Quelques séquences - flaneries cinéphagiques (index p.1)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Anorya
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Re: Quelques séquences - flaneries cinéphagiques (index p.1)

Post by Anorya »

Tadaaaa, allez, ma seconde flanerie en image après Les ailes d'Honneamise. :o
Cette fois, je me suis penché sur Que la bête meurt (Claude Chabrol - 1969).

Sans trop déflorer l'intrigue, je précise que je ne mets pas de balise spoilers parce que la flanerie décrite est cette fois, tout au début du film. D'ailleurs, quand on lit les résumés du film, on ne peut pas manquer ceci, je précise juste en image et donc en détails ce qui se résume généralement à une ligne derrière le dvd. L'occasion de vérifier une fois de plus la subtilité de la mise en scène de Chabrol, faussement apaisée, profondément complexe, souterraine, comme une majeure partie de ces films les plus réussis. ;)


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Le début du film est assez troublant et anticipe en fait d'une sensation de flou dont le film ne se départira jamais vraiment. Ce flou qui se précise de moins en moins sur la figure d'un petit garçon est typique du jeu des apparences contenu dans le film de Chabrol. Sans trop dévoiler le reste du film, on peut le relier à la recherche d'un coupable comme aux évènements qui vont à chaque fois faire rebondir le récit. Mais sitôt que l'on a pu avoir une vue du jeune garçon en ciré jaune enfin nette, la vue recule en un zoom inversé (on comprend donc qu'on voyait à travers un effet de zoom impressionnant comme un entologiste qui, armé de sa loupe, chercherait une nouvelle espèce d'insecte, le réalisateur porte un regard distancié sur ce qui va arriver), comme si le garçon nous échappait à nouveau une fois qu'on avait réussi à déterminer ce qu'il est.

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Le zoom se termine donc sur ce petit point minuscule, presque écrasé. Et à ce moment, on change de plan et, première surprise, on entend de la musique (auparavant, aucun son). Plus précisément un requiem des plus froid et terrifiant se fait entendre : Sitôt que le jeune garçon s'est relevé, c'est la mort qui s'est mise en marche. On passe d'un plan fixe en zoom inversé à un travelling suivant avec précision une voiture noire, impassible.

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Encore une fois un plan fixe, le garçon arpente la plage de gauche à droite. A sa staticité s'oppose les mouvements de la voiture noire qui continue de rouler, de droite à gauche, du fond, traversant un pont, puis passant devant nous, repartant de plus belle au fond du décor. Le conducteur semble visiblement pressé. A la musique, on peut penser à un bourgeois volontiers élitiste avec sa voiture rutilante (du moins le rusé Chabrol voudrait nous le faire croire). Il passe une vitesse, accélère, peu lui importe la vitesse. La caméra nous fait sentir l'accélération par un court et bref plan sur le toit du véhicule. C'est presque du Tarantino, voire du Sarafian avant l'heure. Pas de transparence, juste une maîtrise qu'on soupçonne sans s'en rendre compte.

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Cette fois c'est l'heure de rentrer, papa risque de s'inquiéter. Il va sans doute bientôt être midi. Le garçon regroupe tranquillement ses affaires et entreprend dans le même plan de remonter la falaise par un petit chemin. Plus rapide pour arriver au village, plus proche doit-il penser. Plans d'après, on repasse au chauffeur anonyme. D'un plan à l'extérieur on revient brièvement à l'intérieur. Si il change de vitesse pour ralentir, c'est l'espace d'un instant. Il n'a pas l'intention de rouler comme un escargot dans ce village de bouseux et d'un geste brusque (nouveau plan très bref), il ramène sa compagne contre lui. On la remarque alors pour la première fois.
A ce moment, il vient de rentrer dans le village. Tout va se dérouler très vite.

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Le plan d'après part lentement d'une vieille façade pour déboucher sur une rue où débouche au fond notre gavroche. Un zoom s'approche alors de lui alors qu'il se rapproche de plus en plus de nous. A ce moment, le plan change très vite : retour dans la voiture du chauffard inconnu et tandis que la voiture tourne rapidement à un virage, la caméra panote dans le même temps vers la gauche et l'on distingue avec horreur le petit garçon en jaune. Il est trop tard. Un plan d'ensemble (que je n'ai pas mis mais qui rejoint cette idée que nous sommes que des insectes face à la vacuité du monde parfois, comme au début) montre le corps se faire renverser par la voiture.

