Sailor & Lula (David Lynch - 1990)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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AtCloseRange
Mémé Lenchon
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Post by AtCloseRange »

Je le préfère très largement à Lost Highway.
Mais je pense qu'avec Lynch, tout dépend de l'ordre dans lequel on découvre les films.
Pour moi, aucun de ses films n'égalera le choc que j'ai ressenti lorsque j'ai découvert Blue Velvet et Sailor et Lula. J'adore Mullholand Drive mais il arrive forcément après dans mon panthéon personnel.

Mais lire "sympathique" en parlant de Sailor et Lula, c'est un peu surprenant quand même. On a l'impression que tu parles du Diable s'habile en Prada ou Prête-moi ta main. Je n'aurais jamais imaginé qu'on puisse accoler ce genre de qualificatif (ainsi que "banal") à un film de Lynch (qu'il soit réussi ou pas).
Et, en fait, je n'arrive pas bien à voir ce qui t'es passé au dessus de la tête ni ce qu'il peut bien y avoir de banal dans un tel film.
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Boubakar
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Post by Boubakar »

AtCloseRange wrote:Et, en fait, je n'arrive pas bien à voir ce qui t'es passé au dessus de la tête ni ce qu'il peut bien y avoir de banal dans un tel film.
L'histoire qui est racontée : elle est d'un banal, quasiment dès le début, on sait comment ça va se finir.
En gros, je préfèrerais voir une histoire sur le personnage de Willem Dafoe, le seul qui m'a réellement plu dans le film.
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AtCloseRange
Mémé Lenchon
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Post by AtCloseRange »

Boubakar wrote:
AtCloseRange wrote:Et, en fait, je n'arrive pas bien à voir ce qui t'es passé au dessus de la tête ni ce qu'il peut bien y avoir de banal dans un tel film.
L'histoire qui est racontée : elle est d'un banal, quasiment dès le début, on sait comment ça va se finir.
En gros, je préfèrerais voir une histoire sur le personnage de Willem Dafoe, le seul qui m'a réellement plu dans le film.
Alors là, ça m'étonne.
Parce que s'il y a bien un cinéaste pour lequel "l'histoire" n'est souvent qu'un prétexte, lui reprocher qu'il n'y ait pas un suspense ou un scénario bien huilé, ça me semble étrange.
D'autant plus que c'est une des rares fois où Lynch s'est basé sur un écrit existant et un très bon en plus. Je conseille le roman de Barry Gifford (même s'il n'y est aucunement question du Magicien d'Oz).
Megalomanu
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Post by Megalomanu »

C'est mon 2e Lynch vu après "Mulholland Drive", que je considérais alors comme un film pour neuneus. Je me souviens avoir adoré. Et puis j'ai revu "Mulholland Drive" (pour en remarquer le sublime), et puis à nouveau "Sailor et Lula", qui cette fois-ci m'a bien ennuyé.
Je l'ai trouvé assez bancal, répétitif, parfois laborieux, et puis le numéro de Nicolas Cage m'a saoulé au bout d'un moment. D'ailleurs quand je lis certaines de ses interviews je me demande presque s'il a compris Lynch, car il réduit à chaque fois le film à la peau de serpent, à Elvis, blablabla, tout content d'avoir proposé ces éléments cultes à Lynch qui certes font rire mais qui n'aident en rien le film à avancer et à "conquérir" le spectateur comme "Mulholland Drive" par exemple.
J'imagine que c'est donc un des films de Lynch préférés de ceux qui ne l'aiment pas, et un de ses films les moins aimés chez ses fans...
Reste quand même beaucoup de scènes superbes. Ah et puis on dira ce qu'on voudra mais ce n'est pas non plus un film complètement à part dans sa carrière comme on le dit parfois, ce n'est certes pas un film Lynchien (dans le sens de labyrinthique) mais un vrai film de David Lynch dans ce qu'il propose de grotesque, d'ambiance carnaval, dans ses références à l' "americain dream", etc.
Gounou
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Post by Gounou »

