Agora (Alejandro Amenabar - 2009)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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nobody smith
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Agora (Alejandro Amenabar - 2009)

Post by nobody smith »

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IVème siècle après Jésus-Christ. L'Egypte est sous domination romaine. A Alexandrie, la révolte des Chrétiens gronde. Réfugiée dans la grande Bibliothèque, désormais menacée par la colère des insurgés, la brillante astronome Hypatie tente de préserver les connaissances accumulées depuis des siècles, avec l'aide de ses disciples. Parmi eux, deux hommes se disputent l'amour d'Hypatie : Oreste et le jeune esclave Davus, déchiré entre ses sentiments et la perspective d'être affranchi s'il accepte de rejoindre les Chrétiens, de plus en plus puissants...

Plutôt fraîchement accueillit à Cannes, je dois reconnaître que je n’attendais pas foncièrement de grand exploit de la part d’Alejandro Amenabar. 4 ans après un mar adentro qui ne m’aura que moyennement convaincu face à ses tendances à faire du débat télévisuel, voir Amenabar s’attaquer à un péplum était pourtant alléchant. La bande annonce m’aura fait désenchanter en laissant apercevoir une photographie fort terne et une reconstitution qui ne semblait pas à la mesure de ses moyens. Des défauts bels et bien présents dans le film final (la reconstitution tient cela dit mieux la route que ce que je pensais) mais qui ne parviennent pas à noircir l’enthousiasme que m’a provoqué la vision du film.

J’ai eu un peu la même réaction que face aux inglorious basterds de Quentin Tarantino. L’année dernière, ce dernier avait métamorphosé ce que j’attendais comme un film de guerre jubilatoire en un véritable hymne contre le racisme. En ce début d’année, Amenabar pratique une démarche similaire en détournant son œuvre d’un carcan trop facile pour l’élever vers des aspects inattendus. Agora n’est donc pas un film sur l’antagonisme entre la religion et la science. C’est un film sur la notion de foi et ce à travers le magnifique portrait qu’il dresse de Hypatie (formidable Rachel Weisz). Car si cette dernière n’adhère à aucun des dieux que lui propose ce monde chaotique (cet astre errant comme il est si bien dit dans le texte), elle est pourtant le personnage du film qui incarne le plus justement la croyance. Si ses contemporains s’avèrent fascinés par l’aura mystique des cieux et la toute puissance de l’entité qui se cache derrière, Hypatie croit elle en l’aspect pratique de ces mêmes cieux et reste convaincu de la perfection de leur fonctionnement. Si les préoccupations d’Hypatie sont plus matérielles que celles des religieux, sa croyance n’en est pas moins égale si ce n’est supérieure. Car Hypatie comprendra elle que la vraie foi doit forcément passer par une remise en question de ses convictions (un doute que ne se permettent pas d’avoir des religieux ignorants) afin d’atteindre la perfection divine recherchée. L’incroyable dernière séquence est là pour le rappeler puisque c’est par un léger changement de point de vu qu’Hypatie acceptera d’embrasser pleinement son destin.

J’ai été complètement fasciné par cette direction surprenante prise par un Amenabar en pleine possession de ses moyens. Outre qu’il évite un manichéisme primaire (la conversion de l’esclave à la chrétienté démontre assez clairement qu’il ne résume pas cette religion a une bande de fanatiques dingos) et grève son film de mécaniques sociales (les privilégiés dans leur tour d’ivoire ne voyaient de toute évidence pas à quel point le message d’espoir du Christ pouvait parler à la masse), le bonhomme démontre surtout ses talents de metteurs en scène. Certaines idées sont grandioses (le plan renversé lors de la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie marquant le passage d’un monde à un autre) même si le résultat n’est pas toujours à la mesure de ce qui était attendu (notamment la manière de traduire le point de vu des dieux lors des plans dans l’espace ou l’alternance entre les vues aériennes et les prises au milieu de la mêlée lors de la répression des chrétiens). Pas de fautes de goût véritablement à signaler à l’exception de ce flashback pesant lors de la conclusion.

