Abbas Kiarostami (1940-2016)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Mama Grande!
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Abbas Kiarostami (1940-2016)

Post by Mama Grande! »

Reconnu aussi bien par la critique que par les cinéphiles comme le maître du cinéma iranien, et un des maîtres du cinéma contemporain tout court, c'est tardivement que je découvre enfin, hier soir, son oeuvre, avec le palmé Le Goût de la cerise.
J'étais très curieux de découvrir cette oeuvre aux mérites tant vantés, et c'est avec regret que je me suis ennuyé comme rarement.
Les 15 premières minutes, avant que M. Badii dise au jeune réserviste son but, ont pourtant emporté mon adhésion. Le dispositif, original pour qui n'a pas vu de Kiarostami, donne aux rencontres du personnage principal, même à celles qui ne durent pas plus de 30 secondes, une présence poignante. Kiarostami arrive en un plan à donner l'impression que l'on fait une rencontre. Cette impression, je ne l'ai eu qu'avec les plus grands (Fellini, ou en sortant du cinéma Pratt et Borges). Mais une fois que l'on comprend les motivations du personnage, je n'ai pas vu un grand intérêt au film. Le propos sur les difficultés de la vie m'a semblé complètement bateau, et le dispositif qui m'avait bien plu a commencé à tourner à la répétition, au mécanique. Bref passé la première partie, ce choix de mise en scène m'est passé complètement au dessus de la tête. Seule la rencontre avec l'étudiant afghan a réussi à me sortir de mon ennui. Quant à la dernière séquence en vidéo, elle m'a semblé tomber comme un cheveu sur la soupe. Quel est le rapport avec le reste du film? Je n'aime pas dire ça mais j'ai vraiment eu l'impression que c'était juste pour faire son intéressant.

Bref, tout ça pour dire que mon baptême kiarostamien est plutôt raté. J'aimerais savoir ce que les nombreux fans du réalisateur, et même les autres, pensent de ses films et si vu mes réserves, j'ai des chances d'apprécier ses autres oeuvres. Voilà j'attends vos avis :wink:
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Mama Grande!
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Post by Mama Grande! »

Si vraiment personne ne veut parler de Kiarostami, on peut parler de High School Musical 3 :D
Cosmo Vitelli
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Post by Cosmo Vitelli »

Pour moi un cinéaste majeur, légataire du néo-réalisme. Le Goût de la Cerise étant sûrement l'un de ses plus accessibles, je doute que tu sois sensible à ses autres films. Surtout si tu t'attends à une narration au sens classique du terme. A la limite tu peux te rabattre sur ses photographies (expo à Beaubourg) absolument splendides.
"De toutes les sciences humaines, la pipeaulogie - à ne pas confondre avec la pipe au logis - ou art de faire croire qu'on sait de quoi on parle, est sans conteste celle qui compte le plus de diplômés !" Cosmo (diplômé en pipeaulogie)
Ouf Je Respire
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Post by Ouf Je Respire »

Bon, puisqu'il faut éviter de parler de High School machin... :mrgreen:

Je dois avouer que Le goût de la cerise est, à mon sens, assez difficile d'accès. En tout cas, si le geste cinématorgraphique est beau, j'ai en effet trouvé que quitte à s'affranchir de pas mal de règles cinématographiques, ils le fait en bloc, pour tous types de scènes, et crée des liens entre le final et le reste du film qui me paraissent emboruillés. Bien sûr, certains moments sont incroyables (ça fait péteux, comme phrase), on sent qu'on touche à la fibre originelle de la façon orientale de voir la vie. Mais bon, je dois être trop partisan de films lyriques. :mrgreen:

Je lui préfère, et de loin, le magnifique Ten. Là, attention, on se prend tout dans la gueule.
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Mama Grande!
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Post by Mama Grande! »

Et Le vent nous emportera, Au travers des oliviers, Où est la maison de mon ami? ? C'est plus facile d'accès? Parce que j'aime beaucoup les titres. Au dos du DVD, il est dit que certaines clés manquent au spectateur occidental. Et je veux bien le croire! En effet, n'étant pas un spécialiste de la région, je ne sais pas vraiment ce que représentent les Afghans et les Kurdes pour les Perses, à part qu'ils sont des minorités ou des réfugiés.
Sinon merci pour le conseil Cosmo, j'essaierai d'aller voir l'expo prochainement. :wink: Parce que justement en voyant les visages poignants que le personnage principal rencontre au cours de son trajet, je me suis dit qu'il devrait faire un bon photographe.
kayman
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Post by kayman »

Mama Grande! wrote:Et Le vent nous emportera, Au travers des oliviers, Où est la maison de mon ami? ? C'est plus facile d'accès? Parce que j'aime beaucoup les titres. Au dos du DVD, il est dit que certaines clés manquent au spectateur occidental. Et je veux bien le croire! En effet, n'étant pas un spécialiste de la région, je ne sais pas vraiment ce que représentent les Afghans et les Kurdes pour les Perses, à part qu'ils sont des minorités ou des réfugiés.
Ou est la maison de mon ami est tres accessible, les deux autres sont fantastiques, considérés comme plus complexes d'accés, moi je ne trouve pas Kiarostami "compliqué", faut se laisser porter.

