Top Ridley Scott

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Watkinssien
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Re: Top Ridley Scott

Post by Watkinssien »

Colqhoun wrote:
jacques 2 wrote:Dans l'absolu, Scott a fait peu de films que l'on puisse qualifier de mauvais
Gladiator, Kingdom of Heaven, American Gangster (pire film de sa carrière), Body of Lies et GI Jane sont ses quelques films que je considère comme étant vraiment mauvais.
Je les adore pour la plupart, ceux-là ! :?
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homerwell
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Re: Top Ridley Scott

Post by homerwell »

Colqhoun wrote:
jacques 2 wrote:Dans l'absolu, Scott a fait peu de films que l'on puisse qualifier de mauvais
Kingdom of Heaven
As-tu eu l'occasion de voir la version longue qui est de nature à changer ton ressenti ? :wink:
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Flol
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Re: Top Ridley Scott

Post by Flol »

Et A Good Year, vous êtes pas un peu en train de l'oublier, celui-là ?
Colqhoun
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Re: Top Ridley Scott

Post by Colqhoun »

homerwell wrote:As-tu eu l'occasion de voir la version longue qui est de nature à changer ton ressenti ? :wink:
Je n'ai vu que la version longue.
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AtCloseRange
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Re: Top Ridley Scott

Post by AtCloseRange »

Ratatouille wrote:Et A Good Year, vous êtes pas un peu en train de l'oublier, celui-là ?
ça, c'était un bon film de vacances.
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jacques 2
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Re: Top Ridley Scott

Post by jacques 2 »

AtCloseRange wrote:
Ratatouille wrote:Et A Good Year, vous êtes pas un peu en train de l'oublier, celui-là ?
ça, c'était un bon film de vacances.
Très oubliable donc ...
Mais j'aime beaucoup "kingdom of heaven" version longue (même si Orlando Bloom le plombe quelque peu quand même ...-) et "Gladiator" (même si l'arène y est un peu "soft" comparée à celle de "Spartacus blood and sand" : c'est du second degré, rassurez vous ...). :)
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Thaddeus
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Re: Top Ridley Scott

Post by Thaddeus »

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(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)


Duellistes
On sent le passé publicitaire du cinéaste dans ce premier film d’une grande tenue formelle, parfois à la limite de la préciosité, que la rigueur perfectionniste du cadre et la sophistication de sa composition feraient presque passer pour un petit cousin de Barry Lyndon. Autopsie d’une haine née d’une broutille que les années exaspèrent au lieu d’apaiser, il analyse la ridicule loi d’honneur qui a régi certains codes pendant des siècles, et ce jeu futile de la dernière seconde ne pouvant s’achever que par la mort. La récurrence obsessionnelle du duel, improvisé ou provoqué, répété jusqu’à plus soif, l’absence presque totale de fil narratif au profit d’un flottement vaporeux, d’un vertige purement esthétique autour des motifs du vide et de la vanité, en font une œuvre tout à fait singulière et captivante. 4/6

Alien : le huitième passager
S’il ne perd rien (bien au contraire) de ses ambitions plastiques, Scott les inscrit ici au sein d’un programme autrement plus troublant et ambitieux, qui vise à déplacer le cadre habituel de la science-fiction dans un registre à la fois mythologique (l’alien envisagé comme un Minotaure dans le labyrinthe-vaisseau) et freudien, voire sexuel. L’horreur qu’il donne à éprouver diffère d’un plan à l’autre, indéfinissable car imprévisible, surefficace car matérialisant l’impensable. Il opère ainsi un incroyable tour de force en faisant infiltrer l’environnement hyperréaliste, évolutif et contrasté dans laquelle elle se développe par un véritable retour du refoulé, une confrontation fascinante entre la technologie aseptisée et l’organique, organisée en une structure narrative d’une extrême simplicité et servie par un sens magistral de l’angoisse et de la terreur. 6/6
Top 10 Année 1979