Grand moment de cinéma donc dans l’ensemble qui ouvre de merveilleuse façon cette décennie :D
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frédéric
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Re: Agora (Alejandro Amenabar)

Post by frédéric »

Beaucoup aimé aussi, et très différent de ce que font les américains. Ce qui n'empêche pas une reconstitution et des scènes spectaculaires, mais aussi un scénario où se mêle astronomie, foi, religion et guerre. Rachel Weisz compose un personnage très émouvant. Le film n'est pas exempt de longueurs mais Amenabar nous propose une vision différente du peplum que l'on voit habituellement, à voir donc, intéressant et bien fait.
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Re: Agora (Alejandro Amenabar, 2009)

Post by Nestor Almendros »

PITI SPOILERS

Beaucoup aimé, moi aussi. Et comme pour nobody, je ne m'attendais pas spécialement à grand chose après l'accueil tiède de Cannes. D'où peut-être ma surprise... Le film est vendu comme un peplum alors que c'est surtout un decorum pour des histoires aux intérêts contemporains. Concernant la reconstitution, je l'ai trouvée vraiment réussie. Et si l'on peut être déçu de ne pas trouver de grande scène spectaculaire (quoique la prise de la Bibliothèque n'ait pas à rougir de la comparaison), le film a un vrai cachet visuel.
Il a aussi beaucoup de défauts, notamment concernant la dramaturgie. Beaucoup pourront être lassés de ces différentes histoires peut-être maladroitement juxtaposées et surtout aux progressions laborieuses (et donc au rythme parfois lent ou inégal). Mais, et c'est là que je rejoins Frédo, le traitement est clairement différent des spectacles basiques du cinéma US. Même s'il y a des maladresses ici, si l'Histoire n'est pas racontée aussi fidèlement pour les besoins d'un scénario, et surtout même si certaines thématiques enfoncent des portes ouvertes (l'intégrisme c'est mal, l'émancipation féminine c'est bien, etc.) il se dégage une vraie sincérité de l'ensemble.

Concernant l'aspect religieux du film, avec tout ce que cela a d'inconnu pour moi (qui m'y tient bien à l'écart), j'ai trouvé très pertinent de montrer un tableau qui rappelle certains drames contemporains, certaines tendances humaines, en inversant les rôles sous le coup de l'Histoire. Plus clairement: dans l'Antiquité, les Chrétiens se comportaient aussi radicalement que certains mouvements religieux actuels pointés du doigt (ou certains conflits qui perdurent on ne sait plus trop pourquoi, sous prétexte religieux). Dans l'Antiquité, le fanatisme était déjà présent (peut-être même encore plus) et l'Histoire montre qu'elle ne fait que tristement se répéter.
Plus important encore, peut-être, le film montre assez bien que, là où certains scientifiques (de quelque religion qu'ils soient) font avancer l'Humanité, l'aveuglement borné provoqué par la religion à outrance fait finalement reculer cette même Humanité. C'est ce qui est symbolisé par la prise de la Bibliothèque d'Alexandrie, saccagée par des chrétiens uniquement préoccupés par leur guerre (on dit d'ailleurs, à un moment, "soldat de Dieu"). Les écrits anciens, la mémoire de l'Humanité sont ainsi détruits pour laisser place vide (cf la Bibliothèque transformée quelques années plus tard en étable).
Je n'avais pas saisi ce que nobody a bien montré concernant la foi et le traitement beaucoup plus subtil d'Hypathie (personnage dont je m'intéressais surtout aux faits scientifiques).

Donc pour moi aussi c'est peut-être mon premier coup de coeur de l'année.
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Watkinssien
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Re: Agora (Alejandro Amenabar, 2009)

Post by Watkinssien »

Nestor Almendros wrote:PITI SPOILERS
je ne m'attendais pas spécialement à grand chose après l'accueil tiède de Cannes. D'où peut-être ma surprise [...]Mais, et c'est là que je rejoins Frédo, le traitement est clairement différent des spectacles basiques du cinéma US.
Moi j'attendais le film grâce, justement, à l'accueil tiède de Cannes ! :mrgreen:
Mais sinon, le traitement est différent des spectacles US, car le film est hispano-malte, malgré la langue originale anglaise, et n'a jamais eu la méthodologie du péplum hollywoodien. Il suit clairement les principes fondateurs du péplum européen à la Pasolini ou à la Fellini ( certainement pas dans la forme, mais dans les réflexions culturelles d'une société aussi décadente que celle contemporaine), même si le filme assène un "morceau de destruction" spectaculaire, mais très bien intégré dans l'ensemble.

Agora est un beau film, surprenant, à la mise en scène complexe et très réfléchie.

