Notez les films : Août 2010

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Profondo Rosso
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Jude de Michael Winterbottom (1996)

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A la fin du 19e siècle, Jude, un jeune paysan auquel son maître d'école, Phillotson, a fait prendre conscience que l'élévation sociale passe par le savoir, rêve de s'inscrire à l'université voisine de Christminster. Après l'échec de son union avec Arabella, il part pour Christminster où il veut poursuivre ses études tout en gagnant sa vie comme tailleur de pierres. Il fait la connaissance de Sue, sa belle cousine à l'esprit indépendant...

Ayant terminé récemment le roman de Thomas Hardy Jude l'Obscur j'étais assez curieux de découvrir cette adaptation très réputée de Winterbottom. Grosse déception puisque paradoxalement tout en respectant très fidèlement la trame du roman, Winterbottom passe complètement à côté de l'essentiel. Le roman narrait comment la société anglaise fermée et opressante de l'époque entravait dans un premier temps les aspirations intellectuelle et d'élévation sociale de son héros Jude aux origines rurales modeste, puis comment son union libre avec sa cousine en faisait les proie de la vindicte morale.
L'aspect concernant le savoir est sans doute le plus raté. Passé une belle scène d'ouverture, l'attrait quasi mystique exercé par Christminster la cité universitaire sur Jude est totalement absent et son goût et plaisir d'acquérir de la connaissance ne se ressent absolument pas (ce n'est pas quelque vagues scènes ou on le voit lire du latin et du grecs qui suffisent). Du coup lorsque ses ambitions échouent à cause de sa provenance modeste on ne ressent absolument pas la même détresse, puisque le film n'a pas insisté là dessus pour embrayer dès le début sur le mariage raté avec Arabella assez expédiée et où la prestation de Rachel Griffiths n'est guère convaincante.
La relation avec la cousine Sue ensuite prouve le total manque de vision de Winterbottom, qui respecte vraiment le roman mais illustre ses thèmes et idées de manières brouillonnes. Sue est dans le livre un personnage très moderne, mais à la fois très ambivalent dans son amour pour Jude et décrite comme frigide et dépourvue de sensualité charnelle. Elle se donne à son mari par obligation et ne cèdera à Jude que quand elle se sentira menacé par une autre femme. Cette idée qui s'exprime en filigrane de manière subtile, Winterbottom la résume en une scène où Sue s'offre enfin à Jude (et un passage un peu gratuit de Kate Winslet nue) son aversion du sexe passant presque pour de la simple timidité. C'est cette propension à aller au dénominateur le plus simple et basique systématiquement qui est le plus agaçant à la longue.
Le poids moral de la société sur le couple illégitime (encore plus dans le film où ils ne divorcent pas) entre Jude et Sue était une vraie toile de fond du livre pesant comme une chape de plomb sur les héros. Là encore jamais on ne ressent cette toile de fond, Winterbottom fait ce qu'il faut et case fidèlement les passages exprimant cette idée mais jamais de manière tellement terne et mécanique que ça ne fonctionne presque jamais sauf vers les derniers instants du film. Le sort dramatique des enfants du couple est repris également mais perd tout sa puissance tant la culpabilité qui suit est loin de la conclusion terrible du livre, le retour de Sue à la piété après ses élans modernes est moins sacrificielle et pitoyable (et le personnage de Philoston est vraiment sacrifié). Autre poin noir Winterbottom a semble t il choisi la voie de l'adaptation austère donc on ne ressent aucun souffle, les scènettes s'enchaînent (très fidèlement reprenant même le chapitrage par lieu du livre) machinalement, sans saveur ni passion et faisant plus office de transposition scolaire que d'une adaptation pensée.
Les acteurs sauvent tout de même pas mal la chose. Kate Winslet compose une Sue magnifique, sa prestation exprime tout ce que Winterbottom peine à transcrire : la séduction, la modernité mais aussi le côté torturé et indécis. Christopher Eccleston même si jouant trop sur la retenue est néanmoins convaincant en Jude et le couple avec Winslet est vraiment puissant et touchant, le seul vrai atout du film par ailleurs réalisés de façon assez transparente, aucun moment fort ne ressortant vraiment. Comme quoi si on pas saisi l'essence d'une oeuvre, même une adaption quasi littérale peut être complètement ratée... 2,5/6
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gnome
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C'est tout le problème quand on découvre une adaptation d'un livre qu'on a lu... On est forcément déçu... Parce qu'on ne pourra jamais mettre dans un film TOUT ce qu'il y a dans un bouquin...
Je n'ai pas lu le livre, mais le film m'avait impressionné à sa sortie. Maintenant, je devrais le revoir...
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Profondo Rosso
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Post by Profondo Rosso »

