Tron legacy (Joseph Kosinski - 2010)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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G.T.O
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Re: Tron legacy (Joseph Kosinski - 2011)

Post by G.T.O »

Pour moi, le film souffre, outre ses problème de dosage et de construction ( scènes d'actions superbes coincés entre les pinces de deux gros tunnels explicatifs et émotionnels insupportable), d'un manque de radicalisme. Le film commence par développer des pistes intéressantes pour ensuite, pris de panique devant une certaine complexité, les abandonner au profit d'une trame plus manichéenne. Cela étant dit, la plastique du film est d'un niveau tel qu'elle parvient -presque- à dissimuler ces défauts. Les scènes d'action m'ont particulièrement scotché : c'est, à cet endroit, que l'on perçoit le mieux le travail effectué sur la combinaison image-son-musique qui finit par rendre ces scènes abstraites. A tout le moins, c'est une expérience sensorielle et plastique de premier ordre. Mention spéciale à cette actrice que l'on croirait tout sorti d'un manga. :shock: Belle fin également !
Une petite surprise !
2501
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Re: Tron legacy (Joseph Kosinski - 2011)

Post by 2501 »

Il aura fallu quelques temps pour s’expliquer l’euphorie qui succéda à la vision d’un blockbuster pourtant signé Disney. Une œuvre imparfaite malgré tout fascinante. Tron l’héritage est la lointaine suite d’un film datant de 1982. Qui marqua son époque non par le box-office mais par sa représentation inédite et avant-gardiste de l’informatique, d’un monde virtuel fait de programmes et de code. Il était difficile d’envisager sérieusement que cette reprise à gros budget ouvertement prévue pour lancer une nouvelle franchise pouvait donner quoi que ce soit de bon. Du moins jusqu’aux premiers trailers, dévoilant l’univers visuel et sonore d’une œuvre devenue soudainement beaucoup plus intrigante...

Graphiste et professeur d’architecture, remarqué par les studios grâce à ses publicités, Joseph Kosinski signe un premier film... estimé à 200 millions de dollars de budget. De par la direction artistique et le spectacle proposés, on peut pour une fois dire qu’il en a été fait bon usage. Tron l’héritage développe un certain nombre de points communs avec Avatar, à commencer par la découverte d’un univers à part entière. Ce nouveau monde numérique avait bien sûr déjà été parcouru en long et en large dans l’original. Mais ce dernier, si culte soit-il, fût bien vite marqué par le poids des années, le balbutiement des effets spéciaux y étant aussi inspirant pour les informaticiens de l’époque que d’une laideur sans nom en matière d’esthétique. Tel un architecte designer, Kosinski a choisi de remodeler cet univers, de créer un graphisme nouveau à partir des bases du film de Steven Lisberger. Le niveau atteint par les effets visuels lui laisse bien sûr davantage d’opportunités que dans les années 80. Mais il faut aussi comprendre que c’est un véritable parti-pris. Le premier n’était pas Blade Runner (son contemporain contemplatif), sa suite cherche sa voie dans l’expérience sensorielle au lieu de seulement prolonger l’histoire de manière intellectuelle.

Il y avait bien sûr de quoi faire avec un tel terreau, à notre époque où le geek est roi, où les jeux vidéo sont le loisir de masse le plus lucratif, et où chacun possède un ou plusieurs ordinateurs à la maison, ou dans sa poche. Etonnamment, Tron l’héritage ne s’aligne dans le fond pas complètement avec la modernité de notre société. Il préfèrera développer une intrigue au final assez basique et manichéenne (dans un sens pas forcément péjoratif, comme pouvaient l’être les histoires des années 80). Non sans lancer plusieurs pistes et ajouts très intéressants, mais qui n’auront pas le temps d’être abouties sur deux heures au programme trop chargé. Le film peut facilement être déceptif si on le prend de manière trop rationnelle et intellectuelle. Ce serait une erreur. Car Tron l’héritage est l’anti-Inception. Ses idées ne sont pas à la seule botte du scénariste, mais au service de la forme cinématographique.

