Bernardo Bertolucci (1941–2018)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Jericho
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Re: Bernardo Bertolucci

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Le Dernier Empereur : Restauration 4K et Conversion 3D

http://www.hdnumerique.com/actualite/ar ... on-3d.html
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bruce randylan
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Re: Bernardo Bertolucci

Post by bruce randylan »

Jericho wrote:Le Dernier Empereur : Restauration 4K et Conversion 3D

http://www.hdnumerique.com/actualite/ar ... on-3d.html
J'ai vu cette version 3D à la cinémathèque. Bertolucci qui était présent expliquait qu'il n'est pas du tout à l'origine du projet. Il a découvert ça alors que les travaux avait déjà commencé. Mais l'idée lui a plu et il semblait content que ça existe (mais être non plus d'un enthousiasme débordant). A noter qu'il s'agit bel et bien de la version cinéma et pas de la version longue (director's cut ?)
Quant au résultat, comme souvent ça reste vraiment limité. L'apport se sent sur quelques plans larges quand les personnages (surtout enfants) se retrouvent tout petit au milieu de la Cité Interndite. Mais dans 90% des cas, c'est surtout qu'anecdotique j'ai eut l'impression.

Pour le film, je l'avais pas revu depuis une éternité. Il m'a fallut 15-20 minutes pour me sentir concerner par les personnages. Ensuite, c'est vraiment très bien pendant heure avec cette partie "empereur sans empire" mais toujours régie par des règles strictes. La suite me parait un peu trop élagué/précipité pour me ravir totalement ; ca manque un peu de vie, d'approfondissement (l'espionne par exemple). On sent qu'il y a du avoir pas mal de coups de ciseaux au montage dans les parties "mondaines" et relation avec les japonais. J'aurais bien aimé aussi que le film s'attarde plus sur les derniers années de sa vie après sa sortie de "camp de ré-insertion".
Mais ce destin incroyable et la facture visuelle du film font que je ne me suis ennuyer nécessairement. Au contraire. Juste un peu frustré.
"celui qui n'est pas occupé à naître est occupé à mourir"
Jericho
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Re: Bernardo Bertolucci

Post by Jericho »

J'ai vu cette version 3D à la cinémathèque. Bertolucci qui était présent expliquait qu'il n'est pas du tout à l'origine du projet. Il a découvert ça alors que les travaux avait déjà commencé. Mais l'idée lui a plu et il semblait content que ça existe (mais être non plus d'un enthousiasme débordant).
Étonné, je suis ! Je pensais que l'idée venait de lui.
Surtout que ces derniers temps il vantait les mérites de la 3D, jusqu'à vouloir faire un film en relief.
Chose qu'il n'a pas pu faire malheureusement sur sa dernière oeuvre sortie cette année. J'ai alors pensé qu'il s'était rabattu sur de la 3D convertie d'un de ses anciens films.
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Thaddeus
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Re: Bernardo Bertolucci

Post by Thaddeus »

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Prima della rivoluzione
Le film est comme la confession d’un enfant du siècle, le point de rencontre, encombré de rhétorique et d’influences disparates, d’une recherche de spontanéité héritée de la Nouvelle Vague et d’envolées opératiques à la Verdi, le mariage stendhalien des digressions politiques et de l’effervescence romantique. Il illustre le dilemme d’un jeune bourgeois parmesan à la fois communiste et pétri de culture, révolutionnaire et conservateur, qui finira par préférer la lente mais délectable agonie des nantis au suicide exaltant et inutile des porteurs de lumière. La mise en scène fait un usage sophistiqué de l'éclairage et des mouvements de caméra, recourt aux références et aux citations, mais on est en droit de trouver assez gonflantes ces affectations précieuses sur l’indécision intellectuelle du sortir adolescent. 4/6