Blade runner
Los Angeles, 2019. Dans le foisonnement d’un hallucinant univers urbain, inventé avec une inspiration visionnaire, un privé mélancolique et un ange de la mort blond traînent leurs états d’âme, jusqu’à un affrontement infernal zébré par le vol des colombes. Sublimée par la musique de Vangelis, cette fascinante immersion futuriste est une œuvre aux implications métaphysiques et théologiques inépuisables. Il s’agit d’une fable renouvelant le mythe de Prométhée, et d’une douloureuse méditation sur la nature humaine : comment distinguer l’homme de son simulacre ? Dans ce chapelet de séquences magnifiques et envoûtantes, comment oublier les derniers mots les derniers mots de Batty, Réplicant plus humain que l’humain qu’il épargne, laissant à Deckard l’amour fragile de Rachel ? "J’ai vu tant de choses… Il est temps de mourir." Un film absolument unique, d’une richesse visuelle, émotionnelle et thématique hors du commun. 6/6
Top 10 Année 1982

Legend
Certains films posent la question de l’âge idéal de visionnage et de l’écart entre les perceptions accommodantes de l’enfance et le sens critique plus sévère de l’âge adulte. Qu’aurais-je pensé du conte de Ridley Scott si je l’avais découvert petit ? Mystère. Quoi qu’il en soit, c’est ma gentille consternation qui prévaut aujourd’hui devant ce spectacle cul-cul et empâté où la naïveté est si naïve qu’elle en devient niaiserie, la féérie si féérique qu’elle vire à l’indigestion. Trop de collines verdoyantes, trop de flocons poudreux, trop de robes blanches et de ralentis béats, trop d’enluminures et d’images savantes, trop c’est trop. Lorsque la splendide direction artistique s’étouffe d’elle-même, on n’éprouve plus que des dialogues embarrassants de mièvrerie, un humour gras et un merveilleux en toc. 2/6

Traquée
New York et sa folie moitié baroque moitié glamour, ses nuits bleu électrique et ses aubes qui repoussent doucement la violence nocturne. D’une facture nettement moins ambitieuse et plus conventionnelle, ce thriller intimiste brille de la virtuosité naturelle de son auteur pour installer une ambiance sophistiquée, filmer un espace urbain tout de néons et d’obscurité, créer des personnages et des situations crédibles. L’intrigue n’est pas spécialement originale mais c’est presque ici que se situe l’intérêt (relatif) du film : extraire d’un canevas archi rebattu une certaine forme d’élégance et de force tranquilles, assurer avec humilité la qualité d’un divertissement bien exécuté, en l’assaisonnant ça et là de quelques touches incongrues (un traitement assez original de l’intrigue sentimentale, notamment). 4/6

Black rain
Scott poursuit son exploration du cinéma policier dans ce captivant thriller urbain, qui confronte un flic américain tête brûlée au choc des cultures en le plongeant dans l’univers nocturne et enfumé d’Osaka. Rencontre attendue de deux mondes, de deux manières de comprendre la vie, de dégainer un flingue et de manger le sashimi dans une nuit scintillante de dangers, exaspérée de luxe et de reflets. Le scénario est assez banal mais son traitement l’est moins, et s’il ne vaut pas les réussites majeures de l’auteur, le film n’en impose pas moins un brio intact dans le développement d’une narration serrée, le maintien de la tension générée par une intrigue dopée à l’action vigoureuse et constamment mise en valeur par une esthétique travaillée, aux penchants baroques réfrénés mais réels. 4/6

Thelma et Louise
Une œuvre qui m’est extrêmement chère et que je connais par cœur. Je suis très épris de ces deux héroïnes incarnées par Geena Davis et la merveilleuse Susan Sarandon, embarquées dans une cavale éperdue vers la liberté, soleil mexicain en ligne de mire et horizon bouché de petites vies rangées dans le rétroviseur. L’euphorie de la dernière fois qui traverse ce magnifique road movie antimachiste me bouleverse profondément : c’est un chapelet de moments magiques, drôles ou poignants (une halte dans un motel country, une traversée nocturne du canyon sur la voix rauque de Marianne Faithfull…). Et il y a tout le reste : Keitel en flic compréhensif à l’humanité tenace, Madsen en amant tendre et bourru (aah ses adieux au petit matin avec Louise – scène sublime, une parmi d’autres), la photo des filles qui s’envole lors du final… Bref, je suis totalement baba de cette merveille. 6/6
Top 10 Année 1991

