Kiyoshi Kurosawa

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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cinephage
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Re: Kiyoshi Kurosawa (1955-)

Post by cinephage »

Ratatouille wrote:Bon en gros, c'est pas terrible Kurosawa, c'est ça ?
Kurosawa a une carrière bourrée de bric et de broc. On y trouve des choses géniales, d'autres plus brouillonnes (grosso modo de essais de faire autre chose, géniaux quand ça marche, un peu barbant quand ça plante). Mais c'est un parcours formidable, jonché de pépites fabuleurse.
Notamment, Kurosawa est un des cinéastes dont l'utilisation du cadre est parmi les plus passionnantes (jeu sur les surfaces, hors-champ/in-champ, amorces...). De même, son utilisation du numérique est fine, discrète, et pourtant redoutablement efficaces, au service de la mise en scène et du récit (dans le même sens que, par exemple, les collages numériques invisibles de Cuaron).
Ses films valent largement le coup d'oeil, dans l'ensemble.
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Flol
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Re: Kiyoshi Kurosawa (1955-)

Post by Flol »

Je n'en ai vu qu'un de lui : Kaïro. C'était il y a longtemps (à la sortie du film, en fait), et j'en garde un souvenir assez mitigé malgré 2-3 scènes de trouille réussies.
Je serais tout de même curieux de le revoir aujourd'hui (à 21 ans, j'étais quand même vachement moins mûr qu'actuellement.....ahem....), mais ce que disent Anorya et Leol du reste de sa filmographie ne me donne pas franchement envie d'en découvrir davantage...
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cinephage
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Re: Kiyoshi Kurosawa (1955-)

Post by cinephage »

Ratatouille wrote:Je n'en ai vu qu'un de lui : Kaïro. C'était il y a longtemps (à la sortie du film, en fait), et j'en garde un souvenir assez mitigé malgré 2-3 scènes de trouille réussies.
Je serais tout de même curieux de le revoir aujourd'hui (à 21 ans, j'étais quand même vachement moins mûr qu'actuellement.....ahem....), mais ce que disent Anorya et Leol du reste de sa filmographie ne me donne pas franchement envie d'en découvrir davantage...
Parce que la Cinémathèque nous fait une intégrale, qui comprend des raretés ou des commandes, intéressantes quand on veut comprendre le cinéaste, mais pas ce qu'il a fait de meilleur (et qui est déja sorti en salle et en dvd en France, sur ce coup-là on a de la chance). Les posts d'Anorya et Leol suggèrent qu'il n'y a pas de "pépite cachée" dans son oeuvre, et que ses films de commandes sont bien cela. D'ailleurs, pour Charisma, moi non plus je ne l'aime pas beaucoup.

Tente Retribution ou Tokyo Sonata (dans des registres très différents, un film de frousse et un drame social), la mise en scène y est au cordeau, et je serais surpris que ces films te déplaisent totalement.
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Flol
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Re: Kiyoshi Kurosawa (1955-)

Post by Flol »

Ok je note, merci pour ces infos.
Super Soul
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Re: Kiyoshi Kurosawa (1955-)

Post by Super Soul »

Séance, aussi, c'est vachement bien !
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Anorya
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Re: Kiyoshi Kurosawa (1955-)

Post by Anorya »

Ratatouille wrote:mais ce que disent Anorya et Leol du reste de sa filmographie ne me donne pas franchement envie d'en découvrir davantage...
Je suis pourtant bien plus enthousiaste que Leol. :o :|
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Re: Kiyoshi Kurosawa (1955-)

Post by Harkento »

J'ai beaucoup aimé Retribution pour ma part ! Il arrive encore à me surprendre alors qu'il exploite toujours le genre horrifique - à sa manière - et ses thématiques habituels : l'isolement, la disparition, l'incommunicabilité, la mort, la contamination, etc. Kairo, Cure et Tokyo Sonata sont clairement mes trois préférés mais il me reste à voir ses premières oeuvres !

Et je suis totalement d'accord avec toi, Cinéphage : ce qu'il arrive à faire juste avec l'utilisation du cadre, c'est incroyable ! Ce qui prouve qu'aujourd'hui, avec les possibilités du numérique et toutes les révolutions qu'il y a eut ces 30/40 dernières années (effets spéciaux, son, montage, caméra numérique, etc), on peut se montrer génial quand on est réellement inspiré et qu'on a quelque chose à raconter. D'ailleurs, K. Kurosawa me fait un peu penser à Carpenter dans la simplicité et l'intelligence de la mise en scène : c'est souvent des lieux clos qui hantent les personnages (des villes, des bâtiments) et il y a toujours une énorme sobriété dans leur façon de montrer les évènements, les situations, tout en parvenant à nous angoisser. Moi je dis Chapeau !
LéoL
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Re: Kiyoshi Kurosawa (1955-)