Un no man’s land d’ombres et de lumières voit la naissance d’une humanité parallèle. Une symphonie électronique se déploie dans une abstraction cinétique. Un spectacle ludique et sensationnel iconise et héroïse la moindre parcelle de l’écran. Ce Tron 2.0 est tout cela, il a choisi la voie du cinéma, celle d’une forme artistique qui suspend le temps pour mieux nous émerveiller. Du moins dans sa première partie, celle où Kosinski lance son gros jouet à toute blinde vers un hommage surréaliste au film pionnier, avec un panache, une grâce et une vigueur que l’on n’avait pas constaté depuis longtemps dans un blockbuster. Depuis le Speed Racer des Wachowski en fait, avec qui il partage la parenté d’un cinéma extrêmement sensoriel, en pleine confiance et conscience de ce qui est sa matière brute : ce jeu de sons mouvements et lumières qui nous maintient captifs et fascinés. L’expérience prend alors toute sa dimension sur un grand écran, Kosinski allant jusqu’à s’essayer à la 3D, totalement justifiée par sa mise en scène de cet univers (les parties dans le monde réel restant en 2D). Pas aussi convaincant que sur Avatar, le relief y trouve cependant une véritable utilité, et nous immerge encore plus avant dans un monde réinventé, d’une beauté froide et obsédante. Daft Punk compose pour l’occasion une musique idéale, orchestration électronique entre l’hommage 80’s et la planante sensation d’un pur musical atmosphérique. Longtemps le film semble ne faire qu’un avec ces nappes sonores envoûtantes, jusqu’à ce qu’à mi-chemin, l’on croise au détour d’une boîte de nuit le duo dans un amusant caméo.

C’est à partir de cette séquence que Kosinski doit rassembler ses jolies billes pour nous ramener vers un enjeu intelligible et un récit plus classique, plus accessible. Les jeux sont finis, il faut fuir ce nouveau monde. Pour ne pas totalement céder au diktat de la logique et du divertissement hollywoodien, le jeune réalisateur, à travers une mise en scène toujours lisible, élégante et grisante, a laissé libre court à son amour du film original et des expériences sensitives dans un premier temps. Quand on ne bricole pas son film de SF dans son coin comme les exemples récents, cette liberté qu’il s’est audacieusement octroyé finit par se payer. Le film devient plus bavard, l’image beaucoup moins, la musique se fait plus discrète et il faut tant bien que mal recoller les morceaux, et parfois sacrifier quelques belles promesses (les ISO, et Tron lui-même). La deuxième partie n’est pas une catastrophe pour autant, loin de là. Le film laisse alors aux acteurs le temps de donner un peu plus d’humanité à un projet jusque-là fascinant, mais presque expérimental dans son synthétique ride. Jeff Bridges, en mode Dude zen, peut alors imposer tout son talent, et Olivia Wilde nous séduire de ses grands yeux verts (et de sa combinaison très... ajustée). Le jeune Sam Flynn est un peu transparent, mais la nouvelle gueule de Garrett Hedlund aide à se plonger directement dans le film sans l’interférence qu’une star aurait apporté au rôle.

D’une explosion visuelle et musicale nous passons alors à une sage ligne droite... Un dernier climax reviendra nous secouer de milles lumières, mais sans toutefois égaler l’enthousiasmante succession de morceaux de bravoure du début. Il est aussi regrettable que l’épilogue soit expédié. Peu importe. Il faut se rappeler que le premier Tron n’était pas non plus d’une rigueur scénaristique exemplaire (presque à la limite du nanar, pardon aux geeks tout ça). Même si le résultat final n’est pas homogène, ce que Tron l’héritage a à nous offrir est bien là, plus intense et plus beau que dans 95% de la production à grand spectacle auquel il appartient.

Avec son monde virtuel informatique passé de visionnaire en 1982 à un peu trop rabâché de nos jours, l’angle avant tout formel de ce Tron 2 était sans doute la meilleure chose qui pouvait lui arriver (les nippons ont de toute façon pris trop d’avance sur le sujet). D’autant que dès son premier essai, Joseph Kosinski a tout compris à l’essence même du cinéma. Dans le contexte on ne peut plus contraignant d’une production pharaonique destinée aux ventes internationales, il signe un coup de maître en suivant son propre courant, suffisamment longtemps pour marquer nos rétines, et nos esprits. S’il est encore à la barre, on peut pour une fois s’exclamer sans ambages : Vivement la suite !

