Milos Forman (1932 - 2018)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Alexandre Angel
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Re: Milos Forman

Post by Alexandre Angel »

Mé non mais je suis vexé et, surtout, émerveillé d'avoir vu ce plan encore et encore pendant des lustres sans percuter (alors que je connaissais les intéressées). Tout au plus, j'ai du me dire que la blonde ressemblait à Aurore Clément :mrgreen: . Merci Odelay!
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Thaddeus
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Re: Milos Forman

Post by Thaddeus »

Image



(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)


L’as de pique
L’existence terne et sans horizon de quelques adolescents dans une petite ville provinciale, à l’heure morne du dégel qui est aussi celle du renoncement. Le héros est un garçon triste et renfermé, nanti d’un père sermonneur et d’une mère effacée. Il est de ces enfants nés avec la révolution qui non seulement n’ont pas trouvé l’équilibre mais sentent peser sur eux la moindre obligation, la moindre injustice, la moindre contradiction, subissant les deux voltages contradictoires des principes et de la vie. Forman se contente de ne pas gommer ses heurts, de ne jamais enjoliver, de serrer d’aussi près que possible la réalité, met toujours en balance l’humour et la mélancolie, et esquisse une satire sociale qui s’affinera dans les film suivants, dont ce premier long-métrage ne constitue guère qu’une ébauche. 3/6

Les amours d’une blonde
La bourgade de Zruc, sa fabrique de chaussures, ses deux mille âmes composées presque exclusivement de femmes. La situation est grave, on fait venir une compagnie de réservistes et le chef de l’usine s’improvise entremetteur. En une demi-douzaine de saynètes drolatiques, infusées par un burlesque qui dure et se consume jusqu’à l’épuisement, Miloš Forman fait le croquis d’une jeunesse désœuvrée, d’un conflit de générations toujours irrésolu, du passage difficile à l’âge adulte. Son regard est chargé de sympathie, d’une réelle tendresse, et c’est lorsque le rire se repose et que la cocasserie des situations reprend son souffle qu’affleure avec une douce amertume tout le désarroi de cette petite ouvrière à couettes blondes, à la recherche de sa place, d’une attention sincère, et d’un peu d’amour. 5/6
Top 10 Année 1965

Au feu, les pompiers
Bienvenue au bal des pompiers annuel, celui d’une petite ville isolée en plein hiver et à peine réchauffée par les cocasses travers de ses habitants. Les lots de tombola se font chouraver, l’élection de miss Pompiers peine à trouver ses candidates, la fête est bientôt avortée par l’appel de la sirène… En étendant aux dimensions du récit la description d’un rituel collectif sans faire venir personne au devant de la scène, Forman signe une farce politique en forme de parabole (le sort de l’individu est prisonnier de l’incohérence des décisions collectives). Procédant par juxtaposition et accumulation des situations et des personnages les plus défavorisés, il truste le burlesque jusqu’à satiété. Mais la satire est trop caricaturale pour être vraiment mordante, et son efficacité comique pas toujours très probante. 3/6

Taking off
Ce qui aurait pu n’être qu’un témoignage supplémentaire sur le conflit des générations devient le portrait en parallèle de deux univers retranchés dans leurs phobies respectives : le monde déboussolé des adultes, d’une moyenne bourgeoisie new-yorkaise en pleine décomposition, et celui d’une chapelle adolescente pseudo-hippie qui lui est définitivement étrangère. Réfractaire à toute pétrification du réel dans l’idéologie ou la moralisation, le cinéaste multiplie les moments désopilants (l’anthologique cours de fumette donné par Schiavelli à une assemblée BCBG), sait se faire cruel sans être méprisant, magnanime sans être tendre, et témoigne d’un esprit corrosif et d’une lucidité critique qui font sans doute de ce film l’un des instantanés les plus justes de la société occidentale de l’époque. 5/6

Vol au-dessus d’un nid de coucou
Tel un microcosme de tous les régimes totalitaires, un symbole des déviances de la civilisation, la clinique psychiatrique de ce Vol forme un terrain de germe idéal pour le subversif Forman. Prenant fait et cause pour les réfractaires à l’ordre dominant, le cinéaste dresse un manifeste bouleversant, gorgé d’humour, d’humanité et de violence mêlées, contre une société coercitive, plongeant dans les racines de l’histoire américaine et de ses mythes fondateurs. Ainsi du personnage anarchique de McMurphy (Nicholson au-delà des superlatifs), miroir d’une nation jeune, puritaine, si anxieuse de voir resurgir le retour du refoulé qu’elle préfère lobotomiser cette part ingouvernable d’elle-même. Ainsi de l’Indien Bromden, qui à la fin parvient à extraire de son ami la force vitale pour retourner vers la terre des ses ancêtres. Larmes. 6/6
Top 10 Année 1975

