Top Samuel Fuller

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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bruce randylan
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Post by bruce randylan »

Bon maintenant que j'ai participé au topic culturel Transformers, je me donne le droit de participer à quelques tops du type énumération et basta :P
Soit

Claque 360°
Shock Corridor
40 tueurs

Claque 180°
Le jugement des flèches
J'ai tué Jesse James
The big red one

claque 90°
Les marauders attaquent
Le port de la drogue
Baionnette au canon
La maison de bambou

gifle
The naked kiss
Hell and High Water

A part ça, j'adore tout dans l'ensemble et il me tarde de recevoir le récent coffret Criterion :)
"celui qui n'est pas occupé à naître est occupé à mourir"
Jeff Bailey
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Post by Jeff Bailey »

Dans l'ordre de préférence, donc (approximativement)

Mon préféré

Park Row

Excellents

The Naked Kiss
Forty Guns
Pickup on South Street
White Dog
The Crimson Kimono
Fixed Bayonets!
I Shot Jesse James

Très bons

Shock Corridor
Merrill's Marauders
Underworld U.S.A.
China Gate
The Big Red One

Bons

Verboten!
Run of the Arrow
House of Bamboo

Et j'attends donc impatiemment de voir The Steel Helmet et The Baron of Arizona :)
Vanning
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Re: Top Samuel Fuller

Post by Vanning »

Mon Top 3 de Samuel Fuller pour l'instant (mais toujours pas vu Shock Corridor et 40 Tueurs)

1. Underworld USA (un film qui transcende le genre noir de mon point de vue, une mise en scène époustouflante)
2. Pick Up On South Street (le plus beau rôle de Jean Peters et de Richard Widmark)
3. Naked Kiss (Clarence Towers époustouflante, scène d'ouverture d'anthologie)
Borislehachoir
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Re: Top Samuel Fuller

Post by Borislehachoir »

Pour l'instant :

1 - Le Port de la drogue
2 - Shock Corridor
3 - J'ai Vécu l'Enfer en Corée
4 - 40 tueurs
5 - Les bas-fonds New-Yorkais
6 - Police Spéciale
7 - The Big Red One
8 - Les maraudeurs attaquent

J'adore les 6 premiers et j'aime avec des réserves les deux derniers. Le premier est un chef d'oeuvre absolu et les trois suivants des merveilles.
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Père Jules
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Re: Top Samuel Fuller

Post by Père Jules »

Faut que tu vois Dressé pour tuer.
Borislehachoir
Machino
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Re: Top Samuel Fuller

Post by Borislehachoir »

Je l'ai en réserve, c'est le prochain que je vais regarder.

Par contre, pas réussi à choper son Jesse James qui m'aurait beaucoup intéressé.
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Père Jules
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Re: Top Samuel Fuller

Post by Père Jules »

Borislehachoir wrote:Je l'ai en réserve, c'est le prochain que je vais regarder.

Par contre, pas réussi à choper son Jesse James qui m'aurait beaucoup intéressé.
Si l'anglais (avec STA) ne te rebute pas, il existe en coffret eclipse Criterion avec Le Baron de l'Arizona et J'ai vécu l'enfer de Corée.
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Jeremy Fox
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Re: Top Samuel Fuller

Post by Jeremy Fox »

Borislehachoir wrote:Pour l'instant :

1 - Le Port de la drogue
8)
Teklow13
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Re: Top Samuel Fuller

Post by Teklow13 »

J'adore :
1. Les bas-fonds new-yorkais - Underworld U.S.A. (1961)
2. Shock Corridor (1963)
3. Police spéciale – The Naked Kiss (1964)
4. Le port de la drogue - Pick up on South Street (1953)

J'aime beaucoup :
5. The Crimson Kimono (1959)
6. Dressé pour tuer - White Dog (1982)
7. Quarante tueurs - Forty Guns (1957)
8. J'ai vécu l’enfer de Corée - The Steel Helmet (1950)
9. Violence à Park Row - Park Row (1952)

J'aime :
10. La maison de bambou - House of Bamboo (1955)
11. Ordres secrets aux espions nazis – Verboten ! (1959)
12. Baïonnette au canon - Fixed Bayonets! (1951)
13. Le jugement des flèches - Run of the Arrow (1957)
14. Au-delà de la gloire – The Big Red One (1980)
15. J'ai tué Jesse James - I Shot Jesse James (1949)

J'aime un peu :
16. Les maraudeurs attaquent - Merrill's Marauders (1962)
17. Le baron de l'Arizona - The Baron of Arizona (1950)

Je n'aime pas :
18. Le Démon des eaux troubles - Hell and High Water (1954)
19. Sans espoir de retour - Street of No Return (1988)
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Thaddeus
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Re: Top Samuel Fuller

Post by Thaddeus »