Post by LéoL »

Anorya wrote:
Ratatouille wrote:mais ce que disent Anorya et Leol du reste de sa filmographie ne me donne pas franchement envie d'en découvrir davantage...
Je suis pourtant bien plus enthousiaste que Leol. :o :|
Il me semble aussi :P .
Mais pour atténuer mes propos qui peuvent paraître un peu sévère, je dois dire que je trouve plus de cinéma dans n'importe quelle scène de Kurosawa que dans la plupart du cinéma actuel.
C'est simplement que la plupart du temps ses histoires ne me passionnent pas outre mesure, et ça c'est assez subjectif.
Mama Grande!
Machino
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Re: Kiyoshi Kurosawa (1955-)

Post by Mama Grande! »

Ratatouille wrote:Je n'en ai vu qu'un de lui : Kaïro. C'était il y a longtemps (à la sortie du film, en fait), et j'en garde un souvenir assez mitigé malgré 2-3 scènes de trouille réussies.
Je serais tout de même curieux de le revoir aujourd'hui (à 21 ans, j'étais quand même vachement moins mûr qu'actuellement.....ahem....), mais ce que disent Anorya et Leol du reste de sa filmographie ne me donne pas franchement envie d'en découvrir davantage...
Quand j'ai vu Kairo, j'avais 14 ans et étais donc vraiment pas mûr du tout :D En effet, j'avais trouvé le film vaguement angoissant par moment sans plus...il faut dire que j'en attendais un Ring bis. Puis j'ai revu le film il y a 2-3 ans et la redécouverte fut totale. Ce n'est plus l'aspect horrifique réussi sans plus qui m'a intéressé, mais l'ambiance. Kurosawa arrive avec une grande économie de moyens à transformer la ville tentaculaire et surpeuplée de Tokyo en une gigantesque maison hantée, où la solitude fait de ses habitants des fantômes au sens littéral comme figuré. Kurosawa se sert brillamment des codes du film de genre pour dresser un portrait d'une ville moderne trop moderne pour être humaine. Ca en fait un film profondément angoissant sur le fond, bien plus glaçant que nombre de films plus orientés flippe. Tout ça pour dire qu'avec toute la maturité que tu as prise depuis, tu le réévaluerais probablement ;)
Eigagogo
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Re: Kiyoshi Kurosawa (1955-)

Post by Eigagogo »

A l'occasion de la retro, nous avons interviewé le cinéaste (pour enfin parler d'autre chose que ses films de fantôme :x )

http://eigagogo.free.fr/fr/entretien-ki ... rosawa.php

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Anorya
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Re: Kiyoshi Kurosawa (1955-)

Post by Anorya »

Très intéressante entrevue, merci à vous. :)


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Et hop, petit avis sur Kandagawa Wars ainsi que Doppelgänger (sur le topic du film sous peu).


Kandagawa Wars (1983).


Bienvenue dans l'univers impitoyable de Kandagawa (le titre fait référence à la rivière Kanda qui traverse Tokyo apparemment) Wars. Entrez donc contempler ces étudiants libidineux écrasés par un boulot insignifiant ou une mère incestueuse possessive, venez voir ces étudiantes nymphomanes qui n'hésitent pas à vouloir délivrer ce pauvre étudiant en cinéma par bonté de cul, pardon de coeur, venez, venez, entrez dans le grand et beau n'importe quoi. :D


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Comme il a été mentionné dans l'entrevue juste au dessus, Kurosawa tourne donc bien sa première oeuvre sous la bannière du pinku-eiga, ce qui l'oblige à délivrer des plans de fesses et seins quasiment toutes les 5 minutes (cahier des charges oblige) en échange d'une relative et presque totale liberté. Contrairement à ce que je pensais, le film se laisse agréablement regarder. Certes bien sûr, on est plus sous l'égide de la pochade rigolote (l'ensemble ne manque pas d'humour totalement absurde voir noir, des petites pincettes que l'ami Kiyoshi saupoudrera à nouveau à petites doses des films comme Séance et plus largement, Doppelganger) que d'une maîtrise absolue et de thèmes récurrents mais déjà plusieurs choses percent déjà quand d'autres voies seront elles délaissées par la suite.

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Par exemple, on retrouve déjà une femme vêtue de rouge (forcément). Pas encore fantôme telle que celle qu'on aperçoit brièvement dans Séance et qui est le point central de Retribution, mais quand même, la coïncidence est frappante. Plus étonnant aussi, de courts travellings et plans-séquences qui font déjà montre d'un soin évident, sans oublier des cadrages tip-top. Tout aussi frappant, ce plan d'un homme qui, au moment de la jouissance, se voile (de honte) le visage d'un drap. Comment, pour les connaisseurs de l'oeuvre de maître Kuro, ne pas penser à la femme vêtue du sac poubelle comme masque de néant dans Kaïro ?

