New Rose Hotel (Abel Ferrara - 1998)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Margo

New Rose Hotel (Abel Ferrara - 1998)

Post by Margo »

Qui l'a vu ?

Déception de taille dans la filmo du grand Abel : je viens de le voir ce soir, et excepté trois grands numéros d'acteurs, pffffffffff... Le scénario, déjà léger léger part totalment en vrille dans la dernière demi heure, Ferrara se contentant de flashbacker sur des scènes déjà vues avant mais filmées sous un autre angle.

Grrrr, m'ai bien fait chier... :twisted:

Ceci dit, Asia :arrow: :oops:
Last edited by Jeremy Fox on 18 Mar 08, 10:17, edited 1 time in total.
Jordan White
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Post by Jordan White »

Ce film c'est un peu l'Arlésienne pour moi. Jamais vu à la télé, jamais vu au ciné ( je ne pouvais pas y aller lors de la rétrospective), pas de dvd en vu, un quasi-mythe crée autour du tournage.
Bref un film à l'aura mystérieuse.
Bob Harris

Re: New Rose Hotel (Ferrara)

Post by Bob Harris »

J'aurais bien aimé le revoir. Je me souviens l'avoir adoré à l'époque, ayant été envoûté comme jamais et ne sentant pas le temps passer. :wink:

Finalement, j'ai peut-être bien fait de ne pas y aller... :oops:
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Billy Budd
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Post by Billy Budd »

Jordan White wrote:Ce film c'est un peu l'Arlésienne pour moi. Jamais vu à la télé, jamais vu au ciné ( je ne pouvais pas y aller lors de la rétrospective), pas de dvd en vu, un quasi-mythe crée autour du tournage.
Bref un film à l'aura mystérieuse.
Pareil, je m'étais juré d'y aller hier mais j'ai dû jouer le psy / docteur à la place
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Sergius Karamzin
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Post by Sergius Karamzin »

Aïe une divergence avec Margo...
SPOILER

Pour moi qui ait du voir 6 ou 7 Ferrara, c'est tout simplement son meilleur film. Je me rappelle être ressorti de la salle dans un état incroyable. Le film m'avait envoûté. Surtout cette dernière demi-heure incroyable, sorte de "rewind", relecture du reste comme un souvenir furtif avant la mort.
Jamais je n'avais vu le futur immédiat aussi bien représenté (je me rappelle un écran TV posé négligemment par terre qui n'était qu'une vitre). Walken, Dafoe et Asia Argento que je découvrai...
Un film vénéneux et troublant dans mon souvenir, et pourtant d'une grande simplicité jusqu'à sa dernière demi-heure.

J'ai hâte qu'il sorte en DVD, je sais que le Z1 est catastrophique.
Fatalitas
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Post by Fatalitas »

Sergius Karamzin wrote:Aïe une divergence avec Margo...
SPOILER

Pour moi qui ait du voir 6 ou 7 Ferrara, c'est tout simplement son meilleur film. Je me rappelle être ressorti de la salle dans un état incroyable. Le film m'avait envoûté. Surtout cette dernière demi-heure incroyable, sorte de "rewind", relecture du reste comme un souvenir furtif avant la mort.
Jamais je n'avais vu le futur immédiat aussi bien représenté (je me rappelle un écran TV posé négligemment par terre qui n'était qu'une vitre). Walken, Dafoe et Asia Argento que je découvrai...
Un film vénéneux et troublant dans mon souvenir, et pourtant d'une grande simplicité jusqu'à sa dernière demi-heure.

J'ai hâte qu'il sorte en DVD, je sais que le Z1 est catastrophique.
j'ai eu la meme impression que toi à la premiere vision,Sergius, quand je l'ai vu au cinema.Pas revu depuis
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Bob Harris

Post by Bob Harris »

fatalitas wrote: j'ai eu la meme impression que toi à la premiere vision,Sergius, quand je l'ai vu au cinema.
Nous sommes trois. 8)

Ca me fait plaisir, car à sa sortie, je ne connaissais personne qui avait aimé le film, et je me disais que j'avais probablement été aveugle. :roll:
Atticus Finch
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Post by Atticus Finch »

Moi je suis encore plus déçue que Margo. Le film m'a crispée et oppressée.

Pourtant j'aime bien les films malsains d'habitude ( :lol: ), j'ai adoré la prestation d'Asia Argento, toutes les scènes avec elles sont maginfiques mais j'ai trouvé le film trop décousu et... (pas taper les fans :wink: ) inabouti.

