A Serbian Film (Srdjan Spasojevic - 2010)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Ouf Je Respire
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Re: A serbian film (Srdjan Spasojevic, 2010)

Post by Ouf Je Respire »

nobody smith wrote:
Ratatouille wrote:En tout cas, il aura eu le "mérite" de mettre en scène l'une des séquences les plus abjectes que j'ai vue de ma vie :
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le nouveau-né à peine sorti du ventre de sa mère, et pénétré par un mec
Uniquement à cause de cette scène, je sais que je ne verrai surement jamais ce film. Rien que d'imaginer ce que ça doit donner sur un écran, je sens que je suis à deux doigts de gerber.
+1.
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locktal
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Re: A Serbian Film (Srdjan Spasojevic - 2010)

Post by locktal »

En même temps, cette scène est tellement mal fichue que cela fait plus rire qu'autre chose... Vraiment ridicule, cette séquence...
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gnome
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Re: A Serbian Film (Srdjan Spasojevic - 2010)

Post by gnome »

Je trouve que vous vous montez un peu trop le bourrichon sans avoir rien vu. Et les remarques de Nobody Smith et Ouf prouvent que ce n'est pas tant la mise en scène ou la mise en images qui gènent, mais bien le sujet. Parce qu'en l’occurrence, on ne voit rien !
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Colqhoun
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Re: A Serbian Film (Srdjan Spasojevic - 2010)

Post by Colqhoun »

On ne voit pas grand chose, mais on entend.
Mais cette scène (et à peu près toutes les autres scènes "extrêmes" du film) est VRAIMENT ridicule.
Ça ne provoque pas le malaise, ça laisse pantois de stupéfaction devant tant de bêtise.
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gnome
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Re: A Serbian Film (Srdjan Spasojevic - 2010)

Post by gnome »

Colqhoun wrote:On ne voit pas grand chose, mais on entend.
Mais cette scène (et à peu près toutes les autres scènes "extrêmes" du film) est VRAIMENT ridicule.
Ça ne provoque pas le malaise, ça laisse pantois de stupéfaction devant tant de bêtise.
Tout dépend de l'état d'esprit dans lequel on le voit et on le regarde, je pense. Je n'ai pas trouvé le film si bête que ça, même si, avec le recul, je dois bien reconnaître un côté ridicule à certaines scènes (la bite dans l'oeil). Personnellement, j'ai été happé par le film. La façon dont le réalisateur présente ses personnages fait qu'on s'attache à cette petite famille (du moins je trouve) et à cet acteur has-been. Si je ne m'étais pas attaché aux personnages, je serais certainement sorti du film et l'aurais regardé au deuxième voir Xème degré et il y aurait eu de grandes chances que je tienne les mêmes propos que toi. Quand à la scène en question, elle me semblait dans la logique de Vulkmir, donc justifiée, mais je dois bien reconnaître que sa réalisation désamorce quelque peu l'effet... :lol:
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Ouf Je Respire
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Re: A Serbian Film (Srdjan Spasojevic - 2010)

Post by Ouf Je Respire »

gnome wrote:Je trouve que vous vous montez un peu trop le bourrichon sans avoir rien vu. Et les remarques de Nobody Smith et Ouf prouvent que ce n'est pas tant la mise en scène ou la mise en images qui gènent, mais bien le sujet. Parce qu'en l’occurrence, on ne voit rien !
La question n'est pas de voir ou pas. L'idée est là. Ca me suffit pour ne pas cautionner l'idée, tout simplement. Je pense qu'il faut être très doué pour jouer avec ces idées-là pour étayer la profondeur d'un propos. Et là, je te l'accorde, je pars avec un certain préjugé concernant ce que j'ai pu entrevoir et entendre sur ce film. :mrgreen:
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gnome
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Re: A Serbian Film (Srdjan Spasojevic - 2010)

Post by gnome »

Ouf, camescope oral wrote:
gnome wrote:Je trouve que vous vous montez un peu trop le bourrichon sans avoir rien vu. Et les remarques de Nobody Smith et Ouf prouvent que ce n'est pas tant la mise en scène ou la mise en images qui gènent, mais bien le sujet. Parce qu'en l’occurrence, on ne voit rien !
La question n'est pas de voir ou pas. L'idée est là. Ca me suffit pour ne pas cautionner l'idée, tout simplement. Je pense qu'il faut être très doué pour jouer avec ces idées-là pour étayer la profondeur d'un propos. Et là, je te l'accorde, je pars avec un certain préjugé concernant ce que j'ai pu entrevoir et entendre sur ce film. :mrgreen:
L'idée n'est de toute façon en aucun cas cautionnée dans le film du moins par le "héros". On est dans un exemple moins extrême, je te l'accorde, mais imaginons que tu ne cautionnes pas la peine de mort, tu ne vas pas disqualifier un film où on montre une exécution ?
Maintenant, quant à l'efficacité du traitement réservée au sujet, on peut en discuter. J'ai personnellement trouvé ça pas trop mal amené, mais d'autres trouveront le contraire... :wink:
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Re: A Serbian Film (Srdjan Spasojevic - 2010)

