James Ivory

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Flol
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Post by Flol »

joey wrote:Ben, raconte...
(Je sais que tu n'attendais que ça...)
Le problème, c'est que je ne me rappelle plus pourquoi exactement il m'avait engueulé. C'était au sujet de la BO d'un de ses films que l'on devait sortir (je travaillais alors dans une maison de disques), et il y avait eu un imbroglio par téléphone...où je me suis donc fait engueuler comme un malpropre par le monsieur (alors que je n'y étais pour rien, à la base...bien évidemment :roll:).
Bob Harris

Post by Bob Harris »

Ratatouille wrote:Le problème, c'est que je ne me rappelle plus pourquoi exactement il m'avait engueulé. C'était au sujet de la BO d'un de ses films que l'on devait sortir (je travaillais alors dans une maison de disques), et il y avait eu un imbroglio par téléphone...où je me suis donc fait engueuler comme un malpropre par le monsieur (alors que je n'y étais pour rien, à la base...bien évidemment :roll:).
C'est pour ça que tu n'as pas écrit ""RIP Merchant". :idea:
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odelay
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Post by odelay »

Ratatouille wrote:
joey wrote:Ben, raconte...
(Je sais que tu n'attendais que ça...)
Le problème, c'est que je ne me rappelle plus pourquoi exactement il m'avait engueulé. C'était au sujet de la BO d'un de ses films que l'on devait sortir (je travaillais alors dans une maison de disques), et il y avait eu un imbroglio par téléphone...où je me suis donc fait engueuler comme un malpropre par le monsieur (alors que je n'y étais pour rien, à la base...bien évidemment :roll:).
Ben il ne s'en est pas remis.

C'était pour Golden Bowl? Ca pourrait concorder, je ne crois que vous en ayiez sorti d'autres (c'est l'une des BO les plus chiantes de Robbins alors que j'ai beaucoup d'admiration pour ce compositeur d'habitude). Peut être qu'il t'en a tenu responsable...
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AlexRow
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Post by AlexRow »

Retour à Howards End (James Ivory, 1991). James Ivory adapte le roman d'E.M. Forster racontant les relations tumultueuses entre deux familles anglaises, l'une conservatrice et l'autre progressiste et un modeste clerc pris entre les deux feux. Le travail admirable de reconstitution se double d'une distanciation digne d'un entomologiste qui donne au film une saveur acide sans égal.

Excellent :P
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Jack Sullivan
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Post by Jack Sullivan »

AlexRow wrote:Retour à Howards End (James Ivory, 1991).
Excellent film en effet, où l'adoration qu'Ivory voue à l'Angleterre (rappelons qu'il est californien) ne s'est pas encore momifiée en un maniérisme irritant. Emma Thompson est déchirante en vieille fille qui sacrifie son intégrité pour préserver sa famille, Helena Bonham-Carter est idéalement fiévreuse et casse-pied en idéaliste qui finira consumée par son jusqu'au-boutisme. Anthony Hopkins est excellent, mais très nettement en-dessous de ce qu'il délivrera comme "sous-jeu" (un sous-sous-jeu? hum, formule malheureuse...) dans Les vestiges du jour.
Joe Wilson
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Post by Joe Wilson »

Retour à Howards End, de James Ivory

Troisième adaptation d'un ouvrage de E.M. Forster par Ivory, Retour à Howards End évite assez facilement les pièges et surenchères de la reconstitution. L'Angleterre des années 1900 est dépeinte avec finesse et subtilité, à travers l'enjeu des rapports de classes. Car tout le film reste centré sur la rigueur destructrice des conventions sociales posées comme normes. Les Wilcox, soucieux de leurs privilèges et de leur aisance matérielle, symbolisent un capitalisme conservateur, replié sur lui-même, excluant tout contact en dehors de leur milieu protégé. Les Schlegel sont au contraire représentants d'une certaine culture humaniste et philanthrope, faite d'ouverture et de curiosité. Ce sont deux visions du monde qui se heurtent, l'une s'accroche à un passé triomphant mais presque révolu, l'autre dans son enthousiasme se heurte également à une réalité cruelle. Il reste à chaque instant la sensation d'une enfermement et d'un repli, la conscience individuelle est étouffée sous le poids des héritages d'un vécu et des barrières structurant une société hiérarchisée pourtant sur le point d'imploser. Cette middle-class crispée sur ses privilèges exprime des positions antagonistes qui ne pourront qu'affirmer des frustrations. Et derrière les conflits d'intérêt se dressent les ruptures de génération. A cet égard, la relation entre Margaret et Helen Schlegel, d'abord fusionnelle puis tourmentée incarne magnifiquement cette distance...la rébellion idéaliste de la cadette va forcément n'aboutir qu' à un renoncement, particulièrement cruel. Les exclus et laissés pour-compte, subissant une vie précaire et incertaine, à la merci de toute récession économique, semblent voués définitivement à l'oubli.
Ivory a le mérite de traiter ces thèmes particulièrement denses avec pertinence et sobriété, mettant en lumière la confrontation des regards derrière la fausse politesse des mots. La violence est insidieuse par-delà les convenances mais semble toujours prête à sceller l'implosion d'un équilibre fragile. La force sensible de ce microcosme doit beaucoup à la prestation des acteurs : Anthony Hopkins compose une figure paternelle fière, butée mais pourtant usée et lasse, tandis qu'Emma Thompson et Helena Bonham Carter offrent une composition magnifique dans le rôle des soeurs Schlegel. La bonté et la tendresse de la première, laissant place progressivement à un effacement amer, fait écho à la détermination rageuse et juvénile de la seconde. Pour orchestrer ce ballet émotionnel, Ivory convoque une mise en scène discrète sans être terne, épousant à la fois les lieux et les corps. Face aux bouleversements des coeurs, la campagne rayonnante reste étrangement la-même dans son éclat, incarnation figée d'une continuité.
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AtCloseRange
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Post by AtCloseRange »

