Top Quentin Tarantino

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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Votre Tarantino préféré ?

Reservoir Dogs
8
15%
Pulp Fiction
11
21%
Jackie Brown
16
31%
Kill Bill vol. 1
2
4%
Kill Bill vol. 2
1
2%
Boulevard de la mort
3
6%
Inglourious Basterds
2
4%
Django Unchained
0
No votes
Les 8 salopards
1
2%
Once Upon A Time In Hollywood
8
15%
 
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Thaddeus
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Re: Top Quentin Tarantino

Post by Thaddeus »

Jeremy Fox wrote:Et cette définition me convient parfaitement. 8) Un Godard qui aurait été élevé à la culture pop ; j'adore sans compter y compris Death proof auquel j'accroche de plus en plus au fil des visions. Peut-être le cinéaste actuel, avec James Gray et Bruno Dumont, de qui j'attends avec le plus d'impatience les nouveaux films.
Godard me laisse complètement froid (hormis deux ou trois de ses premiers films) : au fond, c'est peut-être logique, donc, que je sois si imperméable au cinéma actuel de Tarantino. Cependant Godard ne me vaut pas la répulsion que suscitent chez moi les trois derniers opus de QT. Mais bon, je ne vais pas en remettre une couche. Peut-être le cinéaste actuel, avec... non, avec personne d'autre en fait, dont je me suis promis de ne plus jamais aller voir un nouveau film. :mrgreen:
bruce randylan
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Re: Top Quentin Tarantino

Post by bruce randylan »

Stark wrote: le Godard de notre époque.
je crois avoir été l'un des premiers à le dire (depuis Kill Bill) :P
Mais c'était pas forcément un compliment :mrgreen:
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Thaddeus
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Re: Top Quentin Tarantino

Post by Thaddeus »

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(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)


Reservoir dogs
Démarrage fulgurant. Si l’on perçoit derrière ce formidable polar, virtuose et grinçant, une culture cinéphage folle, la créativité de Tarantino n’en demeure pas moins exceptionnelle, qui sidère par son sens inné de la mise en scène tranchée, du découpage net, de la réplique cinglante, de la construction jubilante. Autour d’un casse qu’on ne verra jamais, l’auteur déroule des plages de dialogues à la verve insolente, égrène à plaisir les situations canoniques du genre, met à nu les comportements, orchestre un jeu de masques et de dévoilement progressif qui, petit à petit, dépasse l’anecdote et la jouissance de l’instant pour atteindre une gravité presque tragique. Quand, en plus, le festival est mené par une telle troupe d’acteurs, il ne reste qu’à se taire et se délecter de chaque instant. 6/6
Top 10 Année 1992

Pulp fiction
Deux heures et demie de nectar et de jubilation absolue. Avec un sens inouï de la narration, du casting, de la rythmique musicale, Tarantino transforme l’admirable réussite de Reservoir Dogs et offre ce qui reste l’une des œuvres emblématiques de sa décennie. Nourri de culture pop et de cinéma, le film est un hybride harmonieux à la rutilance enivrante, où les clichés de l’americana sont revisités par des personnages beckettiens, des situations absurdes dopées à l’héro ou à l’adrénaline, et qui mine de rien, récit après récit, dessine une morale de la vérité, entre hasard et destin – un type sauve celui qui a juré de le tuer, la loyauté d’un autre lui coûte la vie, le tueur qui récitait sans le comprendre un psaume d’Ezechiel finit, transfiguré par un miracle, par en comprendre le sens. Un film qui réinvente à ce point la notion de plaisir pur pris au cinéma mérite de figurer sur un piédestal. 6/6
Top 10 Année 1994

Jackie Brown
L’auteur ralentit la course et regarde ses personnages vieillir, sur les pas d’une héroïne magnifique en passe de doubler tout le monde, flics et truands, avec la complicité amoureuse d’un type un peu comme elle, le plus looser des princes charmants. Tout entier dévoué à ses personnages, son cinéma acquiert une indolence nostalgique au tempo décontracté, une épaisseur romanesque et sentimentale des plus précieuses. La tchatche de Jackson, la fatigue un peu blessée de De Niro, le regard ahuri de Michael Keaton, les décors californiens gorgés de Cadillac criardes et de chemises hawaïennes, les Delfonics en fond musical… Le plaisir est immense, mais le plus beau est dans la douceur cachée et le romantisme pudique du polar, qui au final débouche sur autre chose : un vrai suspense sentimental entre deux héros qui n'ont plus vingt ans, et leur relation toute en estime et en reconnaissance réciproques. Une pure merveille. 6/6
Top 10 Année 1997