gnome wrote:C'est tout le problème quand on découvre une adaptation d'un livre qu'on a lu... On est forcément déçu... Parce qu'on ne pourra jamais mettre dans un film TOUT ce qu'il y a dans un bouquin...
Je n'ai pas lu le livre, mais le film m'avait impressionné à sa sortie. Maintenant, je devrais le revoir...
Et pourtant c'est vraiment très fidèle dans l'ensemble c'est vraiment pas mon principal reproche mais c'est la manière de faire trop simpliste de Winterbottom qui m'a rebuté on est loin de l'exceptionnel "Tess" de Polanski pour parler d'une autre adaptation de Thomas Hardy.
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gnome
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Post by gnome »

Tu as peut-être raison, je devrais le revoir... Le souvenir est un peu trop loin pour être précis.
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hansolo
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Knight and Day de James Mangold

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Divertissement plaisant et leger. J'ai beaucoup apprecié l'ambiance musicale et le plaisir évident des acteurs.
On en ressort avec le sourire.
8/10
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Profondo Rosso
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Salt de Philip Noyce
Un pitch de départ assez fantasmatique (des agents russe se sont subtitués dès l'enfance à des citoyens américains pour des missions préétablies sur des décennies) que Philip Noyce transforme course poursuite vue et revue au scène d'action mollement filmée. reste le charisme intact de Angelina Jolie qui fait décoller l'intérêt par intermittence mais ça reste un produit de série sans saveur ni surprise. 2/6

Ondine de Neil Jordan
Retour au pays pour Neil Jordan et Colin Farell dans une Irlande portuaire où Farell au cours d'une partie de pêche va retrouver une divine créature dans ses filets. Privilégiant plus l'atmosphère et les états d'âme de ses personnages que l'avancée du récit, le procédé peut agacer si on entre pas dans le film mais dans le cas contraire c'est absolument hypnotique et prenant. Colin Farell en alcoolique repenti campe un pêcheur plus vrai que nature et l'actrice polonaise Alicja Bachleda-Curus est une sacrée révélation, une présence magnétique et mystérieuse et d'une beauté à couper le souffle. Un charmant personnage de petite fille fait le lien entre la tonalité de conte et une réalité plus sordide, les merveilleux paysage irlandais alternant féérie et menace au gré des variations du récit. Décidément j'adore Neil Jordan ! 5/6
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Profondo Rosso
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Contre Enquête de Sidney Lumet (1990)

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Juge d'instruction fraîchement émoulu, Al Reilly est chargé par son supérieur, l'ambitieux et retors Kevin Quinn, d'instruire l'affaire concernant la mort du gangster Tony Vasquez, abattu par le lieutenant Mike Brennan. Policier intrépide et efficace, ce dernier affirme avoir agi en état de légitime défense; d'ailleurs, on trouve dans la main de Vasquez un revolver qui, peu de temps avant, a servi à tuer un autre gangster.

Contre Enquête est en quelque sorte la conclusion d'une trilogie que Lumet aura donné sur la corruption policière puisqu'auparavant avaient précédé la chroniques "Serpico" puis la grande fresque criminelle "Le prince de New York". Chacun des films précédents avait grimpés dans l'échelle de la description de la gangrène pourrissant la police, les petites magouilles des flics de terrain dans "Serpico" puis à plus grande échelle avec des liens troubles entre truand et inspecteurs chevronnés dans "Le prince de New York". "Contre Enquête" va plus loin encore en montrant les ramifications entre les hautes sphères de la police et de la justice et le grand banditisme.

