Jane Campion

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Jeremy Fox
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Re: Jane Campion

Post by Jeremy Fox »

Top of the Lake - 2013 (mini série)

Parfait exemple pour ceux qui douteraient encore du fait qu'une série puisse se hisser au niveau des meilleurs films. Un modèle d'écriture et de mise en scène au cours de laquelle la réalisatrice nous surprend à chaque tournant, nous emmenant là où nous ne l'attendions pas tout en gardant sa patte et ses thématiques bien caractéristiques. Un polar féministe mâtiné de drame de mœurs, une forte dose de sensualité et d'érotisme, de l'ironie jubilatoire (le personnage joué par Holly Hunter), de l'émotion, de l'aventure même, le tout soutenu par une photographie à tomber, des comédiens fabuleux (Elisabeth Moss en tête) et des personnages d'une formidable richesse. Le seul reproche que je lui ferais niveau scénario et de ne pas avoir voulu assumer
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l'inceste lors d'un retournement de situation final vite expédié et un peu gros.
Sinon rien à redire, c'est de haute volée et tout y est superbe.
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moonfleet
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Re: Jane Campion

Post by moonfleet »

Jeremy Fox wrote:Top of the Lake - 2013 (mini série)

Parfait exemple pour ceux qui douteraient encore du fait qu'une série puisse se hisser au niveau des meilleurs films. Un modèle d'écriture et de mise en scène au cours de laquelle la réalisatrice nous surprend à chaque tournant, nous emmenant là où nous ne l'attendions pas tout en gardant sa patte et ses thématiques bien caractéristiques. Un polar féministe mâtiné de drame de mœurs, une forte dose de sensualité et d'érotisme, de l'ironie jubilatoire (le personnage joué par Holly Hunter), de l'émotion, de l'aventure même, le tout soutenu par une photographie à tomber, des comédiens fabuleux (Elisabeth Moss en tête) et des personnages d'une formidable richesse. Le seul reproche que je lui ferais niveau scénario et de ne pas avoir voulu assumer
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l'inceste lors d'un retournement de situation final vite expédié et un peu gros.
Sinon rien à redire, c'est de haute volée et tout y est superbe.
Il y a deux situations d'inceste possibles dans Top of the Lake, mais je n'en dirais pas plus car c'est trop de dévoilements pour ceux qui n'ont pas encore vu la série. Pour faire court c'est vrai que le twist final
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le résultat des analyses
...est un vrai twist, cela ne m'a pas gênée car
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Happy ending first !! C'est une belle histoire d'amour en plus :wink:
Le personnage de la Gourou (Holly Hunter) est effectivement très drôle, elle suit les cours de la Bourse tout en répondant par des sentences étonnantes :D ...et quand elle en a marre de toutes ces folles (au bon sens du terme) elle se barre !! :D
Les lois de nos désirs sont des dés sans loisirs
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Jeremy Fox
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Re: Jane Campion

Post by Jeremy Fox »

Sweetie, premier long métrage cinéma de Jane Campion, ressort ce mercredi dans les salles. L'occasion de (re)découvrir cette oeuvre séminale, tant par les thèmes abordés que par la mise en scène. Une superbe mise en bouche avant la sortie le 28 octobre chez Pathé d'un coffret (DVD ou Blu-ray) regroupant l'intégralité des films de la cinéaste. On y reviendra lors d'une semaine spéciale...
La News

La chronique signée Pierre Charrel
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Thaddeus
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Re: Jane Campion

Post by Thaddeus »

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(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)


Sweetie
L’Australie, ce pays trop vaste où tout est différent, la faune, la flore, la couleur du ciel. Jane Campion y filme des êtres au comportement social dérangé, qui se débattent avec leurs névroses, leurs fêlures et leur intarissable culpabilité. Usant avec brio d’une palette saturée et de grands angles décadrés, elle dresse le portrait pathétique et mordant d’une famille ouvrière en crise et peint en couleurs rose bonbon toute l’humanité de personnages désarmés par l’angoisse de l’existence. Son ton à la fois cocasse et désenchanté, sa lucidité obstinée, son humour acerbe mêlé de détresse, font de cette chronique de l’horreur domestique, où la folie s’insinue dans le quotidien le plus banal et où l’anormalité contribue à déréaliser les situations les plus prosaïques, un premier film en tous points remarquable. 5/6
Top 10 Année 1989

