Jane Campion

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Joe Wilson
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Re: Jane Campion

Post by Joe Wilson »

Je viens de découvrir In The Cut qui m'a séduit par son ambiance fiévreuse, qui semble repousser en permanence son dénouement l'expression d'une violence. Le scénario ne surprend guère mais Campion cherche surtout à saisir des bouleversements émotionnels, jusque dans la tension fébrile des corps. Meg Ryan et Mark Ruffalo s'emparent de leur rôle avec beaucoup d'engagement et imposent une fascination délétère. Si le film n'évite pas quelques sorties de route et autres longueurs, il trouve le ton juste au-delà des contraintes de l'exercice de style.
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Boubakar
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Re: Jane Campion

Post by Boubakar »

Quelques-uns de ses premiers courts-métrages, ainsi que les trois premiers épisodes de sa série, Top of the lake peuvent être vus pendant quelques jour sur le replay d'Arte :

http://videos.arte.tv/fr/videos#/tv/thu ... 2-program-
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Boubakar
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Re: Jane Campion

Post by Boubakar »

Un ange à ma table en replay : http://www.arte.tv/guide/fr/003984-000/ ... autoplay=1

et également Holy smoke : http://www.arte.tv/guide/fr/050558-000/ ... autoplay=1 , le tout en VOSTF.
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-Kaonashi Yupa-
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Re: Jane Campion

Post by -Kaonashi Yupa- »

Boubakar wrote:Un ange à ma table en replay : http://www.arte.tv/guide/fr/003984-000/ ... autoplay=1
Chef d'oeuvre ! À ne pas rater !!
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Jeremy Fox
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Re: Jane Campion

Post by Jeremy Fox »

In the Cut - 2003

Malgré une intrigue proche du néant, la mise en scène de Campion m'a une nouvelle fois fait passer un très agréable moment. Sa manière de filmer New-York m'a grandement charmé ainsi que son sens du suspense et sa direction d'acteurs : Mark Ruffalo et Meg Ryan sont vraiment très bien et leur relation vénéneuse s'avère tout aussi troublante que captivante. C'est clair que ça n'atteint jamais le niveau de films comme The piano, Bright Star ou le mal-aimé Holy smoke mais je me place du côté des défenseurs de ce thriller érotico-sensuel bancal mais formellement très beau.
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Frances
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Re: Jane Campion

Post by Frances »

Jeremy Fox wrote:In the Cut - 2003

C'est clair que ça n'atteint jamais le niveau de films comme The piano, Bright Star ou le mal-aimé Holy smoke mais je me place du côté des défenseurs de ce thriller érotico-sensuel bancal mais formellement très beau.
Ca fait plaisir.
homerwell
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Re: Jane Campion

Post by homerwell »

Je suis un inconditionnel de cette réalisatrice.
Je te conseille "Un Ange à Ma Table" Jérémy, si tu veux compléter avec un film très fort.

Au fait, qui a un avis sur cette série : Top of the Lake ?
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Jeremy Fox
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Re: Jane Campion

Post by Jeremy Fox »

homerwell wrote:Je suis un inconditionnel de cette réalisatrice.
Je te conseille "Un Ange à Ma Table" Jérémy, si tu veux compléter avec un film très fort.
Ah mais j'adore aussi et Sweetie ne m'avait pas déplu non plus : le seul que je n'ai pas apprécié de toute sa filmographie est Portrait de femme malgré un sujet qui avait tout pour me passionner. Deux tentatives : même ennui. Alors que Bright Star et La Leçon de piano sont tous deux dans mon top 100
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Re: Jane Campion

Post by homerwell »

:wink:
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Frances
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Re: Jane Campion

Post by Frances »

Jeremy Fox wrote:
homerwell wrote:Je suis un inconditionnel de cette réalisatrice.
Je te conseille "Un Ange à Ma Table" Jérémy, si tu veux compléter avec un film très fort.
Ah mais j'adore aussi et Sweetie ne m'avait pas déplu non plus : le seul que je n'ai pas apprécié de toute sa filmographie est Portrait de femme malgré un sujet qui avait tout pour me passionner. Deux tentatives : même ennui. Alors que Bright Star et La Leçon de piano sont tous deux dans mon top 100
C'est drôle moi non plus je n'ai pas accroché à Portrait de femme, peut être à cause de N. Kidman avec laquelle j'ai toujours beaucoup de mal. En revanche j'avais eu un vrai coup de cœur pour l'étonnant et déconcertant Holy smoke. Harvey Keitel y est époustouflant.
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Jeremy Fox
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Re: Jane Campion

Post by Jeremy Fox »

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Holy Smoke - 1998

5ème opus de la formidable filmographie de Jane Campion, Holy Smoke, tout comme son précédent Portrait de femme, fut dans l’ensemble assez tièdement accueilli par la critique française. Il est vrai qu’après le galop d’essai d’une étonnante vitalité et d’une constante inventivité que constituait Sweetie, suivi de ses deux quasi parfaits Un Ange à ma table et La Leçon de piano (ce dernier consacré par le monde entier et notamment à Cannes où il reçut la récompense suprême), ses deux œuvres suivantes semblèrent à beaucoup bien en deçà ; ce qui n’était pas forcément faux ! Pour Holy Smoke, la talentueuse cinéaste néo-zélandaise fit de nouveau appel à l’acteur principal de La Leçon de piano, Harvey Keitel, ainsi qu’à l’actrice qui sortait tout juste du succès mondial du Titanic de James Cameron, la pulpeuse Kate Winslet. S’il est un élément qui peut être difficilement pris en défaut dans ce dernier film, c’est bien la confrontation de ces deux comédiens qui composent ici un formidable duo sans trop en faire contrairement à ce que l’on aurait pu croire au vu des personnages qu’ils eurent à interpréter.