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Le plan revient très vite ensuite à l'arrière de la voiture. La fille horrifiée hurle en mettant sa main sur sa bouche. L'homme, qu'on ne verra pas avant une bonne heure de film lui crie juste "Ta gueule !". Un plan fixe montre le corps abandonné gisant sur la route, la voiture noire fuyant lâchement au bout.
Alors il y a une contreplongée. L'enfant vit-il encore ? Est-ce qu'on voit vraiment par ses yeux alors qu'il agonise ? On ne sais pas mais toujours est-il que lentement, des badauds accourent, trop surpris pour faire quelque chose. Alors le titre arrive en même temps que le père, qui comprend que son enfant est mort et le porte dans ses bras en hurlant une longue plainte.
Le décor est posé, le reste du film augure une longue traque de vengeance...
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Re: Quelques séquences - flaneries cinéphagiques

Post by cinephage »

cinephage wrote:Lundi 20 octobre, My own Private Idaho, de Gus Van Sant (1991)

Extrait choisi : Maman ? (chap. 28)

En temps, normal, lorsque mon "tirage aléatoire" désigne un film de ma dvdthèque que je n'ai pas encore vu, je relance les dés, pour éviter tout "spoiler" qui viendrait me gacher la vision ultérieure du film. Mais dans le cas de ce film, il s'avère que je pensais en toute bonne foi l'avoir vu. En visionnant l'extrait, je découvre que ce n'est pas le cas, je confondais avec Drugstore Cowboy. C'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Une mauvaise, parce que ce détail vient s'ajouter aux menaçants et néfastes présages de mon Alzheimer précoce en développement, mais aussi une bonne, parce que c'est un film à découvrir que je n'attendais pas, et que j'aime beaucoup Gus Van Sant.

Difficile pour moi, donc, de replacer la séquence dans son contexte. La séquence nous montre les deux personnages principaux Mike et Scott, joués respectivement par River Phoenix et Keanu Reeves partis en Italie à la recherche de la mère de Mike. Ils arrivent à une ferme, Mike se précipite dans une grange en appelant sa mère, Scott attend dehors. Il accoste une jeune fille de son age, italienne, qui parle un peu anglais. Elle lui explique qu'il y a bien eu une femme américaine ici, mais qu'elle est partie il y a longtemps. Pendant ce temps, Mike poursuit sa vaine recherche, rejoint Scott à l'extérieur. La voix tremblante, il interroge et écoute la nouvelle.
S'intercale alors une série de plans en super 8 ou en 16 mm (je ne suis pas un grand technicien), sur fond de theremin ou de scie musicale, un son lancinant en tout cas, qui montrent une femme blonde et son petit gamin. Les plans sont courts, ils suggèrent un grand amour de la mère pour le bout de chou, on évoque des souvenirs flous, des images, à peine évoquées, de temps heureux et révolus. Le bébé agite une petite éolienne, un doudou rose, elle le prend dans ses bras, sourit...

Retour au présent, Mike est contre Scott, en larmes... Mais la vie continue : sur une musique distante, dans la ferme où ils se trouvent, le soleil se lève, et divers plans nous montrent la campagne à l'aube, les animaux se réveillent, le Soleil jaillit sur des chevaux dans un pré, Mike pisse au grand air... Il va retrouver Scott, qui est un peu embarassé, devant l'embrasure du batiment. Il ne laisse pas Mike entrer. On comprend (et Mike avec nous) qu'il n'est pas seul : sans doute la petite italienne. En effet, le plan suivant nous les montre ensemble, elle un peu intimidée, s'abandonnant dans ses bras. La séquence qui suit est une suite de plans fixes révélant qu'ils font l'amour, mais c'est montré avec une grande pudeur, de façon très "artistique", et assez atypique : ces plans fixes montrent des corps figés, l'un contre l'autre, dans telle ou telle position (on en voit suffisamment pour déduire ce qui se passe, mais ces plans ne révèlent rien de licencieux), des moments de passion immobilisés, comme chargés d'une grande tristesse (là encore, une musique lancinante accompagne ces moments touchés par la grace). Le dernier plan les montre allongés l'un contre l'autre, repus, blottis.

S'il me manque la vue d'ensemble, cette séquence n'en est pas moins touchante en elle-même. On comprend vite le désarroi du jeune Mike, River Phoenix jouant l'émotion avec justesse, et les flashbacks "en super 8" ajoutent un sentiment de nostalgie, de temps révolu. On passe alors dans une phase où le temps gèle, d'abord lentement (un plan fixe, en plongée, sur Mike et Scott, puis des plans fixes sur les animaux, la campagne). Lors de la séquence de sexe qui suit, le temps est d'ailleurs définitivement arrêté (on passe de plan en plan, de "position" en "position", toujours dans un temps figé, avec à peine un sifflement qui accompagne la séquence autrement muette). Cette séquence marque sans doute une pause dans le film, une échappée lyrique loin de la ville et de ses pratiques dures (drogues et autres).