Tout part d'un meurtre sordide effectué par Mike Brennan (Nick Nolte) chargé des basses besogne. jeune procureur parachuté sur l'affaire, Timothy Hutton va s'avérer moins malléable que prévu et en démanteler toute les failles jusqu'à la réponse impensable. Le scénario est donc à travers l'enquête, une longue partie d'échecs entre Hutton, Brennan et truand portoricain incarné par Armand Assante et les différentes puissances qui les manoeuvres bonne ou mauvaise que ce soit la mafia ou la police cherchant à couvrir ses pairs. On retrouve ici l'art de Lumet et dépeindre des personnages d'une incroyable profondeur à travers des thématiques. Nick Nolte est impressionnant en flic mauvais comme la gale qui semble tout droit sorti d'un roman de James Ellroy, et Lumet l'entoure d'une aura trouble par son curieux rapport au milieu homosexuel le doute étant entretenu sur ses penchants, simple moyen d'arriver à ses fins où vraie attirance ? Les problématiques raciales s'étendant jusqu'à l'intérieur de la police sont très subtilement abordés également, soit sous couvert d'humour dissimulant les clivages bien réel, par le rapport de soumission que semble imposer Brennan aux personnages de Luis Guzman et surtout Charles Dutton ainsi que le secret douloureux que dissimule Timothy Hutton.

Hutton n'est pas un interpréte aussi convaincant et charismatique que Al Pacino et Treat Williams dans les films précédent et Lumet l'oublie un peu par instants au cour de son récit. Nick Nolte et Armand Assante emporte réellement le morceau à travers un duel à distance magistral au suspense haletant et le jeune héros ne retrouve de son intérêt que lors de la conclusion. Là Lumet démontre une nouvelle que l'opacité et la solidarité d'un système corrompu aura toujours raison des plus vertueux et que rien ne changera jamais. Un peu moins sombre que les autres film il laisse tout de même une chance à son personnage principal sur le plan personnel dans la dernière scène. En dépit de quelques légers défauts (bande son 80's très marquée entre autres) un excellent Lumet donc. 5/6
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SEXY DANCE 3D (Step Up 3-D) de Jon M. Chu (2010)

Moose et Camille commencent tout juste leur première année d'université. Pour rassurer ses parents, Moose a abandonné la danse pour se concentrer sur l'ingénierie en électricité. Sa passion va forcément le rattraper, il fera ainsi la rencontre de Luke, un réalisateur/danseur leader d'une bande de breakdancers. Ces derniers sont d'ailleurs en plein tournoi de "battles" qu'ils veulent à tout prix gagner afin de garder leur local de danse...

Après STREETDANCE 3D de Max Giwa & Dania Pasquini, également sorti cette année, voici un autre film de danse qui est en fait la troisième partie de la saga SEXY DANCE. Déjà auteur de l'opus précédent, Jon M. Chu revient derrière la caméra pour cette nouvelle aventure qui se révèle être la meilleure de toutes.

Bien entendu, ce n'est pas le scénario qui constitue l'intérêt principal de ce genre de film, celui-ci se révélant guère intéressant et totalement convenu. On nous présente une sorte de fraternité de danseurs de tout styles qui ne vivent que pour cet art, des rivalités entre gangs, le tout parsemé de pointes d'humour; on assiste aussi à une amitié mise à rude épreuve et à une pseudo histoire d'amour... SEXY DANCE 3D essaie d'être un vrai film avec des péripéties sentimentales à la pelle, de susciter l'émotion et... échoue lamentablement sur tout ces points. On en rajoute encore une couche avec l'aspirant cinéaste, leader du groupe, qui se refuse de suivre une école de cinéma malgré l'évidence d'un talent naissant.

