Claude Berri (1934-2009)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Bogus
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Re: Notez les films de mai 2008

Post by Bogus »

Profondo Rosso wrote:Un moment d'égarement de Claude Berri (1977)
Victor Lanoux (en pleine crise de couple) par en vacances avec son meilleur ami Jean Pierre Marielle et leurs 2 filles respectives. Gros problème quand Marielle couche avec la fille de son ami... Joli petit film de Berri décidément bien meilleur quand il reste au sujet modeste et intimiste plutôt que quand il s'attaque au "grand cinéma". L'atmosphère estivale et libérée de la France des 70's est vraiment bien saisi notamment les rapports parents/enfants tandis que le script et les dialogues sont d'une justesse rare. Réalisation sobre et précise qui réserve de beaux moments comme le fameux acte de transgression tout en tendresse, pudeur et retenue ou encore le plan fixe final. Jean Pierre Marielle, entre flamme de l'amour retrouvée et culpabilité est exceptionnel, avec une amusante inversion des rôle avec Victor Lanoux au départ père fusionnel et libéré qui va gentiment péter un câble au final. Très belle fin qui ne résout rien et laisse le tout en expectative ... 5/6
Entièrement d'accord. Découvert ce petit film attachant hier soir totalement par hasard sur HD1.
J'ai vu qu'un remake, produit par Thomas Langmann, était en tournage en ce moment avec François Cluzet et Vincent Cassel dans une mise en scène de Jean-François Richet.
ça m'intrigue autant que ça me fait peur (Mesrine bof...) et je me demande si ils arriveront à trouver la même justesse qui se dégage du film de Claude Berri.
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Joshua Baskin
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Re: Claude Berri (1934-2009)

Post by Joshua Baskin »

Un des meilleurs films de Claude Berri avec un Jean-Pierre Marielle extraordinaire (pléonasme). Bien qu'en deçà, le remake US avec Michael Caine et Demi Moore (Blame it on Rio) tient la route.
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Re: Claude Berri (1934-2009)

Post by Federico »

Le poulet, premier court-métrage de Berri (tourné en 1962 ou 1963 mais sorti seulement en 1965 et oscarisé) à revoir pendant quelques jours sur Arte en version récemment restaurée.
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Kevin95
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Re: Claude Berri (1934-2009)

Post by Kevin95 »

MAZEL TOV OU LE MARIAGE - Claude Berri (1968) découverte

Berri première période, rayon autobiographique, section "Mariage" avec un Mazel Tov qui n'est certainement pas l'opus le plus réussi de sa veine perso. Faut dire que vanter le mariage en 1968, c'est tirer la mauvaise carte. Sous le patronage de François Truffaut et de ses Antoine Doinel, Berri raconte ses doutes, ses peurs, ses échecs et finalement sa joie du mariage à travers un personnage qui n'est rien d'autre que lui même. Entre une première demi-heure bien trop longue pour raconter l'ennui dans lequel se trouve le jeune Claude et une dernière partie qui n'en finit pas (vingt minutes bien tassées pour le mariage, alors je veux bien que Berri a de la famille et des copains à caser mais une séance diapo chez lui aurait suffi), le film a trop peu de temps pour développer l'aventure de la prof d'anglais. Moment de fraicheur et de drame, le billard à trois bandes et malheureusement expédié alors qu'il aurait mérité toute la durée du film. Malgré ça, la franchise du Claude Berri de l'époque a toujours quelque chose de touchant et ses interrogations disent beaucoup de la société de l'époque, entre tradition et désir de liberté. Mazel Tov annonce Sex Shop du même Berri, où la déglaciation des mœurs est vue sous son aspect le plus mélancolique. A noter que le personnage du beau-père est très amusant et vite attachant. On comprend que derrière le businessman arrogeant, se cache un amant blessé, bien plus amoureux de son gendre que sa propre fille. Grégoire Aslan est excellent dans le rôle et sa présence au mariage sauve à elle toute seule la dernière partie du film. En revanche, la présence de Régine est plus qu’embarrassante (dans le film voir en général).
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
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Re: Claude Berri (1934-2009)