"Au travers des Oliviers " est à voir apres "Ou est La Maison de mon Ami"

Son vieux film, "Le Passager", sur un mome et un match de foot à Téhéran vécu comme le saint graal est lui aussi facile, et vraiment tres bon. Ten me semble aussi accessible, le propos en est limpide.

Tu peux aussi t'intéresser à Jafar Panahi dont certains des films sont scénarisés par Kiarostami, comme Le Ballon Blanc ou Sang et Or. Deux sacrés films.
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Mama Grande!
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Post by Mama Grande! »

kayman wrote: moi je ne trouve pas Kiarostami "compliqué", faut se laisser porter.
L'effet salle doit jouer.
kayman
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Re: Abbas Kiarostami

Post by kayman »

Mama Grande! wrote:Bref passé la première partie, ce choix de mise en scène m'est passé complètement au dessus de la tête. Seule la rencontre avec l'étudiant afghan a réussi à me sortir de mon ennui. Quant à la dernière séquence en vidéo, elle m'a semblé tomber comme un cheveu sur la soupe. Quel est le rapport avec le reste du film? Je n'aime pas dire ça mais j'ai vraiment eu l'impression que c'était juste pour faire son intéressant.
Le final te rebalance le coté fiction de tout ce qui a précédé en pleine gueule. Ca m'a laissé un peu dubitatif, mais c'est intéressant.
Les Bonus des DVD MK2 reviennent sur certaines zones d'ombre de ce cinéma pour les éclairer. Le Gout de la Cerise parle aussi bcp de l'Iran et de ses populations et ca m'a vachement intéressé.
J'adore ce film, qui pose bcp de questions existentielles essentielles, et confronte des points de vu sans prendre clairement parti, changeant les perspectives. Kiarostami soigne toujours ses finales, Au travers des Oliviers est par exemple tres marquant.
Mama Grande! wrote: Bref, tout ça pour dire que mon baptême kiarostamien est plutôt raté. J'aimerais savoir ce que les nombreux fans du réalisateur, et même les autres, pensent de ses films et si vu mes réserves, j'ai des chances d'apprécier ses autres oeuvres. Voilà j'attends vos avis :wink:
Au travers des Oliviers, peut etre pas, mais les autres dont j'ai parlé peuvent te plaire, ou pas.
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Jack Carter
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Re: Abbas Kiarostami

Post by Jack Carter »

le 5 janvier 2010 sortira Close up en zone 2, aux Editions Montparnasse.
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Re:

Post by Amarcord »

Mama Grande! wrote:Et Le vent nous emportera, Au travers des oliviers, Où est la maison de mon ami? ? C'est plus facile d'accès? Parce que j'aime beaucoup les titres.
Bien vu de pointer la beauté des titres (c'est tellement vrai dans le cas de Kiarostami) ! Moi je trouve que ces 3 films que tu cites (parmi mes préférés) sont quand même loin d'être hermétiques, surtout si tu as aimé Le Goût de la cerise. Au travers des oliviers, notamment, est une pure merveille (dont l'humour n'est pas absent... si, si !). Le Vent nous emportera est peut-être mon préféré (difficile de choisir !). Et Où est la maison de mon ami ? relève quasiment du conte fantastique (quelque part à mi-chemin entre Pinocchio et Alice au pays des merveilles) : il me semble qu'on peut préconiser de le montrer à de jeunes enfants sans problème.
Dans le genre "plus difficile d'accès", je citerais plutôt les travaux vidéo de Kiarostami, notamment Ten ou Five (encore que... dans le cas de Five, il y a une vraie expérience à faire, quelque chose qui n'est plus de l'odre du cinéma, mais de la contemplation pure et simple, bien au-delà). On peut ne pas adhérer à la démarche (Ah ! les canards qui vont et viennent devant l'écran !), mais on ne peut pas nier qu'il y a là comme une promesse de la part d'un artiste qu'on sent désormais dégagé de toute contingence et, donc, capable de nous emmener loin, très loin (avec le risque de se perdre, et le spectateur avec !).
J'ai hâte de découvrir Close Up, que je ne connais que de réputation.
[Dick Laurent is dead.]
Joe Wilson
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Re: Abbas Kiarostami

Post by Joe Wilson »