J'avoue que plus ça allait, plus ça m'exaspérait. Je ne suis même pas restée pour le court d'Asia sur Ferrara, c'est dire :shock:
Atticus
mannhunter
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Post by mannhunter »

sortie du dvd français en Juin...ça faisait quand même 7 ans qu'on l'attendait :mrgreen: :mrgreen: :

http://www.devildead.com/indexnews.php3?NewsID=2905
gehenne
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Post by gehenne »

ENFIIINN !!! :D :D :D
Ainsi, toujours et pourtant...
gehenne
Howard Hughes
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Post by gehenne »

Appréhender et mettre en image un texte de Gibson n’est pas toujours chose aisée, tant l’auteur aime à brouiller le fil narratif d’un sens précis du détail jusqu’à rendre parfois le résultat un peu obscur. Ainsi, vouloir tenter une transposition de l’œuvre dans un médium aux règles différentes, nécessite une vision d’ensemble adéquate pour marier le fond et la forme sans sombrer dans l’hyper explicite ou au contraire dans une nébuleuse insondable. Ferrara parvient à éviter ces deux écueils avec une grâce peu commune. Dès l’introduction, il joue sur un point de vue omniscient. Entre œil/spectateur passif et membre scrutateur/caméra de surveillance, le réalisateur adapte sa vision aux desiderata d’un récit construits en deux parties distinctes, mais qui résultent d’une même pièce.

New rose hotel propose une intrigue simple, presque convenue. Celui d’un récit d’espionnage industriel, au sein d’une corporation tentaculaire. Celui de deux individus, espions et manipulateurs notoires qui proposent leurs services aux plus offrants. Mais la forme ne répond pas à un traitement simpliste ou linéaire. Le cinéaste ne s’attarde pas tant à la mise en place ou la résolution, que sur le hors champ. En effet, dans New rose hotel, l’inversion des points de vue constitue la principale démarche d’un réalisateur. Et cette distinction, d’opérer une perte provisoire des repères chez le spectateur. On ressent les enjeux, le danger, sans toutefois le percevoir. On imagine, par l’intermédiaire de passages insignifiants, l’avancée du plan et sa concrétisation. Le réalisateur s’efforce à ne présenter aucun élément que l’on aurait penser découvrir, mais en gardant impérativement à l’esprit la lisibilité de son intrigue.

Ce qui importe réellement n’est pas tant le complot mondial qui s’opère que la construction de personnages et leur relation. Ferrara se sert de l’espionnage pour mettre à nue les volontés existentielles de deux hommes. La vie de ces personnages se déroulent dans le hors champ de leurs actions. Ce que le film illustre. On perçoit les avancés sur un petit écran. Cette volonté de minimiser ainsi les enjeux dramatiques du récit participe à cette représentation d’une narration en perpétuel contrechamp. Et dans la seconde partie de révéler enfin ce champ. Le retournement, la compréhension se réalise dans une confusion des sens ou même de la chronologie. Le film s’aliène ainsi sa propre construction. L’évidence d’une supercherie habile au sein d’un profil narratif en parallèle.

Le spectateur est immergé dans une confusion sommaire mais éphémère. Le déroulement dont il était exclu se mérite, plus qu’il ne se doit. Le réalisateur a compris les enjeux d’un récit qui se consacre au superflu pour deviner l’important. Récemment, dans Mission : Impossible 3, on pouvait lire des avis consternés par une élaboration filmique de Abrams, celui de concevoir une mission comme une ellipse en se concentrant sur un contrechamp. Cette position participe d’une même volonté, de contrecarrer des attentes dans le but déstabiliser le spectateur et concentrer son attention sur un autre point de vue. Dans New rose hotel, ce n’est pas une scène qui est traitée ainsi, mais bien son intégralité. Berçant continuellement entre un érotisme attisant – Asia Argento est magnifique de sensualité ardente – et une complexité propre aux films d’espionnage, New rose hotel est une œuvre autant cérébrale par son formalisme que sensitif grâce à l’empathie que diffuse les personnages. Une expérience remarquable et parfaitement maîtrisée.
Ainsi, toujours et pourtant...
Rupert Pupkin
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Post by Rupert Pupkin »

à ce propos, ma commande de cette nouvelle édition française (label One ou un truc de ce genre) est toujours en "commande chez le fournisseur" chez alapage, alors que je l'avais préco dès son annonce (début juin...)
Je me demande donc si ce DVD est bien sorti... Qui l'a ici cette édition française (j'ai écrit "nouvelle", mais en fait c'est la 1ère en france) de New Rose Hotel ????