Il faut dire que l'ensemble ne fait pas du tout dans la dentelle et même si le film possède une somptueuse distribution de danseurs talentueux, dès que ceux-ci se mettent à parler, ils se révèlent de bien piètres comédiens. L'excellence de la médiocrité revenant au "méchant" de service avec ses gros sourcils qui annoncent d'entrée de jeu qu'il s'agit d'un mauvais garçon. Bref, ce genre d'histoire ne se renouvelle absolument pas et présente des situations archivues dans quantité d'autres films du même acabit. Toutefois, cet univers ultracodifié nous épargne cette fois-ci le contexte social douloureux qui aurait pu virer au drame et s'épanche davantage à une exhibition "Deluxe" de performances spectaculaires.

Car SEXY DANCE 3D est avant tout un véritable festival de séquences assez jubilatoires qui proposent quantité de démonstrations de styles. Des figures de breakdance et de hip hop entre autres spécificités; il y a aussi du tango et même un très chouette hommage aux comédies musicales de Gene Kelly/Fred Astaire avec un formidable plan séquence filmé en pleine rue de New York où un duo de danseurs improvisent une chorégraphie en se servant des éléments les entourant! Tout ces moments constituent bien évidemment le meilleur du long-métrage qui sait toujours se montrer très énergique. C'est un réel plaisir de suivre les formations lors de leurs entraînements et durant les nombreuses "battles" qui opposent la "House of Pirate" à la "House of Samuraï", deux clans qui s'affrontent pour obtenir le Grand Prix de 100'000 US dollars lors de la compétition annuelle de "World Jam" qui regroupent les meilleurs des meilleurs! Classique!

Le long-métrage essaie aussi de nous transmettre l'amour de la danse à travers la communion du corps et de l'esprit. Les personnages ne sont pas d'ex-petits truands ou de malheureux de l'enfance qui cherchent à se sauver eux-même à travers cet art. Non, il s'agit simplement des garçons et des filles de tout horizons qui cherchent à partager leur passion pour des mouvements qui en disent beaucoup plus que tout les dialogues du monde... C'est pour cela que SEXY DANCE fonctionne bien plus efficacement quand celui-ci se montre plus démonstratif qu'explicatif. Ce qui fait la réussite du film au détriment des opus 1 et 2 c'est qu'il privilégie l'action en musique à toutes autres formes de dramaturgie qui, de toute manière, tomberait complètement à plat.

Ici, pas de préambule vis-à-vis de cet univers et des codes qui régissent cette communauté très particulière. On plonge directement dans leurs mondes et assistons à un spectacle purement et simplement démentiel. L'apport tridimensionnel donne encore un réel plus à cette aventure. La profondeur de champ y est exceptionnelle et il en ressort des effets plein d'esbrouffe certes parfois très exagérés mais d'une efficacité prodigieuse! On hésite pas une seconde pour en rajouter un maximum, offrant pratiquement jusqu'à l'excès des sensations folles à travers l'image. Souvent, les personnages se dégagent complètement de l'écran pour vraiment bouger devant les yeux du spectateur. Il faut dire que le réalisateur place sa caméra bien en face de ses danseurs qui se jettent parfois directement droit dessus, ce qui renforce notre immersion devant leurs incroyables mouvements corporels. Et puis il y a des éléments qui en rajoutent dans le spectaculaire : jeux de lumière, nuages de poussière, scène inondée... Le réalisateur allant même jusqu'à nous offrir une excellente séquence 3D où le couple vedette vient se poser sur une grande bouche de ventilation tout en s'amusant à jouer avec du "Slurp", une sorte de cocktail très coloré.

Malgré un petit passage à vide après la première heure du long-métrage, SEXY DANCE 3D est un réjouissant divertissement sans temps mort. Il n'y a guère que les moments de questionnements existentiels ou celui de la "trahison" qui viennent entacher la bonne humeur communicative du film. On se régale devant les différentes chorégraphies et mouvements de folie qui ponctue un film qui se présente surtout comme une immense démonstration visuelle d'un art qui n'a pas finit de surprendre. Sans doute moins réussi que STREETDANCE 3D - confrontation entre l'univers de la danse de rue et la danse classique - qui se révélait efficace de tout son long, cette oeuvre reste une belle réussite de la part de Jon M. Chu, comme une belle vitrine d'exposition pour la danse où la 3ème dimension offre un spectacle qu'on aurait grandement tort de se priver. Savourez également le générique de fin en intégralité pour profiter de l'hallucinante démonstration artistique d'un danseur assis sur une chaise qui offre un mini show uniquement à l'aide de ses mains. Tout bonnement incroyable!
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The Expendables (Sylvester Stallone) Image