Post by cinephage »

Ben oui, pour ma part, c'est avant tout la mise en scène qui me consterne. Certes, fond et forme reste étroitement liés, et choisir ici ces thématiques "clinquantes" se rapporte à l'esthétique clinquante du film, à sa vulgarité revendiquée (les personnages féminins, qui s'habillent comme des p..., parlent de cette façon, et sont au final traitées comme telles), à son recours systématique au sexe dans son acception la plus sale, la plus performatrice.
C'est ça que j'ai détesté dans le film. Je peux tout à fait imaginer qu'un autre film trouve une façon de présenter la chose qui me paraisse fonctionner (j'ai un peu de mal à voir laquelle, mais je n'ai pas de position de principe).

A l'inverse, je viens de voir Human Centipede 2, qui est sans doute une de mes expériences de film parmi les plus éprouvantes, mais je reste soufflé par l'efficacité de la mise en scène, dont les choix formels (noir & blanc, quasi absence de parole, récurrence de plans fixes) et narratifs (mise en abîme du précédent opus, traitement de la violence sur un mode plus "réaliste") m'apparaissent comme d'une grande cohérence.

Pour moi, il s'agit moins d'une question de thématique seule : la thématique de human centipede 2 est tout aussi complaisante, cruelle, et dérangeante, que celle d'A serbian film. Mais la démarche m'en apparait néanmoins différente (et je la préfère largement).
I love movies from the creation of cinema—from single-shot silent films, to serialized films in the teens, Fritz Lang, and a million others through the twenties—basically, I have a love for cinema through all the decades, from all over the world, from the highbrow to the lowbrow. - David Robert Mitchell
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Re: A Serbian Film (Srdjan Spasojevic - 2010)

Post by riqueuniee »

Et , sauf erreur, Human centipede 2 ne plaque pas un pseudo-discours politique par dessus.
C'est peut-être mon plus gros a priori : que le réalisateur déclare tenir un discours sur le sort de la Serbie, à partir de ces situations extrêmes. (ou en fasse le prétexte des scènes en question). Déjà, le titre...
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Re: A Serbian Film (Srdjan Spasojevic - 2010)

Post by Flol »

cinephage wrote:A l'inverse, je viens de voir Human Centipede 2, qui est sans doute une de mes expériences de film parmi les plus éprouvantes, mais je reste soufflé par l'efficacité de la mise en scène, dont les choix formels (noir & blanc, quasi absence de parole, récurrence de plans fixes) et narratifs (mise en abîme du précédent opus, traitement de la violence sur un mode plus "réaliste") m'apparaissent comme d'une grande cohérence.
Le 1er Human Centipede était déjà très éprouvant, mais doté d'une très belle mise en scène, qui parvenait à faire passer la pilule.
Et contrairement à A Serbian Film, on craint pour ses victimes, il y a une véritable empathie qui s'installe pour ces 2 pauvres jeunes femmes qui vivent l'enfer, et le bad-guy est ultra-charismatique.
Tu m'as en tout cas donné envie de découvrir la suite.
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Re: A Serbian Film (Srdjan Spasojevic - 2010)

Post by locktal »

C'est vrai que The human centipede 2 est une expérience assez éprouvante, renforcée par le choix de le tourner en noir et blanc...

Néanmoins, je trouve ce film également assez complaisant dans sa façon de montrer tout au spectateur, d'insister sans finesse sur la souffrance des victimes,...

Le film se regarde malgré tout, avec une sorte de fascination perverse, mais cela reste assez voyeur et le réalisateur semble dire : "regardez comme je vais loin, comme mon film est extrême"... Ce côté performance me gêne un peu...

Je préfère le premier The human centipede qui est moins éprouvant et plus ludique...

Cela dit, il n'y pas pas de pseudo-discours politique dans ces deux films, ce qui les différencie de A Serbian film.
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Re: A Serbian Film (Srdjan Spasojevic - 2010)

Post by Ouf Je Respire »

gnome wrote:L'idée n'est de toute façon en aucun cas cautionnée dans le film du moins par le "héros". On est dans un exemple moins extrême, je te l'accorde, mais imaginons que tu ne cautionnes pas la peine de mort, tu ne vas pas disqualifier un film où on montre une exécution ?
Bof, tu as sans doute raison, finalement le réal réussit son coup, puisqu'il joue avec mes limites morales. Mais ton exemple sur la peine de mort montre le besoin de justification. Donc, en gros, l'idée de la scène en question a besoin d'une justification pour exister, ce qui pourrait (notez le conditionnel) être la preuve de sa gratuité.