La stratégie de l’araignée
La première séquence se situe sur le quai d’une gare, la dernière également. Entre les deux toute l’action se déroule dans le même village émilien, s’y développe et s’y perd : un fils cherchant à connaître son père se trouve peu à peu englué dans la trame des souvenirs contradictoires, des faux témoignages et des légendes usurpées. L’araignée ici n’est pas le fascisme ni l’Histoire mais Bertolucci lui-même, car aucun geste, aucune parole, aucune image du récit kaléidoscopique ne peut être crédité d’une quelconque valeur de vérité. Dans un climat d’étrangeté fantastique et une construction temporelle originale qui entremêle présent et passé, le film aborde donc les questions de la représentation, du trompe-l’œil, de l’ambiguïté politique. Intellectuellement stimulant, mais franchement aride. 3/6

Le conformiste
Comment devient-on fasciste ? Par passivité, par lâcheté, par opportunisme, parce que l’on est bourgeois et que la bourgeoisie est le fumier qui permet au fascisme de germer. La triple dégradation d’une famille, d’une société et d’un individu qui croit se racheter de la première en adhérant à la deuxième est au centre de cette adaptation de Moravia, où le réalisateur amplifie et décale son sujet jusqu’à rendre visuellement sensible, par sa seule mise en scène, la recherche d’identité qui meut le protagoniste : décors pris comme des coulisses mobiles, topographie transformant en lieu imaginaire le Paris des années 30. Mais je reste imperméable à ce formalisme extrême, à son baroquisme glacé, à ses jeux sur les perspectives, les effets de montage, la narration éclatée toute en flashbacks et flash-forwards. 3/6

Le dernier tango à Paris
Pareil, en pire : expérience pénible que celle de ce classique du répertoire. Je suis franchement hermétique à cet univers, aux tourments de Brando, au dolorisme théâtral qu’il met en scène. Très élaboré dans la structure de ses images, son éclairage sophistiqué, sa recherche de la précision en profondeur, le film s’inscrit dans l’oscillation continue entre la tension sexuelle et les fantasmes de domination ou d’humiliation, entre le nihilisme forcené et la désespérance existentielle. Mais la réflexion sur l’acte amoureux et charnel, influencée par un diktat culturel qu’elle s’essaie vainement à contester, me paraît terriblement datée et fabriquée : je perçois l’intention sans jamais être emporté par l’émotion. Je ne suis même pas sûr de l’avoir vu jusqu’au bout, pour être honnête. 2/6

1900
Je préfère largement cette majestueuse fresque historique, pleine de vie rugueuse et de passion aride (l’oxymore c’est volontaire), gorgée des délicates couleurs de la terre, où Bertolucci freine ses prétentions formalistes sans rien abdiquer de son ambition (et là, c’est un euphémisme). C’est la théorie de l’Histoire en tant qu’histoire des conflits sociaux et des luttes de classe qui influence le réalisateur : avec un réel courage dans la provocation, il entreprend de narrer sa vision personnelle du communisme italien et de la société rurale entre 1900 et la Libération. Par sa durée épique (cinq heures), son souffle romanesque, la musique de Morricone, mais aussi par son acuité politique, le film tire la matière d’une saga tumultueuse sur l’évolution de son Émilie natale, de la féodalité survivante à l’utopie socialiste. 5/6
Top 10 Année 1976

La luna
Malgré la richesse signifiante de ses arrière-plans (le théâtre dans le film, l’opéra et le faux-semblant…), le talent de Bertolucci est celui de l’image plus que celui du discours. Film volontiers tapageur, film d’enfant de mai 68 qui cherche à pousser jusqu’aux ultimes conséquences les ressorts de l’amour, cette analyse des rapports entre une mère dévoreuse et nourricière et son fils drogué par manque de figure paternelle requiert un cheminement particulier : on admire d’abord la mise en forme pour se livrer éventuellement à l’exégèse. La gravité un peu perverse du sujet, qui convoque inceste et toxicomanie, est atténuée par un humour constant, des tableaux beaux comme une nuit étoilée en Italie, la prestance altière de Jill Clayburgh en prima donna célèbre, et l’espoir délivré par une bien jolie fin. 4/6