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Enfin, ce qui disparaîtra très rapidement et surprend agréablement ici, les citations cinéphiliques (de la Nouvelle Vague en grande partie) et les nus. Chaque acte est filmé comme mollement. Le salaryman japonais est écrasé par son boulot insignifiant, sa copine peine à jouir, lassée. Peu d'excitation pour la chair (pas de dégoût non plus quand même), exceptée une séquence de masturbation qui n'a rien à envier à ce qu'on retrouvera plus tard chez un Lynch (je préfère même celle de chez Kurosawa même si il n'y a pas trop de comparaison possible). La chair est triste, j'ai vu tous les films ? Peut-être, peut-être... On sent le jeune chien fou passionné de Godard (citations de titres entres autres sur les murs de la chambre/salle occupée par le jeune étudiant, montage jump-cut sur les scènes d'amour (gné ? :shock: ), générique "parlé" à la manière du Mépris à la fin du film) qui expérimente comme il peut/veut, se permettant des pincées de poésie disparate.

Au final, petit ovni sympathique dans sa filmographie, le film n'est pas à bouder loin de là. Au contraire d'autres oeuvres presque plus "pensum-lourd" qui n'en deviennent que plus pénible à côté (Charisma.... :| ), ce Kandagawa Wars sans prétention si ce n'est celle de divertir au minimum avec un peu de sexe soft et de l'humour absurde et un brin cul-cul n'en ressort que bigrement plus sympathique. 4/6. :D
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Demi-Lune
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Re: Kiyoshi Kurosawa (1955-)

Post by Demi-Lune »

Ça a l'air paillard. C'est cool. :D
Anorya
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Re: Kiyoshi Kurosawa (1955-)

Post by Anorya »

Demi-Lune wrote:Ça a l'air paillard. C'est cool. :D
Eh ben ça l'est. Mais c'est agréable. :oops: :)


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Doppelganger (Kiyoshi Kurosawa - 2003).


Michio Hayasaki, ingénieur surdoué, travaille pour la recherche médicale. Ses employeurs fondent de grands espoirs sur son nouveau projet : une chaise roulante intelligente qui fait corps avec son malade. Soumis à cette forte pression, Michio Hayasaki traverse une crise difficile à gérer. Lors d'une expérience, il fait la connaissance de son "Doppelgänger", un double qui, d'après les croyances locales, annoncerait une mort prochaine...


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Rétrospective Kiyoshi Kurosawa, hopla.
L'auteur en profite régulièrement pour puiser dans ses thématiques et les renouveler constamment avec un soin et une application admirable. Ici, point de femme rouge ou de fantôme (malgré 20 premières minutes --captures ci dessus-- foutrement inquiétantes qui rappellent de par l'utilisation de la lumière, du cadrage et du son qu'on est bien en présence du maître qui a livré Kaïro) mais le retour de l'idée du double, le fameux doppelganger apparu brièvement dans le très riche Séance et qui, sans doute du fait de sa trop fugace apparition dans ce dernier, ne permettait pas une utilisation de toutes les potentialités que ça pouvait suggérer (rivalité/complicité/ubiquité/actions détournées et j'en passe...) et que le cinéaste va donc habilement combler avec ce film.


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Pour à la fois suggérer le conflit entre Michio (fabuleux Koji Yakusho que je retrouve là avec plaisir) et son doppelganger, Kurosawa va soigner à la fois sa mise en scène comme son histoire. Si dans de nombreux plans (grâce à un trucage similaire apparemment à celui de Faux-semblants ?) le cinéaste montre le bonhomme avec son double, il n'hésite pas dans un premier temps par des splits-screens aux bords élargis (qui rapprochent plus les cases de la composition artistique propre aux mangas et autres bandes dessinées) à montrer leur séparation (essentiellement éthique, le doppelganger ne s'embarrant pas d'états d'âmes et semble plus mauvais que l'original à première vue). Si Michio parle à son double, celui-ci ne le regarde pas, ou par la juxtaposition des cadres, ne le regarde pas directement, signifiant que l'entente n'est pas encore possible.