8/10
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frédéric
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Re: Tron legacy (Joseph Kosinski - 2011)

Post by frédéric »

Vraiment réussit au niveau visuel, c'est absolument époustouflant. Dommage que le scénario et certains dialogues ne suivent pas toujours, mais les séquences d'actions
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(le combat des vaisseaux)
l'emporte sur le tout. Aie eu la chance de le voir en IMAX de passage à Paris et ça en jette.
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Demi-Lune
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Re: Tron legacy (Joseph Kosinski - 2011)

Post by Demi-Lune »

Comme je l'ai dit ailleurs, je fais partie de ces quelques rares ringards qui n'ont encore jamais vu le premier Tron, sorti lors de cette mythique année 1982. Je suis quand même allé découvrir sa suite des fois que je passe bêtement à côté d'un manifeste esthético-culturel aussi référentiel que peut l'être maintenant le premier opus. Eh bien, je ne regrette pas du tout le déplacement. Tron Legacy sera le film du passage vers le XXIe siècle ou ne sera pas. Je sais que la formule est pompeuse et ne veut peut-être rien dire, mais c'est le sentiment qui m'est resté collé à la peau au sortir de ce film (largement plus qu'au sortir d'Avatar), qui repousse et atomise les limites visuelles et sensitives dans un univers plastique de tous les possibles, sans équivalent et, j'ai envie de dire, totalement visionnaire.

L'impression, quasiment la conviction, d'avoir assisté à un spectacle de SF formellement aussi majeur et décisif que les monuments de Stanley Kubrick ou de Ridley Scott en leur temps. Qu'écrire de pertinent ou de juste à propos d'un film qui existe principalement sur la proposition d'une expérience sensorielle aussi avant-gardiste ? Tron Legacy se vit, intensément, les yeux écarquillés devant tant de prouesses plastiques et infographiques (on monte encore d'un cran en termes d'effets spéciaux), devant ce déferlement symbiotique de lignes lumineuses et fluo syncopés au rythme des beat et des synthés de Daft Punk ; de ce magma fusionnel de flashs, de sons, de textures, émerge la voie toute tracée vers un cinéma futuriste que l'on peut presque toucher. L'anecdote est célèbre : en 1977, en sortant de Star Wars, Ridley Scott, renversé, aurait dit à son producteur des Duellistes : "Je ne sais pas ce que nous sommes en train de faire - ce gars qui a fait Star Wars ? Je ne suis même pas dans le même univers que ce type ; en fait, je ne suis même pas dans le même siècle que lui." Eh bien, c'est l'effet que Tron Legacy m'a fait. Tout étant symbolique de son temps (explosion frénétique des potentialités macro-électroniques matérielles et immatérielles), le film ouvre la porte sur d'innombrables promesses sur le devenir du cinéma, que cela soit sur la création d'univers défiant l'imagination la plus débridée, ou sur la reconfiguration de ses acquis - à l'image de ce Jeff Bridges rajeuni totalement époustouflant : on le croirait sorti de Starman ! Il y avait bien eu les précédents chez les derniers Fincher, mais là, même si la peau est parfois trop lisse, j'ai franchement eu l'impression qu'on était à un tournant. Ce qui ouvre des perspectives insensées sur les films qu'on est désormais capable de faire.

Du coup, quel dommage que la construction du film soit si faible. Kosinski nous balance tous les morceaux de bravoure, réalisés avec grand talent, dès la première heure et ne retrouvera plus la pêche des débuts. Le film est tiraillé entre sa forme hallucinante, tendant parfois vers l'abstraction, et son intrigue rikiki qui rend malheureusement les personnages des plus schématiques. Le personnage de Quorra, par exemple, malgré le charme d'Olivia Wilde, est décevant, car peu fouillé. Car le film raconte quand même une histoire ; et cette histoire bateau, purement fonctionnelle, ne laisse pas de place au mystère et aux interprétations multiples qui assureraient à Tron Legacy une richesse thématique lui permettant de devenir une réussite totale. Le film est visionnaire et hallucinant, il se handicape lui-même par la place importante donnée à un scénario tristement fonctionnel, insatisfaisant. Reste que ce 2e Tron est une expérience hors normes ; son héritage peut être immense.
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Demi-Lune
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Re: Tron legacy (Joseph Kosinski - 2011)

Post by Demi-Lune »

Sinon, amusante cette concomitance de sorties pour Black Swan et Tron Legacy, deux films hantés par l'obsession perfectionniste d'un personnage ayant basculé dans le côté obscur de la Force... :)
hansolo
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Re: Tron legacy (Joseph Kosinski - 2011)

Post by hansolo »

Je lis assez peu de chose sur la 3D ... est elle indispensable au film?
Perso j'irais sans doute le voir a reculons si je trouve des amis pour m'accompagner mais pour l'instant le peu à qui j'en ai parlé ne sont pas très enthousiaste.

