Michael Mann

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Edouard
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Re: Michael Mann

Post by Edouard »

Suite à ma mésaventure et toujours pour rester dans le bain, j'ai revu Heat que je n'avais pas regardé en entier depuis... 10 ans voire plus. C'est donc la deuxième fois (première fois dans le montage BR Director's cut) que je le vois seulement mais quel film.
La réalisation de Mann... Pacino et De Niro... Kilmer (quel gachis que sa carrière) pour ne citer qu'eux.
Bref, aussi bon que dans mon souvenir avec des scènes cultes que j'avais oublié et d'autres dans lesquelles on remarque certaines petites détails comme un regard intense De Niro dans un miroir discutant avec Ashley Judd dans l'hôtel, un Pacino émouvant quand il enlace la mère de la prostituée tuée ou encore une entrée dans un tunnel sur laquelle il y aurait beaucoup à écrire.
Bref, 20/20.
Last edited by Edouard on 21 Apr 15, 12:02, edited 1 time in total.
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Edouard
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Re: Michael Mann

Post by Edouard »

Hé Manny, tu l'as pas ça hein ? Rassure-moi...
http://www.hotwheels-elite.com/model-ca ... l-mann.php

Cela me fait penser au jeu video Derrick (si, si): je me dis que le public ciblé est limité car les fans de Mann comme nous s'en foutent et les fans de Hot Wheels qu'est-ce qu'ils en ont à faire de la voiture de Mann. Et puis il faut dire que ce n'est pas le cinéaste le plus connu du grand public.
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mannhunter
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Re: Michael Mann

Post by mannhunter »

France Culture revient sur THIEF et HACKER:

http://www.franceculture.fr/emission-ma ... 2015-03-14
mannhunter
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Re: Michael Mann

Post by mannhunter »

Et Michael Mann commente sa filmographie...:

http://www.premiere.fr/Cinema/Photos/Re ... mo-4152726
Edouard
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Re: Michael Mann

Post by Edouard »

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mannhunter
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Re: Michael Mann

Post by mannhunter »

Edouard wrote:Le nouveau projet de Mann:
http://www.ecranlarge.com/films/news/93 ... zo-ferrari
C'est toi qui a écrit cet article?

"Michael Mann vient de subir un revers aussi cruel qu’injuste avec l’insuccès critique et public de Hacker, gros flop international et accessoirement un des meilleurs films d’action de ces cinq dernières années."

:fiou:
Edouard
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Re: Michael Mann

Post by Edouard »

mannhunter wrote:
Edouard wrote:Le nouveau projet de Mann:
http://www.ecranlarge.com/films/news/93 ... zo-ferrari
C'est toi qui a écrit cet article?

"Michael Mann vient de subir un revers aussi cruel qu’injuste avec l’insuccès critique et public de Hacker, gros flop international et accessoirement un des meilleurs films d’action de ces cinq dernières années."

:fiou:
Non car je pense que c'est l'un des meilleurs films tout court des cinq dernières années. :mrgreen:
Sérieux, son flop se comprend: aux USA il était face à des poids lourds et suite à cet échec Universal n'a fait aucun effort pour le promouvoir à l'international.
Et c'est vraiment dommage.
Mais je pense que dans 5 ans, tout le monde le réévaluera à la hausse (un peu comme Miami Vice).
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mannhunter
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Re: Michael Mann

Post by mannhunter »

Diffusion cette semaine sur la TNT de sa version du "Dernier des Mohicans":

http://www.cherie25.fr/votre-chaine-427 ... 20h50.html
Edouard
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Re: Michael Mann

Post by Edouard »

Vidéo Arte Blow Up consacré à la musique chez Mann (attention, la vidéo spoile la fin de Heat entre 1'10 et 1'20):

http://cinema.arte.tv/fr/article/michae ... rry-jousse
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Edouard
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Re: Michael Mann