Post by Supfiction »

damdouss wrote:
odelay wrote:Je le dis et redis, ce coffret vaut vraiment le coup
Certes mais chacun ses goûts : pour moi la filmo de Berri est intéressante mais trop inégale pour acheter un tel coffret (je dégagerai pour ma part 3 ou 4 titres liés en partie à des souvenirs d'enfance : les Pagnol, Germinal par exemple et encore sans une volonté pressente de les revoir. Tchao Pantin m'avait apparu à la re-vision à la télé comme une performance d'acteurs mais qui avait assez mal vieilli (mais ce n'est que mon avis hein :wink: ). J'ai cependant acheté à l'unité "Le vieil homme et l'enfant" que je n'ai vu qu'une fois et qui au-delà d'être son premier film est aussi un de ses meilleurs...
tenia wrote:Ses films les plus récents, c'est quand même pas trop ça.
Et même avant : je n'ai pas été transcendé par Première fois et encore moins par Un moment d'égarement (dont j'attendais beaucoup), tandis que mon revisionnage de Tchao pantin s'est fait à la baisse.
Germinal, je n'en parle même pas, j'ai trouvé ça prodigieusement affreux.
DearHunter wrote:Pas fan de Berri non plus (aucune époque hélas - quoique je ne connais rien post-Débandade, si j'ose dire) mais c'est dommage parce qu'Odelay le vend bien : le coffret semble vraiment bien foutu.
Bon, le prix s'est envolé ceci dit.
Torrente wrote:Pareil que tenia.
Sauf pour Tchao Pantin que je n'avais donc jamais osé regarder et que j'ai découvert en Blu-ray. Ça m'a emballé. De là à me retaper sa filmo'... :mrgreen:
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Supfiction
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Re: Claude Berri (1934-2009)

Post by Supfiction »

Germinal je n'ai jamais accroché non plus. ça ressemble trop à un cours de sortie scolaire : "regardez comme c'était dur la vie des mineurs". Et Lucie Aubrac, je crois que c'est pareil mais sur la résistance.
J'ai un souvenir positif de Ensemble, c'est tout mais je ne m'en rappelle plus bien, je vais essayer de le revoir, tiens.
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tenia
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Re: Claude Berri (1934-2009)

Post by tenia »

Germinal, faut surtout se farcir un paquet d'interprètes qu'on a connu meilleurs ailleurs. Miou-Miou en particulier.
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Jeremy Fox
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Re: Claude Berri (1934-2009)

Post by Jeremy Fox »

tenia wrote:Germinal, faut surtout se farcir un paquet d'interprètes qu'on a connu meilleurs ailleurs. Miou-Miou en particulier.
Surtout, on ne les aura jamais connu pires.
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tenia
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Re: Claude Berri (1934-2009)

Post by tenia »

Miou-Miou et Carmet, ça me semble difficile.
Renaud, je ne sais plus trop, il me semble qu'il est totalement transparent.
Depardieu... c'est Depardieu. :mrgreen:
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Thaddeus
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Re: Claude Berri (1934-2009)

Post by Thaddeus »

(Ne vous dérangez pas, je ne fais que passer)


Image



(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)

Tchao pantin
C’est un film noir, vraiment noir, dont le climat lugubre, poisseux, à rumeur de blues, happe immédiatement vers les profondeurs : Belleville la nuit, quelques enseignes de bar qui clignotent et une station-service baignant dans la lumière d’un néon bleuté… C’est aussi une histoire d’amour père-fils qui naît sur un cloaque de crapulerie, rendue touchante par la mise en correspondance de facteurs divers : la photo sombre de Nuytten, la lancinante musique de Charlélie Couture, l’écriture vériste qui décrit le sordide sans complaisance et inscrit la sarabande de voyous, de dealers, de pute, de punks au sein de décors urbains oppressants, et bien sûr l’interprétation dominée par Coluche, pachyderme hébété, las et imbibé comme un baba au rhum, figure météorique de cette goualante des paumés. 4/6