Bref, au vu des pitchs des films évoqués dans ce forum, j'avoue que ça démange la curiosité, mais une fois que j'en sais plus, je sens que ça n'est définitivement pas ma tasse de thé.

Allez, je retourne me caresser devant "Salo...". :mrgreen:
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Re: A Serbian Film (Srdjan Spasojevic - 2010)

Post by riqueuniee »

l'exemple de la peine n'est pas forcément bon. D'ailleurs les scènes les plus marquantes figurent souvent dans des films anti-peine de mort. Comme par exemple, dans la vie l'amour la mort de Lelouch (je cite ce film parce que j'ai revu la scène en question récemment). Donc on peut voir une telle scène (et même vouloir la voir) alors qu'on est contre la peine de mort. Tout dépend du propos du film.
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gnome
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Re: A Serbian Film (Srdjan Spasojevic - 2010)

Post by gnome »

Ouf, camescope oral wrote:
gnome wrote:L'idée n'est de toute façon en aucun cas cautionnée dans le film du moins par le "héros". On est dans un exemple moins extrême, je te l'accorde, mais imaginons que tu ne cautionnes pas la peine de mort, tu ne vas pas disqualifier un film où on montre une exécution ?
Bof, tu as sans doute raison, finalement le réal réussit son coup, puisqu'il joue avec mes limites morales.
Je pense qu'il joue avec les limites morales de tous ou presque...
Ouf, camescope oral wrote:Mais ton exemple sur la peine de mort montre le besoin de justification. Donc, en gros, l'idée de la scène en question a besoin d'une justification pour exister, ce qui pourrait (notez le conditionnel) être la preuve de sa gratuité.
Dans ce sens, la scène pour gratuite qu'elle soit a pour but de montrer qu'en matière de limites morales, Vulkmir et ses sbires n'en ont plus. Ils ont dépassé le cadre de la morale. Il n'y a plus de limites. C'est comme ça que je vois la scène et c'est je pense le but de cette scène. Etait-il nécessaire d'aller si loin pour dire ça, c'est un autre débat.

Ouf, camescope oral wrote:Allez, je retourne me caresser devant "Salo...". :mrgreen:
Tiens en parlant de "Salo..." et de pseudo discours politique.... En voilà là un dont le discours politique m'est complètement passé au dessus de la tête par exemple... Autant que celui de "A serbian film" d'ailleurs... :mrgreen:
Quoique...
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Re: A Serbian Film (Srdjan Spasojevic - 2010)

Post by gnome »

riqueuniee wrote:l'exemple de la peine n'est pas forcément bon. D'ailleurs les scènes les plus marquantes figurent souvent dans des films anti-peine de mort. Comme par exemple, dans la vie l'amour la mort de Lelouch (je cite ce film parce que j'ai revu la scène en question récemment). Donc on peut voir une telle scène (et même vouloir la voir) alors qu'on est contre la peine de mort. Tout dépend du propos du film.
C'est justement ce que je voulais dire. C'est le propos du film !
Un acteur porno has-been se voit engagé par une organisation qui veut réaliser le porno ultime, celui qui montre la "réalité" sans fard. Le concept (snuff) ultime qui abolit toutes les barrières pour rassasier l'appétit de gros richards pervers... Dès le départ, le réalisateur se positionne. Son acteur refuse de continuer et fera tout pour l'éviter, ce n'est que parce qu'il est drogué que certaines choses se passeront. Nous ne sommes pas dans un film à la Guinéa pig où on filmerait "bêtement" une femme se faire torturer ou un enfant se faire sodomiser. Même si nous sommes d'une certaine façon dans une position de voyeur, il me semble que le rapport n'est pas le même. Je ne sais pas si je m'exprime bien. Ici, montrer des sévices n'est pas le but du film, c'est un élément destiné à en renforcer le sujet et l'impact.

Dans Martyrs, Laugier nous impose et impose à son personnage un martyr atroce et justifie ça finalement par une certaine recherche de l'après la mort. C'est L'expérience interdite version trash en somme. Il justifie toute la débauche de violence par cette quête métaphysique. Ici, la scène dont nous parlons, Spasojevic n'essaie en rien de la justifier, elle est là pour montrer jusqu'où sont capable d'aller ses personnages.
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