Bernardo Bertolucci (1941–2018)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Marcus
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Post by Marcus »

Alfred Kralik wrote:1900 (dont on attend toujours une édition DVD digne de ce chef-d'oeuvre)
A priori, le dernier Z1 est impeccable. Est aussi sorti un Z2 belge il y a qq semaines, reprenant les caractéristiques de ce Z1, mais il apparait déjà épuisé sur mediadis.
Elle était belle comme le jour, mais j'aimais les femmes belles comme la nuit.
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Post by Blue »

Marcus wrote:
Alfred Kralik wrote:1900 (dont on attend toujours une édition DVD digne de ce chef-d'oeuvre)
A priori, le dernier Z1 est impeccable. Est aussi sorti un Z2 belge il y a qq semaines, reprenant les caractéristiques de ce Z1, mais il apparait déjà épuisé sur mediadis.
Je confirme, le Z1 permet de voir le film dans de bonnes conditions.
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Post by Alfred Kralik »

A priori, le dernier Z1 est impeccable.
... mais ne comporte pas de stf. :?
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Kevin95
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Re: Notez les films de Décembre 2008

Post by Kevin95 »

Tragedy of a Ridiculous Man (Bernardo Bertolucci)

Faisant suite au chiantissime La Luna, Tragedy of a Ridiculous Man vient me confirmer que je n'apprécie le cinéma de Bertolucci uniquement quand il y a au casting de grands acteurs.
L'histoire de cet industriel en quête de son fils kidnappé n'est pas sans rappeler L'Avventura, d'ailleurs le traitement est identique, en gros, des personnages qui utilise la recherche d'une personne disparue comme prétexte pour mieux se chercher eux même. Le film peut paraitre longuet, Bertolucci s'endors derrière la camera laissant les acteurs seuls en train de parlé et le style un tantinet prétentieux.
Mais le film vaut surtout pour ces acteurs justement, Anouk Aimée est excellente en mère indigne qui tente de se racheté une bonne conscience et surtout Ugo Tognazzi est dément en prolétaire ayant fait fortune, aussi pitoyable que touchant.
La réplique finale de Tognazzi résume parfaitement l'ensemble du long métrage
Spoiler (cliquez pour afficher)
"si vous me demandez comment s'est résolue l'affaire, je n'en ai aucunes idées et d'ailleurs je vous la laisse du moment que mon fils est revenue" (je réinterprète un peu).
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Re: Notez les films naphtas - Avril 2009

Post by bruce randylan »

frédéric wrote:Image
Le dernier tango à Paris
J'ai redécouvert le film qui m'avait un peu déçu à la première vision. C'est un film assez touchant et très bien joué par un Brando vieillissant et qui n'en fait pas des tonnes et la jolie Maria Schneider. Les scènes de sexes sont assez soft finalement et ne méritaient pas ce scandale.
Je ne l'avais pas jamais vu et j'ai tenu 40 minutes devant. Ca a atrocement vieilli.
Contrairement à toi je trouve que Brondo en fait des caisses au point de devenir insupportable. Maria Schneider est beaucoup impressionnante dans un rôle vraiment difficile de femme enfant sexuée.
Sinon la mise en scène n'avait pas l'air ininterressante mais les tics "arty" et auteurs m'ont vite gonflé ; le pire étant le personnage de Jean-Pierre Léaud ( que j'aime pourtant beaucoup ) mais dont le rôle est une vraie plaie.
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Re: Notez les films naphtas - Avril 2009

Post by bronski »

Le Dernier Tango à Paris est le film d'une époque, d'une libération sexuelle et cinématographique, tourné en 1972. Déferleront juste après en France sur grand écran les premiers films pornographiques entre leur légalisation en 1973 et la répression de 1976. Il est un témoin historique important du formidable vent de liberté qui a donné ses lettres de noblesse au cinéma des années 70.
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Kevin95
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Re: Notez les films naphtas - Avril 2009