1492, Christophe Colomb
Il me semble que c’est un film mal aimé, assez vilipendé pour son esthétique soi-disant publicitaire et sa prise de distance avec la vérité historique. Pourtant le souffle lyrique de l’épopée, le score de Vangelis, la beauté ambrée et suggestive des images, la force de certaines séquences (les enjambées de l’arrivant au Nouveau Monde, l’Inquisition, les gestes de la cour d’Isabelle la Catholique…) et le regard critique du cinéaste sur l’aventure des conquêtes concourent à apporter un point de vue assez neuf et original. Il y a beaucoup d’amertume, une quête d’absolu dénuée de toute glorification, dans ce portrait psychologique d’un homme mystérieux, déchiré entre le prosaïsme d’un Occident violent et barbare et la virginité inaccessible d’un continent qui lui échappe constamment. Un bon 4/6.

Gladiator
Il fallait oser ressusciter le péplum, ses héros virils en jupette, ses stades romains en délire, à une époque où le genre est depuis longtemps tombé en désuétude. Scott s’en sort haut la main, organisant l’un de ces spectacles fastueux, denses et amples dont Hollywood a le secret, porté au summum de l’efficacité par un ravalement technique dernier cri. Dénué de second degré, d’une réelle finesse dans le développement de ses enjeux dramatiques et psychologiques, le film tourne autour d’un protagoniste d’une belle épaisseur romanesque, et capte un ton mélancolique qui tranche avec les habituelles productions américaines de ce calibre. Suffisamment de qualités pour me faire en grande partie oublier que ce genre d’histoire exaltant la vengeance du héros, ce n’est définitivement pas mon truc. 5/6

Hannibal
Peut-être que si je le revoyais aujourd’hui, je réviserais mon opinion à la baisse, mais j’y ai pris un gros panard à sa sortie. Beaucoup aimé la façon dont Scott prend le contre-pied du minimalisme glaçant du film de Demme pour privilégier un baroquisme décadent synchrone avec le personnage de Lecter, dandy sanguinaire, et avec le décor florentin dans lequel il s’est réfugié. Le style ample et précieux glisse volontiers le voyeurisme et la séduction, le suspense tient davantage du second degré primesautier que de l’horreur, comme détendu dans une forme de langueur vénéneuse, la relation Lecter/Starling gagne en suavité malaisante, et le film semble se délecter d’une sorte de gourmandise perverse et raffinée entérinée par un final énorme d’atrocité grand-guignolesque. 5/6

La chute du faucon noir
Idéologiquement, le film est sans doute assez ambigu, cherchant à dénicher dans le fiasco de Mogadiscio, en 1993, la matière d’une nouvelle ode au courage et à l’abnégation des soldats yankees, envoyés au casse-pipe par une organisation militaire en déroute. Au-delà du propos, il offre une saisissante ride d’adrénaline : deux heures non stop de chaos urbain où le cinéaste laisse éclater sa virtuosité de technicien et de plasticien, parfois jusqu’aux frontières de l’abstraction. Dès lors, ce qui est sans doute conçu comme une dénonciation de l’intervention militaire américaine n’évite pas les travers de cette inclination à transformer la guerre en spectacle. Et puisque l’exaltation lyrique n’excuse pas tout, j’ai du mal à me positionner clairement face à ce film aussi prenant que contestable. 4/6

Les associés
La chasse au pigeon est le sport favori du héros, escroc patenté qui initie son jeune disciple à ce douteux passe-temps, fumeur invétéré et agoraphobe secoué de tics. Elle permet à ce petit divertissement autour d’arnaqueurs arnaqués d’abattre des cartes joliment biseautées, et de s’amuser à nous perdre en même temps que les personnages dans une manipulation diabolique à base de coups fourrés, de rebondissements et de coups de théâtre. Je suis généralement assez client de ce genre de friandises, alors quand le divertissement est conçu, comme ici, avec humour et légèreté, lorsqu’il emballé par Scott avec le brio, la fluidité et l’élégance tranquilles qui sont la sienne, lorsqu’il est enfin emmené par un Cage qui se régale en filou embarrassé par une progéniture inattendue, je dis oui. 4/6

