Terrence Malick

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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-Kaonashi Yupa-
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Re: Terrence Malick

Post by -Kaonashi Yupa- »

Attention à ne pas confondre : acteurs tournant pour Malick et acteurs présents au montage final ! :mrgreen:
ballantrae
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Re: Terrence Malick

Post by ballantrae »

Je ne comprend plus rien à cette avalanche malickienne!
En attendant, voici mes notes:
Badlands:10/10
Days of heaven (revu deux fois en salle l'an passé):10/10
La ligne rouge: 10/10
Le nouveau monde: 10/10
Tree of life: 10/10
Que le sans faute continue de manière stakhanoviste, why not?
redpaul
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Re: Terrence Malick

Post by redpaul »

Pour moi, Malick a été LA révélation (presque au sens religieux)
Depuis La ligne rouge - Le nouveau monde et Tree of Life j'ai même du mal à apprécier autre chose
C'est une expérience au delà du cinéma - On adhère ou pas - J'ai plus qu'adhéré
INOUBLIABLE (et tout est en germe dans Badlands)
Il me reste à voir Les Moissons du Ciel - Pas de BR prévu ??
Wagner
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Re: Terrence Malick

Post by Wagner »

redpaul wrote:C'est une expérience au delà du cinéma - On adhère ou pas - J'ai plus qu'adhéré
C'est un cinéma qui commence là où la philosophie ne peut plus s'aventurer.
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Thaddeus
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Re: Terrence Malick

Post by Thaddeus »

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(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)


La balade sauvage
Ode à l’Amérique campagnarde, romance désenchantée entre deux adolescents asociaux, poème mélancolique tiré d’un fait divers dont le cinéaste ne retient que la folie panthéiste, ce premier film magistral prend à rebours l’angélisme hollywoodien et instaure un malaise assez indéchiffrable en filmant le trajet sanglant de son couple maudit comme une robinsonnade idyllique, faite du goût de l’instant et de la jouissance de sa propre autonomie. L’odyssée meurtrière est vécue tel un conte de fées, la nature perçue comme un refuge à la fois chéri et malmené, tandis que la voix off naïve et sereine de son héroïne confère au parcours le parfum doux et élégiaque d’un rêve inexprimé, d’un paradis perdu. C’est ce qui s’appelle un coup d’éclat, et l’affirmation d’un style à nul autre pareil. 5/6
Top 10 Année 1973

Les moissons du ciel
Magnifique mélodrame rural où la splendeur de la faune et de la flore s’oppose aux aspirations dérisoires des migrants, où la prairie perdue, saccagée par la folie des hommes, figure l’Eden mythique, et où l’éblouissante symphonie des images restitue le processus des mutations culturelles et sociales tant comme principe mythique que comme cycle évolutif. Quelques part entre Murnau, La Nuit du Chasseur et les toiles de Hopper ou Wyeth, Malick laisse éclater une sensibilité de poète sans aucun équivalent dans le cinéma américain : le prosaïque s’y mesure constamment avec le cosmique, le réalisme avec le romantisme, l’apocalypse (invasion de sauterelles, lanternes feu follet, ténèbres) s’oppose aux lignes douces d’un demi-jour magique, le long d’une tragédie intemporelle où se jouent l’amour, la jalousie, la mort et les passions qui embrasent les hommes. 6/6
Top 10 Année 1978

La ligne rouge
Un gouffre de vingt ans, et le plus extraordinaire retour que le cinéma ait connu. Face à l’aube rosée, un colonel cite Homère avant de donner l’assaut ; le visage d’un cadavre enseveli sous l’humus retourne à la poussière originelle ; un oisillon tombe mort-né au milieu des explosions ; un palétuvier naissant, racines apparentes, se confond entre le ciel et la terre… Mélopée envoûtante, magnifiant un éden mélanésien aux grâces de paradis perdu, cet immense poème élégiaque semble puiser sa splendeur éthérée de quelque espace-temps éloigné, inventer le cinéma à chaque plan, exprimer l’indicible en une symphonie animiste, d’un lyrisme cosmique et torrentiel. L’artiste y chante et exalte l’expérience universelle de l’homme dans le cycle de l’univers, à travers un oratorio panthéiste qui fonde êtres et nature en une unité organique, et où tout – corps, paysages et voix – paraît résonner et briller pour la dernière fois. Sublime et bouleversant. 6/6
Top 10 Année 1998

Le nouveau monde
Une fois de plus, les mots sont peu de choses face à cet opéra cosmogonique où le souffle du vent répond au questionnement existentiel et aux affects des personnages. Malick filme les vibrations de l'amour avec la délicatesse d'un papillon, suggère la naissance malade de l’Amérique, la permanence d’une civilisation massacrée, la capture et la précarité d’un rêve transporté d’une rive à l’autre, saisit ce moment où l'Ouest cesse d'être un mythe ou une utopie pour entrer dans l'histoire, exalte le jardin de la création en composant un réseau de métaphores, de songes et de fantasmagories qui associe tous les éléments en une unité virginale et panthéiste – jusqu’à un final proprement extatique. Ça pourrait durer six heures, six jours, six mois, c'est l'éternité qui passe le temps d'un film symphonique, céleste et infinitésimal, dont chaque image, chaque plan, chaque seconde tient du miracle. 6/6
Top 10 Année 2005

