Philippe Garrel

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Federico
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Re: Moi Philippe Garrel, cinéaste de mon métier...

Post by Federico »

Pour ceux et celles qui seraient tentés, un concours (fastoche) pour gagner des places à la masterclass que donnera Philippe Garrel le 6/4 à 18h au cinéma Le Magic de Bobigny (93). Elle sera suivie de la projection des Amants réguliers.
Spoiler (cliquez pour afficher)
La réponse est : "Son papa", mais ne faites pas comme les écoliers qui signent ainsi leurs mots d'absence. Mettez bien : "Maurice Garrel". :uhuh:
The difference between life and the movies is that a script has to make sense, and life doesn't.
Joseph L. Mankiewicz
Federico
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Re: Philippe Garrel

Post by Federico »

Re-diffusion cette nuit à 3h40 sur France Culture des deux numéros de Microfilms que Serge Daney consacra à Garrel en 1989.

[edit] : l'archive est désormais podcastée !
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Jeremy Fox
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Re: Philippe Garrel

Post by Jeremy Fox »

L'Ombre des femmes mercredi prochain sur Arte ; c'est surtout pour que je me souvienne de ne pas le louper :mrgreen:
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Jack Carter
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Re: Philippe Garrel

Post by Jack Carter »

Jeremy Fox wrote:L'Ombre des femmes mercredi prochain sur Arte ; c'est surtout pour que je me souvienne de ne pas le louper :mrgreen:
Je t'enverrai un mp le jour même, t'inquiètes ! :mrgreen:
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Jeremy Fox
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Re: Philippe Garrel

Post by Jeremy Fox »

Jack Carter wrote:
Jeremy Fox wrote:L'Ombre des femmes mercredi prochain sur Arte ; c'est surtout pour que je me souvienne de ne pas le louper :mrgreen:
Je t'enverrai un mp le jour même, t'inquiètes ! :mrgreen:
Je comptais bien dessus ; si je le loupes, plus d'excuses :lol:
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Thaddeus
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Re: Philippe Garrel

Post by Thaddeus »

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(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)


La cicatrice intérieure
Attention film-trip, œuvre d’art, geste radical, qui chie à la gueule du spectateur pendant soixante minutes sans doute pour mieux imposer l’irréductibilité de sa vision. Nico braille des trucs en anglais et en allemand (mais elle va la fermer sa gueule ?), Pierre Clémenti se balade à poil avec un carquois comme seul accessoire, la caméra procède à d’interminables panoramiques sur des paysages de sable et de roche, vastes extérieures très décoratifs trouvés en Irlande et en Égypte, et dont l’étrange beauté permet de rester tant bien que mal éveillé face à l’hermétisme et au ridicule ambiants. On ne sait pas trop à quelle fumette carburait Garrel pendant le tournage mais manifestement c’était de la bonne – du coup, ne pas faire tourner le pétard relève du plus bel égoïsme. 2/6

Les hautes solitudes
Un silence absolu, aucune parole, aucune musique, pas le moindre début de commencement d’intrigue, quatre vingts minutes de regards dans le vague et de regards-caméra qui s’égrènent en une litanie assommante de gros plans de visages : celui de Jean Seberg, ressemblant comme deux gouttes d’eau à Faye Dunaway, et celui de Tina Aumont, plus mutin, plus piquant. Les lamentations muettes se succèdent, le noir et blanc est aussi vide et flou que l’exercice. Des fois un type à l’expression particulièrement constipée fait face à son miroir. Voilà, c’est tout. Et c’est une authentique épreuve d’endurance, une sorte de point de non retour cauchemardesque de l’extrémisme auteurisant satisfait. Je veux bien être ouvert, patient, curieux et tout ce qu’on veut, mais il y a des limites. 1/6

L’enfant secret
Une fois de plus, il n’y a pas de juste milieu, aucune tiédeur possible pour parler de l’œuvre secrète (et gonflante) de Garrel, cet enfant du siècle. Quand l’on n’accroche pas, il faut s’accrocher pour ne pas décrocher. Pas de technique, un minimalisme radical qui tend vers le cinéma muet (l’expressivité en moins), souffre d’être faux et n’est jamais moins éloquent que lorsqu’il ouvre la bouche. Pas de sujet non plus sinon l’amour, pas vraiment beau ni vraiment aimable, plutôt blessant, douloureux, et qui pousse les êtres à se regarder en souffrant, résignés, malheureux, inadaptés. Un mot pourrait décrire ce cinéma exsangue et doloriste : la morosité. Une image pourrait lui convenir : celle de la mélodie jouée par un pianiste à trois doigts, et que plus rien n’empêche désormais de jouer avec les pieds. 2/6