La tragédie d’un homme ridicule
Ridicule, ce patron d’une fromagerie émilienne ? Pitoyable serait plus exact. Sa femme n’est qu’une tendre étrangère, séparée de lui par la classe sociale. Son fils joue au révolutionnaire et le méprise gentiment. Un jour, le garçon est kidnappé sous ses yeux. Mais n’aurait-il pas lui-même simulé son enlèvement ? Ou est-il au contraire vraiment mort, comme l’affirment les deux amis qui servent d’intermédiaires avec les Brigades rouges ? Bertolucci fait dans le flou d’intentions : une pincée de désarroi politique au sortir des années de plomb, un doigt de conflit des générations, une louchée d’incertitude psychologique et d’auto-diagnostic. Faute de propos fort et de ligne cohérente, son film vaguement bouffon s’enlise dans des images froides, sans mystère, et ne suscite qu’une douce somnolence. 3/6

Le dernier empereur
Hantée par la fatalité et le déracinement, cette fresque à l’intimisme inspiré invente une forme de splendeur extravagante, surtout lors de sa première partie qui voit Pu Yi chanter et danser dans ses divers exils dorés tandis que sa belle épouse s’abandonne à l’opium et aux bras d’une espionne encore plus belle. L’œuvre est plus retorse qu’elle n’y paraît, parasite constamment la belle image qui la menace à chaque instant par son enchevêtrement complexe de flashbacks et son furetage dans des zones particulièrement stimulantes : le lien entre politique et psychanalyse, la recherche d’identité, l’enfance sacrifiée, la soustraction à soi-même. Loin de l’académisme ronflant, elle se constitue d’échecs et de fugitives espérances, et fait surnager le constat terrible de la solitude comme une errance fixe. 5/6

Un thé au Sahara
Peu de lieux sont aussi photogéniques que le désert, ses dunes lisses et blondes ou sa nuit étoilée. Bertolucci n’élude pas le chromo mais l’exagère pour mieux s’en dépoisser. Il raconte l’histoire d’un couple fitzgeraldien à la dérive qui cherche un second souffle entre les escales et les chambres de torchis : pour cela, chacun devra aller jusqu’au bout de lui-même, se noyer, se laisser aspirer – corps et âme – puis finalement peut-être se trouver dans le sable, la chaleur, le froid, la poussière, l’architecture barbare d’Agadès ou les bas-fonds de Tanger. L’amour est un mirage, l’homme et sa mort un grain de sable dans le néant, mais le film distille, à travers sa dimension initiatique et le mystère cruel de ses images, une philosophie amère que la toujours émouvante Debra Winger parvient joliment à incarner. 4/6


Mon top :

1. 1900 (1976)
2. Le dernier empereur (1987)
3. Un thé au Sahara (1990)
4. La luna (1979)
5. Prima della rivoluzione (1964)

Bertolucci, c’est un peu tout ou rien pour moi. Je peux être très agacé par les propensions auteurisantes de son cinéma, ou emporté par sa sincérité et son indéniable virtuosité plastique. Ça n’est pas vraiment un réalisateur qui compte à mes yeux, mais il est l’auteur de quelques œuvres qui m’ont beaucoup plu, et qui peuvent raisonnablement être considérées comme de grande importance.
Last edited by Thaddeus on 26 Nov 18, 14:55, edited 3 times in total.
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Jeremy Fox
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Re: Bernardo Bertolucci

Post by Jeremy Fox »

Justin Kwedi nous parle aujourd’hui de Prima della Rivoluzione qui vient de sortir en DVD chez Tamasa.
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Re: Bernardo Bertolucci

Post by Bogus »

Moi et Toi (2012)
"Lorenzo est un adolescent introverti. Sans que personne ne s’en doute, il décide de s’échapper d’un voyage scolaire pour passer quelques jours en solitaire dans la cave de son immeuble pour lire, écouter de la musique et surtout ne pas être ennuyé. Olivia, sa demi-soeur partie depuis plusieurs années du domicile, vient chercher de vieilles affaires dans le sous-sol de l’immeuble. Elle y découvre Lorenzo. Se mêlent alors à leurs retrouvailles, des sentiments partagés d’affection et de conflits. D'après le roman éponyme de Niccolò Ammaniti."