The tree of life
Jamais Malick ne s’était mis autant en danger. Sa marqueterie émotionnelle réverbère un faisceau de souvenirs, de réminiscences, d’impressions amplifiées en une procession d’images purement expressives : le Tarkovski américain réalise ici son Miroir, une œuvre avant-gardiste actualisant la variation universelle et les systèmes d'interaction théorisés par Vertov. Elle suit une ligne de crête extrêmement fragile, son sublime frise la parodie (le final n’est pas loin de sombrer dans le gagatisme illuminé), mais sa flamme vacillante offre surtout l’extraordinaire ballet cosmique sur Lacrimosa, les premiers pas de l’enfant, un labyrinthe de sens, de signes, d’échos, de résonances recelant merveilles et richesses infinies. La mini-bataille d’Hernani rappelle qu’à son époque, 2001 aussi avait dû affronter les quolibets. 6/6
Top 10 Année 2011

À la merveille
Le cinéaste poursuit une quête éminemment personnelle, systématise un langage délesté de toute caractérisation psychologique et se replie à l’échelle intimiste du sentiment amoureux, ses variations, sa fragilité. Régulièrement il franchit la frontière démarquant l’inspiration de l’auto-caricature. Mais la pureté cristalline de ses images, leur faculté à produire sens et émotion en captant des instants volés à la beauté du monde, dépassent la naïveté du propos. Si tout le film n’est pas à la hauteur de la superbe première heure, si les limites de ce cinéma mystique n’ont jamais parues aussi flagrantes, la dimension déceptive de l’ensemble, à laquelle Olga Kurylenko apporte sa sublime présence, s’accorde au voile du doute et du regret qui traverse toute l’œuvre de l’auteur – le voile de la mélancolie. 5/6

Knight of cups
Pas une seconde on ne doute que le Texan soit derrière la caméra, ce qui constitue ici un sérieux problème. Car ce que l’on pouvait redouter s’est produit : la centrifugeuse malickienne est devenue une machine à générer de splendides images, qui tourne sur elle-même comme un derviche cinglé sans jamais avoir vraiment de prise sur quoi que ce soit, et qui finit par exploser en plein vol. Larguant définitivement les amarres de toute accroche narrative ou dramatique au profit d’une épuisante hémorragie visuelle, parfois saisissante dans sa capacité à saisir une effervescence, une frénésie, un morcellement très contemporains, l’œuvre s’offre comme un long flux ectoplasmique de visions-clichés, de silhouettes vides, de ruminations absconses, dont les préoccupations existentielles flirtent avec l’ego-trip. 3/6

Song to song
En s’aventurant dans un ésotérisme liturgique affranchi de la moindre pesanteur affective, le précédent long-métrage marquait une crise dangereuse. Ce film-ci la résout en grande partie, fondé sur l’élément crucial à toute entreprise cinématographique accomplie : un centre de gravité émotionnel. L’expression de Malick tient plus que jamais de la fragmentation poétique et de la polyphonie intérieure, pensées intimes et sensations fugaces fondues en un même flux spiritualiste, une même mélodie obsessionnelle du toucher, du murmure, de l’évanescence, de la béatitude contrariée. Mais la clarté émanant de cette initiation sentimentale répond d’une nécessité beaucoup plus sensible, pleinement en accord avec la fragilité d’êtres amoureux mais inquiets et fébriles, bien revenus parmi les hommes. 4/6

Une vie cachée
Le cadre de la production et le contexte historique laissaient espérer un retour à une forme plus traditionnelle. Hélas, les dérives New Born Christian dans lesquelles s’est égaré le cinéma de Malick ont laissé des stigmates indélébiles. La narration en flux de conscience, l’apesanteur d’un steadicam ultramobile, le recours systématique au grand angle et au surdécoupage temporel, l’ancrage du récit à un mysticisme ponctué de sentences perplexes puisées dans un vade-mecum heidegerro-catholique : autant de procédés devenus formule, figeant l’emphase du prêche dans une solennité de sarcophage et maintenant la note unique du dolorisme sanctifié. De cette homélie monocorde où tout conspire au majuscule, on émerge avec le sentiment attristé que l’auteur œuvre désormais comme un fabricant d’icônes. 3/6


Mon top :

1. La ligne rouge (1998)
2. Les moissons du ciel (1978)
3. Le nouveau monde (2005)
4. The tree of life (2011)
5. La balade sauvage (1973)

Pendant près de quatre décennies, Malick brilla comme un astre solitaire, rare et précieux. Ciselées avec amour, longuement travaillées, ses bouleversantes splendeurs filmiques tombaient du ciel comme des cadeaux bénis et traduisaient une sensibilité plastique, une profondeur méditative et un degré d’incarnation sans équivalent. Le virage de radicalité opéré depuis quelques films, concomitant à sa soudaine poussée de productivité, a transformé le lyrisme en logorrhée, la poésie en lourdeur, l’inspiration en système. Le constat est douloureux mais à peu près irréfutable : ma rupture avec lui est désormais consommée, et je doute fort de retrouver un jour le cinéaste que j’ai tant aimé.
Last edited by Thaddeus on 2 Feb 20, 01:39, edited 15 times in total.
Tuck pendleton
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Re: Terrence Malick