Close-up

Une superbe idée de cinéma... Kiarostami s'approprie le temps d'un film le parcours d'Hossein Sabzian, accusé d'avoir usurpé l'identité du cinéaste Mohsen Makhmalbaf pour escroquer une famille de Téhéran. Mais derrière les faits, s'impose la personnalité d'un être tiraillé par un manque, bouleversé par l'univers artistique et la nécessité d'une expression personnelle.
Kiarostami dessine une illusion, qui peu à peu se teinte d'une lucidité poignante.
Le réalisateur ne cherche jamais à masquer son dispositif : le procès n'existe que pour offrir une ampleur au personnage de Sabzian...et le tournage des séquences entre Sabzian et la famille Ahankhah permet de fouiller les motivations sans en délimiter les contours. Kiarostami n'idéalise d'ailleurs pas Sabzian, et le pousse dans ses retranchements lorsqu'il lui évoque l'aisance de son jeu d'acteur pour son projet (représenter pour cette famille un "cinéaste", un créateur, quelqu'un de respecté).
Mais par ce cheminement, Sabzian parvient à ressaisir le fil de sa propre vie. Il assume alors s'être laissé porté par un fantasme et un idéal. La séquence finale, qui marque la rencontre entre Sabzian et le véritable Makhmalbaf, devient alors une mise à nu extrêmement intense.
Kiarostami suit dans Close-up une trame d'une belle subtilité, très libre dans ses détours et ses intentions. Il laisse toute sa place à la puissance d'évocation de la parole.
Seul léger regret, un début très vif mais un peu confus : le film prend son envol lorsque Sabzian commence à dévoiler son parcours. Jusqu'au bout, Close-Up appartient à son protagoniste.
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Nestor Almendros
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Re: Abbas Kiarostami

Post by Nestor Almendros »

COPIE CONFORME (2010)

Retour vers le cinéma de Kiarostami dont j'avoue ne pas être forcément très client (je n'y suis pas assez sensible). C'était donc une sorte de pari risqué, surtout motivé par l'unanimité critique.

SPOILERS
COPIE CONFORME propose une réflexion intéressante sur le regard et le rapport à l'art. Le couple réfléchit sur la valeur de l'objet par rapport à un regard qui l'admire. La notion d'"original" ou de "copie" est donc sensiblement relativisé: l'objet aura une valeur (sentimentale par exemple) même s'il n'en a aucune (financièrement). On utilise notamment l'exemple de cette fresque exposée dans un musée local comme une oeuvre unique alors qu'il a été prouvé que c'était une copie. Mais l'objet étant aussi réussi (voire plus) que son original, il vaut malgré tout d'être admiré et de figurer dans un musée au même titre que d'autres oeuvres d'art reconnues. Ce genre de réflexion m'a rappelé ce que j'avais croisé dans l'excellent L'HEURE D'ETE d'Assayas où l'on réfléchissait sur notre rapport aux objets usuels du quotidien qui se retrouvaient tout à coup dans un musée. Le film de Kiarostami aborde ce thème en citant Warhol.
Il y a aussi une longue scène autour d'une fontaine où le couple s'oppose quant aux volontés de l'artiste, Binoche défendant la multiplicité des regards (des interprétations) tandis que son mari reste sur une volonté farouche de respecter LA volonté (de sens) de l'artiste. Ce questionnement est illustré, à mon avis, dans le dernier plan du film avec ce regard caméra du mari, muet, au son des cloches toscanes. Kiarostami laisse ici le spectateur libre de toute interprétation: le mari est-il attristé d'assister à la fin de son couple ou réalise-t-il qu'il a été trip dur avec sa femme et qu'il est encore amoureux d'elle?

Jusqu'au bout, le film joue donc également sur le regard du spectateur. Kiarostami se joue de nous dès qu'il le peut, en fait. Il y a par exemple un plan où Jean-Claude Carrière, de dos, semble gronder sa femme. Il finit par se retourner tranquillement et nous montrer qu'il était en pleine conversation téléphonique. Le spectateur est ici dupé de façon ludique. Mais, plus globalement, Kiarostami met en place une vérité qui apparait fausse pour le spectateur: le couple est marié mais il joue aux inconnus pendant une bonne moitié de film (jusquà la scène dans le café). Je suis très perplexe sur cette "mise en scène". D'abord parce que ce n'est pas très clair (l'enfant, au début, et dans la conversation au fast-food avec sa mère, semble évoluer dans cette fausse réalité). Et, surtout, le procédé me parait beaucoup moins convaincant que dans un autre film (CONVERSATION(S) AVEC UNE FEMME de Hans Canosa - 2005) qui m'avait paru beaucoup plus abouti dans le scénario et les intentions. Dans le Kiarostami, j'y vois un truc pour surprendre et pas assez de choses derrière (malgré le jeu agréable des comédiens et l'histoire honnête - bien que lassante à force).