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Gros coup de coeur pour ce huis-clos sensible porté par la fraicheur de ses deux interprètes principaux (en particulier l'incandescente Tea Falco) et par le travaille d'esthète de Bertolucci avec ce soin apporté aux couleurs ainsi qu'à la discrète et orchestrale bande son (en dehors des divers morceaux rock qui émaillent le film).
La très belle scène sur sur la chanson Ragazzo solo, Ragazza sola (sous-titres à l'appui) chanté par Bowie himself sur l'air de Space Oddity m'a totalement emporté, à l'image d'un film qui peut sembler factice de prime abord mais qui se révèle profondément émouvant.
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Kevin95
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Re: Bernardo Bertolucci

Post by Kevin95 »

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PRIMA DELLA RIVOLUZIONE - Bernardo Bertolucci (1964) découverte

Pour son deuxième film, Bertolucci sort de l'ombre de son tuteur Pasolini pour embrasser celle de son idole d'alors Jean-Luc Godard, à qui il est fait référence de très nombreuses fois durant Prima della rivoluzione, ici un clin d’œil à À bout de souffle, là une citation explicite d'Une femme est une femme. Le cadet italien emprunte surtout la politique rentre-dedans de son ainé suisse pour questionner la situation de son pays comme pour questionner son propre statut de petit bourgeois. Le personnage principal est un double du réalisateur évident, même physique, même situation sociale et même environnement, puisque Parme - ville où Bertolucci a grandi - sert de décor principal au film. Le projet aurait pu avoir la sensibilité de l'auto-portrait seulement l'auteur veille à ne pas trop se livrer, à couper net tout élan sentimentaliste et à bourrer son métrage de réflexions politico-métaphysiques. En résulte un film froid, très proche du ton sans concession de I pugni in tasca de Bellochio (sorti l'année suivante), même rigueur formelle et même sécheresse émotionnelle. Si Prima della rivoluzione est d'une beauté plastique évidente, on peine à se projeter dans le film tant le discours est opaque, confus ou pire daté. Les séquences théoriques paraissent plaquées sur un récit tragique, mélodramatique et touchant, elles retardent l’empathie du spectateur patient ou l’annihile pour celui moins client de ce cinéma. Si l'on veut ressentir quelque chose devant le film de Bertolucci, il faudra alors s’accrocher, penser à regarder le cadre quand un personnage se lance dans un exposé plutôt qu'essayer de le déchiffrer, se focaliser sur cette relation entre une tante et son neveu (première incursion incestueuse pour le réalisateur, traité avec bien plus de délicatesse que le glaçon La luna) et finir par être troublé lors du dernière quart d'heure opératique. On pense alors à l'influence du film sur Scorsese, le noir et blanc rappelle Who's That Knocking at My Door tandis que la scène de l'opéra est très proche de celle de The Age of Innocence. La dernière séquence est déchirante, le mariage glace le sang d'autant plus que Bertolucci ne filme jamais le visage des mariés tandis que le plan final est monstrueux, à la fois émouvant et gênant puisque l'inceste est vu comme une pathologie, qui ne cesse de renaitre. Une récompense pour avoir bravé les blocs politiques fastidieux du film.
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
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Re: Bernardo Bertolucci

Post by AtCloseRange »

Une belle purge...
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Re: Bernardo Bertolucci

Post by Watkinssien »

AtCloseRange wrote:Une belle purge...
OK...
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Re: Bernardo Bertolucci

Post by AtCloseRange »

Watkinssien wrote:
AtCloseRange wrote:Une belle purge...
OK...
Thaddeus l'a dit mieux que moi
Prima della rivoluzione
Le deuxième film de Bertolucci est comme la confession d’un enfant du siècle, le point de rencontre, encombré de rhétorique et d’influences disparates, d’une recherche de spontanéité héritée de la Nouvelle Vague et d’envolées opératiques à la Verdi, le mariage des digressions politiques et de l’effervescence romantique. Il illustre le dilemme d’un jeune bourgeois parmesan à la fois communiste et pétri de culture, révolutionnaire et conservateur. La mise en scène sophistiquée fait un usage étonnant de la lumière, recourt aux références et aux citations, mais on est en droit de trouver assez gonflantes toutes ces affectations précieuses autour de l’ambiguïté et de l’indécision intellectuelles du sortir adolescent. 4/6
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Re: Bernardo Bertolucci

