Notez les films de Décembre 2010

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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bronski
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Notez les films de Décembre 2010

Post by bronski »

Un baiser s'il vous plaît (Emmanuel Mouret - 2007)

Un film fin, intelligent (intello), mis en scène de façon précise et qu'on sent patiente par l'auteur. La musique classique est très belle.
Je suis par contre un peu plus réservé sur le jeu des acteurs, c'est indéniablement "du Mouret" comme on a pu dire "du Rohmer" (auquel Mouret fait automatiquement penser), mais c'est dur pour moi de dépasser le côté artificiel des personnages et des dialogues, là où la déclamation et le jeu des acteurs d'un Rohmer fait des merveilles. Disons qu'il faut s'y habituer, et le film de Mouret a plus de mal de ce côté-là.
Cela étant dit, les acteurs s'en sortent quand même très bien (mention spéciale à Stefano Accorsi) et j'ai bien aimé ce film, un joli divertissement d'une heure trente. Je n'ai pas arrêté de penser à Tarantino pendant tout le film, je sais c'est pas bien. 7/10
Joe Wilson
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Re: Notez les films de Décembre 2010

Post by Joe Wilson »

Disgrâce (Steve Jacobs)

Une mise en scène d'une sobriété presque exemplaire dans son exploration de la tension post-apartheid en Afrique du Sud, et dans sa perception d'une fracture intime, quasiment niée. Les interprétations de John Malkovich et Jessica Haines, d'une rigueur douloureuse, renforcent cette impression de clarté et de lucidité. Cependant, le propos reste assez éloigné du roman de J. M Coetzee, ce qui ne peut que laisser une impression de frustration, malgré la qualité de l'approche de Steve Jacobs. Il manque la violence sourde de l'écrivain, objet d'une colère brute et souvent poignante dans sa froideur même.
Le scénario s'appliquant à suivre avec fidélité le roman, les relations entre les personnages s'en trouvent bouleversées. Et forcément affadies.
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nobody smith
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Re: Notez les films de Décembre 2010

Post by nobody smith »

HEROIC DUO de Benny Chan
Après mes visionnages de new police story et invisible target, ça n’est pas ce heroic duo qui va élevé mon appréciation de Benny Chan. Le réalisateur se la joue ici sous-Johnnie To. Il nous lâche ici dans des effets de mise en scène plein d’esbrouffe en multipliant les idées supposées ingénieuses jusqu’au dégout. Cela donne une efficacité toute relative vu la conviction minime que semble avoir Chan dans son dispositif. Dommage le script méritait probablement mieux par son utilisation de l’hypnose et d’une structure narrative sympathique (un revirement de situation contenant en lui-même un autre revirement). Reste un truc se laissant regardé (toujours aussi dingues les cascades chez Chan) mais pas franchement inoubliable.

À BOUT PORTANT de Fred Cavayé
Je m’étais laissé abuser par la campagne publicitaire de pour elle à sa sortie en salle et étais complètement passé à côté. Vu les excellents retours de son premier long, je n’allais pas manquer le nouvel effort de Cavayé. De l’aveu de ce dernier, il a voulu orienter à bout portant vers l’action pure. Et c’est effectivement le cas, à un tel point qu’on est à la limite de l’exercice de style. Ne s’offrant qu’un sujet peu original (un quidam doit s’allier avec un truand pour tenter de sauver sa femme kidnappé) et des rebondissements un brin conventionnels (le choix des grands méchants de l’histoire), il offre surtout une démonstration de son talent avec un script bien fignollé (enjeux simples et toujours relancés) et une réalisation en béton armé (nerveux de bout en bout). Pas de quoi en faire donc un summum du genre mais un divertissement tout à fait recommadable et sympathique.
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AtCloseRange
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Re: Notez les films de Décembre 2010

Post by AtCloseRange »