Je me suis quasiment endormi devant l'original quand je l'ai découvert il y a quelques années en Dvd, si le scénario n'est pas plus dynamique pour celui ci je crains la même chose.
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Demi-Lune
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Re: Tron legacy (Joseph Kosinski - 2011)

Post by Demi-Lune »

hansolo wrote:Je lis assez peu de chose sur la 3D ... est elle indispensable au film?
Perso, je n'ai pas vu le film en 3D ; mon cinéma de quartier n'est pas encore équipé.
Je me suis quasiment endormi devant l'original quand je l'ai découvert il y a quelques années en Dvd, si le scénario n'est pas plus dynamique pour celui ci je crains la même chose.
Ce n'est pas tant, à mon avis, une question de dynamisme que de faiblesse, en ce qui concerne le scénario de Tron Legacy. L'histoire se suit bien, mais elle est quelconque. Les mecs ne se sont pas trop foulés pour écrire ça, ce qui fait que le film apparaît souvent bancal, entre une forme démentielle qui s'appuie de manière non négligeable sur une histoire franchement moyenne. Mais le spectacle est là, et comme le disait G.T.O, les limites du film sont presque camouflées par ce qu'il propose visuellement.
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Re: Tron legacy (Joseph Kosinski - 2011)

Post by semmelweis »

hansolo wrote:Je lis assez peu de chose sur la 3D ... est elle indispensable au film?
La 3D ne sert à rien.Au début du film , un panneau t'explique que certaines séquences sont restées en 2D.
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Re: Tron legacy (Joseph Kosinski - 2011)

Post by hansolo »

semmelweis wrote:
hansolo wrote:Je lis assez peu de chose sur la 3D ... est elle indispensable au film?
La 3D ne sert à rien.Au début du film , un panneau t'explique que certaines séquences sont restées en 2D.
J'avais vu la bande annonce en Imax 3D il y a quelques mois et elle m'avait paru peu convaincante, notamment pour les effets 3D ...
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Re: Tron legacy (Joseph Kosinski - 2011)

Post by julien »

Et puis dans la mesure où la 3D actuelle n'est juste qu'un succédané du cinéma en relief des années 50, je vois pas de toute façon ce qu'elle pourrait apporter de plus.
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"Toutes les raisons évoquées qui t'ont paru peu convaincantes sont, pour ma part, les parties d'une remarquable richesse." Watki.
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Re: Tron legacy (Joseph Kosinski - 2011)

Post by hansolo »

julien wrote:Et puis dans la mesure où la 3D actuelle n'est juste qu'un succédané du cinéma en relief des années 50, je vois pas de toute façon ce qu'elle pourrait apporter de plus.
sauf que ça me fatigue de devoir payer la surtaxe de 3€ pour une majorité de films ou elle n'apporte rien.
Il m'est déja arrivé a plusieurs reprises de renoncer à aller voir un film à cause de cette taxe :roll:
julien
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Re: Tron legacy (Joseph Kosinski - 2011)

Post by julien »

La grande révolution, ce sera le cinéma sous hypnose, où on pourra ressentir les même sensations que dans un rêve. Pour l'instant on en est encore au stade pipicacadodo.
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Re: Tron legacy (Joseph Kosinski - 2011)

Post by Anorya »

julien wrote:La grande révolution, ce sera le cinéma sous hypnose, où on pourra ressentir les même sensations que dans un rêve. Pour l'instant on en est encore au stade pipicacadodo.
Avec des messages subliminaux de Roberto Benigni pendant l'hypnose, brrr. :roll: :mrgreen:
Hansolo wrote:sauf que ça me fatigue de devoir payer la surtaxe de 3€ pour une majorité de films ou elle n'apporte rien.
Je l'ai vu pour ma part à l'UGC ciné-cité de Bercy vendredi et il fallait juste compter un euro en plus pour les lunettes 3D. Ces dernières étaient emballées dans un petit sachet plastifié et pratiquement donné à l'entrée de la salle (on ne nous a aucunement demandé de les rendre à la sortie comme pour d'anciennes séances au MK2 bibliothèque par exemple). Pour un euro et le fait qu'on puisse les garder pour les futures séances dans des UGC, je trouve que ça le fait bien.
Après, la 3D n'apporte pas grand chose à ce nouveau volet, sauf sans doute pour la première heure. Je me suis surpris (comme bien souvent avec les films en "3D", je repense à Avatar ou Coraline) à soulever mes lunettes pendant le film pour m'apercevoir d'une simili 2D/3D. :o