Post by Edouard »

http://www.ecranlarge.com/films/news/94 ... chael-mann
:D
Bale étant un des gros points positifs de Public Enemies, je suis ravi.
La ressemblance physique n'est pas parfaite j'en conviens mais cela va être très intéressant !
Mann va avoir droit à un moment acteur impliqué et à la hauteur de ses illustres prédécesseurs (Caan, Day-Lewis, De Niro, Pacino, Crowe et Cruise) et de ceux dont on n'imaginait pas qu'ils puissent être si bons (Petersen, Smith et Farrell).
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Edouard
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Re: Michael Mann

Post by Edouard »

Le dernier des Mohicans ce soir à 20h50 sur NRJ12.
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Demi-Lune
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Re: Michael Mann

Post by Demi-Lune »

Edouard wrote:Le dernier des Mohicans ce soir à 20h50 sur NRJ12.
C'est officiel : mannhunter lui aussi a craqué avec les multis.
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Thaddeus
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Re: Michael Mann

Post by Thaddeus »

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(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)


Le solitaire
Avec le recul, on s’aperçoit à quel point le premier long-métrage du cinéaste contient en germe tous les éléments constitutifs de son identité et de ses récurrences thématiques : il s’agit d’une ébauche de Heat, le personnage du flic en moins. Vendeur de voitures le jour, casseur de haut vol la nuit, un ex-taulard aspire à vivre selon l’idéal qu’il s’est forgé derrière les barreaux, tend vers une vie de famille avec femme et enfants, mais est rattrapé par les risques de son existence criminelle. Si l’anecdote est forgée dans le patron melvillien du film noir, elle importe peu en regard du style qui la transcende. Seul compte ce que l’on fait et ce que l’on assume dans cette œuvre régie par une matérialité obsessionnelle, acte de cinéma (comme on dit acte de foi) qui témoigne de la naissance d’un auteur. 5/6

La forteresse noire
Au cœur d’une forteresse millénaire, nichée à flanc de montagne dans les Carpates, Molasar, le mal absolu et indestructible. Tout autour, le chaos de la Seconde Guerre mondiale. Les nazis et les autres. Avec un certain courage dans le Grand-Guignol et le simplisme métaphorique, Mann tente d’insuffler à son huis-clos fantastique une critique du mythe totalitaire. Avec ses éléments surnaturels frisant le bazar, son monstre mi-Golem mi-Predator, ses variantes plastiques tirant tantôt vers le délire abstrait, tantôt vers la série Z (les yeux top zarbi de Scott Glenn), son allégorie tire une drôle d’allure. C’est un embrouillamini gothique à dormir debout, dont les intentions butent sur un manichéisme au couper au couteau, mais qui n’est pas sans captiver par ses trous et son déséquilibre mêmes. 3/6

Le sixième sens
Adaptation d’un roman de Thomas Harris, qui raconte l’enquête-cauchemar d’un expert légiste confrontant ses propres fantasmes à ceux d’un serial killer. Mû par une stylisation radicale qui géométrise l’espace, les cadrages, les décors, les perspectives, surréalise lumières et couleurs, Mann poursuit son investissement du genre policier, le traitant comme un manifeste esthétique particulièrement sophistiqué. Il déplace ainsi les conventions du polar à investigation sur un terrain presque onirique, nourri de new wave et d’electro 80’s. C’est un thriller d’un genre nouveau, une sorte d’abstraction mentale visant à figurer en termes principalement graphiques la psychologie trouble et ambiguë de l’enquêteur, à la lisière de l’identification pathologique avec celui qu’il poursuit. Fascinant. 5/6