Il est évident que le film possède plusieurs niveaux de lecture et Amenábar parvient à ne pas tomber dans le piège que je craignais, à savoir la lourdeur religieuse du propos. En réalité, Agora est un film entre deux principes, celui du spirituel et du scientifique et pousse pertinemment la peinture d'une frontière fragilisée.

Rachel Weisz est parfaite, tellement que ses partenaires de jeu sont fadasses. On peut tiquer sur une certaine esthétique, mais pas sur le talent du cinéaste ainsi qu'à sa manière de raconter une intrigue enchevetrée entre didactisme (la partie la plus faible du film), minimalisme et gigantisme.
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Jericho
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Re: Agora (Alejandro Amenabar, 2009)

Post by Jericho »

13 nominations aux Oscars espagnols pour Agora

Agora, le péplum d'Alejandro Amenabar, sorti mercredi dernier dans les salles françaises, a reçu 13 nominations de l'Académie du cinéma espagnol pour les Goyas 2010, dont la cérémonie aura lieu le 14 février à Madrid. Les nominations aux Goyas ont été sélectionnées parmi 120 films espagnols et latins sortis en Espagne en 2009. Les 13 catégories nominées sont :

http://www.ecranlarge.com/article-details-14447.php
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Joe Wilson
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Re: Agora (Alejandro Amenabar, 2009)

Post by Joe Wilson »

Je suis sorti de la salle très déçu, alors que je n'attendais pas grand chose du projet. Mais je n'ai rien trouvé à sauver : la mise en scène est au mieux maladroite (des effets de foule calculés et désincarnés), bien trop souvent hors-sujet (manie incompréhensible des plans panoramiques, ce qui fige le discours dans un didactisme et une pesanteur regrettables).
Le scénario ne rétablit pas vraiment l'équilibre : l'esclave Davus ne sert que de prétexte à un délire mystique sacrificiel, avec à la clef plusieurs scènes grotesques...et aucun protagoniste masculin ne parvient à sortir du lot, l'interprétation restant uniformément médiocre (entre Oscar Isaac particulièrement falot dans le rôle d'Oreste, et un Michael Lonsdale qui parvient à gâcher à lui seul la première demie-heure).
Sur le fond, Amenabar s'essaie au film à thèse, mais sa démonstration reste gratuite et tourne complètement à vide. Car s'il a pu profiter d'un contexte historique aux sources fragmentaires (on connaît presque plus Hypatie pour le contexte de sa mort, que pour sa vie et ses compétences), la déformation peu subtile des travaux de son héroïne (entre les ellipses et Kepler avant l'heure, pas un développement scientifique n'apparait crédible) ne sert qu'à évoquer un cliché historique rebattu, celui d'une rupture du savoir entre l'Antiquité et la Renaissance. Avec en prime cette contre-vérité grossière d'un déclin de civilisation au Vème siècle.
Sur le fait religieux, Amenabar multiplie également contresens et approximations. Hypatie fut l'otage puis la victime d'une lutte d'influence entre Oreste et Cyrille, certes...en recoupant toutes les sources, l'hypothèse semble assez claire. Mais en faire un martyr d'une foi portée par la raison face à un fanatisme religieux relève du pur fantasme. Comme d'ailleurs la séquence de la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie (à supposer qu'elle ait été rasée en 391, il n'y a aucune certitude par rapport aux volumes qu'elles contenait).
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cinephage
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Re: Agora (Alejandro Amenabar, 2009)

Post by cinephage »

Pour ma part, je suis très partagé quant à ce film, qui me parait plus intéressant par ses ambitions que par son résultat.

D'une part, la reconstitution d'Alexandrie m'a paru grandiose et réussie, riche en détails "qui font vrai", et en petites touches de vérité qui m'ont plu. Le choix de cette période, de ce récit, sont d'excellentes idées.
Mais un traitement souvent trop grandiloquent (ou didactique ?) lorsque l'on cherche à inscrire le récit dans je ne sais quel plan cosmique, ou que des effets de mise en scène très voyants (le plan "tête en bas" dont parle plus haut nobody smith, qui m'est apparu très lourd), qui ralentit le récit, casse l'affectif de la trame narrative et distancie à l'extrême les personnages.

D'autre part, la problématique religieuse est vraiment très intéressante. La montée de la chrétienté au pouvoir, son traitement violent des autres religions (on pense parfois à l'inquisition espagnole, forcément), sont plutôt bien décrits.
Mais la problématique ne décolle pas, reste simpliste, semble ignorer la complexité des relations ethnie/identité/religion pour préférer décrire la "fin de l'age d'or du savoir", incarné par la chercheuse acharnée Hypathie. Dommage de consacrer tant de temps à une problématique facile et caricaturale, dans un cadre si riche, qui évoque pourtant la complexité, qu'il refuse pourtant de traiter...