Un ange à ma table
Trois romans autobiographiques de la Néo-Zélandaise Janet Frame adaptés en autant de parties interdépendantes autour de l’enfance, de l’adolescence et de l’âge adulte, vécus dans la douleur par un être exclu au monde qui trouve dans l’art à la fois un échappatoire et un moyen de survie radical. Cette femme effacée, hyperémotive, à la chevelure trop rousse de chicorée frisée, au corps trop encombrant, au cœur trop grand, apporte à la biographie une sorte d’attention diffractée à la réalité des choses. On la suit jusqu’à l’hôpital psychiatrique où le silence social la conduira, et d’où elle s’évadera par l’écriture avant de voyager, de s’accepter, de revenir apaisée dans son pays. Reste que, bien que très estimable, le film ne se défait jamais d’un académisme bon teint qui lui porte un peu préjudice. 4/6

La leçon de piano
À la faveur d’une sombre et instinctive symphonie organique, où la dramaturgie des passions naît dans les arbres de la fertilité, dans les forêts des pulsions secrètes (jalousie, frustration, vengeance, mutilation), dans les racines enchevêtrées qui enserrent mieux que les crinolines des vêtements, Campion orchestre mutismes et cris d’effrois, fait exploser les comportements codifiés, développe une tragédie brûlante qui emporte par sa noblesse mystérieuse. Le romantisme bouillonnant de ce portrait de femme confère un lyrisme houleux à son parcours : l’épanouissement d’une personnalité bridée par des contraintes physiques et morales, un éveil à la sensualité qui, progressivement, devient un éveil à l’amour. La musique de Michael Nyman, la beauté sophistiquée de ses tableaux, leur poésie sauvage, en font une œuvre superbe. 5/6
Top 10 Année 1993

In the cut
Plongeant hardiment et pour la première fois dans un film de genre, la réalisatrice n’a pas peur de se salir les mains, de se perdre dans les ruelles glauques d’un New York nocturne, de livrer un polar urbain, noir comme un as de pique tatoué sur un poignet d’homme. L’exercice lui sert à poser encore cette question : jusqu’où les fantasmes d’une femme vagabondent-ils ? Cette nouvelle exploration du désir féminin nous fait ainsi déambuler dans le cauchemar désiré de son héroïne, s’attache à ses vacillements perceptifs tandis qu’elle s’abandonne à son trouble et à sa confusion. S’il respecte les codes du film noir, avec sa mécanique tortueuse et son climat délétère de danger et de mystère, le film les déplace sur un terrain assez personnel, en témoignant d’une réelle beauté plastique. 4/6

Bright star
Ambitionnant de retranscrire la matière et la vérité poétique par les moyens du cinéma, Campion évite la joliesse illustrative et l’ornementation esthétique par une soumission constante aux vibrations intimes de la relation amoureuse qu’elle raconte, et par sa peinture pleine de matières dans laquelle la nature est reine. L’idylle entre Fanny Brawne et John Keats, inscrite dans une perspective d’immatérialité éphémère, puise dans la conception même du romantisme ses oppositions fondamentales – feu des passions et chasteté des comportements, fusion absolue des âmes et souffrance infinie de la séparation. Subtile et délicate, irradiée de lumière et de la présence vivante des éléments, cette œuvre délicate et feutrée n’atteint cependant que par intermittences l’émotion qu’elle vise. 4/6


Mon top :

