Dans l'ombre de Manhattan (Sidney Lumet - 1996)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Abronsius
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Dans l'ombre de Manhattan (Sidney Lumet - 1996)

Post by Abronsius »

Film découvert lors de la rétro Lumet à l'Institut Lumière...

Sean Casey (Andy Garcia, crédible) vient d'un milieu populaire, fils de policier il réussit à obtenir les diplômes qui lui permettront de devenir procureur. Il connaît le monde de la rue et s'accroche à une éthique, un sens du devoir et de l'honnêteté qui lui sont essentiels. Un dealer très dangereux est recherché par de nombreux policiers dont son père (Ian Holm, impeccable) qui se retrouvera à l'hôpital en tentant de l'arrêter. En enquêtant sur l'affaire Sean Casey découvrira que la réalité a de multiples plis dans lesquels les idéaux peuvent se perdre. Personnage intéressant, Casey croit dur comme fer en ses valeurs et sera confronté à des frictions familiales, son père est-il intègre ? son équipier l'est-il aussi ( James Gandolfini, excellent) ? Des frictions sentimentales avec la belle Lena Olin ou encore professionnelles ... Film solide qui ne cesse de maintenir l'attention, chaque séquence est construite de telle sorte que le début donne le sentiment d'avoir déjà vu la même chose cent fois mais dont la fin surprend à chaque fois, principe d'écriture qui rajoute un intérêt supplémentaire. Hyper efficace car maîtrisé. Lumet sait filmer, il sait aussi écrire. Le thème de la quête vers la pureté, la droiture est noble, Lumet démontre qu'il faut parfois, pour l'atteindre, se salir un peu : "You wanna clean hands ? Become a priest !". Les acteurs sont très bons, histoire d'amour portée par la féline Olin, Holm et Gandolfini forment un duo très classe qui arrive à laisser éclater l'humanité de leurs personnages, Richard Dreyfuss que l'on ne voit pas si souvent campe un avocat tout en nuances, prestation réussie. J'ai aimé revoir le très bon Colm Feore (l'avocat de The Insider) et pour terminer une mention spéciale à Ron Leibman et à son langage châtié. Le casting et la qualité des interprétations sont remarquables. Très beau générique de début qui voit le skyline de Manhattan se dessiner à contrejour en fines bandelettes et qui prendra tout son sens à la fin de l'histoire. Une réussite.
Ben Castellano
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Re: Night Falls on Manhattan (Sidney Lumet - 1996)

Post by Ben Castellano »

Découvert il y a peu. La première heure est une vraie leçon de cinéma entre l'arrestation manquée du dealer (superbe séquence), le procès faussement résolutif et la montée en puissance soudaine de Garcia comme District Attorney... après ça me semble être plus attendu dans les rebondissements et les histoires de flics ripoux ou d'honneur familial, mais l'ensemble reste un thriller moral de belle tenue avec sa pointe d'amertume non feinte. Lumet est vraiment à l'aise dans les rouages de la justice et de la politique. Dommage que le rôle de Dreyfuss soit un peu court. Passé un peu inaperçu à sa sortie c'est un film qui mérite d'être redécouvert en effet.
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Watkinssien
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Re: Night Falls on Manhattan (Sidney Lumet - 1996)

Post by Watkinssien »

Je suis globalement d'accord avec les deux avis ci-dessus.

Night Falls on Manhattan est un bon Lumet, à défaut d'être très bon. L'histoire tient la route et la mise en scène est d'une solidité à toute épreuve, sachant habilement maintenir un intérêt constant.

Cela dit, il faudrait que je le revoie.
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Rick Blaine
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Re: Dans l'ombre de Manhattan (Sidney Lumet, 1996)

Post by Rick Blaine »

Étonnamment j'avais un peu peur de ce film, je suis pourtant un admirateur de Lumet, mais j'avais peur, sur ce genre de sujet classique et maintes fois revu, de voir la chronique de l'ange face au monde corrompu. Résultat cela faisait des années que le DVD trainait chez moi.
Grave erreur, il faut toujours faire confiance à Lumet, qui nous offre un film brillant sur un thème qui lui est cher, la justice et les hommes qui doivent l'appliquer (voir Serpico, Le Prince de New-York, The Offence, ...).
Je suis d'accord avec ce qui est dit ci-dessus, la première heure est la plus brillante, mais le soufflé n'a pas le temps de retomber, le final, s'il contient son lot de rebondissements attendus, est bien mené.
Mention spéciale au casting, et à la direction d'acteur de Lumet. Une réussite. Finalement, le monsieur ne m'a, jusqu'ici, jamais déçu. Je tacherais de m'en souvenir.
Jericho
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Re: Dans l'ombre de Manhattan (Sidney Lumet - 1996)

Post by Jericho »

Ok vendu, je vais tenter de découvrir ce film !
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jacques 2
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Re: Dans l'ombre de Manhattan (Sidney Lumet - 1996)

Post by jacques 2 »

Découvert hier : comme écrit ci-dessus, il faut toujours faire confiance à Lumet pour avoir du solide càd une histoire sans manichéisme et pourvue d'un excellent casting ...

Celui-ci correspond encore une fois parfaitement à cette définition ...

