Barry Levinson

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Kevin95
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Re: Barry Levinson

Post by Kevin95 »

Tin Men aussi est dispo en zone 2. :wink:
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
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Jack Carter
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Re: Barry Levinson

Post by Jack Carter »

oui, c'est ce que je disais :mrgreen:
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Kevin95
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Re: Barry Levinson

Post by Kevin95 »

:oops:

Lu de travers, désolé.
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Rockatansky
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Re: Barry Levinson

Post by Rockatansky »

Nestor Almendros wrote:Je viens de découvrir THE BAY (en vacances on a le temps de tenter des trucs improbables :mrgreen: ) et, bien que l'accueil ait été plutôt positif il me semble, j'ai trouvé le résultat bien convenu. Levinson surfe sur la vague de PARANORMAL ACTIVITY et consors sans jamais proposer quelque chose de vraiment neuf. On reste dans l'horreur gentillette et le concept technique (montage d'élément numériques filmés ce jour-là) n'est pas très immersif, il est même plutôt fouilli. Par contre le sujet écolo-monstrueux est plutôt bien trouvé mais bon, est-ce que ça suffit? Pas sûr...
Pour ma part j'ai bien aimé, ce film démontre que le concept du found footage peut être sympathique quand il y a un vrai réalisateur qui sait ce qu'il fait derrière la caméra. Des bons moments de flippe et un sujet bien construit.
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hellrick
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Re: Barry Levinson

Post by hellrick »

Rockatansky wrote:
Nestor Almendros wrote:Je viens de découvrir THE BAY (en vacances on a le temps de tenter des trucs improbables :mrgreen: ) et, bien que l'accueil ait été plutôt positif il me semble, j'ai trouvé le résultat bien convenu. Levinson surfe sur la vague de PARANORMAL ACTIVITY et consors sans jamais proposer quelque chose de vraiment neuf. On reste dans l'horreur gentillette et le concept technique (montage d'élément numériques filmés ce jour-là) n'est pas très immersif, il est même plutôt fouilli. Par contre le sujet écolo-monstrueux est plutôt bien trouvé mais bon, est-ce que ça suffit? Pas sûr...
Pour ma part j'ai bien aimé, ce film démontre que le concept du found footage peut être sympathique quand il y a un vrai réalisateur qui sait ce qu'il fait derrière la caméra. Des bons moments de flippe et un sujet bien construit.
+1 avec Mad Max, j'ai trouvé THE BAY très efficace. C'est dans le genre found-footage (qui généralement m'insupporte) un des meilleurs que j'ai vu avec Grave Encounters et Le Dernier exorcisme (oui!)
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Flol
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Re: Barry Levinson

Post by Flol »

hellrick wrote:Grave Encounters
Celui-là j'y ai cru 30mn. Et puis comme souvent avec les found footages, ça devient strictement n'importe quoi.
Quant à The Bay, avec le recul je trouve aussi que c'est l'un des found footages les moins dégueulasses que j'ai vus.
mannhunter
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Re: Barry Levinson

Post by mannhunter »

A l'affiche dans une poignée de salles demain...:

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Flol
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Re: Barry Levinson

Post by Flol »

Et c'est parait-il pas bon du tout. J'adore Roth et Pacino, mais j'hésite encore à me déplacer en salle...
mannhunter
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Re: Barry Levinson

Post by mannhunter »

Ratatouille wrote:Et c'est parait-il pas bon du tout. J'adore Roth et Pacino, mais j'hésite encore à me déplacer en salle...
Moi je l'ai trouvé plutôt sympa, si on apprécie Pacino c'est un vrai show de sa part, son duo avec Greta Gerwig fonctionne bien et le ton reste plaisamment léger.
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AtCloseRange
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Re: Barry Levinson

Post by AtCloseRange »

