Re: Notez les films mars 2011

Post by riqueuniee »

Jewish connection Un premier film très prometteur, dont le style peut en effet rappeler (un peu...) un certain cinéma des années 70. Malgré son thème, le film n'est pas vraiment un polar ou un film noir, ni un film centré sur une communauté (même si celle-ci est bien décrite, au début du film).C'est plutôt une sorte de parcours initiatique, à travers le portrait de ce jeune homme naïf, qui découvrira un autre univers. Inperprétation remarquable.
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Kevin95
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Re: Notez les films mars 2011

Post by Kevin95 »

Ratatouille wrote:je l'avais même en dvd, il fut un temps...mais je l'ai revendu depuis.
Ah bah tiens moi je l'ai toujours ! :oops:
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frédéric
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Re: Notez les films mars 2011

Post by frédéric »

Sans Identité

Intrigue archi déjà vue, mais petite série b nerveuse, rythmée et finalement bien sympathique. Liam Neeson est toujours impérial, et l'explication finale assez originale pour sortir du lot. Les scènes d'actions sont plutôt nerveuses notamment la fin que j'ai bien aimé. Mais la découverte du film est la ma-gni-fi-que January Jones, j'ai craqué :oops: .
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Cortez The Killer
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Re: Notez les films mars 2011

Post by Cortez The Killer »

Never Let Me Go: (by Mark Romanek): Drame poignant, d'une puissance évocatrice rare, ce film de science fiction qui n'en est pas vraiment un, nous touche par sa simplicité notamment sa mise en scène, très élégante, sobre et qui va droit à l'essentiel. D'autres la trouveront (trop) classique, ce qui en soit ne m'a dérangé le moins du monde.
Comment ne pas être concerné par ces personnages voués à un même et unique destin, celui du sacrifice de la chair et de leurs aspirations, tragique.
Romanek met en exergue la place des ces êtres dans ce monde à la fois paradoxal et injuste dans le sens ou l'on crée des individus qui puissent retarder la mort de leur semblable tout en se sacrifiant eux-même. Car il s'agit bien ici de sacrifice. Le sacrifice de son être, de son art, de toutes les choses qui révèle notre humanité, unique,indispensable et surtout irremplaçable. Comment ne pas se révolter devant cette société irresponsable et ayant des allures de nazisme déguisé symbolisé par la directrice jouée par Charlotte Rampling, d'une froideur et d'une passivité presque sournoise. Pendant tout le film, on se demande pourquoi ces protagonistes ne se soulèvent pas devant l'ordre établi? pourquoi ne pas réagir à cette folie joliment dissimulée? Tout simplement, car ils sont soumis dès leur naissance au carcan de l'institut qui affirme que ce à quoi il ils sont prédestinés, est quelque chose de très noble et de salutaire pour leur "âme". C'est sur ce point que le film est très dérangeant et malaisant.
Que dire du trio d'acteurs qui sont d'une très grande justesse, je pense très fortement à Andrew Garfield, futur homme araignée, qui amène son jeu à un tel degré de réalisme que cela en devient flippant. De même, Carey Mulligan, bouleversante au possible, nous émeut par l'humanisme de son personnage.
L'un des premiers grands films de ce début d'année.

8,5/10
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Demi-Lune
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Re: Notez les films mars 2011

Post by Demi-Lune »

Cortez The Killer wrote:Never Let Me Go: (by Mark Romanek): Drame poignant, d'une puissance évocatrice rare, ce film de science fiction qui n'en est pas vraiment un, nous touche par sa simplicité notamment sa mise en scène, très élégante, sobre et qui va droit à l'essentiel. D'autres la trouveront (trop) classique, ce qui en soit ne m'a dérangé le moins du monde.
Comment ne pas être concerné par ces personnages voués à un même et unique destin, celui du sacrifice de la chair et de leurs aspirations, tragique.
Romanek met en exergue la place des ces êtres dans ce monde à la fois paradoxal et injuste dans le sens ou l'on crée des individus qui puissent retarder la mort de leur semblable tout en se sacrifiant eux-même. Car il s'agit bien ici de sacrifice. Le sacrifice de son être, de son art, de toutes les choses qui révèle notre humanité, unique,indispensable et surtout irremplaçable. Comment ne pas se révolter devant cette société irresponsable et ayant des allures de nazisme déguisé symbolisé par la directrice jouée par Charlotte Rampling, d'une froideur et d'une passivité presque sournoise. Pendant tout le film, on se demande pourquoi ces protagonistes ne se soulèvent pas devant l'ordre établi? pourquoi ne pas réagir à cette folie joliment dissimulée? Tout simplement, car ils sont soumis dès leur naissance au carcan de l'institut qui affirme que ce à quoi il ils sont prédestinés, est quelque chose de très noble et de salutaire pour leur "âme". C'est sur ce point que le film est très dérangeant et malaisant.
Que dire du trio d'acteurs qui sont d'une très grande justesse, je pense très fortement à Andrew Garfield, futur homme araignée, qui amène son jeu à un tel degré de réalisme que cela en devient flippant. De même, Carey Mulligan, bouleversante au possible, nous émeut par l'humanisme de son personnage.
L'un des premiers grands films de ce début d'année.