En termes de style, on est dans quelque chose d'assez typique du style de Gus Van Sant, très formaliste et "arty", cherchant toujours à privilégier l'aspect photographique, artistique revendiqué dans son récit (noir et blanc léché, coupures "cut" et faux raccords, plans coupés comme ici, décalage entre image et son...). Ca peut ressembler parfois à une pose, à une certaine prétention, c'est vrai. Mais lorsque le dosage entre sentiment, personnages et style est équilibré, comme ici, on aboutit à de véritables instants de grâce.
Révision à l'appui, j'avais bien vu My own Private Idaho, mais je n'en avais que le souvenir confus de quelques séquences. J'avais totalement oublié le séjour en Italie, la narcolepsie, beaucoup d'éléments essentiels.
Ayant encore Detachment (Tony Kaye) en tête, je dois rajouter combien dans cette séquence l'utilisation d'inserts en super 8 de souvenirs est fine, utilisée avec parcimonie, poésie et un indéniable sens du rythme au sein du film. Toutes choses qui marchent ici superbement, mais qui, mal dosées, peuvent plomber un film par affèterie (cf le film cité plus haut).
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Re: Quelques séquences - flaneries cinéphagiques

Post by cinephage »

vendredi 19 octobre 2012, Sleep Dealer, d'Alex Rivera (2008)

Extrait choisi : Découverte de Tijuana (chap. 3)

ATTENTION, CES COMMENTAIRES REVELENT PAS MAL DE CHOSES SUR LE FILM

Nostalgique d’une période pas si lointaine où je pouvais dégager un peu de temps pour décortiquer mes fameuses flaneries du matin, j’ai décidé malgré tout d’en faire mon deuil, et de rebondir sur ce deuil pour reprendre mes flaneries cinéphagiques, fut-ce sur un mode moins précis (dirais-je pointilleux ?) que précedemment. Après tout, le but de ces petites ballades à travers divers univers cinématographiques, c’était justement ça : des ballades. Avec, cerise sur le gâteau, quelques retours de forumeurs ayant aimé ou détesté le film en question...

L’extrait que j’ai pu visionner ce matin est tiré de Sleep Dealer, de Alex Rivera (2008). Film hispanophone filmé à Tijuana, je pensais qu’il s’agissait d’un film mexicain. En fait, c’est un peu plus compliqué que ça, Alex Rivera étant un américain né à New York. Passionné et farouche indépendant, Rivera n’a dirigé que ce film-ci en long-métrage cinéma. C’est néanmoins un artiste très actif, qui compte plusieurs court-métrages primés, et dont les thématiques tournent généralement autour de la population latino-américaine. Ils sont plutôt intéressants, et j’invite les curieux à aller découvrir son site web : http://alexrivera.com/

Sleep Dealer est un petit film indépendant de science-fiction, dont je n’ai pas souvenir qu’il soit sorti en salle. Réalisé sans grand génie et doté d’une intrigue plutôt simpliste, le film reste malgré tout très intéressant, à plus d’un titre. En effet, il décrit un univers où le télétravail permet désormais aux populations sans qualification de travailler du Mexique, sans plus migrer aux Etats-Unis, via des implants qui leur permettent de piloter des robots. Ce sont ces robots qui sont, aux USA, taxis, constructeurs en bâtiment, ramasseurs d’oranges… Plus loin, le film met aux prises un citoyen américain d’origine mexicaine ayant bombardé un village mexicain, lui aussi via un drone télécommandé.

Donc si le film n’est pas sans défaut, on ne peut qu’être intrigué par cette vision futuriste d’un possible rapport nord-sud (et déjà un peu en place, si l’on songe aux standards téléphoniques, totalement délocalisés, ou à la façon dont certains logiciels sont développés en sous-traitance en Chine ou en Inde). En effet, dès lors que la présence physique du travailleur pauvre n’est plus nécessaire, on peut le laisser dans son pays d’origine, et l’on imagine combien un état du nord se réjouirait d’avoir le bénéfice d’une main d’œuvre peu couteuse, sans l’inconvénient d’une population à intégrer…

Plus loin dans le film, la confrontation du pilote à ses actions brasse aussi deux thèmes riches et peu exploités au cinéma : d’une part, la facilité à exécuter des ordres de mise à mort lorsqu’ils sont décorrélés d’une exécution physique directe (le coté jeu vidéo déréalisant dont parlent certains pilotes de tanks), et d’autre part, la complexité du rapport entre un Américain d’origine mexicaine et son pays d’origine, notamment lorsqu’il doit agir contre lui, comme ici. Bref, un film pas trop rythmé, à l’intrigue classique, mais qui brasse des thématiques intéressantes et nourrit une belle réflexion sur les relations nord-sud. Nourrir ce type de reflexion est un des enjeux de la science-fiction, et en cela le film remplit parfaitement son rôle.

L’extrait visionné ce matin nous montre le jeune héros, Memo (Luis Fernando Peña), venu trouver du travail à Tijuana, la grande ville. Il traine dans une impasse, effrayé par les sollicitations vénales des marchands de travail. Il est alors approché par un jeune type, à peine plus âgé que lui, qui lui propose de lui installer des nodules (les fameux implants permettant le télétravail) pour pas cher. Naïvement confiant, Memo suit le gaillard, mais ce dernier l’entraine dans un coin isolé où il l’assomme et lui pique son argent.