The Humbling
J'avoue que les premières scènes m'ont fait très peur (en dehors du fait que c'est étonnant de trouver la même scène que dans "Birdman"). Le monologue d'Al Pacino, la photo laiteuse, la caméra parkisonnienne, etc...
Il faut attendre un autre monologue de Pacino, celui de la clinique pour que le film prenne son envol.
ça reste un film foutraque au postulat parfois un peu difficile à accepter (cette histoire entre Pacino et Gerwig) mais les 2 acteurs sont tellement bons (que Gerwig ne se fasse pas bouffer une seule seconde prouve qu'on a déjà affaire à une grande actrice) qu'on pardonne pas mal de choses. Plaisir aussi d'y retrouver la trop rare Dianne Wiest.
Et puis c'est parfois très drôle comme toutes ces confrontations avec la femme qui veut faire assassiner son mari ou la visite au vétérinaire.
Bancal mais attachant donc.
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Profondo Rosso
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Re: Barry Levinson

Post by Profondo Rosso »

Liberty Heights (1999)

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À Baltimore, en 1954. Les États-Unis entrent dans une nouvelle ère et la famille Kurtzman va connaître, de nombreux changements, elle aussi. Le fils cadet qui répond au nom de "Ben" et qui a toujours vécu dans un milieu et un quartier exclusivement juif va tomber amoureux de Sylvia, la seule élève noire de son lycée, contre l'avis du père de cette dernière, pour le motif de la couleur de peau (blanche) de Ben. De son côté, Van, le frère aîné de Ben, est éperdu de la belle et aristocratique Dubbie. Quant au père, il s'efforce de sauver son petit music-hall.

Liberty Heights est dans la filmographie de Barry Levinson le quatrième film du cycle "Baltimore" après Diner (1982), Les Filous (1987) et Avalon (1990). Ces films s'inscrivent dans la veine la plus personnelle du réalisateur, chacun d'eux recelant une part autobiographique où il se penche sur son adolescence et entrée dans l'âge adulte (Diner et Liberty Heights), premiers pas de sa famille juive et leur quotidien dans l'Amérique du début du siècle puis des années 50 (Les Filous et Avalon). Liberty Heights est une sorte de synthèse du cycle, chacune des storylines creusant un sillon qui constituait la trame entière des films précédents. Le fil rouge est le constat d'une Amérique à la fois figée et doucement changeante dans ses clivages à travers les différents personnages. Au sein de la famille Kurtzman, les plus jeunes aspirent à sortir du microcosme de leur communauté juive pour s'ouvrir au monde qui les entoure. Pour Ben (Ben Foster) cela passe par les lois de mixité scolaire qui le verront s'attacher à Sylvia (Rebekah Johnson), jeune fille noire ayant intégré son lycée juif. Pour son grand frère Van (Adrien Brody) cette ouverture sera sociale quand il tentera de se mêler à la jeunesse dorée de Baltimore et tombera amoureux de la belle Dubbie (Carolyn Murphy).

Levinson oppose les jeunes insouciants et curieux envers l'ailleurs aux adultes rigides par leurs éducations, préjugés et probables souffrances passées qui interdisent tout rapprochements. Chacune de ces deux tendances s'expriment par un humour décapant (Ben déguisé en Hitler pour Halloween, la réaction de sa mère quand il dit trouver Sylva attirant) mais où les barrières n'en semblent pas moins présentes. La tonalité nostalgique expriment ainsi moins une révolution en marche qu'une parenthèse enchantée où l'on s'ouvre au monde à travers une nouvelle culture notamment Ben sous le charme de la musique noire et son humour (James Brown et Sammy Davis jr en tête dont on reconstitue un concert et entend un sketch). Pour Van l'émerveillement que représente la jeune bourgeoisie de Baltimore à travers Dubbie (symboliquement déguisée en fée durant leur première rencontre) va se confronter à leurs penchants autodestructeurs (attachant personnage de Justin Chambers). L'inconnu est donc source d'un ailleurs lumineux et festifs ou plus torturé qui se combine dans la trame adulte où la criminalité de petites mains du père 'Joe Mantegna) rencontre celle imprévisible et dangereuse des ghettos noirs avec Little Melvin (Orlando Jones). Avec ses attitudes outrées et son look de pimp, le personnage pourrait sombrer dans la caricature mais au contraire il suinte à la fois la menace et les injustices qui semblent expliquer sans excuser son comportement. Levinson aurait pu verser dans une noirceur plus prononcée avec ce protagoniste mais préfère maintenir une tonalité bienveillante mais où demeure une vraie mélancolie. Au final les différents mondes n'auront fait que s'entrecroiser et même cette timide proximité restera source de crispation (le baiser d'adieu final). Un joli film, l'une des belles réussites de l'inégal Barry Levinson. 4,5/6
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Thaddeus
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Re: Barry Levinson