Kingdom of heaven
Retour à la grande fresque historique, qui a valu à Scott son retour en grâce cinq ans plus tôt. Sur certains aspects, le film est plus ambitieux et réussi que Gladiator, traitant son passionnant sujet avec une lucidité critique et amère. Fous de Dieu, dévots hystériques et assoiffés de pouvoir sont renvoyés dos à dos, islam et christianisme opérant comme les deux faces d’une même pièce : le fanatisme, l’obscurantisme et la cupidité forment les cibles de cet éloge de l’idéal chevaleresque, incarné par une minorité de croisés. Le résultat est sans doute un peu déséquilibré, Bloom est falot à côté des seconds rôles flamboyants et shakespeariens (Irons, Gleeson, Thewlis), mais l’épopée si dense et prenante, le spectacle si imposant, si massif, si convainquant dans l’image et le propos, que j’y ai pris beaucoup de plaisir. 5/6

American gangster
Sorti entre deux autres polars mafieux portés aux nues (Les Promesses de l’Ombre et La Nuit nous appartient), cette saga criminelle m’a davantage convaincu et captivé (eh oui). Nulle inclination auteurisante ici, pas davantage de dramatisation forcée : juste une narration ample et tendue à travers deux décennies de gangstérisme new-yorkais, qui tire tout le parti de son duel de stars, fait profil bas pour mieux imposer l’aisance éprouvée de sa technique, et convoque pêle-mêle Coppola, Mann ou la blaxploitation. Jouant judicieusement de la dimension vintage du projet et sachant aussi bien manier l’ellipse que délayer l’action ou la résumer par l’image, le film déploie un attirail très solide et efficace : rien de décisif donc, mais une œuvre pleine, dense, captivante, qui vaut un bon 4/6.

Robin des Bois
Là, par contre… Je ne peux pas dire que le film soit un échec complet, Scott assurant le minimum de fonctionnalité dans la conception de ses personnages, de son intrigue, de son spectacle. Mais j’ai du mal à percevoir l’intérêt d’un tel retour aux sources, et surtout autre chose qu’une sage illustration du mythe, sans plus-value originale, personnelle ou subversive. Les scènes bavardes et maladroites s’accumulent, les situations s’enchaînent sans souci de cohérence et sans lisibilité, l’imagerie verse même parfois dans une banalité aseptisée plus proche du format industriel que de l’imaginaire associé à Robin Longstride. J’ai regardé ça avec un vague intérêt, parfois un peu désarçonné pour de mauvaises raisons (la bataille finale qui dure trois secondes, comme ça pouf), et puis basta. 3/6

Prometheus
Le trailer m’avait méchamment chauffé, et l’idée de voir l’initiateur d’Alien réactiver la mythologie de la saga était très excitante. Loin de la pureté minimaliste et de la densité organique du premier film (de toute manière inégalable), dont la progression dramatique est ici presque décalquée, Scott compense les faiblesses d’un scénario à la fois captivant et bancal par un sens éprouvé du spectacle visuel. Pour les pistes métaphysiques on repassera, mais le divertissement est tendu et classieux d’un bout à l’autre, fertile en en morceaux de choix, solidement emmené par Noomi Rapace, parfaite héroïne courage, et Michael Fassbender en androïde ambigu, émule de Peter O’Toole. Un excellent film de SF, et pour moi le haut du panier en matière de blockbuster : j’ai vraiment pris mon pied. 5/6

Seul sur Mars
Dans le contexte d’une production hollywoodienne dominée par l’emphase et l’esprit de sérieux, cette passionnante opération de sauvetage interplanétaire vient apporter un vent de fraîcheur, une énergie et un esprit de décontraction ô combien salutaires. La beauté du film est de miser sur un optimisme revigorant, une approche généreuse, positive, utopique de son sujet, et d’insuffler au récit cette puissance d’emportement qui fait de chaque personnage, chaque effort, chaque idée le maillon d’une irrésistible chaîne de solidarité. Porté par l’incroyable capital sympathie de Matt Damon (et par extension de tout le casting), Scott ose prendre le contre-pied de toutes les tendances catastrophistes du moment pour signer un hymne galvanisant aux pouvoirs de la science et de l’esprit humain. Et ça fait un bien fou. 5/6
Top 10 Année 2015