Cette séquence de la pauvreté prédatrice des pauvres urbains sur les naïfs nouveaux-venus est parfaitement classique, à la limite du cliché, mais elle appelle quelques remarques : le premier plan de la séquence cadre, en arrière plan, un bar arborant en guise d’enseigne une belle étoile rouge en néon, très lumineuse. Visuellement, cette étoile rouge fait forcément penser un peu au communisme. Mais il s’agit juste d’une référence visuelle, comme pour signaler qu’un jour, les rapports entre prolétaires ont visé une aspiration plus noble, moins égoïste que celle décrite dans le film. La seconde chose est que le rapport nord-sud est verbalement rappelé par le jeune bonimenteur qui, en entrainant Memo dans l’ombre, évoque un oncle qui a émigré, dans le passé, aux Etats-Unis à pied (mais en cognant Memo, il lui signale que cet oncle, comme lui, était un idiot. Comme pour souligner, brutalement, que ce rapport du sud au nord est révolu).

Enfin, deux éléments m’ont gêné dans cette séquence. Tout d’abord, une bande originale électronique, cheap et mollassonne, qui par son rythme lent casse toute tentative de rendre le film palpitant… Puis autre chose ! lorsque Memo se fait assommer, un filtre rouge bizarroïde envahit l’écran, sans doute pour nous faire partager son choc. Ce n’était ni nécessaire, ni efficace, mais au contraire assez maladroit. Je n'aime pas ces effets visuels qu'on voit dans le films lorsqu'un personnage est assommé ou drogué...

Mais enfin, au final, même la séquence visionnée n'est pas palpitante, Sleep Dealer reste un film intrigant par son approche fictive de problèmes réels, et la mordante vision d’un Mexique miséreux, saigné par un état américain désormais coupé de toute relation physique avec lui.
Notre bien-aimé coforumeur, le Père Jules, signalait dans un autre topic combien nous vivons actuellement un age d’or pour cinéphile, la disponibilité de films de tout poil n’ayant jamais été aussi grande qu’actuellement. Hé bien, bonne illustration, Sleep Dealer fait partie de ces films que je n’aurais probablement jamais découvert sans cette édition vidéo.
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Re: Quelques séquences - flaneries cinéphagiques

Post by hellrick »

cinephage wrote: Sleep Dealer est un petit film indépendant de science-fiction, dont je n’ai pas souvenir qu’il soit sorti en salle. Réalisé sans grand génie et doté d’une intrigue plutôt simpliste, le film reste malgré tout très intéressant, à plus d’un titre.
Découvert au Bifff, c'était pas mal même si inabouti, Mad Movies en avait fait un petit article donc il a pu avoir une petite sortie technique en France mais à vérifier :wink:
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Re: Quelques séquences - flaneries cinéphagiques

Post by locktal »

hellrick wrote:
cinephage wrote: Sleep Dealer est un petit film indépendant de science-fiction, dont je n’ai pas souvenir qu’il soit sorti en salle. Réalisé sans grand génie et doté d’une intrigue plutôt simpliste, le film reste malgré tout très intéressant, à plus d’un titre.
Découvert au Bifff, c'était pas mal même si inabouti, Mad Movies en avait fait un petit article donc il a pu avoir une petite sortie technique en France mais à vérifier :wink:
Sleep dealer est bien sorti en salles en France, exactement le 10 décembre 2008.

J'avais découvert ce film au NIFFF 2008 et l'avais également trouvé inabouti, malgré une thématique intéressante. Voici ce que j'en avais écrit alors :

Sleep dealer (Alex Rivera, 2008, Mexique/USA)

Ce film singulier est le premier long métrage d'Alex Rivera. Le thème abordé par le cinéaste est d'actualité et fait le constat effroyable mais bien réel d'une société dominée par les grandes puissances qui ne cessent d'utiliser des Etats plus pauvres, sans jamais chercher à les faire sortir de la misère, profitant ainsi d'une main d'oeuvre bon marché qu'elles se doivent de ne pas favoriser afin que celle-ci reste bon marché, augmentant ainsi le capital déjà élevé de multinationales ne pensant qu'au profit et qu'à la rentabilité.

Sleep dealer est un film cyberpunk réaliste et ouvertement alter-mondialiste, doté de moyens limités mais d'un postulat d'une grande force. Le film se déroule entre le Mexique, dont les habitants sont maintenus dans l'ignorance et la pauvreté, notamment la ville-champignon de Tijuana, et les Etats-Unis, notamment la ville de Los Angeles, qui utilise à distance cette main d'oeuvre mexicaine et bon marché.

L’Internet est devenu un immense secteur où les gens doivent se connecter sans cesse, aussi bien pour le travail que pour le plaisir. Tout se construit à distance, grâce à des mechas commandés par des hommes directement branchés au secteur et qui contrôlent ces machines. Par ailleurs, les prises de branchement sont directement insérées dans le corps pour plus de rendement ou de plaisir, permettant ainsi plus de contrôle sur les hommes qui évoluent dans un régime totalitaire (proche de celui du célèbre roman de George Orwell : 1984) qui garde aussi son emprise sur le peuple par le rationnement de l’eau, denrée devenue rare.