Le film que j'attendais le plus de cet été (pourri au ciné) et de l'année, la promesse d'un film culte en puissance, d'un come back du film d'action qui fait tache des eighties bref d'un chef d'œuvre. Forcement avec un bagage comme celui-ci (qui me rappel le mythe autours du dernier Tarantino) il été impossible de ne pas être déçu et évident que grand nombre de spectateurs affamés en sortiraient tristes.
Pourtant avec une franchise rare, Sly nous offre exactement ce que nous attendons mais arrive encore à surprendre son monde. Car depuis son Rocky Balboa l'homme ne cesse de se trouver là où on l'attends pas, après un dernier Rocky mélancolique, il ponds un Rambo métaphysique (on ne rigole pas !) et là où on pensait qu'il mettrait en scène un film d'action qui réfléchit sur son statut, Stallone fonce dans le lard et fait un actionner premier degrés, même et surtout avec les risques de ridicule que ça comporte et réussit en partie son défit.
Y'en a des défaut et par pelleté... mais ça m'emmerde de les détailler car trop facile, d'un diet scénario au découpage dyslexique en passant par des effets numériques à la ramasse, tout y est visible en scope et même le dernier des bouffeurs de pop corn peut les notifier. Et puis Sly avec toute sa candeur, sa naïveté et son énergie et faire une série B qui tienne la route, fait suivre à une scène naze une autre inventive et l'un dans l'autre on n'a pas le temps de jouer les sceptiques et de pointer du doigts le manque de génie de la mise en scène (en même temps, est-on là pour cela ?).
Il arrive même que le temps de quelques secondes, on apperçoit autre chose, comme une fissure, un peu comme si Stallone en bon gros bras complexé, tente l'espace d'un moment de faire dans l'émotion, dans la profondeur (je sais ça va faire rire mais j'assume) comme cette scène improbable où Rourke se confie et malgré la naïveté du dialogue et l'utilisation d'un filtre bleu (très 80's) et bien les tripes sont là et pas pour foutre un coup de tatane, personnellement j'y est cru et je me suis demandé si un jour Stallone assumerait sa personne complètement au lieu de l'effleurer par moment (les premiers Rocky et Rambo ou le ratage commercial de Copland) comme le projet sur Poe qu'il ne semble pas près d'entamer.
M'enfin, pour ce qui est de ces Expendables, contrat remplit, fun bien présent j'ai hâte de voir la suite...
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Kevin95 wrote:là où on pensait qu'il mettrait en scène un film d'action qui réfléchit sur son statut
T'es sérieux ?
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Re: Notez les films : Août 2010

Post by Kevin95 »

Ratatouille wrote:
Kevin95 wrote:là où on pensait qu'il mettrait en scène un film d'action qui réfléchit sur son statut
T'es sérieux ?
Je l'ai lu ouai, même dans certaines critiques dans la presse j'y ai vu des trucs du style "décevant, on espérait un film plus proche du ton du dernier Rocky, plus réfléchit bla bla bla".

C'est surprenant mais quand je voie la moue de certains devant le film je me demande qu'est-ce qu'ils voulaient.
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Re: Notez les films : Août 2010

Post by hansolo »

Kevin95 wrote: Pourtant avec une franchise rare, Sly nous offre exactement ce que nous attendons mais arrive encore à surprendre son monde. Car depuis son Rocky Balboa l'homme ne cesse de se trouver là où on l'attends pas, après un dernier Rocky mélancolique, il ponds un Rambo métaphysique (on ne rigole pas !) et là où on pensait qu'il mettrait en scène un film d'action qui réfléchit sur son statut, Stallone fonce dans le lard et fait un actionner premier degrés, même et surtout avec les risques de ridicule que ça comporte et réussit en partie son défit.
La série des Rambo a toujours eu des accents métaphysiques ... ça n'est pas cantonné au dernier opus.