Alien : Covenant
Cryogénie, réveil anticipé, réception d’un signal d’origine inconnue, déroutage de la mission initiale, excursion sur une planète hostile, élimination sanglante de l’équipage. Ce synopsis est désormais un patron narratif que le cinéaste, occupé à faire briller son aisance de vieux routier du genre qui a fait sa gloire, ne cherche plus à faire dérailler. Enfilant les scènes aussi efficaces et limpides que sans surprise, il substitue d’une part au cambouis, aux stries de vapeur, au noir d’encre de jadis la clarté de l’hygiénisme technologique, et gonfle d’autre part la minceur du schéma programmé en faisant de l’androïde David, apprenti sorcier gagné par une opératique folie des grandeurs, le personnage central de la fiction. En résulte un film certes bancal et inachevé, mais dont la confection premium garantit un vrai plaisir. 4/6


Mon top :

1. Blade runner (1982)
2. Thelma et Louise (1991)
3. Alien : le huitième passager (1979)
4. Gladiator (2000)
5. Seul sur Mars (2015)

Il m’a toujours semblé que Scott était sous-estimé, considéré trop souvent comme un artisan de luxe alors qu’il témoigne d’un talent assez considérable. Cette injustice, je la perpétue moi-même, le citant rarement parmi mes cinéastes favoris alors qu’il a quand même réalisé au moins deux des films qui me sont les plus chers au monde. Bref, tout ça pour dire que j’adore ce réalisateur, quand bien même certaines de ses œuvres paraissent mineures comparées à d’autres.
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Demi-Lune
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Re: Top Ridley Scott

Post by Demi-Lune »

Stark wrote:Pas vu les autres.
Il faut impérativement que tu découvres Legend (en director's cut). Formellement, c'est le film le plus ahurissant qu'il ait fait avec Blade Runner.
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Re: Top Ridley Scott

Post by AtCloseRange »

Demi-Lune wrote:
Stark wrote:Pas vu les autres.
Il faut impérativement que tu découvres Legend (en director's cut). Formellement, c'est le film le plus ahurissant qu'il ait fait avec Blade Runner.
Quelques belles scènes noyées dans un océan de mauvais goût et de niaiserie (c'est à peine mieux que Krull et en tout cas plus ennuyeux).
La réputation de ce film (enfin surtout par chez nous) ne manque jamais de me surprendre.

Sinon, Stark, je te trouve toujours d'une bien grande mansuétude. Par exemple, prenons le cas Thelma et Louise. Un bon film en effet mais comment objectivement le mettre au niveau d'un Alien ou d'un Blade Runner.
ça ne boxe tout simplement pas dans la même catégorie. Le scénario du film est hyper caricatural et l'enrobage hollywoodien.
Même si tous ces films ont peut-être été fait dans le même état d'esprit (Scott ne se considère peut-être pas comme un artiste) mais d'un côté, on a de l'Art et de l'autre, du cinéma de consommation même s'il est de qualité.

J'en profite pour rappeler que Meryl Streep avait refusé le rôle tenu par Sarandon parce qu'elle détestait la fin.
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Thaddeus
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Re: Top Ridley Scott

Post by Thaddeus »

Demi-Lune wrote:Il faut impérativement que tu découvres Legend (en director's cut). Formellement, c'est le film le plus ahurissant qu'il ait fait avec Blade Runner.
A ce point-là ? J'ai eu des retours partagés sur ce film, les uns louant son univers graphique (une constante chez Scott), les autres regrettant son mauvais goût, sa naïveté, voire sa vacuité.
AtCloseRange wrote:Sinon, Stark, je te trouve toujours d'une bien grande mansuétude. Par exemple, prenons le cas Thelma et Louise. Un bon film en effet mais comment objectivement le mettre au niveau d'un Alien ou d'un Blade Runner. ça ne boxe tout simplement pas dans la même catégorie.
Là encore (et j'agis ainsi sur tous les tops commentés que je rédige), je ne me positionne pas dans une logique "objectiviste" mais j'essaie de rester fidèle à la relation qui me lie à chacun de ces films. Plus exactement, j'essaie de concilier le jugement critique et l'investissement personnel. Alien et Blade Runner sont, en effet, des films décisifs, inégalables, les deux sommets de la filmographie du bonhomme. Reste que Thelma et Louise est un film qui, par l'époque où je l'ai découvert, par ce qui s'est lié depuis entre lui et moi, demeure l'un de mes films favoris (je le mets dans mon top 20 all time, ce qui n'est quand même pas rien). Je le trouve sublime, magnifique, bouleversant, euphorisant (mettre tous les superlatifs possibles), et par ailleurs je ne le trouve pas particulièrement caricatural et hollywoodien. Mais qu'une grande partie des gens le trouvent très inférieur aux deux précités ne me choque et ne me surprend pas.
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Re: Top Ridley Scott