Post by Watkinssien »

:lol:
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Re: Bernardo Bertolucci

Post by bruce randylan »

La via del petrolio (1965 - 1967)
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Documentaire pour le moins obscur, La voie du pétrole semble avoir été tourné alors que le cinéaste traversait une grande période d'inactivité. Il accepta donc cette commande qui traite de l'exploitation du pétrole en 2h15 (3 épisodes de 45 minutes en fait)
Mais Bernardo Bertolucci étant Bernardo Bertolucci, le film n'a pas grand chose d'un film institutionnel ou du reportage télévisuel. On y sent l'influence de la nouvelle vague avec une musique plutôt dissonante et une approche très libre, privilégiant les digressions et les balades sans réel destination.
Le première épisode traite ainsi presque autant du Moyen-Orient, sa culture et sa mythologie que du pétrole. Il faut relever que la photographie en noir et blanc y est souvent trèst soignée, bien plus qu'on ne pourrait s'y attendre pour ce genre de production. Certains plans sont vraiment magnifiques et la photo (et le sens du cadre) aide beaucoup à suivre cette réalisation de "jeunesse".

On devine rapidement que le sujet même ne le passionne pas outre mesure. Lui et son interviewer n'ont pas l'air de savoir quoi demander aux ouvriers qu'ils croisent... si ce n'est leurs fonctions et leurs villes d'origines. C'est l'essentiel de l'épisode 2 et c'est un poil lassant pour le coup. :mrgreen:
Il se rattrape dans le dernier épisode qui ressemble presque à un journal intime où l'équipe se promène dans une région Bavière enneigée, cherchant vaguement des pipelines et citant plus volontiers Godard, Miles Davis ou le Desert Rouge d'Antonioni !
Un projet vraiment atypique qui pourrait intéresser les amateurs du cinéaste (que je ne suis pas nécessairement) avec son approche anticonformiste et très visuel.

Restauré en 2007, La via del petrolio est sorti en DVD en Italie pourvu de sous-titres anglais et d'un livret de 150 malheureusement uniquement en italien.
(Je l'ai trouvé pour 2 euros lors du vide-grenier Carlotta il y a quelques semaines où j'ai mis la main sur quelques pièces de choix à prix ridicules 8) )
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Re: Bernardo Bertolucci

Post by Watkinssien »

Concernant l'excellent Ultimo Tango a Parigi, Hollywood s'insurge d'une nouvelle polémique liée au tournage de la séquence de viol:

http://deadline.com/2016/12/last-tango- ... 201864017/

Et vous?
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-Kaonashi Yupa-
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Re: Bernardo Bertolucci

Post by -Kaonashi Yupa- »

Déjà que je n'aimais pas du tout ce film, mais depuis que j'avais appris les déclarations de Maria Schneider au sujet de cette scène (nulle), je trouvais l'idée même du film assez détestable.
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Flol
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Re: Bernardo Bertolucci

Post by Flol »

Watkinssien wrote:Concernant l'excellent Ultimo Tango a Parigi, Hollywood s'insurge d'une nouvelle polémique liée au tournage de la séquence de viol:

http://deadline.com/2016/12/last-tango- ... 1201864017
Sauf qu'en fait, il n'y aurait pas eu de viol du tout et que ce serait uniquement lié à l'internet qui s'enflamme pour rien :
http://www.thewrap.com/last-tango-paris ... ertolucci/

Ça devait faire à peu près 2h qu'il n'y avait pas eu de polémiques à Hollywood, j'imagine que ça leur manquait. À ce titre, les réactions d'acteurs et d'actrices sans le moindre recul et dans l'excès le plus total (Jenna Fischer qui appelle à brûler toutes les copies du film, non mais sérieux :shock:), c'est pour moi encore plus con que tout le reste.