Hair
La dimension contestataire de ce cinéma ne pouvait trouver meilleur écho que dans la fameuse comédie musicale de Broadway, étendard de la contre-culture hippie et radiographie en creux de l’Amérique bien-pensante, que Forman adapte avec l’humour acide, l’inspiration à la fois tonique, drôle et amère qui sont les siens. D’une suite de tableaux sans lien véritable autre que la libération des mœurs, sur laquelle plane l’ombre de la guerre du Viêtnam, il tire une réflexion désenchantée sur l’impossibilité de la révolution permanente et la victoire honteuse mais incontournable de tous les establishments. Jamais cependant le message ne prend le pas sur la bonne humeur, car il se dégage de cette explosion de musique et de couleurs une vraie unité, tant sur le registre critique que sur le registre spectaculaire. 4/6

Ragtime
Belle et foisonnante fresque rétro. Le pianiste noir contraint à la violence pour faire valoir ses droits et le camelot juif débarquant à New York et se révélant un fabuleux inventeur d’images forment les deux visages complémentaires de l’intégration : l’un succombera, l’autre triomphera. Résolument dans le camp des opprimés qui dansent leur cakewalk au milieu des stucs rococo, Forman oscille entre la beauté de la jeunesse (Elizabeth McGovern, Mary Steenburgen) et la pugnacité de la vieillesse (James Cagney, lion de mer bougonnant), rend aux États-Unis dont il dénonce les tares ce qui leur appartient (le sens de l’hospitalité, la constance à favoriser l’épanouissement des talents émigrés), tout en rappelant que la démocratie est un acquis sans cesse remis en question, et la liberté toujours une conquête. 4/6

Amadeus
Nuit, neige, sang, mort et folie…Le sombre ballet d’images prélude à l’émergence du secret enfoui dans la conscience d’un vieillard. Pour sa première biographie, Forman s’éloigne des règles traditionnelles du genre et dresse le portrait non académique d’un autre rebelle de son époque, avec une verve caustique et un goût toujours prononcé pour l’exubérance et la trivialité. Visuellement très inspiré, dressant des ponts entre l’humain et le divin, la médiocrité et le génie, le film adopte un point de vue subjectiviste qui en renforce la dimension psychanalytique (tout y est exprimé sous le sceau de la rancœur et de la jalousie) et s’offre également comme une réflexion habitée sur le monde du spectacle et le phénomène de la création – cristallisée par la scène magique de genèse musicale sur le lit de mort. 5/6
Top 10 Année 1984

Valmont
Difficile de ne pas comparer cette adaptation avec celle, épurée et tranchante, de Frears, sortie au même moment. Le film de Forman n’en sort pas vainqueur, troquant la cruauté feutrée du roman de Laclos pour un attrait emprunt d’humour et de sensualité, qui confère au marivaudage des airs de soap transféré dans les salons du XVIIIè siècle. Costumes, perruques, meubles, lustres, tout y sent le luxe et la brillance d’un spectacle foisonnant, et Valmont devient moins une figure de séducteur noire à la Don Juan qu’un être gai, solaire, athlétique, nageant, courant et caracolant, à la Casanova. C’est à la fois sa limite et sa qualité : le raffinement des dialogues, la beauté des images et le charme des acteurs garantissent la qualité soignée d’un drame galant, qui ressemble fort aux affrontements de notre temps. 4/6

Larry Flynt
Au nom du premier amendement de la constitution américaine, Forman bâtit un film tonique et truculent qui exhibe, condamne et excuse les tares ostentatoires d’un jouisseur grossier puni par là où il péchait. Douze ans après son iconoclaste Mozart, il dresse le portrait percutant d’un pornocrate sulfureux, héraut ambigu de la liberté d’expression au sein d’un pays bâillonné par la bienséance et le politiquement correct, hypocritement drapé dans les plis du drapeau et des valeurs "chrétiennes". S’il ne déborde jamais complètement du cadre défini du biopic hollywoodien, il n’en confère pas moins une belle intensité à la trajectoire de son personnage paradoxal, excessif, provocateur, salaud admirable devenu le porte-drapeau de la lutte contre la tartufferie et l’ordre moral de l’Amérique. 4/6

Man on the moon
Encore un biopic, mais cette fois Forman va très loin dans le démontage subversif des règles du genre, épousant les mécaniques insaisissables de son sujet et inventant un labyrinthe tragi-comique à double ou triple-fond, proprement vertigineux, une sorte de trompe-l’œil permanent qui fait vaciller les repères et exploite toutes les potentialités du champ et du hors-champ, de l’acteur et de ses masques, apparitions et disparitions. Porté par un Jim Carrey dément qui appuie ses dons multiformes de clown élastique sur un modèle à sa mesure, ce show schizophrène, pirandellien, jubilatoire mais vaguement inquiétant, pulvérise tous azimuts les hypocrisies et les faux-semblants d’un pays empêtré dans ses conventions, dresse des ponts entre la folie et la normalité, la farce et la mort. Grand film. 6/6
Top 10 Année 1999