Machete
La bande annonce suffisait. Beaucoup de bruit pour pas grand chose.
A part s'amuser de certains caméos (merci Lindsay Lohan), c'est paresseux, bruyant, terriblement mal filmé et pas drôle.
Je regrette vraiment de voir la talentueuse Michelle Rodriguez réduite à ce genre de rôle.
7swans
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Re: Notez les films de Décembre 2010

Post by 7swans »

AtCloseRange wrote: Je regrette vraiment de voir la talentueuse Michelle Rodriguez réduite à ce genre de rôle.
Heu...
C'est a dire qu'on parle de l'actrice qui a enchainée Les Fast and Furious, SWAT, Blue crush, Bataille à Seattle ou encore un Uwe Boll.
En deux mots : Elle a fait bien pire que Machete!
Comme les Notting Hillbillies : "Missing...Presumed Having a Good Time (on Letterboxd : https://letterboxd.com/ishenryfool/)"
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AtCloseRange
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Re: Notez les films de Décembre 2010

Post by AtCloseRange »

7swans wrote:
AtCloseRange wrote: Je regrette vraiment de voir la talentueuse Michelle Rodriguez réduite à ce genre de rôle.
Heu...
C'est a dire qu'on parle de l'actrice qui a enchainée Les Fast and Furious, SWAT, Blue crush, Bataille à Seattle ou encore un Uwe Boll.
En deux mots : Elle a fait bien pire que Machete!
C'est pas faux :mrgreen:
Néanmoins, que ce soit dans le film qui l'a fait éclore Girlfight ou dans Lost, je suis persuadé qu'elle vaut bien mieux que les films dans lesquels elle a généralement joué (t'as oublié Avatar :wink: ).
Il semble que son caractère particulièrement difficile lui joue des tours.
ça a cassé la carrière à d'autres acteurs talentueux(Christian Slater, Sean Young)
7swans
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Re: Notez les films de Décembre 2010

Post by 7swans »

AtCloseRange wrote: Néanmoins, que ce soit dans le film qui l'a fait éclore Girlfight ou dans Lost, je suis persuadé qu'elle vaut bien mieux que les films dans lesquels elle a généralement joué
J'ai longtemps voulu voir Girlfight, et puis j'ai vu l'année dernière (ou cette année, je ne sais plus) Jennifer's body par la réalisatrice de Girlfight (Karyn Kusama)... Ni une ni deux, navet de l'année. ça m'a calmé.
(t'as oublié Avatar :wink: ).
Je n'en ai pas parlé, je n'ai pas vu ce "Avatar" dont tu parles.
Mais il doit bien avoir sa place entre Uwe Boll et SWAT.
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Colqhoun
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Re: Notez les films de Décembre 2010

Post by Colqhoun »

AtCloseRange wrote:Machete
La bande annonce suffisait. Beaucoup de bruit pour pas grand chose.
Oui bon, Robert Rodriguez... on est fixé sur la qualité de la marchandise avant même d'avoir vu la moindre image avec lui.
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Profondo Rosso
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Re: Notez les films de Décembre 2010

Post by Profondo Rosso »

Howard the duck de Willard Huyck (1986)

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Howard T. Duck est un canard humanoïde qui vit sur une planète remplie de canards comme lui. Mais un jour, alors qu'il se prélasse sur son fauteuil, il se retrouve aspiré dans l'espace et atterrit sur la planète Terre. Il se fait recueillir par une rockeuse, Beverly.

Aujourd'hui conspué par les fans pour ses multiples retouches numériques sur la première trilogie Star Wars (et son long refus de sortir les épisodes sous leurs forme originale jusqu'à récemment) et sa controversée nouvelle trilogie récente, il fut pourtant un temps où tout était pardonné à George Lucas. Sa volonté de fonder son empire avait conduit à un Retour du Jedi en demi teinte (pas un mauvais film mais très en dessous des promesses de L'Empire Contre - Attaque) avec notamment l'apparition des ewoks (rapellons qu'à l'origine ce devais être les frères wookies de Chewbacca à la place) destiné à alimenter le merchandising de jouet. Ces même ewok allait être l'objet de leur propre film avec le niaiseux L'Aventure des Ewoks mais l'aura de Lucas était telle que tout ces égarements seraient pardonné.

