Cédric Klapisch

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Federico
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Re: Cédric Klapisch

Post by Federico »

Ratatouille wrote:
riqueuniee wrote:Et Klapisch dans tout ça ?
C'est un mec qui fait des films sympas, voire très sympas parfois (Le Péril Jeune, Un Air de Famille). C'est tout, mais c'est déjà pas mal.
I want to say Hello ! to Barbara... :D :oops:
The difference between life and the movies is that a script has to make sense, and life doesn't.
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Joe Wilson
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Re: Cédric Klapisch

Post by Joe Wilson »

Ma part du gâteau

D'assez loin son plus mauvais film...on ressent vraiment un aveu d'impuissance face à un sujet prometteur mais risqué, tant le scénario semble bâclé, tous les enjeux étant survolés par un enchaînement de péripéties maladroites. Cette rencontre de deux contextes sociaux irréconciliables ne peut jamais convaincre, chaque trait étant appuyé jusqu'à la caricature (la misère affective pour le trader, la solidarité de façade pour la prolétaire).
Karin Viard et Gilles Lellouche font ce qu'ils peuvent donner une crédibilité à leur rôle, mais cela ne suffit pas pour compenser une mise en scène qui vire à la carte postale (une virée grotesque à Venise) ou au mauvais clip (à l'image d'un générique construit sur des oppositions stériles).
Plus grave, Klapisch ne parvient qu'à mépriser ses personnages : après l'illusion d'un changement tant attendu, une vaine course-poursuite renvoie chacun à la case départ, enfermé dans sa suffisance et ses certitudes.
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Flol
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Re: Cédric Klapisch

Post by Flol »

A vous lire, il semblerait que Klapisch ait fait du Chatilliez (en moins marrant...oui parce que Chatilliez peut me faire marrer...parfois).
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AtCloseRange
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Re: Cédric Klapisch

Post by AtCloseRange »

Ratatouille wrote:A vous lire, il semblerait que Klapisch ait fait du Chatilliez (en moins marrant...oui parce que Chatilliez peut me faire marrer...parfois).
Le point de départ a surtout l'air de ressembler à Romuald et Juliette (film que j'aime beaucoup par ailleurs).
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everhard
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Re: Cédric Klapisch

Post by everhard »

Ma part du gateau:
Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu de film de Cédric Klapisch. Le sujet de la rencontre improbable entre un trader et une victime d'un licenciement économique lié à ce même trader m'intriguait. J'avais adoré "rien du tout" qui traitait déjà du rapport difficile des décisions économiques d'en haut sur les employés d'en bas. Et puis Karin Viard, que j'apprécie beaucoup jouait dans ce nouveau film, alors je me suis lancée et j'y suis allée ce matin. C'est un film très différent de "rien du tout" qui était plein d'humour, plein d'amour et dont la fin était tristounette sans être tragique. Ici, nous sommes à un autre niveau, dans la haute finance, celles des invisibles gérés par des gens qui sont rarement visibles pour le commun des mortels. Nous sommes dans un monde ou les gens sont méchants. Vraiment méchants. Et puis à coté de ca, nous sommes plongé dans le monde de ceux qui n'ont plus grand chose et qui se battent pour garder leur dignité intacte. Un monde de solidarité vrai ( la scène des pâtes avec les enfants ). Une femme va se retrouver par le plus grand des hasards entre ses deux mondes. Une femme généreuse, un roc fragile, une fille ayant du grandir trop vite suite à la mort de sa mère, une mère seule... Ce n'est pas un film arrangeant. Il n'y a pas de happy end à la "pretty woman " ou a la "jersey girl". Deux mondes, deux façons de penser. Chacun doit choisir son camp. Le prénom de notre héroïne, "France", est très loin d'avoir été choisi au pif : La scène finale lui donne tout son sens. Ça peut paraitre facile ou gnangnan mais moi ça m'a touchée. Ceci n'est bien sur que mon avis personnel sur le film :D
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Watkinssien
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Re: Cédric Klapisch

Post by Watkinssien »

Et je partage aisément cet enthousiasme... :D
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Jeremy Fox
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Re: Cédric Klapisch

Post by Jeremy Fox »

Ma part du gâteau - 2011

La rencontre improbable entre un trader millionnaire et une ouvrière qui vient de se faire licencier. J'avais plutôt bien marché lors de sa découverte mais j'avoue avoir un peu déchanté à la revoyure. Même si Klapisch nous emmène vers un final assez inattendu, il aura eu en attendant la main quand même assez lourde, manquant de finesse dans son analyse sociale assez manichéenne. Ca sonne parfois faux et les choix de musique n'auront pas été toutes judicieuses. Reste que le cinéaste nous concocte néanmoins toujours de beaux morceaux de cinéma, témoins ces superbes travellings colorés sur les docks de Dunkerque... Mais c'est trop peu ; je préfère le réalisateur dans sa veine plus intimiste, dans ses chroniques sur la jeunesse notamment.
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Supfiction
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Re: Cédric Klapisch