A l'instar de Woody Allen cherchant une inspiration dans d'autres contrées, l'iranien Kiarostami tourne pour la première fois hors de son pays et choisit la Toscane italienne au cachet incomparable. Si l'amateur de carte postale sera déçu, l'ambiance régionale est tout de même extrêmement palpable dans ces vagabondages presque improvisés de ce dimanche après-midi. L'ambiance italienne, la langue, le soleil et le decorum fortement artistique contribuent à donner au film un peu plus d'âme à défaut d'une histoire totalement prenante. Très écrit, très littéraire dans sa forme et son propos. Pas tout à fait ma tasse de thé, j'avoue...
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El Dadal
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Re: Abbas Kiarostami

Post by El Dadal »

Nestor Almendros wrote:Mais, plus globalement, Kiarostami met en place une vérité qui apparait fausse pour le spectateur: le couple est marié mais il joue aux inconnus pendant une bonne moitié de film (jusquà la scène dans le café). Je suis très perplexe sur cette "mise en scène". D'abord parce que ce n'est pas très clair (l'enfant, au début, et dans la conversation au fast-food avec sa mère, semble évoluer dans cette fausse réalité)...
Comme quoi, la multiplicité de points de vue et d'interprétations peut réellement FAIRE l'œuvre d'art. J'ai pour ma part abondé en sens inverse: le couple n'est absolument pas marié, et les deux personnages décident de se laisser porter par leurs rôles, le film se terminant alors sur le choix que doit faire le personnage de James de donner corps ou non, de donner une légitimité physique à la copie de vie de couple qu'ils ont jouée jusque là.
Et que susurre la mama à l'oreille de Juliette?...
Nestor Almendros
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Re: Abbas Kiarostami

Post by Nestor Almendros »

El Dadal wrote:Comme quoi, la multiplicité de points de vue et d'interprétations peut réellement FAIRE l'œuvre d'art. J'ai pour ma part abondé en sens inverse: le couple n'est absolument pas marié, et les deux personnages décident de se laisser porter par leurs rôles, le film se terminant alors sur le choix que doit faire le personnage de James de donner corps ou non, de donner une légitimité physique à la copie de vie de couple qu'ils ont jouée jusque là.
Et que susurre la mama à l'oreille de Juliette?...
Je me suis rendu compte, par la suite, que mon interprétation n'était pas forcément la bonne. Mais pour quelques critiques, par exemple Libiot, le doute persiste, il n'y a pas de "clé" et l'interprétation reste ouverte. Ca ne change pas le fait que je n'ai pas été transporté plus que cela par le film. Et le prix d'interprétation à Binoche, comment dirais-je... :roll:
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Copie conforme (Abbas Kiarostami)

Post by Kimm »

A la croisée des chemins entre Alfred Hitchcock (VERTIGO), Richard Quine (LIAISONS SECRETES) et Roberto Rossellini (VOYAGE EN ITALIE), ce film se déguste et se savoure sans modèration..

Pourquoi VERTIGO?
Tout d'abord, c'est un film sur l'illusion, et quel autre film peut en avoir aussi si sublimement traité...
Par ailleurs, nos protagonistes se déplacent, après une conférence, dans un musée (il vont voir un portrait..), puis une église Toscane, puis un hôtel (autant de lieux fréquentés par les personnages de VERTIGO).
Le début du film les voit dans une auto, filmés de face, puis c'est la route qui est filmée, et ses bordures de cyprès, qui rappelle le traitement de la scène à travers le paysage californien).
Le gros plan, à la fin, sur William Shimell me rappelle celui de James Stewart durant la scène du cauchemar, aspect introspectif, s'il en est.
Même le decolleté de Juliette Binoche me semble calqué sur celui de Kim Novak, dans sa première scène, celle du restaurant.

Pourquoi LIAISONS SECRETES
Le désespoir de Juliette Binoche fait étrangement écho à celui de Kim Novak dans ce film, cherchant toute les deux à retrouver l'amour de leurs conjoints; elle ont d'ailleurs chacune un petit garçon. Les deux fims traitent de l'usure du couple et comment chacun y fait face...

Pourquoi VOYAGE EN ITALIE
Toujours sur la thématique du couple en périls, l'action se passe en Italie pour les deux films; Juliette Binoche passe d'ailleurs avec une virtuosité confondante du français à l'italien, en passant par l'anglais. (comme Ingrid Bergman qui en plus maîtrisait le suédois et l'allemand).
Si la fin de VOYAGE EN ITALIE débouche sur une fin miraculeusement heureuse, celle de COPIE CONFORME nous porte à croire qu'elle le sera, avec ce magnifique gros plan de l'acteur, encadré par une fenêtre ouverte, qui évoque irrésistiblement ces tableaux du Quattrocento, et ces paysages toscans en arrière-plan.
Anciennement Kim