En effet, l’histoire de ce film assez déroutant est celle de Ruth, jeune australienne, qui tombe sous la coupe d’un gourou lors d’un voyage en Inde. Inquiète, sa famille, par un stratagème assez roublard, réussit à la ramener au bercail ; seulement il reste à lui faire retrouver la raison et à la faire redescendre de son mysticisme sur terre. Pour cela, les membres de la famille font appel au plus célèbre ‘désenvouteur’ du pays. Avec Ruth, il se retire dans une cahute en plein désert afin de la ‘guérir’. Mais alors qu’il pense à avoir réussi, les rapports de force s’inversent et c’est lui qui tombe sous l’emprise de la jeune fille, dans un premier temps sexuellement attiré par elle ; il finira par en tomber follement amoureux au point d’accepter de laisser pointer sa fragilité et ses incertitudes, lui qui se présentait comme le mâle orgueilleux et sur de lui…

Comme si Jane Campion avait voulu, pour souffler un peu, ne plus se soucier de perfection plastique comme lors de ses précédents films, elle nous livre ici une œuvre assez foutraque et mal aimable, parfois kitsch et pas spécialement belle à voir, patchwork improbable entre sérieux et grotesque, romantisme et loufoquerie, poésie et trivialité, tour à tour exaspérante comme pouvait l’être Sweetie et, alors qu’on ne l’attendait pas, formidablement émouvante. Une œuvre chaotique dans ses incessants changements de ton, que Jane Campion a écrit à deux mains avec l’aide de sa sœur aînée. Une réflexion à la fois posée et disjonctée sur le mysticisme sectaire, sur l’éveil à la spiritualité, un parcours initiatique et érotique et au final une attachante et sensuelle histoire d’amour au cours de laquelle Ruth met à mal et retourne la misogynie de son ‘guérisseur’. L’on retrouve bien ici le généreux féminisme jamais moralisateur de la réalisatrice. Un film aussi souvent très drôle de par ses situations, sa galerie de personnages loufoques et ses quelques gags burlesques d’une grande efficacité, sans qu’il ne puisse cependant être considéré comme une comédie. Un film donc fortement bancal mais fascinant dont les qualités n’en ressortent que mieux au milieu de ses imperfections, de splendides séquences nous tombant subrepticement sur le bout du nez alors qu’on ne les attendait pas. Un bric-à-brac cinématographique très loin d’être parfait, l’agacement et la jubilation n’arrêtant pas de se céder la place, mais au final assez fascinant !
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Frances
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Re: Jane Campion

Post by Frances »

Bravo pour ton papier Jeremy. Tu rends avec beaucoup de justesse mon ressenti du film. Un film foutraque comme tu le précises fourmillant d’idées, construit comme un immense patchwork chatoyant, nimbé de couleurs chaudes (à mille lieues des lumières froides de la leçon de piano) terriblement envoutantes et presque parfumées. Jane Campion filme les corps de ses interprètes avec la sensualité et la crudité qu’on lui connait. Harvey Keitel et Kate Winslet portent le film avec un engagement formidables et sont terriblement attachants. Contente qu’il t’ait plu. :wink:
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Jeremy Fox
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Re: Jane Campion

Post by Jeremy Fox »

Bien aimé mais quand même nettement moins que Bright Star ou la Leçon de piano.
On y trouve aussi disséminés ici et là 2 ou 3 gags burlesques assez tordants comme celui où l'un des frères se prend le poteau en pleine figure dans un plan d'à peine une demi seconde et où on le voit quelques séquences plus tard le visage en sang. :mrgreen:
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El Dadal
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Re: Jane Campion

Post by El Dadal »

Je le trouve aussi passionnel et bouillonnant que les deux films que tu cites Jeremy. D'ailleurs, c'est mon trio Campionien.
Certains effets sont datés (l'étaient déjà en 1999) mais m'amusent beaucoup et le côté kitschouille que tu évoques, que l'on ne retrouve pas dans les deux autres, plus nobles en surface, n'est pas pour me déplaire parce qu'il vient en contraste avec une telle énergie tellurique, primaire, bulldozer à émotions, que ça permet de souffler un peu (les affaires de famille avec les frères que tu évoques, Pam Grier...). Et encore une fois, la BO de Badalamenti est au poil.
Et puis, c'est avec ce film que j'ai vraiment remarqué Kate Winslet... :fiou:
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Jeremy Fox
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Re: Jane Campion

Post by Jeremy Fox »

El Dadal wrote: Certains effets sont datés (l'étaient déjà en 1999) mais m'amusent beaucoup et le côté kitschouille que tu évoques,
Je ne pense pas qu'on puisse parler de datés puisque expressément kitsch (ce qui ne me déplait pas).