Le mythe allait pourtant sérieusement s'effriter pour la première fois avec ce Howard the duck (adapté d'un délirant et méconnu comics Marvel de Steve Gerber qui reniera d'ailleurs cette version filmée), blockbuster pharaonique et succès annoncé qui devait renfloué Lucas après un divorce couteux et la construction de son Skywalker Ranch. L'échec sera pourtant monumental, le film accumule les razzie award (dont plus tard celui de pire film de la décennie) se traîne un réputation de nanar absolu et constitue une grosse tâche dans le cv de tout ses participants. Tim Robbins débutant est particulièrement mauvais, John Barry renie son score d'une effroyable nullité et la carrière prometteuse du réalisateur Willard Huyk (responsable avec sa femme des script de American Graffiti ou encore Indiana Jones et le Temple Maudit pour George Lucas) tuée dans l'oeuf.

Alors à la découverte aujourd'hui une fois les passions calmées le film est t il une telle abomination ? Honnêtement non même si on est loin du chef d'oeuvre voire même du bon film tout court. L'échec commercial du film viendra de son pitch lorgnant vers le récit pour enfant contrebalancé par un ton adulte rigolard et osé qui le rendra invendable. L'histoire nous dépeint les mésaventures d'Howard, canard vivant dans une Terre parallèle où ne vive que ses semblables qui se retrouve aspiré dans notre monde. On aura vite fait le parallèle avec ET à travers les pérégrinations de notre canard parmi les humains. mais là où ET est bienveillant, fragile et amical Howard se traîne un caractère ronchon épouvantable, jure comme un charretier et est toujours prêt à ruer dans les brancards si son honneur est en jeu.

C'est le caractère de ce héros atypique (génialement joué par le nain Ed Gale enfilant le costume ridicule pour l'occasion) qui fait tout le sel d'un film qui par ailleurs multiplie les fautes de gouts. Les effets spéciaux de ILM sont réussis mais affreusement ringards dans leur exécution (le costume de Howard donc, les pouvoirs du méchants qui singent SOS Fantôme et les Star Wars) l'hilarité est de mise lors de l'histoire d'amour premier degré entre Howard et Beverly (Lea Thompson révèle dans Retour vers le futur) la jeune humaine qui lui vient en aide et la patine 80's de l'ensemble (coupe de cheveux à la permanente flamboyante, bande son datée) achève le tout.

Pourtant étrangement le charme opère donc, par la grâce de son délirant héros d'une narration menée tambour battant et de quelques scènes vraiment très drôle. L'audition du canard pour trouver du travail, sa pratique du duck fu sur les méchants ou encore l'excellente scène d'ouverture où plusieurs figures de la pop culture sont détournées version canard sont à signaler parmi les bons moments. A défauts d'être réussi, Howard the duck parvient à amuser et relativement distraire, le final spectaculaire où il est une fois de plus question de sauver le monde s'avérant même assez palpitant. Pas indispensable mais en tout cas loin de l'atrocité annoncée, l'échec commercial ayant sans doute renforcé cette fâcheuse réputation. 3/6
frédéric
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Re: Notez les films de Décembre 2010

Post by frédéric »

Supergrave

Malgré des dialogues assez en dessous de la ceinture dont un premier quart d'heure assez indigeste, le film prend vraiment par la suite avec ces aventures plutôt délirantes qui arrivent aux héros sans oublier les flics complètement déjantés. Bref, je me suis bien marré et on passe un bon moment.
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Profondo Rosso
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Re: Notez les films de Décembre 2010

Post by Profondo Rosso »