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Le port de la drogue
Des habits revêtus par le film noir traditionnel, Samuel Fuller en retient les plus brutaux, s’ingénie à en dynamiter les clichés pour mieux dévoiler les pulsions inavouables d’une Amérique en proie au mouchardage, aux trafics véreux et aux manipulations cyniques. Il se dévoile dans ce modèle de polar urbain une forme de moralisme paradoxal à travers des figures du double jeu social (pickpockets, imposteurs et névropathes) et des valeurs convertissables, malléables, faisant basculer tous les repères. Docks, ponts et métro new-yorkais plongés dans la nuit distillent une angoisse presque physique, qui électrise un récit tendu de bout en bout : lorsque Richard Widmark effleure la joue de la sensuelle et féline Jean Peters après l’avoir frappé, le mélange de violence brute et de séduction vénéneuse atteint son comble. 5/6
Top 10 Année 1953

Quarante tueurs
Une poignée de personnages arrachés à la roche des archétypes, une durée compressée autour de quelques enjeux aussi sommaires qu’efficaces, un goût prononcé pour la résolution sauvage et les confrontations édifiantes (entre ennemis, ou avec les forces de la nature), le tout unifié par une forme tonitruante, parsemée d’effets fantasques et bigarrés, font de ce western à la fois classique et baroque une réussite assez singulière. Mais la réflexion, inhérente au genre, de la disparition progressive des anciennes traditions au profit d’un type nouveau d’hommes et d’organisations sociales, pâtit quelque peu d’une narration déséquilibrée, et de développements psychologiques parfois approximatifs. 4/6

Les bas-fonds new-yorkais
C’est un monde en guerre que nous dépeint Fuller à travers la croisade de son héros contre le syndicat du crime, et c’est l’alpha et l’oméga de sa poétique radicale, barbare, presque confusionniste, qu’il imprime à chaque instant de cette plongée brutale au sein de la corruption américaine. Il y a comme un anarchisme romantique à l’œuvre ici, dans la conversion de chaque valeur en son contraire (l’amour en haine, la peur en courage, l’héroïsme en traîtrise), dans la célébration rageuse d’un combat moral qui n’est jamais loin de la damnation, dans les retournements d’une intrigue faite de dissimulations et de manipulations, et dans les inventions d’une mise en scène qui débusque la cynisme sordide des puissances cachées derrière la façade la plus respectable – celle de l’Amérique triomphante. 5/6

Les maraudeurs attaquent
Vétéran de la Seconde Guerre mondiale, Fuller nourrit le film de guerre de son expérience concrète : l’attente angoissée avant l’assaut, l’harassante progression des colonnes dans la jungle, le goût amer du baroud, les nerfs à vif, le corps qui flanche, la dysenterie, le soulagement toujours repoussé de la permission… Il reprend le modèle d’Aventures en Birmanie de Walsh et, retraçant la progression authentique de l’unité du général Merrill contre les lignes japonaises, emballe un récit sans fioritures, assez fonctionnel et prévisible dans ses mécanismes, mais dont le souci de réalisme achoppe sur un discours (volontiers ?) ambigu : entre la dénonciation des horreurs du conflit et l’exaltation un brin douteuse du dépassement de soi au nom de la grande armée yankee, le film ne tranche pas. 4/6

Shock corridor
Autre envers de cette Amérique : un asile d’aliénés où sont enfermés un atomiste rendu cinglé par ses découvertes, un ancien militant noir qui se prend pour un membre du KKK, un ex-GI au cerveau lavé, persuadé d’être un général de la guerre de Sécession après être passé par la case communiste. Le cinéaste tombe plus d’une fois dans l’excès démonstratif mais ses talents d’artificier baroque, sa vision sans compromis confèrent à sa plongée au cœur de la psychose une intensité souvent hallucinante. Tout en collisions et conflagrations, ruptures stridentes et trouées cauchemardesques qui rendent compte d’une réalité disloquée, fracturée, ce film-métaphore construit sur un postulat bien pervers que n’aurait pas renié Fritz Lang offre à son époque et à son pays le miroir à peine déformant de sa folie. 5/6

The naked kiss
Sur quel pied dansait Samuel Fuller en filmant cette chronique provinciale doublée de portrait féminin triplée de faux polar passablement relâché ? Difficile à dire, et peut-être l’ignorait-t-il lui-même. Il a en tout cas bien du mal à captiver avec l’histoire d’une prostituée qui se reconvertit dans le soin aux enfants handicapés et tente de faire une croix sur son passé. En filigrane apparaît pourtant bel et bien sa constance à accompagner le combat d’êtres révoltés, en lutte contre les injustices d’une société dépravée. L’intérêt est même relancé par le suspense d’un dernier acte qui semble enfin choisir la voie du film criminel à connotation psychologique. Trop tard pour lui injecter force et engagement, et pour lui offrir le romantisme désespéré après lequel elle semble courir. 3/6