Post by Supfiction »

Jeremy Fox wrote:Même si Klapisch nous emmène vers un final assez inattendu
Pas revu hier mais j'avais bien aimé ce final qui évite de tomber dans le politiquement correct. Les faits lui ont donné raison, on ne voit pas Gilles Lelouch se faire déchrirer sa chemise mais on l'imagine facilement..
Du cinéma engagé mais populaire. Les clichés sont dans la vie réelle.
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Supfiction
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Re: Cédric Klapisch

Post by Supfiction »

ballantrae wrote:Assez joli film que le dernier Klapisch Ce qui nous lie: pas révolutionnaire, ténu dans son argument mais touchant, assez juste que ce soit pour les liens fraternels, les questions de filiation et ce décidément complexe rapport à la terre.Et une mise en scène sobre mais émaillée de ces astuces qu'aime à distiller Klapisch ( split screeen initial mais aussi une très belle surimpression) plus des variantes liées au dialogue avec le passé.
Disons 7.5/10.
Pas encore vu mais le sujet est beaucoup exploité ces derniers temps : Premiers crus, Tu seras mon fils, sans oublier Belles familles sur les questions d'héritage.
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Thaddeus
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Re: Cédric Klapisch

Post by Thaddeus »

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(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)


Le péril jeune
Quatre potes se revoient, rabotés et aplatis, dix ans après la terminale. Et leurs souvenirs sont jubilatoires : pas une scène sans une idée lumineuse, un gag hilarant, un portrait savoureusement croqué. Le film est générationnel (le qualificatif que l’on collera à Klapisch, pour le meilleur et surtout pour le pire), mais il brille d’une légèreté, d’une justesse et d’une drôlerie dans sa reconstitution lycéenne des années 70 qui en font un régal de tous les instants. Le prof de maths psychologue adepte de yoga, les nanas qui se proclament MLF, une séance de fumette qui tourne au violent au bad trip, le militantisme dilettante, pas aussi sérieux que celui des grands frères qui, eux, ont fait les barricades… Klapsich se meut à l’aise entre enthousiasme et nostalgie foutraque. J’adore, je le revois régulièrement. 5/6

Chacun cherche son chat
Ce serait quelque chose comme une chanson populaire en images, une promenade désordonnée, un film qui musarde, une galerie de portraits croqués au soleil d’été dans le quartier de la Bastille ou, pour être précis, autour de la rue Keller, entre terrains vagues dans l’expectative et îlots réhabilités. Klapisch organise une chronique savoureuse qui agence une ronde de personnages très contemporains regardés avec une générosité chaleureuse : à cette époque-là, il pratique toujours un cinéma de proximité, plein d’humilité et de tendresse, dénué des ambitions "leçon de vie" qui alourdiront certains de ses opus suivants. La justesse des instantanés, l’humour des situations, la légèreté du ton, la santé et la vérité dont brillent les saynètes enfilées comme des perles confèrent un charme irrésistible à l’ensemble. 5/6

Un air de famille
En s’offrant le concours scénaristique de Bacri et Jaoui, le cinéma de Klapisch perd peut-être un peu de spontanéité, mais gagne en acuité psychologique. Sans jamais chercher à dissimuler les origines théâtrales de son entreprise, le réalisateur livre une étude de comportements particulièrement drôle qui témoigne d’un art consommé de la réplique cinglante, du trait acéré, du détail qui tue. De toute évidence il aime les petites gens qu’il dépeint raillerie ni mépris, et son adaptation témoigne d’une tendresse particulière, y compris lorsque, au cœur des tensions et des éclats, se montre la vérité que l’on n’attend pas. Féroce mais jamais méchant, acide mais non dénué de compassion, ce règlement de comptes familial est aussi et surtout la limpide mise en espace d’un sensationnel travail de comédiens. 5/6

L’auberge espagnole
La jeunesse, encore et toujours. En près de dix ans, on pourrait dire que Klapisch s’est embourgeoisé : ce serait un peu cruel mais pas complètement faux tant au début on a un peu peur que cela tourne au "Loft" haut de gamme ou au clip institutionnel pour la Communauté européenne. Mais très vite le film séduit, l’auteur demeurant un chroniqueur affectueux qui sait faire partager les espérances et les fous rires de sa troupe bigarrée, les joies et les tracas du frigo collectif, et plus si affinités. Il faire vivre une ambiance, un esprit de groupe dans toute sa dimension composite, croque des personnages en quelques traits bien sentis. Le tout est drôle, chaleureux, sympathique, dispensant un message confortable et lisible : la vie en genèse de Xavier est un joyeux bordel, la construction européenne idem. 4/6