Monsters de Gareth Edwards
On est plus proche du film de reportage en territoire hostile façon "L'année de tout les dangers" que du pur film de monstres à travers le périple du couple de héros où l'argument fantastique aurait remplacé un vrait conflit politique et militaire. Du coup le message sous jacent sur le protectionnisme et l'isolationnisme américain, la paranoia se fond bien dans l'ensemble et les créatures en menace latente sont motif de tension latente constante et permette le rapprochement des héros. C'est très sombre et positif à la fois avec de pure image d'apocalypse et de désolation auquel le lien de plus en plus fort du duo permet de faire face, la relation est vraiment très bien écrite au antipode des facilité du cinéma hollywoodien lambda. Gareth Edwards fait des miracle en délivrant un film à la facture visuelle somptueuse (effets spéciaux carrément épatant), la photo est splendide et magnifie les multiples paysages traversés porté par un beau spleen apporté par le score de John Hopkins. C'est apaisé et désespéré à la fois tout du long à l'image de la belle scène finale où
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ils s'avouent leur sentiment alors qu'on sait leur fin proche
Il faut juste ne pas venir en croyant voir un autre Cloverfield... 5,5/6
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Flol
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Re: Notez les films de Décembre 2010

Post by Flol »

Profondo Rosso wrote:C'est apaisé et désespéré à la fois tout du long à l'image de la belle scène finale où
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ils s'avouent leur sentiment alors qu'on sait leur fin proche
Et à signaler que
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la fin correspond au début du film...et vice versa.
Ce qui rend cette fin d'autant plus émouvante.
Profondo Rosso wrote:Il faut juste ne pas venir en croyant voir un autre Cloverfield...
Exactement. Et je pense que la déception de certains vis-à-vis de ce film vient principalement de là.
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Re: Notez les films de Décembre 2010

Post by Ryo_Saeba »

I Saw the Devil (2010) : Grosse performance de Choi Min-sik (comme d'hab j'ai envie de dire) et dans l'ensemble un film très impressionnant et maîtrisé de bout en bout sur la forme. C'est dommage qu'on ne puisse pas en dire de même sur le fond qui il faut le dire est un peu facile et gratuit.
7/10
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Profondo Rosso
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Re: Notez les films de Décembre 2010

Post by Profondo Rosso »

Ratatouille wrote:
Profondo Rosso wrote:C'est apaisé et désespéré à la fois tout du long à l'image de la belle scène finale où
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ils s'avouent leur sentiment alors qu'on sait leur fin proche
Et à signaler que
Spoiler (cliquez pour afficher)
la fin correspond au début du film...et vice versa.
Ce qui rend cette fin d'autant plus émouvante.
Profondo Rosso wrote:Il faut juste ne pas venir en croyant voir un autre Cloverfield...
Exactement. Et je pense que la déception de certains vis-à-vis de ce film vient principalement de là.
Oui
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le double sens de la fin
renforce vraiment l'émotion sinon moi aussi j'ai vu pas mal d'avis mitigé sur la teneur plus intimiste que prévue du film c'est dommage de passer à côté à un moment il faut oublier ses attentes et accepter le spectacle tel qu'il nous est proposé.

Sinon

Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre (1981)

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Louis Coline (Gérard Lanvin), marié avec Nina (Nathalie Baye), est employé dans le service marketing d'un grand magasin parisien. Un matin, on annonce un plan social et le rachat du groupe par un certain Bertrand Malair (Michel Piccoli). Ce dernier arrive de façon très discrète et se montre relativement mystérieux et laconique. Il entre en contact avec Louis, qu'il décide de garder et même de le gratifier d'une promotion de chef de la publicité du magasin. Entrant dans la sphère d'influence du président, va naître chez Louis une fascination pour Bertrand qui ira jusqu'à s'immiscer dans sa vie privée...