8,5/10
J'étais déjà plutôt intéressé d'aller le découvrir, et ta critique m'a définitivement convaincu de faire le déplacement.
Tu pratiques le tarif classikien "Satisfait ou remboursé" ? :uhuh:
bronski
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Re: Notez les films mars 2011

Post by bronski »

Surtout, ne mettez pas les dates de sortie des films que vous chroniquez, tout le monde s'en fout.
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Profondo Rosso
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Re: Notez les films mars 2011

Post by Profondo Rosso »

Gallipoli de Peter Weir (1981)

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Lors de la Première Guerre mondiale, deux amis australiens, Archy Hamilton et Frank Dunne, s'engagent pour aller combattre. Leurs classes en Egypte se déroulent agréablement. Mais lorsqu'ils se retrouvent sur le champ de bataille de Gallipoli en Turquie, ils prennent subitement conscience de la terreur et de l'horreur de la guerre...

Peter Weir avait atteint une sorte de perfection dans l'art du récit mystérieux et atmosphérique avec ces trois premiers films, Les voitures qui ont mangés Paris, Pique-nique à Hanging Rock et La Dernière Vague. Gallipoli dessine donc un vrai changement de cap pour le réalisateur (tout comme l'excellent L'année de tous les dangers qui suivra) avec un récit ambitieux et ancré dans l'histoire australienne. Le 25 avril 1915, les troupes de l'armée australienne faisant face au turcs est littéralement décimée suite à une série de contre ordre et de retards de manoeuvre. La jeunesse australienne peuplant les troupes et peuplées de fermiers, aventuriers ou sportif est alors fauchée en plein élan dans ce qui est un traumatisme majeur au pour le peuple australien. C'est cette facette de jeunesse brisée dans la force de l'âge qui amène un Peter Weir encore tâtonnant sur le point de vue à adopter de faire de ses héros des sportifs et plus précisément des coureurs.

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Le scénario dépeint ainsi les parcours parallèle et l'amitié de deux jeunes hommes amenés à s'engager dans le conflit pour des raisons bien différente. Archie (Mark Lee fougueux et innocent) se sent à l'étroit dans le bush où il vit, son talent pour la course à pieds étant sa seule perspective de le quitter un jour. Frank (Mel Gibson insolent d'aisance et de naturel captant la caméra comme la star en devenir qu'il est) d'abord réticent pour ce conflit dont il ne sait rien va lui se laisser tenter par la reconnaissance que pourrait lui apporter l'expérience et améliorer son quotidien terne au retour. Les deux amis se rencontrent au détour d'une course dont Mark sortira vainqueur et ne se quitteront plus. Le connaisseur de la filmographie de Peter Weir sait bien que pour le réalisateur ce n'est pas l'objectif dicté par l'intrigue (ici la bataille de Gallipoli) qui importe mais bien le chemin parcouru, les expériences vécues pour y parvenir. Master and Commander accordait plus de place au quotidien de son équipage qu'aux Guerres Napoléonienne, Witness délaissait pour un temps sa trame criminelle pour dépeindre la communauté amish et bien sûr Pique-nique à Hanging Rock ne cherchait jamais à résoudre le mystère des disparitions des élèves pour nous plonger dans la langueur des instants qui précédait.