Dick Wolf et ses productions doivent beaucoup - et c'est un compliment - à Lumet ... :)
Jericho
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Re: Dans l'ombre de Manhattan (Sidney Lumet - 1996)

Post by Jericho »

Personnellement, j'ai été un peu déçu par ce Lumet. Un oeuvre mineure dans sa filmographie, pour moi.
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jacques 2
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Re: Dans l'ombre de Manhattan (Sidney Lumet - 1996)

Post by jacques 2 »

Jericho wrote: Un oeuvre mineure dans sa filmographie, pour moi.
Des oeuvres mineures de cette trempe, je veux bien quant à moi en faire mon pain quotidien ... :)
Federico
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Re: Dans l'ombre de Manhattan (Sidney Lumet - 1996)

Post by Federico »

jacques 2 wrote:
Jericho wrote: Un oeuvre mineure dans sa filmographie, pour moi.
Des oeuvres mineures de cette trempe, je veux bien quant à moi en faire mon pain quotidien ... :)
Et comment ! Je viens de le découvrir et il n'a pas à rougir de la comparaison avec les deux précédents Lumet sur la corruption policière (Serpico et Le prince de New York). Le monsieur est toujours aussi à l'aise dans les séquences d'action (l'ouverture sur la tentative de coincer le caïd est estomaquante de précision et de violence sèche) que dans les (beaucoup plus nombreuses) séquences de dialogues.

Et, Lumet oblige, la direction d'acteurs et la qualité de l'interprétation sont très largement au-dessus du lot. Je sais que certains trouvent Andy Garcia un peu mou mais il est pourtant - comme souvent - très bien (juste un petit bémol sur son manque d'expressivité lorsqu'il apprend la mort du partenaire de son père). Mais c'est surtout le reste de la distribution qui impressionne : Ian Holm très touchant en vieux papa flic, James Gondolfini impressionnant avec sa masse inquiétante, Richard Dreyfuss impecc' comme d'hab' en avocat roublard (le coup de sa présentation de client à la presse !! :shock: :uhuh: )...

Mais le meilleur de tous, c'est Ron Leibman en "Morgy", le procureur branché sur le triphasé qui prend le jeune avocat sous sa coupe paternelle. Comme lui dit amicalement Garcia avant de quitter cette pile électrique devenue un vieux monsieur cloué sur une chaise après une attaque : "Je vous embrasserais bien, mais vous êtes un sale type."

Bien sûr, on pourra reprocher à Lumet de reprendre presque à l'identique certains points de scénario déjà abordés par lui comme l'enquête pression menée par l'Internal Affairs (la police des polices) sur les flics soupçonnés de corruption, dans le but qu'au moins un craque et balance les autres par effet dominos (ce qui était au centre du Le prince de New York). Ou de faire tomber son héros amoureux de l'assistante de son adversaire (la toujours charmante Lena Olin) mais il n'en fait pas des caisses sur leur aventure. Leurs scènes sont brèves et sobrement écrites.
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Et puis c'est très américain, ces couples entre adversaires, au cinéma comme en dehors. Chaque fois que j'en vois dans un film, je repense à la campagne présidentielle de 1992 où James Carville conseillait Clinton et sa future épouse Mary Matalin George Bush Sr... :roll:
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Jeremy Fox
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Re: Dans l'ombre de Manhattan (Sidney Lumet - 1996)

Post by Jeremy Fox »

Un film assez solide sur la justice avec un questionnement sur savoir s'il est possible d'être un procureur totalement probe. Dans une seconde partie, le scénario aborde la question des flics "ripoux", ce qui est plus convenu. L'ensemble, sans atteindre des sommets (excepté lors de la séquence d'action du début qui prouve si besoin était que le cinéaste était loin d'être un manche niveau efficacité), se suit sans ennui malgré un casting assez inégal (Andy Garcia manque un peu de charisme et Ron Leibman m'a agacé), des personnages sacrifiés comme celui de Lena Olin et une histoire sans grandes surprises. C'est carré, plutôt bien mené mais ça ne me laissera pas de grands souvenirs.
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AtCloseRange
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Re: Dans l'ombre de Manhattan (Sidney Lumet - 1996)

Post by AtCloseRange »

Jeremy Fox wrote:Un film assez solide sur la justice avec un questionnement sur savoir s'il est possible d'être un procureur totalement probe. Dans une seconde partie, le scénario aborde la question des flics "ripoux", ce qui est plus convenu. L'ensemble, sans atteindre des sommets (excepté lors de la séquence d'action du début qui prouve si besoin était que le cinéaste était loin d'être un manche niveau efficacité), se suit sans ennui malgré un casting assez inégal (Andy Garcia manque un peu de charisme et Ron Leibman m'a agacé), des personnages sacrifiés comme celui de Lena Olin et une histoire sans grandes surprises. C'est carré, plutôt bien mené mais ça ne me laissera pas de grands souvenirs.
Vu il y a peu aussi. Un Lumet plutôt pas mal et j'ai trouvé au contraire Ron Liebman formidable (je ne l'avais jamais vraiment remarqué jusqu'ici). Par contre, l'histoire avec Olin, c'est effectivement super mal écrit.
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