Post by Jeremy Fox »

Demi-Lune wrote:
Stark wrote:Pas vu les autres.
Il faut impérativement que tu découvres Legend (en director's cut). Formellement, c'est le film le plus ahurissant qu'il ait fait avec Blade Runner.
Parfaitement ; l'un de mes préférés et en effet plastiquement sublime (à voir avec la musique de Goldsmith bien évidemment). Vu au moins 5 fois, toujours avec le même plaisir.
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Re: Top Ridley Scott

Post by Demi-Lune »

Stark wrote:
Demi-Lune wrote:Il faut impérativement que tu découvres Legend (en director's cut). Formellement, c'est le film le plus ahurissant qu'il ait fait avec Blade Runner.
A ce point-là ? J'ai eu des retours partagés sur ce film, les uns louant son univers graphique (une constante chez Scott), les autres regrettant son mauvais goût, sa naïveté, voire sa vacuité.
Personnellement j'ai du mal à discerner du mauvais goût dans ce film. De quoi est-il question, d'esthétique ? Si c'est cela, c'est niet ! :mrgreen: Pour ce qui est de la naïveté voire de la vacuité, il faut bien comprendre que c'est un conte pris au premier degré, avec toute la féérie, les ténèbres et les personnages inhérents à ce genre (dont des gnomes un peu cons-cons, il est vrai). Comme tu aimes Willow, je pense que cela devrait te plaire, parce que sur le plan formel, technique et musical, c'est un pur joyau. Je ne veux pas te tromper, Legend n'est pas un film aussi séminal et profond qu'Alien et Blade Runner ; cela dit pour quiconque s'intéressant un peu au cinéma de Scott, on trouve des éléments thématiques caractéristiques du cinéaste, le thème du duel manichéen et éternel, la séduction pour le Mal, le personnage tourmenté par la figure paternelle, les passerelles établies avec les œuvres précédentes et futures (l'antre des Ténèbres qui ressemble à s'y méprendre aux appartements de Tyrell dans Blade Runner, la licorne, le couple Darkness/Lily qui annoncerait Hannibal/Clarice, etc)... tout ceci enveloppé dans un univers plastique époustouflant.
J'avais écrit un texte sur le film, peut-être saura-t-il t'aider à franchir le pas. :wink: :fiou:
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Jeremy Fox
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Re: Top Ridley Scott

Post by Jeremy Fox »

Demi-Lune wrote: Personnellement j'ai du mal à discerner du mauvais goût dans ce film. De quoi est-il question, d'esthétique ? Si c'est cela, c'est niet ! :mrgreen: Pour ce qui est de la naïveté voire de la vacuité, il faut bien comprendre que c'est un conte pris au premier degré, avec toute la féérie, les ténèbres et les personnages inhérents à ce genre... tout ceci enveloppé dans un univers plastique époustouflant.
Entièrement d'accord et concernant la mise en scène pure, ça vole cent lieues au dessus de Willow qui je trouve a pris un sacré coup de vieux
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Flavia
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Re: Top Ridley Scott

Post by Flavia »

Legend est un film qui m'a marqué avec une ambiance mi-rêve mi-cauchemar, conte sombre, absolument grisant comme sensation. C'est un film enchanteur doté de scènes magiques et magnifiques (le domptage de la licorne). Je le revois toujours avec plaisir :)
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Re: Top Ridley Scott

Post by Demi-Lune »

Flavia wrote:Legend est un film qui m'a marqué avec une ambiance mi-rêve mi-cauchemar, conte sombre, absolument grisant comme sensation.
C'est tout à fait ça me concernant aussi, bien résumé. :wink:
Tiens, quand j'aurai un peu de temps, je m'amuserai à recenser quelques unes des passerelles visuelles et spirituelles qui relient certains films de Scott entre eux.