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Il en va de même avec ce Gallipoli qui laisse bien une heure se dérouler avant que notre duo ne s'engagent et se retrouve concrètement au front. Entre temps, on les aura accompagnés à travers diverses expériences où ils apprendront à se connaître et scelleront leur amitié comme cette belle traversée d'un lac de sel désertique sous un soleil de plomb. Weir délivre d'ailleurs quelques réflexions fort intéressantes sur l'état d'esprit régnant alors en Australie. Jeune nation encore en quête d'affirmation, cet engagement dans la Première Guerre Mondiale lui permet de se positionner face à la tutelle encore insidieuse dans les esprits du Royaume Uni mais les opinions divergent dans la population. D'un côté ceux qui ne comprennent rien au tenants et aboutissants du conflit et ne souhaite guère s'en mêler (Mel Gibson, son père ou une étonnante rencontre avec un bushman dans le désert) et les autres exaltés d'affirmer enfin fièrement les couleurs de leur contrées au combats (Mark Lee et l'ensemble de la jeunesse, la bourgeoisie). C'est d'ailleurs ce déchirement qui provoque la terrible boucherie finale où un ordre absurde envoie une troupe entière au massacre par la simple crainte de perdre la face.

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C'est dans les éphémères instants avant ce terrible final que se trouve l'intérêt de Peter Weir. Il magnifie cette aura juvénile insouciante à travers les différentes expériences de ses personnages qui découvre une nouvelle contrée, des coutumes, usages et personnalités qui leur sont inconnues. Cela se fait par un humour éclatant et tendre (la séquence chez le marchand, le quartier des plaisirs) mais aussi par la beauté solaire des images avec de somptueux crépuscules, des vues majestueuses des pyramides et l'aspect grouillant du Caire superbement rendu. L'ombre menaçante de la guerre n'est certes jamais loin et Weir la rappelle à notre souvenir par l'absurde (ces instants digne des séquences de Robert Duvall dans Apocalypse Now où les soldats finissent par être indifférents aux explosions constante autour d'eux) ou par des séquences d'une sidérantes beauté tel ce débarquement nocturne dans la brume.

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La bataille en elle même est un sacré morceau de bravoure où Weir transcende son budget limité en se focalisant comme toujours sur l'humain avec ses corps foudroyés dès leur sorties de tranchées, les visages terrorisés de ceux devant prendre leur suite. Une terrible et cruelle fin pour ceux que l'on a accompagné avec tant d'empathie jusque là et comme stopper leur calvaire Peter Weir achève son film sèchement et sur une image symbole de cette jeunesse brisée qui sera d'ailleurs utilisée pour l'affiche. Un de ses plus beaux films.5/6

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Rockatansky
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Re: Notez les films mars 2011

Post by Rockatansky »

bronski wrote:Surtout, ne mettez pas les dates de sortie des films que vous chroniquez, tout le monde s'en fout.
C'est pas si c'était une info d'une extrême difficulté à trouver non plus.
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Cortez The Killer
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Re: Notez les films mars 2011

Post by Cortez The Killer »

Demi-Lune wrote:
Cortez The Killer wrote:Never Let Me Go: (by Mark Romanek): Drame poignant, d'une puissance évocatrice rare, ce film de science fiction qui n'en est pas vraiment un, nous touche par sa simplicité notamment sa mise en scène, très élégante, sobre et qui va droit à l'essentiel. D'autres la trouveront (trop) classique, ce qui en soit ne m'a dérangé le moins du monde.
Comment ne pas être concerné par ces personnages voués à un même et unique destin, celui du sacrifice de la chair et de leurs aspirations, tragique.
Romanek met en exergue la place des ces êtres dans ce monde à la fois paradoxal et injuste dans le sens ou l'on crée des individus qui puissent retarder la mort de leur semblable tout en se sacrifiant eux-même. Car il s'agit bien ici de sacrifice. Le sacrifice de son être, de son art, de toutes les choses qui révèle notre humanité, unique,indispensable et surtout irremplaçable. Comment ne pas se révolter devant cette société irresponsable et ayant des allures de nazisme déguisé symbolisé par la directrice jouée par Charlotte Rampling, d'une froideur et d'une passivité presque sournoise. Pendant tout le film, on se demande pourquoi ces protagonistes ne se soulèvent pas devant l'ordre établi? pourquoi ne pas réagir à cette folie joliment dissimulée? Tout simplement, car ils sont soumis dès leur naissance au carcan de l'institut qui affirme que ce à quoi il ils sont prédestinés, est quelque chose de très noble et de salutaire pour leur "âme". C'est sur ce point que le film est très dérangeant et malaisant.
Que dire du trio d'acteurs qui sont d'une très grande justesse, je pense très fortement à Andrew Garfield, futur homme araignée, qui amène son jeu à un tel degré de réalisme que cela en devient flippant. De même, Carey Mulligan, bouleversante au possible, nous émeut par l'humanisme de son personnage.
L'un des premiers grands films de ce début d'année.