Elle a passé tant d’heures sous les sunlights…
Si un réalisateur se juge à la maîtrise de son art, par sa manière de "bien" mettre en scène, de "bien" diriger ses comédiens, alors Garrel s’applique ici à briser tous ces repères et franchit un pas de plus vers un cinéma brut, sauvage, quasi primitif. Construit comme une mise en abîme sur son propre tournage, aussi spontané et imparfait qu’une esquisse, ce magma poético-automatique multiplie à coup de faux raccords, de scènes interminables et de décalages sonores les tergiversations existentielles sur l’amour, la fidélité, la rupture, les affres de la création. Pour parvenir à apprécier une telle proposition, où l’on passe d’une eau-forte à la Rembrandt à un Picasso de la période bleue, il faut garder l’esprit bien ouvert, accepter la complaisance iconolâtre de l’auteur… et s’armer de beaucoup de patience. 3/6

Les baisers de secours
Un couple. Il est cinéaste, elle joue au théâtre. Il veut faire un film sur leur union, intense et délicate, mais lui préfère une autre actrice alors qu’il jouera son propre rôle. Rupture, errances, déambulations psycho-spatiales, jusqu’au point de non-retour où la relation se reconstitue grâce à l’enfant. Garrel filme d’amour, d’eau fraîche et en famille (sa compagne Brigitte Sy, son père Maurice, son fils Louis), à la manière d’un journal intime qui substituerait à l’autisme underground des opus précédents un mélange de distance analytique et de projection personnelle. Posant la question de la conciliation entre vérité et art, vie et création, il raconte l’histoire d’un enlisement dans le désir de filmer la survie par les sentiments et livre ce balbutiement d’un cœur meurtri aux happy few. Moins indigeste que souvent. 3/6

J’entends plus la guitare
Même avec de la bonne volonté, même lorsqu’on se surprend de temps en temps à apprécier tel mouvement du cœur, telle assertion poétique sur l’amour-la solitude-le regret, rien n’y fait : se frotter à l’approche littéraire de Garrel tient davantage de l’exaspération de patience que de l’abandon émotionnel. Parce que filmer les effluves d’un bonheur enfui, cette harmonie violente des années soixante dans laquelle le temps a mordu, l’amante qui reste quelque part dans la vie, comme une épine de vérité, les mots qui se vident et les regards qui s’échappent, dans l’idée, c’est joli. Mais se coltiner tous ces clichés moroses sur le couple qui se délite et la passion qui fait mal, baragouinés par des personnages neurasthéniques au sein de taudis sinistres, c’est la plupart du temps assez pénible. 3/6

La naissance de l’amour
Le pas lourd et le cheveu long de Lou Castel, front immense de Victor Hugo marchant dans des ruelles sombres. Les angles aigus de Jean-Pierre Léaud, vieil oiseau sentimental sentencieux et inquiétant qui soliloque les livres qu’il n’écrit plus. L’amour conjugal qui a un goût de cendre. La famille comme un vieux rêve qui s’effiloche. L’auto-analyse quelque peu paranoïaque des sentiments. Les problèmes de cœur et d’existence de deux quinquas fatigués, artistes minés par le questionnement, vivant comme des prolos et multipliant les allers-retours désenchantés entre Rome et Paris. Un énième agrégat d’impressions, de réflexions morales et de regards intimes, un film pour initiés du doute qui aiment se mettre à mal, et dont la grise mine n’est somme toute qu’une forme assez dandy de l’accablement. 3/6

Le cœur fantôme
Comment devient-on un homme libre et à quel prix ? Telle est la double question qui taraude Philippe, séparé de sa femme et tourmenté par la culpabilité d’abandonner ses enfants. Luis Rego lui apporte son attachante personnalité, tout de douleur humble, de chagrin timide, de désarroi muet. Et Garrel le filme en témoignant d’une patience attentive qui est celle-là même de son héros. Son récit découpé, aux arêtes vives, travaille peu sur l’accumulation des durées mais file d’une scène à l’autre avec vélocité. Rien ne gêne la bienveillante description du mouvement des sentiments et des questionnements intimes, aucune séquence ne s’englue dans l’hystérie et le pathos, et l’œuvre, qui rappelle à certains égards Le Garçu, glisse jusqu’à son terme avec une douceur empreinte de sérénité. Beau film. 4/6