Post by Thaddeus »

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(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)


Diner
Baltimore, décembre 1959. Cinq adolescents traînent dans leur resto favori, bullent les lendemains de cuite, cumulent les paris idiots, refont le monde, parient sur les équipes de foot. Ça discute, ça déconne, ça délire sur le boulot, les études, les parents, les films, le célibat contre le mariage, Sinatra contre Presley, les Colts contre les Giants et – en fait – la difficulté de devenir raisonnable et responsable. Une vraie chronique donc, avec Cadillac pistache, look American Graffiti et BO nostalgique, comme l’étape intermédiaire entre American College (en moins régressif) et Les Copains d’abord (en moins chaleureux). Levinson réussit plutôt bien le jump pour chacun de ses personnages, qu’il soit puceau ou tombeur, futur père ou barjot : les multiples facettes d’un pays à la recherche de son proche passé. 4/6

Le meilleur
Le parcours d’une star de base-baseball précocement foudroyée, luttant pour s’imposer de sa petite ferme du Middle West au stade new-yorkais, alors que tout se ligue contre ses projets et ses ambitions. C’est une fable édifiante qui ne connaît pas le second degré, une success story faisant de l’héroïsme une nécessaire transaction avec le destin. Il faut soit beaucoup de culot soit beaucoup de naïveté (peut-être les deux) pour oser la raconter de cette manière : ralentis, plans en contre-jour, feux d’artifice et couchers de soleil, célébration d’une mythologie ancestrale de la persévérance et de la réussite, accumulation de clichés éculés teintés d’un manichéisme antédiluvien. En bref, une œuvre lourde mais sympathique, maladroite mais sincère, un film imparfait sur une Amérique qui se veut plus que parfaite. 3/6

Le secret de la pyramide
Dans le Londres des brumes, hanté par l’ombre de Jack l’éventreur, le futur célèbre Sherlock Holmes rencontre un Watson aussi ado que lui et lutte contre une secte des ténèbres. Une meute de tueurs fanatiques, des objets anodins qui se transforment en animaux fantastiques, une machine volante, des hallucinations et une pyramide maudite dans les bas quartiers constituent le programme de sa première aventure. Luxueux, soigné, le divertissement est un "à la manière de" plutôt réussi, peut-être un peu trop américain pour être anglais. Je l’ai vu tardivement mais l’ai trouvé plutôt distrayant, pas bégueule en idées et mené à un bon rythme. L’idée est en tout cas originale, et le tout réalisé dans un esprit de joie communicative. Il est probable que j’aurais adoré si je l’avais découvert à douze ans. 4/6

Rain man
L’impact du sujet tient à la description des rapports entre les deux frères, et sans atteindre toujours des sommets de finesse psychologique, Levinson a su trouver le ton juste pour décrire leur chaotique relation, exprimer la gravité du thème sans éviter quelques détours par des scènes où l’habileté frise la roublardise. Mais foin du pinaillage : fédérateur et émouvant, tenant de l’efficacité hollywoodienne dans ce qu’elle a de meilleur, ce film plein de drôlerie et de sensibilité nous convie à une belle odyssée. Et à moins d’y résister avec toute sa mauvaise foi, il est difficile de ne pas le suivre. Pour Cruise et Hoffman, formidables, pour la succession de petits morceaux d’anthologie que le film aligne calmement, pour les sentiments qu’il sait capter et transmettre avec une belle crédibilité. 5/6