Ni pour ni contre (bien au contraire)
Entre comédie policière à la Gabin-Ventura (seconds rôles typés, dialogues ciselés) et gangsta movie prototarantinien (récit à plusieurs voix, montage à tiroirs), le réalisateur se fait cette fois plus grave et plus sérieux. L’emploi de Marie Gillain, l’appât de Tavernier, n’est sans doute pas innocent, le film analysant le glissement progressif d’une caméra-girl qui devient petit à petit l’égérie d’un gang de malfrats et s’aperçoit rapidement que le rôle de témoin cathodique est proche de celui de complice. Portrait d’une fille innocente mais fascinée par la transgression des lois, il raconte la genèse d’une criminelle, suit une évolution insolite vers une complète corruption, révèle sa personnalité complexe et inattendue, et se révèle plutôt efficace dans la gestion d’un récit qui se dénoue avec une amère dérision. 4/6

Les poupées russes
La suite de L’Auberge espagnole devait faire preuve d’ambition, approfondir ses enjeux, prendre acte de l’évolution difficile de son grand ado un tantinet immature, don Juan bobo refusant d’assumer ses responsabilités d’adulte et ses choix d’avenir. Au fil d’un scénario-puzzle alerte, tous les colocataires du premier volet sont mis en lumière à la faveur d’une mise en scène ludique, de dialogues affûtés, d’un humour fantaisiste et mordant. Rivé au pouls désordonné de ces trentenaires sans frontières qui ne cessent d’aller et venir en quête de romance, Klapisch filme les déboires et atermoiement de son héros avec tendresse mais sans complaisance, dans une variation du romantisme contemporain qui, s’il peut ponctuellement agacer par ses velléités opportunistes, n’en dispense pas moins un véritable charme. 4/6

Casse-tête chinois
Évidemment la facture de ce troisième volet souffre d’automatismes et de gimmicks un tantinet prévisibles : le savoir-faire a remplacé la fraîcheur et la spontanéité. Bien sûr on peut s’irriter des leçons de vie et de la philosophie béate façon Marc Lévy qui se loge dans les interstices du divertissement. Mais le plaisir de retrouver ces personnages et de les voir mûrir, l’efficacité radieuse et sans faille de ce vaudeville new-yorkais viennent à bout des réserves. Sans surprise mais très agréable, superficielle mais séduisante, la comédie, simple, rythmée et (un peu trop) dans l’air du temps, puise dans l’allègre fatras qu’est devenue au XXIème siècle la notion de famille et dans les éternelles indécisions sentimentales de ses héros assez de punch et de situations désopilantes pour assurer un bon moment. 4/6


Mon top :

1. Le péril jeune (1994)
2. Un air de famille (1996)
3. Chacun cherche son chat (1996)
4. Les poupées russes (2005)
5. L’auberge espagnole (2002)

Un réalisateur honni par bien des cinéphiles pour ce qu’il représente – le côté générationnel, la sympathie en toc, la fausse connivence avec le spectateur… Je peux comprendre ces accusations, mais je prends néanmoins plaisir à la vision de ses films, parce qu’il s’y déploient un enthousiasme et une fraîcheur roboratives, et qu’il s’y affirme une vraie aptitude dans l’art de croquer des portraits, des situations personnelles, des morceaux de vie résonnant forcément en chacun.
Last edited by Thaddeus on 22 Jan 19, 18:41, edited 2 times in total.
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Re: Cédric Klapisch

Post by Supfiction »



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Jeremy Fox
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Re: Cédric Klapisch

Post by Jeremy Fox »

ballantrae wrote:Assez joli film que le dernier Klapisch Ce qui nous lie : pas révolutionnaire, ténu dans son argument mais touchant, assez juste que ce soit pour les liens fraternels, les questions de filiation et ce décidément complexe rapport à la terre.Et une mise en scène sobre mais émaillée de ces astuces qu'aime à distiller Klapisch ( split screeen initial mais aussi une très belle surimpression) plus des variantes liées au dialogue avec le passé.
Disons 7.5/10.
Tout à fait ça en fait. Une direction d'acteurs formidable pour un film populaire de très bonne tenue que ce Ce qui nous lie.
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Supfiction
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Re: Cédric Klapisch

Post by Supfiction »

Sans difficulté, l’un des meilleurs films français de l’année (ce n’est pas dur cette année). Une grande réussite surtout quand on considère le peu d'originalité du sujet (la vigne, la filiation, la famille..).
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Jeremy Fox
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Re: Cédric Klapisch

Post by Jeremy Fox »

Supfiction wrote:Sans difficulté, l’un des meilleurs films français de l’année (ce n’est pas dur cette année).
J'ai au contraire 4 films français dans mon top 10 2017
Dunn
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Re: Cédric Klapisch

Post by Dunn »

L'année n'est pas fini il y a encore le Dupontel et le Chabat.
Je n'ai pas encore vu le Klapisch ni le Ozon qui font partie de mes réalisateurs préférés avec les deux zigotos au-dessus ( d'ailleurs je conseilles le doc de canal sur Dupontel).