Mon top :

1. Vol au-dessus d’un nid de coucou (1975)
2. Man on the moon (1999)
3. Amadeus (1984)
4. Les amours d’une blonde (1965)
5. Taking off (1971)

Grand cinéaste de la subversion et de la contestation, qui a su intégrer le système hollywoodien pour le mieux le plier à son regard sarcastique, truculent, aigu, Forman n’a eu de cesse de révéler les contradictions de son pays d’élection : ses films sont autant de fables amères et émouvantes qui brillent par leur intelligence.
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Alexandre Angel
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Re: Milos Forman

Post by Alexandre Angel »

Thaddeus wrote:Hair
La dimension contestataire de ce cinéma ne pouvait trouver meilleur écho que dans la fameuse comédie musicale de Broadway, étendard de la contre-culture hippie, que Forman adapte avec une inspiration à la fois tonique, drôle et amère. D’une suite de tableaux sans lien véritable autre que la libération des mœurs, sur laquelle plane l’ombre de la guerre du Viêtnam, le cinéaste tire une réflexion désenchantée sur l’impossibilité de la révolution permanente et la victoire honteuse mais incontournable de tous les establishments. Mais jamais le message ne prend le pas sur la bonne humeur, car il se dégage de cette explosion de musique et de couleurs une grande unité, tant dans le registre critique que dans le registre spectaculaire. 4/6
On n'a pas dit assez, je trouve, voire pas du tout, que cette image des GI qui s'engouffrent dans les ténèbres des avions-cargos est une des plus fortes et des plus simples métaphores sur ce qu'est la guerre que j'ai pu voir dans un film (avec leur exact reflet inversé : les soldats japonais qui sortent du tunnel de Rêves, de Kurosawa).

Euh, sinon, tu avais remarqué, toi, Angelica Huston et Aurore Clément, dans Vol au dessus ? (le mec qui insiste :mrgreen: )
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Thaddeus
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Re: Milos Forman

Post by Thaddeus »

Alexandre Angel wrote:cette image des GI qui s'engouffrent dans les ténèbres des avions-cargos est une des plus fortes et des plus simples métaphores sur ce qu'est la guerre que j'ai pu voir dans un film
Et cela en chantant Leeeet the sun shine... Effectivement l'image est pour le moins puissante, et sans appel dans sa dimension sarcastique.
Euh, sinon, tu avais remarqué, toi, Angelica Huston et Aurore Clément, dans Vol au dessus ? (le mec qui insiste :mrgreen: )
Absolument pas. Comme tout le monde, je le découvre. :mrgreen:
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Jeremy Fox
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Re: Milos Forman

Post by Jeremy Fox »

Content pour Taking Off, un film souvent mal-aimé 8)
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Alexandre Angel
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Re: Milos Forman

Post by Alexandre Angel »

Thaddeus wrote:Effectivement l'image est pour le moins puissante, et sans appel dans sa dimension sarcastique.
Je ne dirais pas sarcastique, pour le coup. Plutôt effrayante et triste, comme celle du Kurosawa. Mais dans Hair, il y a un effet de contraste, par rapport à la bonne humeur qui domine, qui rend l'image tétanisante.
Thaddeus wrote:Absolument pas. Comme tout le monde, je le découvre.
Merci. Celle-là, c'est la capture la plus étonnante que j'ai vu sur le site. Surtout parce que c'est un plan qui m'est familier : j'ai du passer devant 50 fois en 34 ans que j'ai le film en vidéo (sans parler des revisions en salle).
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Thaddeus
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Re: Milos Forman

Post by Thaddeus »

Alexandre Angel wrote:Je ne dirais pas sarcastique, pour le coup. Plutôt effrayante et triste, comme celle du Kurosawa. Mais dans Hair, il y a un effet de contraste, par rapport à la bonne humeur qui domine, qui rend l'image tétanisante.
Les privates s'en vont quand même gonfler les stocks de chair à canon en chantant joyeusement quelques paroles solaires et lumineuses. Il y a ici quelque chose du final de La Vie de Brian, où notre pauvre simili-Jésus, crucifié, reprend en coeur le refrain des malheureux condamnés à mort qui l'entourent et clame à quelle point la vie est belle. À défaut de sarcasme, je vois une dose d'ironie là-dedans, ce qui n'exclut absolument pas l'effroi et la tristesse que la séquence provoque. C'est l'alliage des deux qui fonctionne si bien, ce que l'on appelle le rire du désespoir.
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Alexandre Angel
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Re: Milos Forman