Je confesse volontiers ici que Wild at Heart est l'un des films de Lynch que j'aime le moins (ce qui ne signifie pas que je n'y trouve aucun intérêt, bien sûr). Le problème majeur pour moi est que l'étrangeté/folie inhérente à ses autres films "cauchemardesques" frôle souvent ici le grotesque hystérique, voire auto-caricatural. J'y vois comme un matraquage visuel et sonore tentant vainement d'animer des personnages qui peinent à prendre vie (ce que je ne peux absolument pas dire de ces autres films).
Quelques belles séquences émergent et, comme par hasard, ce sont les plus discrètes (je pense à l'accidentée ou à l'intrusion de Bobby Peru dans la chambre d'hôtel).
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Jordan White
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Post by Jordan White »

AtCloseRange wrote:Mais lire "sympathique" en parlant de Sailor et Lula, c'est un peu surprenant quand même. On a l'impression que tu parles du Diable s'habile en Prada.

Le Diable s'habille en Prada est plus que sympa, c'est un chef-d'oeuvre.
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Post by AtCloseRange »

Gounou wrote:Je confesse volontiers ici que Wild at Heart est l'un des films de Lynch que j'aime le moins (ce qui ne signifie pas que je n'y trouve aucun intérêt, bien sûr). Le problème majeur pour moi est que l'étrangeté/folie inhérente à ses autres films "cauchemardesques" frôle souvent ici le grotesque hystérique, voire auto-caricatural. J'y vois comme un matraquage visuel et sonore tentant vainement d'animer des personnages qui peinent à prendre vie (ce que je ne peux absolument pas dire de ces autres films).
Quelques belles séquences émergent et, comme par hasard, ce sont les plus discrètes (je pense à l'accidentée ou à l'intrusion de Bobby Peru dans la chambre d'hôtel).
Je veux bien mais j'aimerais lire beaucoup plus souvent à quel point la scène d'amour de Lost Highway dans le désert sur fond de "Song To the Siren" est véritablement grotesque, ridicule. Et ça je ne le lis jamais (notamment ici).
Et de toute façon, le grotesque fait partie intégrante de l'univers Lynchien.
Jordan White
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Post by Jordan White »

AtCloseRange wrote:[Je veux bien mais j'aimerais lire beaucoup plus souvent à quel point la scène d'amour de Lost Highway dans le désert sur fond de "Song To the Siren" est véritablement grotesque, ridicule. Et ça je ne lis jamais (notamment ici).
Et si je ne le pense pas le moins du monde, la trouvant meme profondément belle et osée ?
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Post by AtCloseRange »

Jordan White wrote:
AtCloseRange wrote:[Je veux bien mais j'aimerais lire beaucoup plus souvent à quel point la scène d'amour de Lost Highway dans le désert sur fond de "Song To the Siren" est véritablement grotesque, ridicule. Et ça je ne lis jamais (notamment ici).
Et si je ne le pense pas le moins du monde, la trouvant meme profondément belle et osée ?
Et c'est le cas pour beaucoup de monde.
ALors que je la trouve extrêment kitsch et gratuite.
Jordan White
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Post by Jordan White »

AtCloseRange wrote:
Jordan White wrote:
Et si je ne le pense pas le moins du monde, la trouvant meme profondément belle et osée ?
Et c'est le cas pour beaucoup de monde.
ALors que je la trouve extrêment kitsch et gratuite.

Qu'a-t-elle de "gratuit" ou de "grotesque" ?
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Post by AtCloseRange »

Jordan White wrote:
AtCloseRange wrote:Et c'est le cas pour beaucoup de monde.
ALors que je la trouve extrêment kitsch et gratuite.