Le vent de la nuit
La musique de John Cale accompagne ce voyage de hasard et de rencontres, qui laisse filtrer un profond désespoir en prohibant tout misérabilisme et revisite les lieux du passé pour mieux solder les comptes. Les paysages défilent le long de la route, la nuit conduit en Italie, en Allemagne, à Paris, la Porsche rouge rutile et rugit comme le jouet inaccessible d’une vieille panoplie. Histoire d’un temps révolu, d’une conscience qui dit "trop tard" quoique l’on ait fait ou rêvé de faire, le road-movie chuchote, autour des rapports maître-élève noués entre deux hommes, la douleur des illusions vécues et perdues. Sa musique accordée, ses fragments et ses pulsations, ses petits cris de couleur, sa douceur désenchantée en font un beau poème de la solitude et du regret, de la fêlure secrète et de la fatigue intérieure. 4/6

Sauvage innocence
Une fois de plus, le cinéaste jette un pont au-dessus du vide que jettent à jamais certaines absences. Il évite ici les voies balisées qui menacent de l’entraîner dans les impasses du psychologisme lugubre et de la métaphore poids lourds sur les liaisons adultères entre le réel et sa fiction, et recourt au film dans le film afin de révéler la fêlure ontologique des personnages et leur cheminement inéluctable. Celui d’un manipulateur des ombres concluant un pacte faustien avec un ténébreux dealer : obnubilé par le désir de tourner l’histoire d’une précédente liaison, il n’est alors plus que le témoin aveugle du naufrage de sa présente compagne (fragile et émouvante Julia Faure). Le dépouillement désarmant de ce requiem intime touche comme un sanglot retenu qui, sans colère, éclate enfin. 4/6

Les amants réguliers
Il y a chez Garrel une inspiration autobiographique qui nourrit et infiltre le récit sur le mode de la remémoration. Son évocation très personnelle de mai 68 opère telle une longue rêverie anthracite nimbée de brumes, un songe charbonneux fait d’insurrections nocturnes et d’illuminations enfantines, à mille lieues des images d’Épinal. Mais il y a en même temps quelque chose d’atrocement poseur, déconnecté du réel, bouffé par les clichés et la prétention, à voir ces étudiants romantiques, tous artistes évidemment, se prendre pour Musset dans des appartements haussmanniens, en écrivant des poèmes sur la liberté d’aimer et l’idéal révolutionnaire. Dès lors, l’agacement et l’envie permanente de mettre des claques font paraître les trois heures bien longues. 3/6

La frontière de l’aube
En optant pour le surnaturel, en recourant à un artisanat désuet qui craint pas le risque du grotesque, le cinéaste affirme sa foi en la capacité du cinéma à se réduire à quelques fondamentaux, à une pure chimie de photogénie et d’électricité qui puiserait autant chez Méliès que chez Cocteau ou Franju. Manière pour lui de remettre en jeu sa propre esthétique, ses afféteries ou ses impasses, d’insuffler plus d’inquiétude à son expression tout en privilégiant cette forme de douceur chuchotée, de tristesse lourde et résignée, qui garantit la beauté fragile de ses meilleurs films. Dans l’opposition entre la clarté saisie et la mate obscurité, il capte ainsi avec une belle poésie funambule les vertiges de l’amour fou, de l’emprise de la passion, et traduit la valse-hésitation d’une âme tourmentée par la culpabilité. 4/6

Un été brûlant
Une femme quitte un homme qui ne s’en remet pas tandis qu’un autre couple, subissant l’obsession néfaste de l’adultère, assiste à leur désagrégation amoureuse. Histoire archétypique du cinéma de chambre le plus frelaté, mais qui se love dans un ensemble taillant plus large que la radiographie des cœurs souffrants. Parce que le cadre italien renvoie au Mépris sans se laisser asphyxier par les références. Parce que, dans la carnation tannée d’une photographie sensuelle, Garrel filme l’exigence des sentiments en même temps qu’il suspend les idéaux (l’art, l’engagement, la révolution) pour remettre à plat la question du conflit des valeurs. Et parce que la sensibilité des comédiens (Louis Garrel et Céline Sallette en particulier) transmet une émotion que la réalisation met naturellement en lumière. 4/6