Le dernier des Mohicans
Moins singulière que le film précédent, cette adaptation du classique de Cooper n’en demeure pas moins d’une grande tenue. Deux ans après Danse avec les Loups, le réalisateur y casse à son tour l’opposition Blancs/Indiens, mais là où Costner prend son temps, lui galope. Le premier est élégiaque, le second plus cadencé. Recentrant l’aventure sur un héros qui traverse l’histoire aux côtés de son père adoptif, Mann développe l’intrigue avec un souci pointilleux de la crédibilité historique et un sens très sûr du romanesque. Le spectacle, somptueusement imagé et parcouru par le thème lyrique de Trevor Jones, actualise l’optique et les enjeux idéologiques d’origine et en propose une lecture progressiste, sans que jamais celle-ci ne prenne le pas sur l’efficacité ample et sauvage de l’action. 4/6

Heat
Dans un Los Angeles à la fois tangible et évanescent, souvent nocturne, filmé par le cinéaste en plasticien, quasiment en poète, un flic et un truand se livrent à une fascinante confrontation. Assumant l’héritage d’un certain classicisme hollywoodien tout en perfectionnant un ton unique, entre lyrisme mélancolique et tension latente, Mann transforme le polar en élégie crépusculaire, aux proportions épiques. Les presque trois heures du film ne sont pas de trop pour mettre en lumière la dévoration professionnelle, les relations complexes aux femmes, les aspirations à une autre vie, le combat de l’idéal et du renoncement, la fatalité des destins. Le tout magnifié par la présence souveraine, imposante, altière, de deux stars au sommet de leur charisme, faces complémentaires de Janus nourries d’admiration mutuelle et de rivalité. 6/6
Top 10 Année 1995

Révélations
Attente et accélération narrative, partis pris plastiques aux frontières de l’abstraction, psychologie complexe de personnages perclus d’ardeurs et de doutes : on retrouve les composantes de ce cinéma dans ce film d’investigation d’une densité et d’une intensité folles, où la vision engagée et amère du réalisateur est sublimée par la féerie noire que s’autorise la caméra, approchant l’intime de héros comme perdus et ballottés dans l’œil même du cyclone, lancés dans une lutte contre le lobby industriel pour faire éclater la vérité au risque de tout perdre. Le script est plein comme un œuf (conscience individuelle, puissance médiatique, tractations occultes), ricoche, s’élargit en même temps qu’il resserre son étau, lie l’humain à l’économique, au social, au politique. Un film d’une très grande richesse formelle, thématique et morale. 6/6
Top 10 Année 1999

Ali
Lorsque le cinéaste retrace le destin du plus célèbre boxeur de l’histoire, il amène évidemment les figures classiques du biopic sur son terrain. Ascension, chute, résurrection : les étapes sont là mais leurs pièges évités, rien n’étant dissimulé des rodomontades d’Ali, de ses provocations, de son égotisme forcené. Nerveux et contemplatif à la fois, n’hésitant pas à expérimenter sur le récit en le morcelant, en jouant avec sa temporalité, en organisant d’envoûtantes dérives sensorielles (telle sa longue ouverture, magnifique), le film dessine une trajectoire à la fois spirituelle, intime et intellectuelle, inscrite dans les soubresauts d’une époque, ses enjeux politiques et idéologiques. L’œuvre est dense, prenante, dénuée de toute tentation hagiographique, mais moins décisive que les autres films de l’auteur. 4/6

Collateral
Coup d’envoi de la radicalisation formelle opérée par Mann depuis plusieurs films : il défriche un territoire sans doute inédit, creuse une abstraction toute particulière, élabore quasiment une mystique de la ville, de la nuit, des solitudes qui s’y confrontent ou s’y consument. Styliste hors pair, le cinéaste coule son récit dans une respiration d’une suprême élégance, fait de la jungle nocturne de Los Angeles un espace dont la cartographie induit le croisement, parfois l’accident, mais rarement la rencontre, et dont il magnifie les courbes, les réseaux, les lumières, les ambiances. Tout cela n’est pas vain : il se dégage de cette architecture sensualiste une forme d’émotion, et du duel psychologique et moral l’éternelle expérience des hommes qui se battent pour s’en sortir avec eux-mêmes. Envoûtant. 5/6
Top 10 Année 2004

