Milos Forman (1932 - 2018)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Roy Neary
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Re: Milos Forman (1932 - 2018)

Post by Roy Neary »

Un cinéaste dont j'aime tous les films, sans exceptions.
Un très grand, un homme d'une intelligence piquante, espiègle, un artiste doté d'un grand humour et d'une belle culture, d'une impressionnante facilité d'adaptation tout en restant fidèle à ses principes qui tournent principalement autour de la défense de la liberté, de la marginalité et de la lutte contre tout type d'oppression (politique, culturelle, physique, psychologique). Merci à Milos Forman d'avoir éclairé le cinéma européen et américain de son talent et de son humanité.
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Boubakar
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Re: Milos Forman (1932 - 2018)

Post by Boubakar »

la_vie_en_blueray wrote:Man on the Moon sort en BluRay chez ESC, la bonne occasion pour découvrir son dernier succès
C'était un échec commercial.
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Supfiction
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Re: Milos Forman (1932 - 2018)

Post by Supfiction »

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Ragtime est annoncé le 20 mars chez Arte Éditions avec en bonus un portrait de Milos Forman ainsi qu'un entretien avec le réalisateur à propos du film.
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Alexandre Angel
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Re: Milos Forman (1932 - 2018)

Post by Alexandre Angel »

C'est une très bonne nouvelle.
Le dvd existant, en zone 2 du moins, était top pourri (Opening).
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Jeremy Fox
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Re: Milos Forman (1932 - 2018)

Post by Jeremy Fox »

Lost Films Distribution ressort en salles Ragtime de Miloš Forman. La chronique est signée Jean Gavril Sluka.
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Alexandre Angel
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Re: Milos Forman (1932 - 2018)

Post by Alexandre Angel »

"Cet épisode (celui consacré à Coalhouse) , qui donne son ossature narrative à l’essentiel du film, n’intervient pourtant qu’après la première heure. Celle-ci est en particulier dévolue à une autre affaire, tout à fait avérée (quoique souvent oubliée, ou occultée, quand Ragtime est discuté) : le cirque judiciaire et médiatique qui entoure le procès du milliardaire Henry Thaw (Robert Joy) ayant commis un crime passionnel, l’assassinat de l'architecte Stanford White (Norman Mailer, étonnamment)."
Jean-Gavril Sluka

Il n'est peut-être pas inutile de préciser que cette affaire-là est le sujet de l'excellent Fille sur la balançoire , de Richard Fleischer (1956) avec Joan Collins, Ray Milland et Farley Granger.
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Profondo Rosso
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Re: Milos Forman (1932 - 2018)

Post by Profondo Rosso »

Les Amours d'une blonde (1965)

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Dans la fabrique de chaussures où travaille Andula, la population féminine est en surnombre, ce qui n'aide pas la jeune fille dans sa quête amoureuse... Jusqu'à ce que le responsable culturel trouve une solution et fasse implanter un cantonnement militaire à proximité pour animer les bals. Et si ce sont tous des réservistes quadragénaires, Andula a la chance de rencontrer le pianiste de l'orchestre...

La Nouvelle vague tchèque naît en partie de la politique du dégel du régime soviétique dont l’étau se desserre avec l’arrivée au pouvoir de Khrouchtchev. Cela contribue à l’épanouissement des arts avec en Tchécoslovaquie les premiers romans de Milan Kundera et donc au cinéma la Nouvelle vague tchèque. Celle-ci s’inscrit dans un courant mondial initié par son équivalent français (et contemporain du Free Cinema anglais, Nouvelle vague japonaise…) et s’inscrit dans les mêmes idéaux sociaux célébrant une jeunesse s’affranchissant des aînés, ainsi que les révolutions formelles recherchant un plus grand réalisme. On trouve de cela dans les premières œuvres de Milos Forman libérée du carcan idéologique communiste, qui filme une jeunesse épanouie (l’irruption des concerts et bal rock’n’roll) et rebelle dans le moyen-métrage L’Audition (1963) ou le long L’As de Pique (1963).

Les Amours d’une blonde s’inscrit dans ce courant mais porte déjà en germe le désenchantement qui mènera au difficile retour sur terre qui mettra fin au Printemps de Prague. Nous suivons Andula (Hana Brejchová), une jeune femme travaillant dans une fabrique de chaussure dans la petite ville provinciale de Zruc. Son quotidien se partage donc entre les journées de travail et les maigres loisirs que constituent les bals où elle fera diverses rencontres masculines. Contrairement à l’évasion que constituaient ces moments dans les précédents films, c’est ici l’ennui morne qui domine et l’on s’amuse de jeux de séduction pathétiques et de silences gênés entre Andula, ses amies et les prétendants. Parmi eux des soldats de passages lourdement insistants mais aussi Milda (Vladimír Pucholt) un séduisant jeune pianiste. La volonté d’échapper à ce quotidien terne place Andula sous le joug d’hommes entre le machisme et la muflerie ordinaire, dont tous les efforts de séduction ont pour but de l’attirer dans leur lit. Andula après moults hésitation cède au plus jeune et attirant Milda mais tout dans la mise en scène de Forman (ce magnifique plan sur son dos et corps nu) consiste à en faire dans ces scènes d’amour une victime (bien que le rapport soit consentant) qui s’offre par quête d’affection plus que par désir. Forcément cette nuit d’amour doit dans son idéal mener vers une romance qui lui fera quitter cette existence terne.

C’est tout le sens de ce plan d’ensemble emblématique la voyant faire du stop la valise à la main pour rejoindre son aimé à Prague. Le simili conte de fée s’arrête pourtant là (initié par le jugement moral régnant au sein des dortoirs de jeunes filles où les comportements « scandaleux » sont pointés du doigt) avec l’accueil glacial et inquisiteur qui l’attends à Prague. Le brio de Forman est d’inscrire ce retour sur terre d’une manière triviale où la drôlerie se dispute au pathétique. Les parents de Milda joués par des acteurs non-professionnels donnent un grand numéro de bougonnerie et d’indignation qui prête à rire d’un côté, tout en rendant la situation de notre héroïne intenable. Dès lors les amourettes et loisirs ne constituent que des chemins de traverses qui nous ramènent inéluctablement à notre point de départ. L’intrigue forme ainsi une boucle en démarrant et se concluant dans les dortoirs des travailleuses, les péripéties n’ayant été qu’une illusion et par extension le Printemps de Prague, cette ouverture et ce dégel. Les Amours d’une blonde se trouve à mi-chemin d’un constant qui sera effectif dans Au feu, les pompiers ! (1967) réalisé peu avant l’invasion des chars russes en 1968. 5/6
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Jeremy Fox
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Re: Milos Forman (1932 - 2018)

Post by Jeremy Fox »

A l'occasion d'un Week-End Milos Forman qui se déroulera du 15 au 17 octobre à Châteauroux animé par Antoine Royer, ce dernier nous propose sa chronique de Vol au dessus d'un ni de coucous ainsi que le top de la rédaction.