8,5/10
J'étais déjà plutôt intéressé d'aller le découvrir, et ta critique m'a définitivement convaincu de faire le déplacement.
Tu pratiques le tarif classikien "Satisfait ou remboursé" ? :uhuh:
Je tiens le parie :twisted:
Plus sérieusement, je comprends tout à fait tes quelques réticences notamment sur son titre qui veut rameuter un maximum de teenagers ou sur sa bande-annonce qui ne rend pas du tout justice à la singularité du film.
Tout ce que je peux te dire c'est, cours-y sans te retourner :!:
Cortez The Killer
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Re: Notez les films mars 2011

Post by Cortez The Killer »

Profondo Rosso wrote:Gallipoli de Peter Weir (1981)

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Lors de la Première Guerre mondiale, deux amis australiens, Archy Hamilton et Frank Dunne, s'engagent pour aller combattre. Leurs classes en Egypte se déroulent agréablement. Mais lorsqu'ils se retrouvent sur le champ de bataille de Gallipoli en Turquie, ils prennent subitement conscience de la terreur et de l'horreur de la guerre...

Peter Weir avait atteint une sorte de perfection dans l'art du récit mystérieux et atmosphérique avec ces trois premiers films, Les voitures qui ont mangés Paris, Pique-nique à Hanging Rock et La Dernière Vague. Gallipoli dessine donc un vrai changement de cap pour le réalisateur (tout comme l'excellent L'année de tous les dangers qui suivra) avec un récit ambitieux et ancré dans l'histoire australienne. Le 25 avril 1915, les troupes de l'armée australienne faisant face au turcs est littéralement décimée suite à une série de contre ordre et de retards de manoeuvre. La jeunesse australienne peuplant les troupes et peuplées de fermiers, aventuriers ou sportif est alors fauchée en plein élan dans ce qui est un traumatisme majeur au pour le peuple australien. C'est cette facette de jeunesse brisée dans la force de l'âge qui amène un Peter Weir encore tâtonnant sur le point de vue à adopter de faire de ses héros des sportifs et plus précisément des coureurs.

Image

Le scénario dépeint ainsi les parcours parallèle et l'amitié de deux jeunes hommes amenés à s'engager dans le conflit pour des raisons bien différente. Archie (Mark Lee fougueux et innocent) se sent à l'étroit dans le bush où il vit, son talent pour la course à pieds étant sa seule perspective de le quitter un jour. Frank (Mel Gibson insolent d'aisance et de naturel captant la caméra comme la star en devenir qu'il est) d'abord réticent pour ce conflit dont il ne sait rien va lui se laisser tenter par la reconnaissance que pourrait lui apporter l'expérience et améliorer son quotidien terne au retour. Les deux amis se rencontrent au détour d'une course dont Mark sortira vainqueur et ne se quitteront plus. Le connaisseur de la filmographie de Peter Weir sait bien que pour le réalisateur ce n'est pas l'objectif dicté par l'intrigue (ici la bataille de Gallipoli) qui importe mais bien le chemin parcouru, les expériences vécues pour y parvenir. Master and Commander accordait plus de place au quotidien de son équipage qu'aux Guerres Napoléonienne, Witness délaissait pour un temps sa trame criminelle pour dépeindre la communauté amish et bien sûr Pique-nique à Hanging Rock ne cherchait jamais à résoudre le mystère des disparitions des élèves pour nous plonger dans la langueur des instants qui précédait.

ImageImage

Il en va de même avec ce Gallipoli qui laisse bien une heure se dérouler avant que notre duo ne s'engagent et se retrouve concrètement au front. Entre temps, on les aura accompagnés à travers diverses expériences où ils apprendront à se connaître et scelleront leur amitié comme cette belle traversée d'un lac de sel désertique sous un soleil de plomb. Weir délivre d'ailleurs quelques réflexions fort intéressantes sur l'état d'esprit régnant alors en Australie. Jeune nation encore en quête d'affirmation, cet engagement dans la Première Guerre Mondiale lui permet de se positionner face à la tutelle encore insidieuse dans les esprits du Royaume Uni mais les opinions divergent dans la population. D'un côté ceux qui ne comprennent rien au tenants et aboutissants du conflit et ne souhaite guère s'en mêler (Mel Gibson, son père ou une étonnante rencontre avec un bushman dans le désert) et les autres exaltés d'affirmer enfin fièrement les couleurs de leur contrées au combats (Mark Lee et l'ensemble de la jeunesse, la bourgeoisie). C'est d'ailleurs ce déchirement qui provoque la terrible boucherie finale où un ordre absurde envoie une troupe entière au massacre par la simple crainte de perdre la face.