Enfin, à la beauté de la photographie qui frappe souvent l'oeil, s'oppose une artificalité de certains plans, certaines poses, qui gênent par leur manque de naturel. S'ajoute à cela une bande musicale d'une banalité et/ou d'une pauvreté qui dessert vraiment le film.

Bref, bien tenté, mais très en dessous de ce que ça aurait du/pu être. Amenabar reste un réalisateur passionnant à suivre, même dans ses ratés.
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Tom Peeping
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Re: Agora (Alejandro Amenabar, 2009)

Post by Tom Peeping »

Je l'ai vu parce que j'étais intrigué par les choix de représentation de la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie (rare au ciné). Au final, j'ai découvert un film passionnant et très contemporain dans les questions qu'il soulève, jusqu'à un certain malaise. Chapeau au scénariste d'avoir, en ne parlant que des païens, des juifs et des chrétiens, d'avoir évidemment aussi traité en filigrane le prosélytisme actuel de l'Islam. Les quelques plans éloignés du style GoogleEarth m'ont paru parfaitement justifiés. Lorsqu'on s'éloigne en zoom arrière d'Alexandrie au IVe siècle, on découvre une planète en tous points semblable aujourd'hui d'il y a 2000 ans, une façon pour Amenabar d'appuyer son véritable sujet : History repeating. Dans la salle de ciné (Gaumont Parnasse), on pouvait sentir un certain inconfort parmi une partie du public. Et j'ai eu de l'empathie pour Hypathie. Un film formidable.
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Re: Agora (Alejandro Amenabar, 2009)

Post by Jericho »

Ce n'est pas un chef d'oeuvre, en raison de quelques défauts et maladresses que peut trainer le film. Néanmoins, c'est diablement accrocheur (malgré quelques aspects didactiques), ambitieux, profond et bien mis en scène.
Pour ma plus grande joie, Alejandro Amenabar prend pas mal de risques dans le traitement de son intrigue, et évite par conséquent de s'embourber dans un péplum quelconque, Hollywoodien et académique.
D'ailleurs j'ai été très agréablement surpris par le scénario. Connaissant pas cette page de l'histoire, je pensais, de prime abord, que l'incendie de la bibliothèque d'Alexandrie surviendrait à la toute fin du long métrage. Or ce n'est pas le cas, cet évènement arrive assez tôt et sert de tournant dans la suite des évènements. Puis je pensais également que ça raconterait uniquement le destin de la philosophe et astronome Hypatie d'Alexandrie. En fait les points de vue sont multiples, les autres personnages qui l'entourent (son esclave Davus et ses disciples Oreste et Synesius) ont tout autant d'importance et joueront un rôle prépondérant par la suite (après l'incendie essentiellement). Ce qui m'a plu aussi, c'est le côté imprévisible des protagonistes, au départ je pensais avoir cerné qui étaient les bons et les mauvais, au fur et à mesure que ça avance, l'oeuvre contredit mes conclusions hâtives et c'est vraiment appréciable.
En dépit des apparences, j'ai pas trouvé ça manichéen. Et je n'y vois pas nécessairement une critique à l'égard de la religion et encore moins à l'égard des chrétiens. J'ai surtout l'impression que le cinéaste a voulu montrer la bêtise humaine et sa propension à céder facilement dans des actes belliqueux.
Avec le personnage d'Hypathie, j'ai envie de dire que le cinéaste livre l'un des meilleurs rôle féminin au cinéma. Aujourd'hui, on entend parler d'émancipation à longueur de journée pour tout et n'importe quoi, là en l'occurrence le terme n'est pas usurpé pour cette femme.
Concernant les quelques défauts, le réalisateur sombre un peu dans l'emphase par moments, il use de ralentis et de musique pompeuse sur quelques séquences dites primordiales. C'est un peu dérangeant.
Et enfin je n'ai pas trop accroché à l'histoire de Davus, le jeune esclave qui se convertit au christianisme. Je ne sais pas trop pourquoi, si ce n'est que l'acteur n'était pas très convaincant à mon sens.
Agora est un film intéressant, à voir pour la qualité de son scénario, de sa mise en scène et de l'interprétation des acteurs (Rachel Weisz notamment).
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Re: Agora (Alejandro Amenabar, 2009)