1. La leçon de piano (1993)
2. Sweetie (1989)
3. Bright star (2009)
4. Un ange à ma table (1990)
5. In the cut (2003)

Jane Campion est une réalisatrice importante, sans doute l’une des plus talentueuses de notre époque. La singularité précieuse de son regard, ses préoccupations éminemment féminines, sa virtuosité d’esthète et ses qualités de filmeuse raffinée, la confiance romantique dont elle fait preuve à chacun de ses films, sont là pour en témoigner.
Last edited by Thaddeus on 14 Oct 19, 16:25, edited 4 times in total.
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Jeremy Fox
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Re: Jane Campion

Post by Jeremy Fox »

A l'occasion du test du coffret intégrale en Bluray qui sort chez Pathé (testé par Stéphane Beauchet et Pierre Charrel), un portrait de la cinéaste à travers ses films. Certains de ses films seront plus largement abordés au cours de la semaine, Top of the Lake y compris.
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Re: Jane Campion

Post by El Dadal »

Carton jaune à Pathé quand même, si je me fie au test Classik. Possédant déjà un certain nombre de films en blu à l'unité, ma principale raison d'acquérir le coffret était Holy Smoke! Mais franchement, je pense faire l'impasse tout court :|
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Rick Deckard
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Re: Jane Campion

Post by Rick Deckard »

Concernant La leçon de piano, je trouve que les noirs beaucoup trop clairs détruisent complètement l'atmosphère du film. Depuis j'ai acheté le blu-ray anglais qui a des noirs vraiment noirs ! (Mais seulement des sous-titres anglais sdh)
Il ne faut pas confondre des mecs qui s’excusent et dégât des eaux
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Re: Jane Campion

Post by Flol »

Rick Deckard wrote:je trouve que les noirs beaucoup trop clairs détruisent complètement l'atmosphère
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tenia
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Re: Jane Campion

Post by tenia »

El Dadal wrote:Carton jaune à Pathé quand même, si je me fie au test Classik. Possédant déjà un certain nombre de films en blu à l'unité, ma principale raison d'acquérir le coffret était Holy Smoke! Mais franchement, je pense faire l'impasse tout court :|
Je n'ai pas eu accès à tous les check discs, mais oui, au final, la partie que j'ai vu n'était pas enthousiasmante. Clairement, c'est plus de la récup' en mode patchwork de masters HD existants, ce qui est dommage vu l'âge de la plupart d'entre eux.
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Jeremy Fox
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Re: Jane Campion

Post by Jeremy Fox »

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Jeremy Fox
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Re: Jane Campion

Post by Jeremy Fox »

On termine notre semaine spéciale avec la chronique de sa minisérie, Top of the Lake par Pierre Charrel.
ballantrae
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Jane Campion par Michel Ciment

Post by ballantrae »

Peut-être ce nouveau topic devrait-il faire suite à un topic existant que je n'ai su trouver...je laisse aux + expérimentés le soin d'en juger!

L'objectif est de signaler la venue de Michel Ciment en Dordogne dans notre cinéma Max Linder de Ribérac les 6 et 7 avril justement autour du cinéma de Jane Campion auquel il a consacré un fort bel album Jane Campion par Jane Campion (éditions Cahiers du cinéma contre toute attente!):

-mercredi 6 avril à 20h30 la leçon de piano + conférence/débat avec MC
-jeudi 7 avril à 8h Bright star + conférence/débat avec MC

Ce sont des moments ouverts tout autant à nos élèves d'option cinéma qu'au public qui désire venir.
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Jack Carter
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Re: Jane Campion par Michel Ciment

Post by Jack Carter »

ballantrae wrote:Peut-être ce nouveau topic devrait-il faire suite à un topic existant que je n'ai su trouver.
http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... &p=2504559
ballantrae
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Re: Jane Campion

Post by ballantrae »

Merci et désolé donc!
ballantrae
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Re: Jane Campion par Michel Ciment

Post by ballantrae »

Très beau moment en compagnie d'un grand monsieur qui a su durant ses interventions nous replonger dans les 80' à l'orée de la carrière de J Campion mais aussi mettre en lumière le processus créatif, les motifs d'une cinéaste qui n'a pas toujours la place de premier plan qu'elle devrait avoir.
Mais je reviendrai sur tout cela.