Pour le film, Ferrara n'a pas pu le finir et beaucoup de scènes importantes n'ont pas été tournées et/ou n'ont pas été gardées au montage.

Sinon, à quand une réédition non censurée de Ms.45 ?????
Mes Ferrara préférés : Ms.45, King of New York, Bad Lieutenant, Nos Funérailles...

Pour Bad Lieutenant quand j'aurais un peu de temps je customiserait mon édition Wild Side en rajoutant la bande son originale (avec le Kashmir samplé par Schooly D.)
Sergius Karamzin II
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Post by Sergius Karamzin II »

J'ai vu le DVD en magasin il y a une semaine.
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gnome
Iiiiiiil est des nôôôôtres
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Post by gnome »

Alapage est très en retard. J'avais précommandé "History of violence", il m'a tét envoyé près de 10 jours après sa parution! Et je n'ai pas encore reçu le bon d'achat qui doit aller avec!!!
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Rupert Pupkin
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Post by Rupert Pupkin »

J’admirais beaucoup le Ferrara de la collaboration avec Nicolas St John ou Zoe Lund : Ms.45, King of New York, Bad Lieutenant, Nos Funérailles sont des films que j’adore.

Mais New Rose Hotel appartient plus à la famille de la série que Ferrara a entamé depuis Snake Eyes (The Blackout, New Rose Hotel, et j’ai eu peur que Mary suive le même chemin en voyant la bande-annonce). Soit autant d’explorations hypnotiques et tripiques autour du montage, de la video, de la possibilité d’une deuxième chance et de rédemption à travers la touche rewind et le montage ; autant de thèmes que Ferrara n’arrive pas à rendre visuellement aussi fascinants et efficaces que dans Videodrome de Cronenberg ou les premiers Atom Egoyan (je pense surtout au fascinant Speaking Parts, mais aussi Family Tapes et Calendar). Et pour le côté où rien que l’accès à la possibilité d’une deuxième chance se paie lourdement, rien ne vaut Brian De Palma.
Par contre, il y a dans New Rose Hotel une atmosphère fantastique et une esthétique de l’étrange très réussie (grosse influence chez Assayas, pour son mauvais pompage dans Demon Lover ; et les paysages dans Clean), un personnage aussi bizarre qu’inquiétant (Christopher Walken et sa canne ; accessoire qui revient souvent d’ailleurs (Dead Zone...), une b.o envoûtante et bien sûr la plus belle imprégnation ciné d’Asia Argento. à ce titre, je trouve que New Rose Hotel appartient bien plus au genre du fantastique que son Body Snatchers.
Concernant le montage et les 25 dernières minutes, Ferrara n’a pas eu ni le final cut, ni la possibilité de tourner tout ce qui était prévu. Il en résulte pas mal de scènes tournées mais inexploitables, ou des pans entiers non tournés, ce qui rend la structure encore plus elliptique (ce qui n’est pas plus mal) et du coup le genre « espionnage industriel » passe à l’arrière plan, voire à la trappe, car les scènes qui étaient prévues pour servir la trame narrative n’ont pu être intégrées au montage, et on ne comprend rien à l’histoire (enfin plutôt, y a pas grand chose à comprendre).
Alors, il a (encore) refait The Blackout (en mieux, ou en moins pire). D’où ces interminables (selon les visions) 25 minutes. C’est là que manquait le plus à Ferrara de matériaux exploitables (prises alternatives, répétitions...) car il semble que Ferrara voulait faire un montage d’alternate takes avec jump-cuts, etc... exactement comme ce que Desplechin a fait par la suite dans Léo jouant dans la compagnie des hommes/unplugged , ce qui aurait finalement servi la chute de l’histoire. Et c’est un procédé que Ferrara avait déjà frôlé avec Snake Eyes.
Malheureusement, ce repêchage du film à travers ses chutes qui aurait pu être génial n’a pas été possible, faute de suffisamment de matériaux, de temps, de liberté et de culot. C’est d’ailleurs dans le documentaire Cinéaste de Notre Temps : Abel Ferrara : Not Guilty que l’on voit Abel refaire ce montage en jouant avec la télécommande de son magnétoscope.
En tout cas, c’est toute une zone dans la filmo de Ferrara que je trouve pas franchement bandante (sauf pour Asia), et dont seul New Rose Hotel me paraît être le ratage le plus réussi.