Un jeune mexicain originaire d’un petit village, après l’assassinat de son père, décide d’aller tenter sa chance afin de subvenir aux besoins de sa famille dans la ville de Tijuana, représentée comme une mégapole surpeuplée. Il y rencontrera une jeune écrivain qui essaie d’informer le peuple de ce qui se passe par le biais du secteur et le soldat mexicain responsable de la mort de son père, et découvrira l’injustice d’une société profitant de la pauvreté pour accentuer ses propres richesses tout en maintenant le peuple dans la misère.

Sur une trame aussi riche et passionnante, Alex Rivera se laisse hélas aller à une multiplicité d’effets clippesques inutiles qui nuisent fortement au métrage. Si le cinéaste a des idées parfois formidables, comme le fait de se brancher directement au secteur afin de contrôler des machines travaillant à distance, et que le problème abordé n’est absolument pas contestable dans le fond et surtout extrêmement lucide et vraisemblable, sa mise en scène frénétique, alternant continuellement ralentis, accélérés, effets de style, censée renforcer le constat désespéré fait par Rivera, n’est pas à la hauteur du propos, parasitée en outre par des images numériques peu crédibles. A l’instar d’un Fernando Meirelles (cinéaste brésilien à mon sens surestimé, auteur de La cité de Dieu et de The constant gardener), Rivera pèche par la forme qu’il a décidée de donner à son film.

Sans doute dopé aux images MTV, Rivera use et abuse d’effets qui finissent par lasser le spectateur, pourtant intéressé par le sujet du film. On y décèle çà et là une influence de Cronenberg, notamment l’excellent Existenz, pour le côté visuel de Sleep dealer, avec les prises directement insérées dans les corps et l’ambiance cyberpunk, mais Rivera est loin d’avoir la maîtrise de l’immense cinéaste canadien et livre un produit mode qui vaut surtout pour son côté subversif et avéré.

Si les images du film, assez sales, parfois floues, sont tout à fait adaptées à la thématique, montrant un Mexique misérable totalement à la merci des Etats-Unis, on ne peut pas en dire autant du montage de ces images, heurté et haché, qui rend parfois la vision du film illisible, diluant les plans dans une sorte de bouillie visuelle assez agaçante pour l’œil.

Au final, Sleep dealer est une œuvre intéressante dans son fond mais assez déplaisante dans sa forme, qui finit par épuiser le spectateur croûlant sous un déluge de données confuses, ce qui nuit fortement à la portée du film et finalement en atténue les effets. Dommage…
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Re: Quelques séquences - flaneries cinéphagiques (index p.1)

Post by cinephage »

On est donc plutôt d'accord (sur Rivera en tout cas, parce que je pense que le cas Meirelles, que j'adore, est plus complexe).
:)
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Re: Quelques séquences - flaneries cinéphagiques

Post by cinephage »

mercredi 23 octobre 2012, Ce plaisir qu'on dit charnel, de Mike Nichols (1971)

Extrait choisi : Monologue pour une érection (chap. 31)

Mike Nichols aura été un des grands cinéastes américains de la contre-culture. En fait, même, un des premiers, chronologiquement parlant. Mais, curieusement, alors que le « Nouvel Hollywood » s’était lancé à sa suite, lui, une fois passé quelques films très transgressifs (Catch 22, le lauréat, et puis celui-ci, Ce plaisir qu’on dit charnel), est plutôt rentré dans le rang avec des films plus consensuels par la suite, encore qu’il ne se soit jamais déparé d’un certain engagement militant (que ce soit à la cause du féminisme ou de la politique).

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Pour moi, le Lauréat est une référence essentielle, une des bases de ma cinéphilie personnelle, un film que j’ai vu et revu un nombre incalculable de fois, et que j’adore. Curieusement, ce n’est que plus récemment que j’ai eu l’occasion de découvrir ses autres films de la période, parmi lesquels Ce plaisir qu’on dit charnel est un des plus intéressants. En effet, ce film évoque la trajectoire sur 25 ans de deux mâles conquérants et leurs échecs respectifs dans les relations avec les femmes. Aux cotés de films tels que Bob et Carole et Ted et Alice, le cinéma américain de la période interroge les mœurs nouvelles de ses concitoyens. Dans le cas de Carnal Affair, le pronostic n’est guère heureux, la chair est triste. Le mâle machiste et conquérant du modèle patriarcal traditionnel est mis à mal dans la nouvelle société.

A ce compte là, l’extrait que j’ai visionné ce matin est une séquence redoutable, elle clôt d’ailleurs le film. Jonathan (Jack Nicholson) rend visite à une femme, Louise (Rita Moreno). En fait, il s’agit d’une prostituée qui, après lui avoir servi un verre, lui fait des compliments sur sa virilité, sa force, sa grandeur… Cette litanie élogieuse se révèle seule capable de lui déclencher une érection.
Une fois n’est pas coutume, j’ai pu retrouver la séquence en question sur youtube (en anglais, avec des sous-titres espagnols, navré. Le chapitre vu commence à 1mn 32 secondes).