La jalousie
La propension souvent irritante du cinéaste à multiplier les affectations et les tics auteuristes a ici totalement disparu. Sa caméra hypersensible s’abandonne cette fois, avec une tendresse inédite, à la vérité intérieure d’êtres qui vibrent, aiment et souffrent. En soixante-dix sept minutes cristallines, dont l’épure et la simplicité atteignent directement au cœur, Garrel fait dialoguer la cruauté d’un sentiment contradictoire, ambigu, constamment réversible, avec les trésors d’affection qui poussent chacun à se relever du chagrin, aller de l’avant, ne pas désespérer. L’angoisse quotidienne de l’abandon rôde, l’inquiétude matérielle menace la solidité de l’amour, mais l’attention d’une sœur, le sourire d’une fillette, sa complicité fusionnelle avec son père les éclairent d’une lumière profondément touchante. 5/6
Top 10 Année 2013

L’ombre des femmes
Même durée minimale, même simplicité de la formulation qui échappe assez miraculeusement aux poncifs de ce qu’on est en droit de ne plus supporter dans ce cinéma de chambre très intello-franco-français. Le personnage de Merhar, égoïste, buté sur ses certitudes, morose à chaque instant, a de quoi agacer, mais le film tire une chimie très délicate de ses protagonistes féminins, toutes en courage et en lucidité. Filant la métaphore entre illusion des cœurs et vision trompeuse de l’histoire, associant différentes formes d’engagement en une même célébration de l’intégrité, Garrel rejoue les tourments de l’infidélité et du désamour, de l’incompréhension et de la douleur sentimentale, avec cette douceur argentine, ce sens de la transparence qui conjugue les vertus de l’acuité et celles de la poésie. 4/6

L’amant d’un jour
Contrairement à tant de ses pairs pour qui l’intimité ne sert de prétexte qu’à un interminable défoulement naturaliste, le réalisateur métamorphose l’argument sentimental et enregistre depuis quelques films une collection d’instants secrets, de sensations ténues, de plages indicibles desquels affleure une véritable sensibilité. Curieuse vibration que celle de ce cinéma qui ne supporte pas l’approximation mais dont chaque moment coule pourtant d’évidence, comme s’il était extrait à la source même de ce qui fait que ses personnages vibrent, s’attachent et souffrent. Histoire d’amour triangulée par les flux contrariés du désir, de l’amitié, de la filiation, l’œuvre, que régit doucement la grande roue du bonheur et du malheur, instille la certitude inexprimable que toute joie ne peut se payer que d’une détresse. 4/6


Mon top :

1. La jalousie (2013)
2. Sauvage innocence (2001)
3. Le vent de la nuit (1999)
4. L’amant d’un jour (2017)
5. Le cœur fantôme (1996)

Esthète et marginal, foncièrement indépendant et cultivant avec obstination sa voix écorchée et intimiste, Garrel est considéré par certains comme le grand poète romantique du cinéma français d’aujourd’hui. Sa première période frise l’insupportable et représente le pire du pire à mes yeux, alors que ses films les plus récents peuvent m’apparaître tout à fait réussis, voire assez magnifiques. C’est la preuve que la persévérance dans la découverte d’un réalisateur peut s’avérer payante.
Last edited by Thaddeus on 2 Feb 20, 01:44, edited 4 times in total.
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AtCloseRange
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Re: Philippe Garrel

Post by AtCloseRange »

C'est fou que tu aies continué la découverte après avoir avalé autant de couleuvres :)
à moins que le découverte ne se soit pas faite chronologiquement. En tout cas, ça relève du sacerdoce.
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Thaddeus
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Re: Philippe Garrel

Post by Thaddeus »

Non, la découverte est loin de s'être faite chronologiquement. En fait, si ma mémoire est bonne, j'ai même commencé par... mon préféré à ce jour : La Jalousie, découvert au ciné à sa sortie. Gros coup de coeur, envie pressante de me plonger dans tout ce qui précédait. J'ai commencé (comme j'essaie de le faire au maximum) par ses premiers films et là, grosse déconvenue (La Cicatrice Intérieure et Les Hautes Solitudes, ce fut vraiment très dur). Entre temps, j'en ai découvert de plus récents, qui m'ont encouragé de nouveau à piocher dans ses débuts. Re-désillusion. Etc... J'ai découvert tout Garrel comme ça, à coups de yo-yo brutaux, d'aller-retours en passé lointain et passé proche (voire présent), avec à chaque fois le dépit face au premier et l'enthousiasme pour le deuxième, ce dernier relançant toujours la machine masochiste.