Post by Kevin95 »

Lorsque j'ai découvert le film de Bertolucci, j'ai trouvé ça intéressant (surtout pour le jeu naturaliste de Brando) mais sans vrai plus. Puis (fête du cinéma oblige) je l'ai revu sur grand écran et... comment dire, je ne sais pas si c'est le fait de l'avoir vu en salle ou en matinée (donc crevé), mais je fus happé par le film et le style du réalisateur (qui m'a rarement touché) le jeu approximatif des comédiens (or Marlon) et le sujet sur le papier chiant, ne m'ont pas gênés (au contraire). J'y ai vu finalement une sorte de suicide de bourgeois bouffés par leur sur-consommation dans la ligné de La Grande Bouffe (ou Ça n'arrive qu'aux autres que je viens de découvrir) et absolument pas un hymne à la libération sexuelle ou une preuve du talent de Bertolucci.
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Re: Notez les films naphtas - Avril 2009

Post by bronski »

La critique de la bourgeoisie de Bertolucci, dans la grande lignée contestataire de beaucoup de réalisateurs, ne fait pas du film "un hymne à la libération sexuelle", loin de là, mais, encore une fois, Bertolucci n'en reste pas moins le témoin de cette révolution. Le lien de cause à effet que j'ai signalé est fortuit ou pas, peu importe, ça c'est passé comme ça.
Bertolucci ne renie en rien sa révolte contre son milieu dans d'autres films, au contraire, spécialement dans son film fleuve de 5 heures, Novecento, qu'il réalise 4 ans plus tard.

Le Dernier Tango est un très beau film, plein de poésie lente et d'espérance. Avec The Dreamers, il revient sur cette période d'effervescence de la fin des années 60, où tout était encore possible.
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Jeremy Fox
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Re: Bernardo Bertolucci

Post by Jeremy Fox »

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Le poignant final qui, à travers le regard et la voix de Paul Bowles (l’auteur du roman dont est tiré le film de Bertolucci) et une chanson de Charles Trénet, invite chacun à profiter de tous les moments simples, fugaces mais précieux composant notre existence en sachant que tout peut s’arrêter d’un moment à l’autre, clôt cette poignante chronique d’une crise amoureuse sur une note ô combien émouvante ! Une émotion qui baigne d’ailleurs toute l’œuvre, une fresque intimiste sur fond de paysages grandioses qui me bouleverse à chaque vision.

Le film narre l’histoire de trois riches intellectuels américains (un compositeur, un auteur dramatique et un mondain) qui débarquent à Tanger à la fin des années 40 ayant dans l’idée de sillonner le Nord de l’Afrique au gré de leurs envies. Ce voyage s’avère en réalité être, pour Port (John Malkovivh) et Kit (Debra Winger), une occasion d’essayer de résoudre leur douloureuse crise conjugale entachée de méfiance et de désillusion, leurs relations se dégradant de jour en jour. Une manière de quête initiatique et psychologique (au-delà de la "mort" pour l’un des personnages) se déroulant dans des villages typiques, leurs habitants et leurs coutumes ainsi que les paysages désertiques alentours étant les témoins des déchirements et des rapports troubles qui s’établissent entre les trois protagonistes.

C’est Robert Aldrich qui, en 1964, avait acheté les droits d’adaptation cinématographique du livre de Paul Bowles ; on se demande ce qu’il aurait pu faire de ce matériau, leurs deux univers étant assez opposés. C’est surement pour cette raison qu’il n’arriva jamais rien à en tirer. Son fils reprit le projet qu’il confia à Bertolucci. Ce dernier retrouva son chef opérateur attitré, Vittorio Storaro, ainsi que le scénariste de Profession Reporter et de son Dernier Empereur, Mark Peploe, qui écrivit une adaptation d’une grande intelligence. Bertolucci signe une mise en scène ample, d’un formidable lyrisme, aidé en cela par les paysages magnifiés par le travail splendide de Storaro et par une des plus belles musiques composées par Ryuichi Sakamoto dont le thème d’amour devrait vous hanter pendant plusieurs jours. Le jeu de John Malkovich et Debra Winger se passe de commentaires et par ailleurs, les personnages pittoresques du "couple" d’Anglais n’auraient pas dépareillé dans un film de John Huston tout en s’intégrant parfaitement à l’intrigue, apportant une note d’étrangeté encore plus poussé à ce Sheltering Sky énigmatique, déchirant et d’une grande sensualité.