On commence avec un fondu au noir enchainé de la séquence précédente, qui embraye sur une porte fermée dans le noir. La coupure est nette, et la séquence commence lorsque la porte s’ouvre, révélant Louise (Rita Moreno). Celle-ci regarde Jonathan (Jack Nicholson), mais, comme on bascule souvent en plan subjectif, elle nous regarde nous en même temps que lui.

Nicholson entre, elle lui sert un verre, il se permet quelques réflexions misogynes, elle va dans son sens. Il s’assied sur le canapé dans le salon (décoration orientalisante, avec bougies et encens), tandis que joue un air de musique indienne (du Ravi Shankar ?). Elle annonce alors qu’elle sait que tout va bien se passer… A ce moment-là, le spectateur est interpellé : Louise répond mal à une question, et la réaction de Jonathan révèle qu’il s’agit d’une prostituée. Alors qu’il lui demande combien tout cela va couter, elle répond « The sky’s the limit », (en gros autant que possible), alors qu’elle est censée s’en tenir à son texte, et demander 100 dollars. C’est à ce moment-là qu’on comprend avoir affaire à une prostituée, ce qui nous en dit long sur l’évolution de la sexualité conquérante du personnage, en fin de trajectoire. Mais sa déchéance ne s’arrête pas là…

Cette astuce narrative pour nous montrer l’évolution de la vie sexuelle du personnage de Jack Nicholson est tout à fait efficace : la gêne de Louise, la colère de Jonathan… On comprend alors que tout ici est mise en scène, que le personnage n’a pas trouvé LA femme qui lui convienne, et on comprend alors mieux que ses remarques précédentes un peu mufles soient si bien passées.
Le couple reprend alors la scène, Nicholson lui donne ses 100 dollars, qu’elle place dans une petite boite près d’un baton d’encens… Louise revient alors à son texte, et commence à flatter Nicholson de façon très sensuelle. La mise en scène, ici, oscille entre un champ sur Louise, qui parle et descend (sans doute vers l’entrejambe de Jonathan, mais la mise en scène fait de cette descente un long trajet, interminable, ponctué de son monologue élogieux). En contrechamp de ce travelling vertical descendant, le corps, allongé et lascif, de Jonathan/Jack Nicholson, béat, enfiévré, et en même temps, pas complètement dupe (à ce titre, il s’agit d’une remarquable interprétation de Nicholson, qui était encore un fort jeune acteur à ce moment-là).

Au final, la séquence est saisissante : saisissant ce monologue du fantasme masculin, ponctué de remarques constatant l’arrivée de l’érection (elle se lève !)… Cette femme qui s’abaisse, au sens propre comme au sens littéral, en faisant l’éloge de la virilité de Nicholson, et cet homme, quasiment en position christique, dresse un bien triste épilogue sur une sexualité soi-disant libérée… A cela s’ajoute un filmage qui implique le spectateur : Louise regarde la caméra, elle est en gros plan, c’est à nous qu’elle parle avec un regard éloquent… Et le contrechamp, si proche du visage de Nicholson, en pleine volupté, est d’une sensualité égale…
Et cette dernière phrase, qui conclut le film : it’s in the air. Louise parle bien sur du sexe de Jack Nicholson désormais dressé, mais cette dernière phrase peut aussi être extraite de sa situation aussi de cette aspiration au sexe, de cette frustration, de ce désir masculin, dans les airs, sans objet, peut-être… Le contre-champ sur le visage de Nicholson, désormais en très gros plan, sensuel, révèle un abandon momentané. Seul un dernier plan, flou, évoquant un amour de jeunesse, désormais perdu, nous ramène à l’échec d’une vie amoureuse et ramène cette sensualité au gâchis qu’elle recouvre.

Si Ce plaisir qu’on dit charnel est peut-être trop acerbe pour totalement m’emporter, on doit quand même reconnaître que le talent de Nicholson y éclate de façon manifeste, et ce film fait partie de ceux qui l’ont définitivement inscrit parmi les étoiles montantes de la période. Concernant son sujet, il faut savoir qu’un directeur de salle d’Albany, en Géorgie, a été condamné à la prison pour avoir osé projeter ce film, et que la décision de la cour suprême américaine qui a cassé cette condamnation a fait durablement jurisprudence pour ce qui est des films qui traitent du sexe, sans pour autant trop en montrer.