Jean de Florette
Dans la gageure que représente la mise en images du diptyque de Pagnol, on retrouve un trait du caractère de Berri, producteur combattif, de ceux qui aiment se créer de grosses difficultés avant de tourner pour ensuite espérer toucher les dividendes d’un dur travail. Telle est aussi l’attitude de Jean de Florette, bossu victime de la cruauté de ses voisins, s’entêtant à vouloir transformer l’aride garrigue en jardin d’éden. Ni hommage au folklore régional ni crèche vivante, le film puise bel et bien dans la chair et le sang, la sueur et la douleur, l’amour et la trahison, retrouve d’instinct le verbe auguste du conteur, et transcende un respect quelque peu timoré vis-à-vis du matériau d’origine par sa force de conviction, sa mise en image sobre, ses accents de grand opéra populaire. De la belle ouvrage. 4/6

Manon des sources
Dix ans ont passé. Le temps suffisant pour que cette histoire d’amour impossible et de vengeance implacable, digne de Racine et de la tragédie antique, prenne tous les personnages dans sa toile. Si les thèmes de l’eau et de la sécheresse, de la propriété terrienne, de la lignée familiale, de la perpétuation du nom, de la puissance du patriarche sont actualisés avec un certain brio, c’est d’abord parce que Berri, visant le cinéma, réintroduit une théâtralité de surface qui lui permet d’atteindre le maximum d’intensité émotionnelle. Car ce deuxième volet est d’abord un beau mélodrame où il fait bon pleurer, à l’unisson du Papet, lézardé de l’intérieur et préparant sa mort comme on range une armoire, et d’Ugolin, qui entre la corde au cou et le cœur nu dans la galerie universelle des coupables innocents. 4/6

Une femme de ménage
Si la déco d’un appartement reflète l’état mental de son occupant, alors on n’ose imaginer le cauchemar que vit le protagoniste depuis le départ de sa dulcinée, clapier domestique qu’une noria d’éboueurs ne suffirait pas à déblayer. Lorsque le quinqua neurasthénique engage une jeune femme de ménage timide mais délurée, le petit coucou culotté, non content de faire son lit, finit par s’y installer. Et Berri d’observer avec une patience de pépiniériste la floraison psychique de son antihéros, la formation d’un couple inattendu dont il s’amuse à pointer tendrement les antinomies. Bien sûr l’ours polaire et la lolita ne sont pas faits l’un pour l’autre, mais dans leur idylle provisoire il y a la chaleur, la tristesse tenue en laisse, la vie qui recommence, un charme mélancolique que ce petit film dispense joliment. 3/6

Ensemble, c’est tout
De ce qui pourrait être une pénible machine consensuelle si elle pétaradait, Berri fait une chronique sensible, sobre, menée avec une saine tranquillité. Le grand appartement où elle prend ses quartiers n’est pas une niche de joie amère creusée dans ce monde pourri, et les remarquables Audrey Tautou, Guillaume Canet et Laurent Stocker s’y croisent sans jamais faire l’article de leur talent ni le forcer pour sauver les scènes. Ne pas se compliquer la vie est ici moins un mot d’ordre qu’une capacité effective, une méthode pour traiter chaque moment au plus simple. Et tant pis si les grincheux cyniques s’étranglent devant tant de bienveillance optimiste : ce manège tendre et généreux autour de l’amitié, de l’amour et de l’engagement laisse installer une émotion douce à laquelle il serait ballot de résister. 4/6


Mon top :
1. Tchao pantin (1983)
2. Manon des sources (1986)
3. Jean de Florette (1986)
4. Ensemble, c’est tout (2007)
5. Une femme de ménage (2002)

D’abord connu pour sa remarquable carrière de producteur et pour l’influence centrale qu’il exerça au sein du cinéma français pendant plusieurs décennies, Claude Berri fut aussi, derrière la caméra, un réalisateur humble, sympathique, non dénué de charme. Son parcours de metteur en scène n’a certes rien offert de décisif, mais il a valu quelques belles réussites populaire.
hansolo
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Re: Claude Berri (1934-2009)

Post by hansolo »

Une des rares bonnes nouvelles de cette période : la diffusion de classiques sur F2 a 14h
https://www.francebleu.fr/infos/medias- ... 1584867203
- What do you do if the envelope is too big for the slot?
- Well, if you fold 'em, they fire you. I usually throw 'em out.

Le grand saut - Joel & Ethan Coen (1994)