Post by Tuck pendleton »

Faut que j'arrête d'aller sur ce topic, c'est mauvais pour mes nerfs.
Wagner
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Re: Terrence Malick

Post by Wagner »

Stark wrote:Je le tiens pour le plus grand réalisateur en activité – je ne vois pas qui, aujourd’hui, peut prétendre rivaliser avec lui.
Qu'est-ce que ce sera quand il castera Naomi Watts :mrgreen:
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Thaddeus
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Re: Terrence Malick

Post by Thaddeus »

Tuck pendleton wrote:Faut que j'arrête d'aller sur ce topic, c'est mauvais pour mes nerfs.
:lol: Le pire, c'est que je comprends parfaitement en quoi son cinéma peut être rédhibitoire pour certains. Et, par extension, en quoi les épanchements illuminés des fans (que je viens d'illustrer) peuvent porter à la fois à la moquerie et à l'exaspération.
Wagner wrote:Qu'est-ce que ce sera quand il castera Naomi Watts :mrgreen:
Bah alors je n'aurai plus rien à espérer du cinéma, je pourrai mourir heureux. :mrgreen:
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Re: Terrence Malick

Post by AtCloseRange »

Stark wrote:
Tuck pendleton wrote:Faut que j'arrête d'aller sur ce topic, c'est mauvais pour mes nerfs.
:lol: Le pire, c'est que je comprends parfaitement en quoi son cinéma peut être rédhibitoire pour certains. Et, par extension, en quoi les épanchements illuminés des fans (que je viens d'illustrer) peuvent porter à la fois à la moquerie et à l'exaspération.
T'as encore de la marge par rapport à Wagner :mrgreen:
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Re: Terrence Malick

Post by Dragonball »

Hey ben !
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Re: Terrence Malick

Post by aurelien86 »

Malick a apparemment filmé des scènes pour Lawless lors du festival SXSW la semaine dernière (avec entre autre le groupe Neon Indian). Il avait déjà filmé des scènes lors des festivals Austin City Limits et Fun Fun Fun Fest, avec notamment Arcade Fire, Iron & Wine, Fleet Foxes.
Plus d'infos (et des vidéos de Christian Bale et l'équipe à SXSW):
http://pitchfork.com/news/45860-neon-in ... oney-mara/
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-Kaonashi Yupa-
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Re: Terrence Malick

Post by -Kaonashi Yupa- »

Marrant, sur ton lien il est question de Rooney Mara, avec Christian Bale. Or pour moi, l'actrice qu'on voit passer avec un voile noir devant Bale, dans la troisième vidéo, ce serait plutôt Haley Bennett.

Tout cela pose tout de même une question essentiel : que devient Inderweltsein ? Plus de nouvelles depuis le 02 novembre dernier...
aurelien86
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Re: Terrence Malick

Post by aurelien86 »

-Kaonashi Yupa- wrote:Marrant, sur ton lien il est question de Rooney Mara, avec Christian Bale. Or pour moi, l'actrice qu'on voit passer avec un voile noir devant Bale, dans la troisième vidéo, ce serait plutôt Haley Bennett.

Tout cela pose tout de même une question essentiel : que devient Inderweltsein ? Plus de nouvelles depuis le 02 novembre dernier...
Pitchfork est un site de musique, pas de cinéma. Donc ils ont pu faire des erreurs, voire se planter sur certaines infos; bien qu'ils ne font que reprendre l'info d'ailleurs, donc j'en doute. De toute façon, tout est tellement flou autour des innombrables projets de Malick actuellement, avec des castings plus ou moins similaires, que c'est un peu difficile de suivre. :D

Ce qui est sur tout de même, c'est que Malick a filmé pour la troisième fois lors d'un festival de musique en moins d'un an; avec à chaque fois Christian Bale. Après, savoir si c'est juste pour une séquence ou que cela aura une importance plus grande dans la trame du film (Lawless ?), à voir...
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Re: Terrence Malick

Post by aurelien86 »

Voilà Rooney Mara:
http://stereogum.com/982242/alan-palomo ... ess/photo/

Mais ces photos sont d'un festival l'an dernier, Austin City Limits. Donc il se peut que ce ne soit pas RM sur les vidéos avec Christian Bale la semaine dernière à SXSW.
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-Kaonashi Yupa-
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Re: Terrence Malick

Post by -Kaonashi Yupa- »

aurelien86 wrote:Mais ces photos sont d'un festival l'an dernier, Austin City Limits. Donc il se peut que ce ne soit pas RM sur les vidéos avec Christian Bale la semaine dernière à SXSW.
Revois la vidéo, rien que la couleur des cheveux, déjà, montre qu'il n peut pas s'agir de Rooney Mara...