Lune de février wrote:Ce n'est pas tant, à mon avis, une question de dynamisme que de faiblesse, en ce qui concerne le scénario de Tron Legacy. L'histoire se suit bien, mais elle est quelconque. Les mecs ne se sont pas trop foulés pour écrire ça, ce qui fait que le film apparaît souvent bancal, entre une forme démentielle qui s'appuie de manière non négligeable sur une histoire franchement moyenne. Mais le spectacle est là, et comme le disait G.T.O, les limites du film sont presque camouflées par ce qu'il propose visuellement.
Voilà, c'est exactement ça.
Et belle chronique à laquelle je souscris entièrement, tout comme celle, très enthousiaste de 2501.
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Re: Tron legacy (Joseph Kosinski - 2011)

Post by Ender »

Je vais un peu me porter en contre-point de Demi-Lune. Alors que les nouveaux moyens de l'image semblent faire de l'imagination des créateurs leur seule limite, que des mondes entiers d'imagination peuvent à présent tout faire plier pour s'imposer sur l'écran, je suis déçu qu'un film comme celui-ci retombe sur les si petites pattes d'une parabole du totalitaire comme on les connaît par coeur. On peut dire : ce n'est pas l'essentiel. C'est assez vrai. Des hommes veulent créer des ordinateurs parfaits, et des ordinateurs veulent se débarasser d'hommes imparfaits. Problème : le film déroule comme s'il était crucial un combat qui est déjà joué au moment où nous entrons dans la salle pour voir un Jeff Bridges rajeuni de trente ans par les machines. Film comme en retard sur lui-même. D'ailleurs je n'ai pas trouvé son habillage ultra-technologique à la hauteur de ce que promettait la bande-annonce : comme sur Pandora (nb, sans l'aimer vraiment, je préfère nettement Avatar au nouveau Tron), on ne se sent pas très loin de chez nous dans ce monde-circuits, sorte de gigantesque usine à ciel ouvert tapissée de néons. Seule la musique de Daft Punk m'emporte vraiment ailleurs. D'ailleurs, dans leur caméo, en chefs d'orchestre au mutisme indifférent, j'ai vu la seule illustration intéressante de la micro-robotique faite humanoïde, mieux que ce bavard de Clu. Jeff Bridges est meilleur du côté des humains, en vieux loup dépassé. S'il est vrai qu'il y a des échos avec la sortie simultanée Black Swan (qui lui fabrique un monde à hauteur de chair), j'ai aussi pensé à Inception. Ces films un peu ébahis de l'immensité de leurs moyens mettent pareillement en scène des créateurs et leur création farouche. Il y a comme un indécidable dans le blockbuster contemporain : on peut tout faire / que faire ? Je suis un peu moins positif que la fin de ces deux films, les créateurs ne se sont pas encore vaincus eux-mêmes, débarassés des vieux attirails (ici, l'appui est même concrètement l'ancien) et j'attends toujours le vrai film pionnier du spectacle totalisant.
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Re: Tron legacy (Joseph Kosinski - 2011)

Post by Alligator »

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Je m'attendais à bien mieux. Je ne savais pas qu'on pouvait encore de nos jours mettre autant de moyens et d'oseilles sur une coque aussi vide. "Ce film est sans intérêt" : je ne pourrais mieux résumer.

J'ai vu "Tron" il y a très longtemps mais j'ai gardé le souvenir d'un divertissement de haute tenue, d'un film imaginatif, techniquement irréprochable. Celui-là est tout sauf inventif. Les effets spéciaux et visuels sont tout juste satisfaisants. Il leur manque une bonne dose de poésie. Ils sont laids la plupart du temps mais surtout n'inventent absolument rien, ne créent pas davantage de surprise, aucun plaisir de découverte, aucune émotion. On pouvait s'attendre à ce que le film produise un tantinet de cet émerveillement qu'une imagerie à la fois sensationnelle et inédite peut provoquer chez le spectateur, hé bien, que dalle! Nib! Macache!

La vacuité du projet vous envahit peu à peu mais très vite vous vous en rendez compte et vous lamentez : "je m'emmerde grave". Les personnages s'enlisent dans des relations ordinaires et exprimées avec un simplisme plus que naïf qui confine à la puérilité la plus mièvre.

Les liens père / fils sont plombés par des dialogues insipides et le jeu pour le moins médiocre de Garrett Hedlund. Dans le casting, on avait, pensai-je, l'occasion de se laisser fondre dans le regard prodigieusement bleu et profond de "Thirteen", la délicieuse partenaire du Dr House, Olivia Wilde mais là encore sa participation se résume à bien peu, très limitée par des situations et des dialogues trop plats.

Ce film là n'avait pas le droit de ne pas être original. Il peut encore fonctionner sur les tripes et toucher les émotions des petits nenfants mais c'est à peu près tout.