Maurice - James Ivory
E.M. Forster et James Ivory, c'était le bon temps juste après "Chambre avec Vue" et quelques années avant "Howard's End". James Wilby en homosexuel tourmenté est magnifique et Hugh Grant alors pas encore abonné aux comédies romantiques est tout aussi bon.
Dommage que la carrière d'Ivory n'ait fait que décliner depuis "Vestiges du Jour".
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Ballin Mundson
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Notez les films du mois : juillet 2007

Post by Ballin Mundson »

Chaleur et poussière
(James Ivory)

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L'inde ne m'a jamais attiré, mais pourtant ce film m'avait beaucoup marqué quand je l'avais vu dans les années 1980. Une des raisons est certainement, qu'à l'époque, je faisais partie d'une communauté d'expats dans un pays très marqué par la colonisation, et que le film faisait échos à plein d'éléments de mon entourage ( comme l'esprit "colon" toujours vivant ou les babs qui vont se chercher dans le tiers monde).
J'appréhendais pas mal la révision. Le résultat est toujours aussi passionnant. L'histoire reprend le thème éculé de la jeune anglaise et du Maharajah mais évite les lourdeurs habituelles: aussi bien les excès nostalgiques ( façon indochine), que l'acte de contrition, le misérabilisme ou le dépliant touristique.
Et puis bien sûr, les deux actrices formidables, Julie Christie et Greta Scacchi :oops: qui porte la plus grande partie du film sur ses (jolies) épaules et dont on a du mal à croire que c'était le premier film.
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joe-ernst
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Re: Notez les films - Avril 2008

Post by joe-ernst »

bruce randylan wrote:Maurice ( James Ivory - 1987 )
Un drame sur l'homosexualité au début du siècle en Angleterre qui fonctionne dans les grandes lignes, filmé souvent avec sensibilité et justesse dans les scènes entre James Wilby et Hugh Grant dont l'amour sera détruit par la bien-saillance des mœurs britanniques. Par contre l'académisme généralisé finit vraiment par lassé et la romance final avec un paysan tombe dans de maigres clichés sur la différence de classe tout en oubliant l'aspect politique initial pour un bluette un peu mièvre.
Dommage, le film parvenait à être parfois fort et émouvant comme ce plan simple mais terrible de Hugh Grant prisonnier de la morale, condamné à regarder son ancien amant vivre pleinement ses amours.
Ce que tu prends pour un défaut fait justement la force subversive de cette histoire : pour la première fois, une histoire entre deux gays se termine bien et ça, c'était très novateur...
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We are all in the gutter, but some of us are looking at the stars. Oscar Wilde.
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AtCloseRange
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Re: Notez les films - Avril 2008

Post by AtCloseRange »

joe-ernst wrote:
bruce randylan wrote:Maurice ( James Ivory - 1987 )tout en oubliant l'aspect politique initial pour un bluette un peu mièvre.
Ce que tu prends pour un défaut fait justement la force subversive de cette histoire : pour la première fois, une histoire entre deux gays se termine bien et ça, c'était très novateur...
Le film fait vraiment partie d'un quadruplé gagnant avec Chambre avec Vue, Howard's End, Les Vestiges du Jour. Il avait vraiment la main à l'époque, James Ivory.
ça s'est gâté après ça.
Par contre, je ne connais pas sa période précédente qui a l'air de receler d'autres titres intéressants.
Des conseils?
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Jeremy Fox
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Re: Notez les films - Avril 2008

Post by Jeremy Fox »