Enfin, pour les anglophones, je reprends d’imdb la transposition du monologue de l’érection, écrit par Jules Feiffer (un cartooniste ayant longtemps sévi dans le Village Voice et titulaire d’un Pulitzer, dramaturge émérite, bref, un sacré gaillard qui mériterait un topic à lui tout seul) :
Jonathan: I'm not kind.
Louise: I don't mean "weak" kind the way so many men are. I mean the kindness that comes from enormous strength, from an inner power so strong that every act, no matter what, is more proof of that power. That's what all women resent. That's why they try to cut you down, because your knowledge of yourself and them is so right, so true, that it exposes the lies by which they, every scheming one of them, live by. It takes a true woman to understand that the purest form of love is of a man who denies himself to her, of a man who inspires worship, because he has no need for any woman. Because he has himself, and who is better, more beautiful, more powerful, more perfect... you're getting hard... more strong, more masculine, more extraordinary, more... bust. It's rising, it's rising... more virile, domineering. More irresistible. It's up, it's in the air...
Et pour les curieux, j'ajoute 3 strips de Jules Feiffer, toujours actif à 81 ans, qui est un type vraiment intéressant (et qui a travaillé avec Resnais sur I want to go home) :
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Re: Quelques séquences - flaneries cinéphagiques (index p.1)

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cinephage wrote:On est donc plutôt d'accord (sur Rivera en tout cas, parce que je pense que le cas Meirelles, que j'adore, est plus complexe).
:)
Oui, on est à peu près d'accord sur Rivera :wink: !

Quant à Meirelles, il faudrait que je revois ses films (le texte sur Sleep dealer date tout de même de 2010)... Blindness ne m'avait pas vraiment convaincu, mais j'ai trouvé 360 assez intéressant. J'aimerais surtout revoir The constant gardener car la thématique était vraiment passionnante...
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Re: Quelques séquences - flaneries cinéphagiques (index p.1)

Post by Alphonse Tram »

Superman (R. Donner, 1978)
J'ai eu l'occasion de revoir Superman en vidéo. Le générique m'a une fois de plus captivé.

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G. Unsworth, chef opérateur, décédé le 28 octobre 1978.

Le pré-générique
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Le film débute dans un format académique 1.33 (le Lucy du cinéma, en omettant le muet).
En vérité, je l'avais oublié. On devine aisément le futur format cinémascope par l'adjonction de rideaux de part et d'autre. Il s'agit en voix contée de la présentation du journal Daily Planet en 1938, le tout sous la forme d'une page de comics.

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Zoom sur une vignette puis transition photographique, avec le globe du Daily qui s'anime au sommet d'un gratte-ciel.

Arrivée du générique.

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Salkind presents

En 1978 les trucages sont encore en majorité manuels : maquettes et peintures avec perspectives forcées, fonds verts, le tout inséré optiquement sur la pellicule. Du travail fignolé par des équipes qui inventent parfois leurs propres méthodes de travail sous la supervision de techniciens de génie dont l'histoire a retenu le nom.

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Sur le tournage de Superman4. Exemple de perspective forcée.


L'informatique existait certes, mais il suffit de voir le making of de la scène du brief de l'attaque de l'étoile noire dans star wars 3 ans plus tôt pour comprendre la complexité de la chose à l'époque.

Le générique dans sa forme, avec un lettrage lumineux et animé est alors ce qui se fait de mieux. Honnetement j'ignore comment l'opérateur s'y est pris pour obtenir ce résultat. Est ce de l'optique, de l'informatique ? je ne sais pas. En tout cas chapeau. Il y a tout de même de la matière derrière ces noms. J'ai l'impression que l'opérateur a bossé dur pour forcer ses outils à produire sa vision.
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Ce qui fait la différence, c'est la dynamique de l'ensemble associé à la musique de John Williams. Tout le monde peut la reconnaitre : Quelques notes basses très attentives, absolument captivantes, comme peuvent l'être les quelques notes des Dents de la mer. Le thème est posé, c'est inoubliable. Pour moi c'est à ce moment précis que j'ai eu l'idée irrésistible d'en faire un topo.


Les rideaux s'éclipsent en même temps que s'écartent les lettres du nom du producteur dans LE bruitage électronique qui fait date :
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shhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh



Wahoo, Rock'nroll !

Et on arrive au format scope Image

Suivent les noms de Brando, Hackman et Donner, qui se dirigent vers le spectateur, avec à chaque fois les lettres qui s'écartent avec ce bruitage caractéristique (shhhhhh... oui bon, vous avez compris, mais c'est ce petit truc en + qui fait la différence)
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Les lettres du nom du réalisateur s'écartent, arrivée du logo S en sens inverse (du spectateur vers le fond) sur une musique triomphante, avec modification du bruitage un peu plus grave.

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waouffffffffffff


Le logo S s'étompe au loin tandis qu'arrive en ENORME les lettres encore indistinctes :
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l'axe d'arrivée des noms varie légèrement ça tangue ! et toujours avec la musique de Williams
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Nous voici sur la planète Krypton
Krypton, la planète des maquettes.
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photographie tirant vers le monochromatique (N&B) avec surexposition des costumes (d'où l'impression de halo autour des personnages) tout cela doit être expliqué dans la tonne de suppléments dont je ne me souviens plus.
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Monologue de Brando. ayant écouté le trailer du futur Superman 2013, on y retrouve un peu de ce style.