Qu'a-t-elle de "gratuit" ou de "grotesque" ?
C'était juste pour dire que pour tout amateur de Lynch, il y a des moments où son univers nous semble excessivement étrange et grotesque et donc les arguments de Gounou sur Sailor et Lula, je pourrais avoir les mêmes sur Twin Peaks ou Lost Highway et d'autres les ressentiront devant d'autres films de Lynch.
J'aurais tendance à penser que c'est un argument qui n'a finalement pas beaucoup de sens chez Lynch puisqu'il fait partie intégrante de son univers.
J'ai vu Blue Velvet au cinéma après l'avoir de nombreuses fois en cassette et j'ai été estomaqué de voir que de nombreuses scènes (parmi les plus intenses mais aussi d'une certaine façon les plus "risquées" ) entraînaient des rires.
Il y a souvent une ligne très ténue entre le sublime et le ridicule comme ça peut le cas pour les grands mélos de Sirk qui, j'en suis certain, entraîneraient le même genre de réaction (ricanement ou grande émotion).
Enfin, je ne veux pas dire non plus que Lynch n'est pas critiquable. Néanmoins sur ce point (ridicule, grotesque ou pas), je ne suis pas sûr que ce soit très viable.
Gounou
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Post by Gounou »

AtCloseRange wrote:Et de toute façon, le grotesque fait partie intégrante de l'univers Lynchien.
Grotesque et ridicule, ce n'est pas la même chose... le personnage de Frank Booth ou celui de Mr. Eddy, respectivement dans Blue Velvet et Lost Highway, sont bigger than life et ménagent autant le rire que l'effroi par leurs excès. Hélas, le personnage de Marietta dans Wild at Heart ne possède pas cette force habitée, extravagance fragile et borderline... elle s'affiche bien trop exclusivement dans le registre de la caricature hystérique. Son personnage ne vit pas vraiment mais prend de la place... ce qui peut être embarassant (et l'est un peu pour moi comme tant d'autres aspects du film).
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Mama Grande!
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Post by Mama Grande! »

La maison de banlieue et ses habitants en feu, une image visionnaire qui détruit en quelques secondes le mythe du rêve américain. Je ne me rappelle pas avoir vu Lynch aussi concis et efficace sur ce point.
Pour le reste, Sailor et Lula est un film que j'aime bien, pour la performance de Laura Dern, l'univers barriolé construit des clichés de son époque, ses personnages bigger than life, son énergie, et son audace qui fait naître des moments anthologiques qui peuvent agacer mais laissent rarement indifférents. Je crois même le préférer à Blue Velvet. Ce dernier est peut être plus maîtrisé, moins excessif (et donc moins de risques de le trouver "grotesque", même si dans le cas de Lynch, je suis d'accord avec AtCloseRange, c'est un argument difficile à avaler), mais aussi bien plus banal. Notamment à cause du scénario d'une linéarité le rendant longuet aux revisions. Maintenant, ce n'est certes pas du niveau de Twin Peaks ou d'Eraserhead, mais le considérer comme le vilain petit canard de la filmo Lynch avec Dune me semble un peu injuste.
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Watkinssien
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Post by Watkinssien »

Je dois avouer que ce film-ci, au-delà de sa richesse visuelle et sonore et de la maîtrise de la mise en scène, ne m'a apporté qu'une satisfaction minime.
Les comédiens sont formidables, mais le film tombe dans le piège de la gratuité. Bref, un film très surestimé.
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Mother, I miss you :(
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MJ
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Post by MJ »

Edward Hopper, Fellini, les contes de fées, le tout au service de la vision lynchienne de l'adolescence - qui trouvera son apothéose dans Fire Walk With Me avant de passer à des personnages "réellement" adultes. J'adore de bout en bout.
L'apparition de Sheryl Lee en fée doit faire partie des trois plus beaux moments de sa filmographie. Magique, grotesque dans le plus grand sens du terme.
"Personne ici ne prend MJ ou GTO par exemple pour des spectateurs de blockbusters moyennement cultivés." Strum