AtCloseRange wrote:
joe-ernst wrote: Ce que tu prends pour un défaut fait justement la force subversive de cette histoire : pour la première fois, une histoire entre deux gays se termine bien et ça, c'était très novateur...
Le film fait vraiment partie d'un quadruplé gagnant avec Chambre avec Vue, Howard's End, Les Vestiges du Jour. Il avait vraiment la main à l'époque, James Ivory.
ça s'est gâté après ça.
Par contre, je ne connais pas sa période précédente qui a l'air de receler d'autres titres intéressants.
Des conseils?
Oui, tu as cité ses 4 plus grandes réussites à mon avis. Par la suite, il s'enfoncera malheureusement la plupart du temps dans la médiocrité (Jefferson à Paris, Surviving Picasso) mais La Coupe d'or était un beau sursaut de sa part. Dans sa période précédente, je conseillerais les très beaux Roseland et surtout les Européens mais je suis loin d'avoir tout vu du cinéaste américain.
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bruce randylan
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Re: Notez les films - Avril 2008

Post by bruce randylan »

joe-ernst wrote:
bruce randylan wrote:Maurice ( James Ivory - 1987 )tout en oubliant l'aspect politique initial pour un bluette un peu mièvre.
Ce que tu prends pour un défaut fait justement la force subversive de cette histoire : pour la première fois, une histoire entre deux gays se termine bien et ça, c'était très novateur...
Ah oui tient, je n'avais pas remarqué !
N'empêche que je trouve le virage vers le happy-end tout de même maladroit et en deçà de ses ambitions premières.
"celui qui n'est pas occupé à naître est occupé à mourir"
Ballin Mundson
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Re: Notez les films - Avril 2008

Post by Ballin Mundson »

AtCloseRange wrote: Par contre, je ne connais pas sa période précédente qui a l'air de receler d'autres titres intéressants.
Des conseils?
Chaleur et poussière Heat and dust (1983) mon préféré de ce réalisateur

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Boubakar
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James Ivory

Post by Boubakar »

The Bostonians (James Ivory, 1984)

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[quote]A Boston, au XIXe siècle, Olive, militante féministe, tente de rallier à sa cause Verena, jeune femme possédant de remarquables dons d'oratrice. Verena fait merveille jusqu'au jour où elle s'éprend d'un jeune avocat fortement opposé à ses idées d'émancipation.[/quote]

Ma découverte du cinéma de James Ivory a commencé par ce film.
Et, même si c'est un peu lent, assez longuet dans le rythme, j'ai assez bien aimé ; on est vite emporté par cet amour impossible, entre deux personnes ayant une conception opposée de l'amour.
Et il faut dire que le trio d'acteurs principaux est très bon, Vanessa Redgrave et Christopher Reeve en tête, ce dernier étant très crédible en avocat luttant jusqu'au bout pour conquérir celle dont il s'est épris.

Y a-t-il des amateurs de ce film ? Les admirateurs de James Ivory aiment bien ou a-t-il fait mieux ? :)
Joe Wilson
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Re: Notez les films de juin 2009

Post by Joe Wilson »

Chambre avec vue (Ivory)

Je retrouve avec plaisir beaucoup de qualités des productions Ivory/Merchant : la capacité à enrichir le matériau littéraire, à s'inscrire dans une époque...avec une clarté dans les enjeux et une belle ampleur dans l'observation des rapports humains. Si Chambre avec vue n'atteint pas les hauteurs de Retour à Howards End et des Vestiges du jour, on ressent une fraîcheur, une énergie dans la mise en scène, qui emportent l'adhésion.
Le film n'a pas la rigueur et la gravité des plus beaux Ivory, mais c'est justement par sa légèreté qu'il réussit à trouver une identité. Il s'agit d'opposer à la rigidité d'une aristocratie anglaise, les élans passionnels de l'Italie...à l'immobilisme, la fougue et l'audace de la jeunesse. C'est la perception d'un état d'esprit, quelque chose d'infime qui nous touche à jamais et bouscule les consciences. La mise en scène évoque cette évolution avec tact, voire même avec humour, mais laissant toujours aux protagonistes leur fierté et leur dignité...qui dessinent un trait d'union.
Le jeu d'Helena Bonham Carter est extrêmement solide : elle sait donner corps à son personnage, lui offrir une ambiguité par ses renoncements, sa fidélité apparente à un ordre établi. Elle met à nu ses contradictions sans incohérence...jeune femme ouverte et délicate, elle ne s'émancipe pas dans l'évidence et la facilité. Lucy Honeychurch doit freiner une révolte, et l'appropriation de son avenir pourra s'effectuer grâce à l'intervention décisive de ses aînés (Mr Emerson, sa cousine Bartlett).
Julian Sands, dans le rôle de son amant George Emerson, montre pourtant ses limites et son jeu manque singulièrement de nuances pour faire ressentir la fascination qu'il provoque. Cependant, ce regret relatif n'est que très léger, l'interprétation dans son ensemble restant excellente. Il faut souligner la présence de Daniel Day-Lewis, en tant que l'époux promis à Lucy...dans un composition pure, il est méconnaissable. Mais c'est par cet excès qu'il donne une consistance à un personnage terne et transparent.
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