Post by Alexandre Angel »

Thaddeus wrote:
Alexandre Angel wrote:Je ne dirais pas sarcastique, pour le coup. Plutôt effrayante et triste, comme celle du Kurosawa. Mais dans Hair, il y a un effet de contraste, par rapport à la bonne humeur qui domine, qui rend l'image tétanisante.
Les privates s'en vont quand même gonfler les stocks de chair à canon en chantant joyeusement quelques paroles solaires et lumineuses. Il y a ici quelque chose du final de La Vie de Brian, où notre pauvre simili-Jésus, crucifié, reprend en coeur le refrain des malheureux condamnés à mort qui l'entourent et clame à quelle point la vie est belle. À défaut de sarcasme, je vois une dose d'ironie là-dedans, ce qui n'exclut absolument pas l'effroi et la tristesse que la séquence provoque. C'est l'alliage des deux qui fonctionne si bien, ce que l'on appelle le rire du désespoir.
Je pense que tu te trompes Thaddeus.
Je t'envoie la version Julien Clerc :mrgreen: qui respecte les paroles originales, pour que tu constates que la chanson est sérieuse, solennelle. La mélodie n'a rien de solaire, ni de joyeuse et la chanson accompagne les images du film de façon totalement pléonastique.Donc La Vie de Brian, non..
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Thaddeus
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Re: Milos Forman

Post by Thaddeus »

Je te laisse bien volontiers le bénéfice du doute : tu as l'air convaincu de ce que tu avances alors que mon visionnage n'est pas de première fraîcheur. Lorsque j'ai découvert le film (et cette scène), c'est ainsi que je l'avais perçu mais j'ai pu tout à fait me tromper et mal interpréter les intentions de Forman. À revoir, donc. :wink:
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Alexandre Angel
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Re: Milos Forman

Post by Alexandre Angel »

Si c'est dans un délai raisonnable :mrgreen: , tu me diras?
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Re: Milos Forman

Post by Max Schreck »

J'étais en train de me désoler en me disant que c'était vraiment triste qu'un cinéaste aussi talentueux que Forman n'ait rien tourné depuis son extraordinaire Man on the moon. Certes il se fait vieux.

En fait, j'avais complètement oublié ses Fantômes de Goya, preuve que ce dernier film, et faux biopic, ne m'avait pas pleinement convaincu.

11 ans, quand même.
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Alexandre Angel
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Re: Milos Forman

Post by Alexandre Angel »

Max Schreck wrote:En fait, j'avais complètement oublié ses Fantômes de Goya, preuve que ce dernier film, et faux biopic, ne m'avait pas pleinement convaincu.
Il comporte néanmoins des scènes formidables (la séquence chez les parents de Natalie Portman est éblouissante). J'aime bien dans l'ensemble, malgré des défauts de construction..
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Jeremy Fox
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Re: Milos Forman

Post by Jeremy Fox »

Jean Gavril nous parle aujourd'hui de Valmont, sorti en Bluray chez Pathé.
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Karras
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Re: Milos Forman (1932 - 2018)

Post by Karras »

Le réalisateur d'origine tchèque Milos Forman, qui avait remporté l'Oscar du meilleur réalisateur pour ses films Vol au-dessus d'un nid de coucou (1976) et Amadeus (1985), est décédé à l'âge de 86 ans
Filmographie
1963 : L'As de pique (Černý Petr)
1965 : Les Amours d'une blonde (Lásky jedné plavovlásky)
1967 : Au feu, les pompiers ! (Hoří, má panenko)
1971 : Taking Off
1975 : Vol au-dessus d'un nid de coucou (One Flew Over the Cuckoo's Nest)
1979 : Hair
1981 : Ragtime
1984 : Amadeus
1989 : Valmont
1996 : Larry Flynt (The People VS. Larry Flynt)
1999 : Man on the Moon
2006 : Les Fantômes de Goya (Goya's Ghosts)
2009 : Dobře placená procházka (en) (Dobre placená procházka)
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Alexandre Angel
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Re: Milos Forman (1932 - 2018)

Post by Alexandre Angel »

Une filmographie courte sur patte finalement mais des films qui transpiraient l'investissement de tous les instants, magnifiquement construits et montés, même si parfois, la construction achoppait (Ragtime et surtout Les Fantômes de Goya). Mais une capacité à réussir toutes les scènes, à les faire fuser vers leur cible, à la force de la mise en scène, de la direction d'acteur et du montage, préservant les films de tout risque de vieillissement. Forman portait en lui l'esprit duel du théâtre classique, le rire et les larmes, le bouffon et le tragique, esprit européen qu'il a su fondre dans l'imaginaire américain avec une assurance confondante.