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Le voyage interstellaire (effet assez moche mais qui passe en vitesse)


Arrivée sur Terre
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(Ceci n'est pas tiré d'un tableau de Hopper)
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Dans les champs
Travelling (sur dolly ?) en arc de cercle à ras des blés en avançant vers la mère et son fils, puis élévation jusqu'à passer par dessus eux, pour finir sur les champs qui s'étendent à l'infini.
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(ceci n'est pas tiré d'un film de Malick)

Pour moi un effet raté pourtant : Clark Kent faisant la course avec le train. Les mouvements ne sont naturels, on comprend clairement que l'acteur était suspendu et pédalait dans le vide. Néanmoins le montage fait le nécessaire pour l'ensemble de la scène.


La forteresse de la solitude, 12 ans + tard
reprise du thème de superman. L'ado a grandi, c'est désormais un homme.
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L'homme s'élance. Il vole !
Il vole droit vers le spectateur ! Pour virer dans un gracieux mouvement.
On peut y croire désormais oui : c'est facile avec ce qui a précédé.


Voilà, j'espère que je vous ai donné envie de revoir les 45 premières minutes du film.
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Re: Quelques séquences - flaneries cinéphagiques (index p.1)

Post by Dunn »

Bravo pour ton boulot :D

Les 45 premières minutes sont tout simplement ce qu'il y a de plus réussi en film de super-héro.Tout est là: les origines, la filiation, la découverte des pouvoirs...tout simplement magnifique notamment ce plan éloigné où l'on voit Clark prenant son père adoptif dans ses bras: quelle image d'impuissance :shock:
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Re: Quelques séquences - flaneries cinéphagiques (index p.1)

Post by AtCloseRange »

Dunn wrote:Bravo pour ton boulot :D

Les 45 premières minutes sont tout simplement ce qu'il y a de plus réussi en film de super-héro.
"And it's downhill from here" comme disent les anglo-saxons :mrgreen:
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Re: Quelques séquences - flaneries cinéphagiques (index p.1)

Post by Alphonse Tram »

Dunn wrote:Bravo pour ton boulot :D

Les 45 premières minutes sont tout simplement ce qu'il y a de plus réussi en film de super-héro.Tout est là: les origines, la filiation, la découverte des pouvoirs...tout simplement magnifique notamment ce plan éloigné où l'on voit Clark prenant son père adoptif dans ses bras: quelle image d'impuissance :shock:
Merci. C'est vrai que la scène de l'attaque cardiaque est bien traitée. Tous se passe quasiment hors champ.
De toute manière j'aurais pu faire des captures toutes les 3 secondes pendant 45 minutes tellement chaque plan est soigné :D
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Re: Quelques séquences - flaneries cinéphagiques (index p.1)

Post by hellrick »

Tu m'as donné envie de le revoir à moi aussi, ça doit faire 6 ou 7 ans que je ne l'ai plus visionné. Ca tombe bien je l'ai en dvd (et sinon je crois que les 3 premiers passent sur TV Breiz d'ici peu)

C'est vrai que ce début est superbe et qu'ensuite le film est moins intéressant (d'autant que certains sfx passent très mal aujourd'hui, c'est p'tet un détail mais dans ce genre de film ça te sort un peu de l'histoire) même s'il reste une belle réussite dans l'ensemble avec quelques idées très plaisantes.
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Re: Quelques séquences - flaneries cinéphagiques (index p.1)

Post by AtCloseRange »

hellrick wrote:Tu m'as donné envie de le revoir à moi aussi, ça doit faire 6 ou 7 ans que je ne l'ai plus visionné. Ca tombe bien je l'ai en dvd (et sinon je crois que les 3 premiers passent sur TV Breiz d'ici peu)

C'est vrai que ce début est superbe et qu'ensuite le film est moins intéressant (d'autant que certains sfx passent très mal aujourd'hui, c'est p'tet un détail mais dans ce genre de film ça te sort un peu de l'histoire) même s'il reste une belle réussite dans l'ensemble avec quelques idées très plaisantes.
C'est hallucinant que toi, tu puisses dire ça...
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Re: Quelques séquences - flaneries cinéphagiques (index p.1)

Post by Alphonse Tram »

Alphonse Tram wrote:
Dunn wrote:Bravo pour ton boulot :D

Les 45 premières minutes sont tout simplement ce qu'il y a de plus réussi en film de super-héro.Tout est là: les origines, la filiation, la découverte des pouvoirs...tout simplement magnifique notamment ce plan éloigné où l'on voit Clark prenant son père adoptif dans ses bras: quelle image d'impuissance :shock:
Merci. C'est vrai que la scène de l'attaque cardiaque est bien traitée. Tous se passe quasiment hors champ.
J'ai oublié de dire que dans cette scène, si vous attentif, vous constaterez que le regard de Ford va de gauche à droite, soit de sa femme sous le porche vers son fils dans la grange, et puis pouf il tombe au milieu du chemin. Flippant.
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