Miami vice
Mann reprend le cadre et les personnages de sa série TV pour poursuivre ses recherches plastiques, de plus en plus poussées. Ce cinéma est quand même assez unique car il ponctue la dramatisation d’un récit serré, solide, dense, par de véritables décrochages (l’escapade cubaine), dans une logique de pure évanescence, un abandon complet aux moments d’attente et de contemplation, à la plasticité de la jungle urbaine, des visages, de l’océan, captée par une DV à la fois hyperréaliste et fantasmatique. Entre deux morceaux de bravoure explosifs, le regard de Farrel fixe l’horizon bleuté, et une étonnante mélancolie éclot… D’un bout à l’autre le polar est infiltré d’un néoromantisme singulier, qui s’exprime tantôt dans son histoire d’amour à haut risque (Gong Li hérite d’un beau personnage), tantôt dans l’amitié pudique mais indéfectible entre les deux partenaires. 5/6

Public enemies
Les codes du film de gangsters des années 30, avec sulfateuses crépitantes, chapeaux-feutre et longs imperméables, s’intègrent à la démarche ultra-formaliste de l’auteur, qui en fait les éléments d’un ballet fantomatique d’ombres ténébreuses et d’ocres saturés, auquel la HD confère un réalisme étrangement coupant. Le principe d’évaporation narrative qui gouverne les deux films précédents s’accorde au personnage de Dillinger, mort en sursis, figure tragique prise en étau entre une pègre institutionnalisée et un FBI balbutiant, en pleine Dépression (Mann a le don de révéler, en quelques traits expressifs, la réalité sociale d’une époque), et engagée dans une relation sentimentale condamnée qui offre au film ses moments d’émotion contenue. 4/6

Hacker
De film en film, le cinéma techno-romantique de Michael Mann progresse dans l’épuration d’une approche qui se déleste des habillages psychologiques, réemploie crânement des archétypes quasi spectraux et ne s’intéresse qu’au sens de ce qu’ils font. Ce principe de primauté donné à l’action l’impose à nouveau comme l’un des vrais héritiers du cinéma classique hollywoodien, tendance hawksienne. Le tour de force résidant dans sa capacité à captiver et émouvoir par l’élégance du style, la célérité du trait, la précision du détail, car si la minceur des enjeux et des personnages peut d’abord passer pour un handicap, c’est l’aisance avec laquelle le cinéaste les élève en pures figures manniennes, pris dans la nasse d’un monde de plus en plus virtualisé, qui fait de ce captivant thriller une réussite. 4/6


Mon top :

1. Révélations (1999)
2. Heat (1995)
3. Collateral (2004)
4. Le sixième sens (1986)
5. Miami vice (2006)

Figurant parmi les plus grands stylistes du cinéma actuel, Mann est l’auteur d’une filmographie très cohérente ayant trouvé un équilibre délicat entre pur jeu avec les formes et développement d’une thématique passionnante. Depuis quelques films, il menace de sombrer dans la stérilité du formalisme, mais à chaque fois il en réchappe par une faculté étonnante à charger de substance et d’émotion ses recherches plastiques. Sans doute un des réalisateurs américains les plus doués et passionnants de notre époque.
Last edited by Thaddeus on 24 Jan 19, 18:56, edited 3 times in total.
Edouard
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Re: Michael Mann

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Demi-Lune wrote:
Edouard wrote:Le dernier des Mohicans ce soir à 20h50 sur NRJ12.
C'est officiel : mannhunter lui aussi a craqué avec les multis.
:lol: :lol:
L'agent Copper m'a fait le même reproche car j'ai aussi annoncé OHMSS. Mais bon, il s'agit de deux films de mon top 100, ça compense...
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Shin Cyberlapinou
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Re: Michael Mann

Post by Shin Cyberlapinou »

http://variety.com/2016/film/news/chris ... 201681240/

Bale quitte le projet Ferrari, la prise de poids demandée était un peu too much. Je veux croire que le projet n'est pas en danger mais bon, ça complique les choses.