Post by Jeremy Fox »

Tom Peeping wrote:Je l'ai vu parce que j'étais intrigué par les choix de représentation de la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie (rare au ciné). Au final, j'ai découvert un film passionnant et très contemporain dans les questions qu'il soulève, jusqu'à un certain malaise. Chapeau au scénariste d'avoir, en ne parlant que des païens, des juifs et des chrétiens, d'avoir évidemment aussi traité en filigrane le prosélytisme actuel de l'Islam. Les quelques plans éloignés du style GoogleEarth m'ont paru parfaitement justifiés. Lorsqu'on s'éloigne en zoom arrière d'Alexandrie au IVe siècle, on découvre une planète en tous points semblable aujourd'hui d'il y a 2000 ans, une façon pour Amenabar d'appuyer son véritable sujet : History repeating. Dans la salle de ciné (Gaumont Parnasse), on pouvait sentir un certain inconfort parmi une partie du public. Et j'ai eu de l'empathie pour Hypathie. Un film formidable.
Je l'ai vu car Alejandro Amenabar est selon moi l'un des plus grands réalisateurs de ces deux dernières décennies et je n'ai encore une fois pas été déçu une seconde. Je rejoins les avis de Nobody Smith et Tom Peeping avec peut-être encore plus d'enthousiasme car tout m'a convaincu dans ce péplum aux ambitions démesurés et qui les assume sans jamais se prendre les pieds dans le ridicule dans lequel il aurait pu aisément tomber vu le lyrisme de la mise en scène et les messages hautement humanistes du scénario. Je ne m'attendais pas à tant d'intelligence et de beauté ; quant au final (que je ne dévoilerais pas), c'est une des plus belles scènes d'amour que j'ai pu voir depuis longtemps alors que le film est pourtant dénué de toute romance directe. Chapeau !
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Re: Agora (Alejandro Amenabar, 2009)

Post by Watkinssien »

Cet enthousiasme fait plaisir. Quel film !
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Re: Agora (Alejandro Amenabar, 2009)

Post by hellrick »

Jeremy Fox wrote: Je l'ai vu car Alejandro Amenabar est selon moi l'un des plus grands réalisateurs de ces deux dernières décennies et je n'ai encore une fois pas été déçu une seconde. Je rejoins les avis de Nobody Smith et Tom Peeping avec peut-être encore plus d'enthousiasme car tout m'a convaincu dans ce péplum aux ambitions démesurés et qui les assume sans jamais se prendre les pieds dans le ridicule dans lequel il aurait pu aisément tomber vu le lyrisme de la mise en scène et les messages hautement humanistes du scénario. Je ne m'attendais pas à tant d'intelligence et de beauté ; quant au final (que je ne dévoilerais pas), c'est une des plus belles scènes d'amour que j'ai pu voir depuis longtemps alors que le film est pourtant dénué de toute romance directe. Chapeau !
Tout à fait d'accord avec toi :D
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Re: Agora (Alejandro Amenabar, 2009)

Post by Tom Peeping »

Il y a une seule chose qui m'a gêné dans Agora, c'est les chants (plaintes vocales) antiquisants dont aucun epic ne peut se passer depuis Gladiator. Tout le reste est tellement original que ces illustrations vocales font réchauffé et c'est dommage. Une concession à la mode sans doute. Pour le reste, j'ai revu le film deux fois en DVD depuis sa découverte en salle et je suis toujours aussi frappé par la pertiennce de son propos.
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Re: Agora (Alejandro Amenabar, 2009)

Post by Jeremy Fox »

Tom Peeping wrote:Il y a une seule chose qui m'a gêné dans Agora, c'est les chants (plaintes vocales) antiquisants dont aucun epic ne peut se passer depuis Gladiator. Tout le reste est tellement original que ces illustrations vocales font réchauffé et c'est dommage.
Idem ; et le coupable pourrait être antérieur à Zimmer à mon avis. Je soupçonne Vangelis et sa pénible BO de 1492 d'être à l'origine de cette mode (ou concession) que je trouve aussi particulièrement agaçante.
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Re: Agora (Alejandro Amenabar, 2009)

Post by hellrick »

Au fait une bonne ou une mauvaise nouvelle mais en Belgique le dvd est déjà bradé dans les bacs de Extrazone dans la catégorie "4 pour 10 euros" :shock: (avec aussi le très sympa Daybreakers)
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