Mais là, c'est bon : tout le Garrel pré-1995, je ne veux plus en entendre parler.

Edit : Non, en réalité le premier film de Garrel que j'ai vu est Les Amants réguliers, qui m'avait laissé assez froid, donc.
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Alexandre Angel
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Re: Philippe Garrel

Post by Alexandre Angel »

Parmi le peu que j'ai vus, il y avait Le Cœur fantôme en 1996, que je me souviens avoir aimé, avec un étonnant Luis Rego. Très difficile pour moi de me positionner par rapport à ce réalisateur. J'avais bien aimé Les Amants réguliers, mais je ne l'ai jamais revu(il faut dire que la durée est un peu rédhibitoire).
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Thaddeus
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Re: Philippe Garrel

Post by Thaddeus »

Thaddeus wrote:tout le Garrel pré-1995, je ne veux plus en entendre parler.
Alexandre Angel wrote:Parmi le peu que j'ai vus, il y avait Le Cœur fantôme en 1996,
Ok, je me laisserai peut-être tenter.
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Alexandre Angel
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Re: Philippe Garrel

Post by Alexandre Angel »

@Thaddeus
Ton message florilège a pour moi l'intérêt tout particulier de réveiller une attirance soutenue mais peu corroborée pour le cinéma de Philippe Garrel. On sent, en te lisant, que tu te le coltines patiemment pour mieux en récolter les beautés malgré moult crispations. Ton florilège parcours pourrait ressembler au mien si j'en avais vu autant car quand je pense à Garrel, je "vois" chez ce cinéaste une capacité croissante d'incarner une certaine cinégénie des idéaux soixante-huitards et de leurs prolongements romanesques.
Alors du coup, je vais commencer par revoir Les Amants réguliers qui est, dans mon souvenir, supérieur à ce que tu en dis.
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Re: Philippe Garrel

Post by Thaddeus »

Alexandre Angel wrote:On sent, en te lisant, que tu te le coltines patiemment pour mieux en récolter les beautés malgré moult crispations.
C'est tout à fait cela. Et l'obstination s'est encore avérée fructueuse avec son dernier film, qui me confirme toujours davantage que le Garrel d'aujourd'hui me plaît beaucoup plus que le Garrel d'hier.
Je te souhaite de trouver à ton tour une porte d'entrée satisfaisante à cet univers ; Les amants réguliers est sans l'une des plus légitimes, même s'il m'a laissé à titre personnel un peu sur le carreau.
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Re: Philippe Garrel

Post by bruce randylan »

Pour ma part, il y a quelques "vieux" Garrel qui me plaisent bien pour leur côté arty et poseur (le lit de la vierge et la cicatrice intérieure qui m'ont fait penser au cinéma de Miklos Jancso et un ange passe vu il y a une quinzaine d'année et que j'avais trouvé hypnotique) et d'autres qui sont une souffrance à suivre pour leur côté arty et poseur (Elle a passé tant d'heures sous les tropiques, les hautes solitudes, Athanor).
Du coup, je n'ai vu que les amants réguliers dans les contemporains qui fonctionnent (ou non) vraiment par séquences. Il y a de jolis moments et d'autres passages d'une grande vacuité. Dans l'ensemble, plus les heures avançaient et plus j'étais absent.

Mais comme une de mes amies fait sa thèse sur lui, j'en ai plein en stock (toutes périodes confondues) que j'ai obligation de regarder. Heureusement je n'ai pas de deadline :fiou:
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Alexandre Angel
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Re: Philippe Garrel

Post by Alexandre Angel »

bruce randylan wrote:Elle a passé tant d'heures sous les tropiques
Joli! :mrgreen:
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Re: Philippe Garrel

Post by bruce randylan »

J'ai passé tant d'heures sur les t(r)opic
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