Adapté d'un roman du roman Affaires étrangères de Jean-Marc Roberts, voilà ce qui est sans doute un des films les plus juste sur le monde de l'entreprise, et des rapports dominant/dominés qui s'y jouent. On assiste ainsi à la lente déchéance d'un employé d'un grand magasin, pressuré jusqu'à la moelle par son patron Michel Piccoli. Cette descente aux enfer suit une évolution parfaitement pensée par Pierre-Granier Deferre à travers les méthodes employés par le patron pour déstabiliser son personnel. C'est donc tout d'abord un grand patron invisible et sans nom qui va distiller le malaise parmi ses employés à son arrivée, laissant planer le doute sur son activité, ses origines et ses projets quant à l'entreprise. Ainsi sous tension, les subalternes s'avèrent d'autant plus malléable lorsqu'il entre en scène, craintifs qu'ils ont pour leur avenir.Une méthode de management par la peur qui annihile toute opposition lorsque les immanquables décisions révoltantes et renvoi en tout genre se feront sentir.

Gérard Lanvin en monsieur tout le monde gouailleur progressivement broyé psychologiquement par Piccoli est parfait, et on comprend le choix d'avoir choisi un acteur aussi physique et charismatique la soumission n'en étant que plus surprenante et forte. Quant à Michel Piccoli, il est vraiment fabuleux : sourire en coin aussi amical que menaçant, la réplique la plus anodine sonnant toujours de manière déstabilisante, c'est un véritable vampire de l'âme aspirant la personnalité et la volonté de ses employés jusqu'à la rupture. Jean-Pierre Khalfon en sbire sinistre et soumis est tout aussi pathétique et inquiétant, tandis que Nathalie Baye en épouse dépassée est comme souvent formidable de dépassée.

Avec une histoire pareille, on pouvait s'attendre à un traitement baroque (façon The Servant de Losey) et une mise en scène marquée pour illustrer ses rapports de soumission. Il n'en est rien et c'est ce qui fait toute la force du film qui adopte un ton feutré, sobre et glacial. La perte de repère de Lanvin se fait de manière insidieuse, dictée par des situations de plus en plus sournoise (le passage où Piccoli vient sans gêne dormir chez Lanvin pour le tester) et des relations presque de camaraderie (ce qui rend d'autant plus dur de s'en détacher que si le rapport avait été tendu)entre patron et employé. Le sourire carnassier de Piccoli finit par briser toute fierté et autonomie chez Lanvin qui perd tout sans sourciller et colle aux basques de son mystérieux supérieur. Il est sous-entendu (un peu trop même) que c'est l'absence de père qui permet à Piccoli de s'engouffrer dans la brèche et totalement assujettir Lanvin, comme le suggère une conclusion pathétique et troublante. Très réussi. 4,5/6
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AtCloseRange
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Re: Notez les films de Décembre 2010

Post by AtCloseRange »

Monsters - Gareth Edwards
C'est donc ça le film dont on voit l'affiche sur Paris parsemée de qualificatifs laudateurs?
Ce nouveau "Blair Witch" est un non film d'une pauvreté affligeante. Scénario indigent, dialogues creux, péripéties exsangues, caméra à l'épaule systématique (c'est bien pratique quand on ne sait pas vraiment ce qu'on veut cadrer), fin ridiculissime (bien vu Karras pour l'hommage à Paul le Poulpe).
Alors je veux bien admettre que pour un film de fin d'étude fauché et si j'étais pote avec Gareth Edwards, je dirais "Bravo, continue! Tu vas peut-être pouvoir faire du cinéma un jour!".
Seulement, je ne le connais pas ce Gareth Edwards et son film sort au cinéma. En plus de ça, une partie de la critique est emballée alors là, je suis bien obligé de tacler ce pauvre pauvre film.
Poru ceux qui viendraient à la charge en disant que la presse a mal vendu le film en parlant de Cloverfield et de District 9: effectivement, sauf à la surface des choses, c'est une comparaison relativement inepte puisque ce film ressemble beaucoup plus au final à "Midnight Run" ou à "New York Miami".
C'est dire si on nous a mené en bateau...