Le film de Bertolucci qui décidément me touche le plus.

[img]http://auteurs_production.s3.amazonaws.com/stills/22046/the-sheltering-sky.jpg[/img]


Certainement l'une des scènes d'amour (sur un promontoire surplombant le désert) les plus belles (et douloureuses) qu'il m'ait été donné de voir.
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Jeremy Fox
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Re: Bernardo Bertolucci

Post by Jeremy Fox »

Jeremy Fox wrote:Le poignant final qui, à travers le regard et la voix de Paul Bowles (l’auteur du roman dont est tiré le film de Bertolucci) et une chanson de Charles Trénet, invite chacun à profiter de tous les moments simples, fugaces mais précieux composant notre existence en sachant que tout peut s’arrêter d’un moment à l’autre, clôt cette poignante chronique d’une crise amoureuse sur une note ô combien émouvante !
Le final (pourtant très simple) me hantant depuis hier soir (comme à chaque vision du film), je l'exorcise en le transcrivant ici.
Comme nous ne savons pas quand nous mourrons, nous prenons la vie pour un puits inépuisable. Tout n'arrive qu'un nombre limité, très limité de fois. Combien de fois te rappeleras-tu d'un après-midi d'enfance qui est si intimement part de ton être que tu n'imagines pas la vie sans lui ? Encore quatre ou cinq fois, peut-être même pas. Combien de fois verras-tu la pleine lune se lever ? Peut-être vingt. Et pourtant tout paraît être sans limites.
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Re: Bernardo Bertolucci

Post by Jericho »

1/ Le dernier empereur
2/ Le conformiste
3/ Un thé au Sahara
4/ 1900
5/ Innocents - the dreamers

Je n'ai vu que 5 films de lui, et j'adore (hormis le dernier classé) !
Cinéaste de génie, sa mise en scène me subjugue, quel talent.
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Major Dundee
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Re: Bernardo Bertolucci

Post by Major Dundee »

1) Le conformiste
2) Le dernier tango à Paris
3) Un thé au sahara
4) 1900

Et j'enrage de n'avoir toujours pas vu "Innocents"
Charles Boyer (faisant la cour) à Michèle Morgan dans Maxime.

- Ah, si j'avais trente ans de moins !
- J'aurais cinq ans... Ce serait du joli !


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Jeremy Fox
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Re: Bernardo Bertolucci

Post by Jeremy Fox »

Major Dundee wrote: Et j'enrage de n'avoir toujours pas vu "Innocents"
Tu ne devrais pas ; moi j'enrage de l'avoir vu.
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Major Dundee
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Re: Bernardo Bertolucci

Post by Major Dundee »

Jeremy Fox wrote:
Major Dundee wrote: Et j'enrage de n'avoir toujours pas vu "Innocents"
Tu ne devrais pas ; moi j'enrage de l'avoir vu.
:uhuh:
Charles Boyer (faisant la cour) à Michèle Morgan dans Maxime.

- Ah, si j'avais trente ans de moins !
- J'aurais cinq ans... Ce serait du joli !


Henri Jeanson
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Re: Bernardo Bertolucci

Post by Jericho »

Clair, ce n'est pas ce qu'il a fait de mieux, loin de là, autant se rabattre sur n'importe quel autre oeuvre de sa filmographie, ce sera surement mieux et plus intéressant que The Dreamers (malgré la présence de la sublimissime, que dis-je, de la déesse Eva Green).
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