Par contre je ne vois pas trop où tu as été chercher que Expendables pourrait contenir dans le projet initial ne serait ce que l'embryon d'un film reflechissant sur son statut :?:
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Re: Notez les films : Août 2010

Post by Kevin95 »

hansolo wrote:La série des Rambo a toujours eu des accents métaphysiques ... ça n'est pas cantonné au dernier opus.
Disons qu'à partir du deuxième opus, on navigue très nettement dans le film d'exploitation de classe A.

Pour la réflexion sur son statut je l'ai lu donc (faut pas croire tout ce qu'on dit) et dans un même temps je l'ai (partiellement) cru, vu l'âge du monsieur et un Rambo qui lui réfléchissait (là aussi très partiellement) sur la violence de son personne.

Bon ok, y'a eu erreur sur la personne pourvu que Sly me pardonne...
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Re: Notez les films : Août 2010

Post by Demi-Lune »

Snake Eyes (Brian De Palma, 1998)
Je n'avais pas revu ce De Palma depuis quelques années. Cette révision ne me fera pas réévaluer Snake Eyes, que je tiens pour un bon film dont le scénario tourne malheureusement court à mi-chemin. Évidemment, d'un point de vue technique, De Palma se montre toujours aussi inspiré. Plans-séquence complexes ou discrets, prises de vue acrobatiques (je suis fan du plan-séquence qui balaie, vu d'en haut, plusieurs chambres d'hôtel contigües avant de redescendre sur le personnage féminin), split-screen savant, caméras subjectives, la mise en scène du cinéaste est d'une virtuosité jubilatoire et ne serait-ce que pour sa célèbre et longue ouverture, le film mérite amplement d'être découvert. D'autre part, les thématiques récurrentes sur la duplicité de l'image, sur le doute né de la multiplication des points de vue, concourent à faire de Snake Eyes un film très personnel (et au passage très cynique, comme par exemple avec cet œil-caméra à la position démiurgique, ou encore avec le sort réservé au héros, qui doit finalement payer d'avoir suivi sa bonne conscience), explorant plus frontalement encore que dans Blow Out l'assassinat politique et la frustration de ne pas avoir vu, de ne pas avoir regardé au bon endroit au bon moment. On sait que De Palma fut très marqué et fasciné par l'assassinat du Président Kennedy, et plus encore, par le film-témoin de Zapruder (certainement un film amateur matriciel de son cinéma), dont il aurait aimé le déplacement du point de vue vers l'endroit des coups de feu. Cette frustration, cette obsession quant à l'invisible imprimé sur pellicule, alimentent bon nombre de films de De Palma et trouvent dans Snake Eyes un aboutissement réflexif des plus intéressants, dont l'approche se révèle différente de celle de Blow Out (Jack Terry n'a qu'à recomposer le son et l'image, qui sont tous deux à sa disposition ; Santoro est privé de l'un et n'a accès à l'autre que tardivement dans le film : il doit, lui, recomposer une vérité se fiant aux points de vue contradictoires des témoins du meurtre). Malheureusement, comme je le disais, l'intelligence du discours depalmien et la virtuosité de sa mise en scène ne compensent pas l'insupportable prestation de Nicolas Cage, qui semble être sous coke durant tout le film. Elles ne compensent pas non plus la faiblesse de l'intrigue policière, qui révèle vite ses secrets et stagne en un suspense pas super inspiré. Celle-ci apparaît comme un pur prétexte, destiné à poser les questionnements du cinéaste sur la nature difficilement accessible d'une vérité dès lors que celle-ci est recherchée par le biais du (ou plutôt des) point(s) de vue.
frédéric
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Post by frédéric »

Salt

Bien aimé pour ma part. On peut regretter un trop plein d'action et on devine à peu près
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qui est le véritable traître
avant la fin mais l'ensemble est bien emballé par l'honnête faiseur qu'est Phillip Noyce. Le traitement du personnage de Jolie est très loin des super espions habituels avec une fin étonnante qui appelle une suite. Sympa.
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