Au-delà de la gloire
Guerillero de la série B, fasciné par les êtres égarés dans leurs propres abîmes, Samuel Fuller raconte ici sa guerre : des plages d’Afrique au débarquement en Sicile, des côtes normandes aux Ardennes, il bâtit une chronique nourrie par son expérience de bidasse, qui refuse autant l’éloge de l’héroïsme que la dénonciation antibelliciste ou le message formaté. Qu’il chronomètre le massacre d’Omaha Beach avec la montre d’un cadavre ou montre un accouchement dans un panzer, le cinéaste décrit avec une lucidité implacable la réalité de l’homme en guerre, décrit les soldats comme des pauvres types laminés par les servitudes de la vie de combattant. Son style rude et instinctif, mû par la rage de filmer, fulgure d’images tranchantes et d’éclats poétiques dynamitant le diktat des modes et de la caméra-stylo. 5/6
Top 10 Année 1980

Dressé pour tuer
C’est presque un sujet de moyen-métrage, dont la littéralité fait fi de toute engraissage et de tout développement inutile. Qualité rare, bien sûr : Fuller travaille au corps la minceur aride de son point de départ et en tire une fable saisissante sur la domestication, la nature, la marge séparant la civilisation de la sauvagerie, à l’épreuve de nos conceptions morales. Seul lui importe le duel lent, long et cruel entre l’homme et l’animal, dont il note la progression imprévisible et surprend les sensations viscérales. La philosophie, la psychologie des comportements, il s’en moque, fixé exclusivement sur la tension et l’action des forces qui s’affrontent, sur l’efficacité brute d’une mise en scène refusant la scène à faire, construite sur des stimuli, et dont pas un plan ne traîne pour rien. Un modèle d’intensité et d’intelligence. 5/6
Top 10 Année 1982


Mon top :

1. Le port de la drogue (1953)
2. Dressé pour tuer (1982)
3. Les bas-fonds new-yorkais (1961)
4. Shock corridor (1963)
5. Au-delà de la gloire (1980)

Des films d’une grande cohérence dans la personnalité qu’ils dévoilent : celle d’un réalisateur au style primitif, abrupt, chaotique, plus soucieux de surprendre et de stimuler que de séduire. Des films faits d’inconfort et de lucidité, mus par le chaos et la folie, mais aussi par une belle générosité libérale et moraliste.
Last edited by Thaddeus on 20 Jan 19, 18:02, edited 1 time in total.
mannhunter
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Re: Top Samuel Fuller

Post by mannhunter »

Thaddeus wrote:Dressé pour tuer
Seul lui importe le duel lent, long et cruel entre l’homme et l’animal, dont il note la progression imprévisible et surprend les sensations viscérales. La philosophie, la psychologie des comportements, il s’en moque,
mise en scène refusant la scène à faire, construite sur des stimuli,
Fidèle lecteur de Pierre "Télérama" Murat à ce que je vois! :mrgreen: :wink:
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G.T.O
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Re: Top Samuel Fuller

Post by G.T.O »

mannhunter wrote:
Thaddeus wrote:Dressé pour tuer
Seul lui importe le duel lent, long et cruel entre l’homme et l’animal, dont il note la progression imprévisible et surprend les sensations viscérales. La philosophie, la psychologie des comportements, il s’en moque,
mise en scène refusant la scène à faire, construite sur des stimuli,
Fidèle lecteur de Pierre "Télérama" Murat à ce que je vois! :mrgreen: :wink:
Il me semblait bien aussi...Bien joué Manny ! :mrgreen:
Ps : après l'affaire Semmelweiss, au tour de Thaddeus. Et dis-donc, t'aurais pu choisir mieux que Murat ? :mrgreen:
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Jack Carter
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Re: Top Samuel Fuller

Post by Jack Carter »

Apparemment, vous l'avez vexez, il n'est plus reapparu depuis 5 jours :shock:
Last edited by Jack Carter on 3 Feb 16, 12:30, edited 1 time in total.
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Demi-Lune
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Re: Top Samuel Fuller

Post by Demi-Lune »

Faut dire qu'insinuer à demi-mots que c'est du plagiat, ça doit bien foutre les boules pour quelqu'un qui se décarcasse à renouveler sans cesse ses contributions ici, tout en restant d'une constance intellectuelle et pédagogique remarquable.
#reviensThaddeus
Last edited by Demi-Lune on 3 Feb 16, 11:59, edited 1 time in total.
kiemavel
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Re: Top Samuel Fuller

Post by kiemavel »

Jack Carter wrote:Apparemment, vous l'avez vexez, il n'est plus reapparu depuis 5 jours :shock:
Même si n'ai pas vu ce qui s'était passé pour Semmelweiss, c'est pareil pour ce dernier (20/12) :?