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C'est dans les éphémères instants avant ce terrible final que se trouve l'intérêt de Peter Weir. Il magnifie cette aura juvénile insouciante à travers les différentes expériences de ses personnages qui découvre une nouvelle contrée, des coutumes, usages et personnalités qui leur sont inconnues. Cela se fait par un humour éclatant et tendre (la séquence chez le marchand, le quartier des plaisirs) mais aussi par la beauté solaire des images avec de somptueux crépuscules, des vues majestueuses des pyramides et l'aspect grouillant du Caire superbement rendu. L'ombre menaçante de la guerre n'est certes jamais loin et Weir la rappelle à notre souvenir par l'absurde (ces instants digne des séquences de Robert Duvall dans Apocalypse Now où les soldats finissent par être indifférents aux explosions constante autour d'eux) ou par des séquences d'une sidérantes beauté tel ce débarquement nocturne dans la brume.

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La bataille en elle même est un sacré morceau de bravoure où Weir transcende son budget limité en se focalisant comme toujours sur l'humain avec ses corps foudroyés dès leur sorties de tranchées, les visages terrorisés de ceux devant prendre leur suite. Une terrible et cruelle fin pour ceux que l'on a accompagné avec tant d'empathie jusque là et comme stopper leur calvaire Peter Weir achève son film sèchement et sur une image symbole de cette jeunesse brisée qui sera d'ailleurs utilisée pour l'affiche. Un de ses plus beaux films.5/6

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Très belle prose Profondo Rosso :)
Tu m'a bougrement donné envie de le revoir avec ces très belles captures lors du débarquement ou encore lors de la traversée du lac de sel désertique.
Assurément, l'un des tous meilleurs de son auteur.
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AlexRow
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Re: Notez les films mars 2011

Post by AlexRow »

J'ai très très envie de voir Gallipoli depuis des années... pas de sortie HD prévue ?
"Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti" (Albert Camus)

Mes visionnages
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Re: Notez les films mars 2011

Post by monk »

Ha ! J'ai acheté le DVD cette semaine ! :D
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Re: Notez les films mars 2011

Post by monk »

The Troll Hunter de André Øvredal

3 étudiants enquète dans le cadre de leur travaux universitaires sur une série de meutres d'ours, et découvrent un personnage mystérieux qu'ils finissent par suivre. Ils découvrent alors l'éxistance des trolls.
Le film est un Blair Witch-like, aka "on a reçu deux disques durs avec des vidéos, en voici le contenu non édité" etc. L'idée de base est plaisante, et le film n'est effectivement pas particulièrement déplaisant dans sa recherche de ressembler à un documentaire animalier où l'on parle des trolls de manière très "crédible" (leur mode de vie, l'explication scientifique de leur transformation en pierre à la lumière du soleil, le complot gouvernemental pour les cacher aux yeux de la population, etc). Mais finalement, il s'agit surtout d'une chasse aux monstres, qui devient gênante quand on s'apperçoit qu'il y a destruction systématique des tous les trolls rencontrés et ce sans aucun recul sur ces actions. Le troll fait partie du folklore norvégien, et là, on suit des novégiens qui les éliminent au moindre regard de travers. Difficile d'adhérer complétement.
Les effets spéciaux sont très convainquants, l'intégration des trolls est très réussie mais leur design trop folklorique justement (gros nez bien rond etc) ne nous permet pas d'y croire.
Belle tentative, mais bof.
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Profondo Rosso
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Re: Notez les films mars 2011

Post by Profondo Rosso »

AlexRow wrote:J'ai très très envie de voir Gallipoli depuis des années... pas de sortie HD prévue ?

Rien de prévu je crois, de toute façon Weir ne parait pas très bien servi en dvd ou bluray niveau contenu des éditions (sauf Master and Commander). Mais honnêtment la copie du dvd est très belle comme tu peux le voir sur les captures ça vaut largement le coup de le découvrir comme ça en attendant ! Et merci Cortez pour le texte :wink:
riqueuniee
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Re: Notez les films mars 2011

Post by riqueuniee »

Le grand jour (Aaron Schneider,2009) Un film inédit en salles chez nous, proposé par CanalPlus Cinéma. Un film qui ne manque pas de qualités, même s'il prend un peu trop son temps pour raconter son histoire. Les images sont belles, il y a de bonnes idées de mise en scène.Et l'interprétation est excellente, avec en tête de distribution Robert Duvall, Sissy Spacek et Bill Murray.
Une chronique rétro (ça se passe dans les années 30) plutôt attachante...