Harcèlement
Prenez un best-seller de Michael Crichton, un sujet dans le vent (le harcèlement sexuel en entreprise) et une astuce propre à corser l’histoire : le supérieur hiérarchique est une femme, sa victime un employé masculin. Ajoutez un bataillon de techniciens chevronnés, un duo de stars (Michael Douglas en mâle effarouché, Demi Moore en prédatrice sans scrupules) et, cerise sur le gâteau, une pincée d’images virtuelles : le tour est joué. Levinson se borne à filmer un décor high-tech comme une cathédrale, assemble une poignée d’éléments d’un mauvais goût chichiteux, fait intervenir les nouvelles technologies comme gadget superfétatoire afin de relancer la machine narrative en fin de course. De quelque bout qu’on le prenne, ce produit est un ratage en grande forme, dénué du moindre intérêt. 1/6

Des hommes d’influence
Quand la fiction rejoint la réalité, ou plutôt entre violemment en collision avec elle. Au moment même où le président Clinton était empoisonné par les miasmes de l’affaire Lewinsky sortait cette dénonciation satirique de la relation incestueuse entre la démocratie américaine et les médias. Je me souviens davantage de ce contexte que du film lui-même, qui là encore ne m’a pas laissé une marque indélébile. Les traits de la caricature sont bien épais, le déroulement du canular plutôt prévisible dans son inflation délirante, la charge sur la dictature de l’information et la manipulation des images gentiment drôle, un peu molle, assez inconséquente. Reste le plaisir de voir les cabotins Dustin Hoffman et Robert De Niro exécuter leurs numéros, mais le verre est au final bien plus vide que plein. 3/6

Liberty heights
Levinson revient à sa veine autobiographique (celle de Diner) et pose sa caméra au mitan des années 50, en la première année de mixité raciale dans les établissements scolaires. Un adolescent juif vit un premier amour avec une jeune fille noire qui lui fait découvrir sa musique, tandis que son frère aîné s’entiche d’une WASP caricaturale. L’œuvre comporte quelques moments agréables, instructifs, comiques ou touchants, disposant tous ses éléments avec savoir-faire, évoquant en sourdine, sans complaisance politiquement correcte, les relations complexes entre les communautés, les interdits intériorisés, les préjugés sociaux, l’évolution des sentiments. S’y déploient un art consommé du portrait de groupe, de l’esprit d’une époque, de la peinture humaine qui fonctionnent plutôt bien. 4/6


Mon top :

1. Rain man (1988)
2. Diner (1982)
3. Liberty heights (1999)
4. Le secret de la pyramide (1985)
5. Le meilleur (1984)

Si son plus fameux fait d’armes, à savoir le principal récipiendaire de la cérémonie des Oscars 1989, mérite toute la considération, difficile d’accorder à Barry Levinson, honnête et consciencieux artisan du cinéma hollywoodien, le crédit d’un artiste de grande importance. Son professionnalisme éprouvé, son aisance à diriger les stars, sa mobilité pour épouser les genres auxquels il s’est frotté constituent toutefois des atouts dont tout le monde ne peut pas se prévaloir.
Last edited by Thaddeus on 9 Jul 20, 15:17, edited 1 time in total.
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Jeremy Fox
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Re: Barry Levinson

Post by Jeremy Fox »

Te manque quand même à voir ceux que je préférais même si pas revus depuis longtemps : Le Meilleur, Bugsy et Good Morning Vietnam .
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Rick Blaine
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Re: Barry Levinson

Post by Rick Blaine »

J'allais évoquer également Bugsy, qui est à mes yeux le meilleur de ses films, parmi ceux que j'ai vu. Un film qui a un vrai souffle épique, et bénéficie de la présence formidable de Warren Beatty, entouré par un très beau casting.
J'ai également une affection particulière pour Sleepers, peut-être pas toujours très fin dans sa démarche mais qui est un vrai film choc et qui bénéficie à nouveau d'un sublime casting d'ensemble, c'est un des chocs de mon adolescence.
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Jeremy Fox
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Re: Barry Levinson

Post by Jeremy Fox »

Rick Blaine wrote:J'allais évoquer également Bugsy, qui est à mes yeux le meilleur de ses films, parmi ceux que j'ai vu. Un film qui a un vrai souffle épique, et bénéficie de la présence formidable de Warren Beatty, entouré par un très beau casting.
.

...et d'un score formidable... tout comme celui de Le Meilleur d'ailleurs.