Malgré la peur d'une mort incertaine mais dès lors annoncée, l'ingénieur va plus ou moins s'accommoder de la présence de cet envahisseur, comprenant qu'il peut en tirer parti pour sa recherche. Devenu allié, les cadres disparaissent, les deux personnages rentrent dans le plan, mais pour combien de temps ? L'original continuant de penser que son double va finir par se débarrasser de lui d'une manière ou d'une autre. Avec cette disparition de bords-frontière, disparaît aussi progressivement toute éthique. Une phrase du double devenant alors plus ou moins prophétique (Ce n'est qu'une question de temps clame-t-il, puisqu'ils ne feront plus qu'un au final...), le spectateur peut sans doute s'apercevoir que le bon Michio, va progressivement au fil du film comme son double, se débarrasser de toute morale, quitte à faire ce que bon lui semble, même si beaucoup vont s'ingénier à lui barrer le passage. Il y a là une réflexion intéressante (qui ne manquera pas non plus d'intéresser Demi-Lune je pense ;) ) que l'on pourrait approfondir, la fin m'ayant fait réfléchir à de nombreux point que Kurosawa laisse volontairement en suspens.
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Normalement Michio devrait s'être retrouvé écrasé par le camion mais il ressurgit au volent d'une voiture inconnue. Sauf qu'il a le nez fracassé et les vêtements en sang. Alors est-ce le Michio qu'on connait ou est-ce le doppelganger qui reprend les commandes pour finir en beauté, sachant que le double avait été battu presqu'à mort et enfermé ? Se serait-il libéré et viendrait-il au secours de Yuko ? Est-ce que cela ne justifie pas la prophétie qui disait qu'ils seraient réunis (cf dialogue du malfrat : combien de fois je vais devoir te tuer pour qu'on en finisse ?) ici au profit d'une certaine fusion ?

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Le film commence comme un thriller angoissant pour continuer dans la farce grinçante violemment corrosive. Si l'on sent la critique évidente de l'égoïsme d'une certaine société qui ne serait intéressée que par les revenus et profits dégagés (notamment par la fameuse invention qui passe de mains en mains dans la seconde partie du film, mais notons aussi le personnage du supérieur de Michio qui le finançait et se révèle finalement corrompu et bordé d'argent sale) et qu'en sous-main une certaine invasion se profile (le doppelganger de l'étudiant du début, celui de Michio, celui, suggéré, du boss de Michio --cf la rencontre au bar où celui-ci lance ouvertement "allez n'en dis pas plus, tu n'es pas le vrai", ce qui laisse le collègue interdit), et en cela une fois de plus l'ami Kiyoshi reste fidèle à lui-même (cf Kaïro), c'est surtout l'humour qui prévaut, parfois très noir, laissant échapper beaucoup d'éclats de rire. Kurosawa se fait plaisir, s'amuse et se permet même une citation littérale du premier Indiana Jones, une boule disco ayant remplacé l'énorme boule poursuivant Indy. La poursuite absurde se terminant quand le jeune escroc se cache dans un renfoncement, croit échapper à la boule et qu'a l'instant, Koji Yakusho ouvre nonchalamment la porte sur sa tronche ( :uhuh: ).

Encore une fois, un Kurosawa sympathique qui malgré quelques baisses de régime en son milieu n'a pas à rougir de ce qu'il est. 4,5/6.
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julien
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Re: Kiyoshi Kurosawa (1955-)

Post by julien »

J'ai vu Cure. J'ai trouvé ça pas mal. A l'évidence dans les années 90, les japonais ont clairement revitalisé le genre du cinéma fantastique et d'angoisse qui commencait à se mordre la queue. A force de réutiliser toujours les mêmes poncifs, et de délivrer des suites à la chaîne, les USA sont aujourd'hui complètement à la rue... Dans la trame narrative, on pense assez aux giallos à l'italienne, avec un soupçon de zen en plus. Le rythme du film est d'ailleurs assez lent et statique dans son ensemble. Bon c'est quand même pas aussi réussit que Kaïro et on sent que le cinéaste se cherche encore mais ça reste quand même un bon petit film à mi chemin entre le cinéma d'auteur et de genre. J'ai été assez surpris aussi d'entendre ce morceau minimaliste de Meredith Monk sur le générique de début ! Je me demande où est-ce qu'il ait allé le chercher...

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"Toutes les raisons évoquées qui t'ont paru peu convaincantes sont, pour ma part, les parties d'une remarquable richesse." Watki.
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AtCloseRange
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Re: Kiyoshi Kurosawa (1955-)

Post by AtCloseRange »

Kaïro
Après la déception Cure, j'ai bien failli une nouvelle fois passer à côté de ce Kurosawa. Peut-être ai-je été surpris de ne pas voir le film que j'attendais mais j'ai mis un bon bout de temps à entrer dans le film. La première partie lance des pistes autour d'internet qui se révèlent au final plutôt un leurre sur ce qui intéresse réellement Kurosawa d'autant que visuellement, au niveau des cadrages et en terme de mise en scène, le film là aussi tarde à devenir brillant.
C'est donc sur le tard avec le développement de la relation entre Ryosuke et Harue que le film décolle. Finalement, le film est autant un film de fin du monde qu'un film de fantômes (j'ai pensé à The Mist ou à Phénomènes mais en réussi) ainsi qu'une réflexion très touchante sur la solitude.
Un film qui devrait gagner à la révision.
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