Kill Bill
Le grand-œuvre de l’auteur, la synthèse foisonnante de son cinéma, de sa philosophie, de ses inspirations : deux volets gorgés de personnages, d’intrigues, de ramifications complexes, nourris d’un appétit vorace et d’une formidable virtuosité formelle et narrative, en forme de totem mythologique. Seulement voilà : toute cette matière romanesque est activée par des motivations, des principes, une morale absolument puants. J’y vois une héroïne exécrable s’enivrer de violence sous le regard attendri du cinéaste, occire une femme rangée (ce à quoi elle aspire, ou aspirait) sous les yeux de son enfant, en jubiler (dit texto en ouverture du volume 2), et au final tuer le père de sa fille pour l’élever seule (Ben oui ma chérie, j’ai trucidé papa, mais c’est pour repartir sur de bonnes bases, tu vois). Voilà la glorieuse conception de la maternité selon QT : sortir épanouie et magnifiée d’une croisade sanglante, dans un hymne extatique au meurtre et à la vengeance cathartiques. Bravo l’artiste. 3/6

Boulevard de la mort
Tarantino n’a rien perdu de sa verve de dialoguiste, de son sens du détail jouissif et de la notation jubilante, qui me vaut des piques de plaisir intense pendant la première partie du film. C’est à peu près tout ce que je retire de ce truc d’une incommensurable vacuité, qui donne un nouvel aperçu de l’éthique nauséeuse de l’auteur, et de sa vision pathétique du monde et des êtres (les mecs sont tous des mufles débiles et vulgaires, les filles des pétasses horripilantes). Tarantino se vautre dans la pose fétichiste et reconduit une éthique douteuse en néo-féminisme dévoyé : la libération des femmes est conçu en nivellement par le bas, qui voit des pouffiasses décérébrées investir les clichés machistes et en rajouter dans la connerie généralisée et la joyeuse loi du talion. Reste le petit manifeste théorique pour les intéressés ; mais qu'elle soit frontale ou métatextuelle, la débilité ne m'intéresse pas. 2/6

Inglourious basterds
Tarantino, le néant humain et émotionnel de son cinéma, son irresponsabilité crasse et infantile : troisième chapitre. Comme toujours la jouissance est là, intense, éphémère, masturbatoire. Comme toujours les personnages n’existent pas, réduits au mieux à un charisme de surface, sans affect : ce sont des marionnettes, des figures fonctionnelles ne servant que le brio stérile des dialogues. Aucun regard sur le monde, un repli permanent dans ses fantasmes cinéphiliques étriqués, une nouvelle légitimation rance de la vengeance (salvatrice, puisqu’elle s’exerce par le biais du cinéma, et contre les nazis, que l’on torture et massacre dans une joyeuse catharsis). A la fin, lorsqu’au terme d’une énième effusion gourmande de sang (la violence fait littéralement bander le bonhomme), Tarantino-les-chevilles affirme au spectateur qu’il a réalisé son chef-d’œuvre, je ne sais pas quoi l’emporte, du dépit ou de la nausée. 2/6

Mon top :

1. Jackie Brown (1997)
2. Pulp fiction (1994)
3. Reservoir dogs (1992)
4. Kill Bill (2003/2004)
5. Inglourious basterds (2009)

Incroyable à quel point ce réalisateur en qui je portais les plus grands espoirs (ses trois premiers films dessinent une montée en puissance et en maturité phénoménales) est devenu le symbole de ce que j’exècre au cinéma ; pire, son exaltation permanente de la violence et de la vengeance, son immaturité régressive et bas-du-front me font vraiment gerber. Je me suis juré de ne plus aller voir les étrons filmiques de ce guignol, c’est terminé.
Last edited by Thaddeus on 28 Jan 19, 18:43, edited 8 times in total.
jacques 2
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Re: Top Quentin Tarantino

Post by jacques 2 »

Stark wrote: Incroyable à quel point ce réalisateur en qui je portais les plus grands espoirs (ses trois premiers films dessinent une montée en puissance et en maturité phénoménales) est devenu le symbole de ce que j’exècre au cinéma ; pire, son exaltation permanente de la violence et de la vengeance, son immaturité régressive et bas-du-front me font vraiment gerber. Je me suis juré de ne plus aller voir les étrons filmiques de ce guignol, c’est terminé.
Je te trouve vraiment excessif dans ce jugement, qui n'engage évidemment que toi ...

QT n'a pas pris la direction que tu espérais ...
Et alors ? Est ce obligatoire de tout traiter au premier degré ?
Tarantino a choisi la mise en abîme et le recul par rapport au cinéma de genre, qu'il chérit pourtant assez pour en respecter les figures récurrentes ...
TOUS ses films présentent des héros immoraux voire des marionnettes : cela peut aussi être un regard porté sur le monde et les choses et un choix aussi respectable qu'un autre même si il ne correspond pas - ou plus - à tes critères.
Pour ma part, je reverrai toujours "kill Bill" ou "Inglorious bastards" avec le même plaisir que "reservoir dogs" ou "Pulp fiction" ("Jackie Brown" étant hors concours parce qu'il fait naître une vraie émotion)

Maintenant, traiter les films que tu n'aimes pas d'"étrons" cela me surprend et me déçoit (même si tu n'en auras cure) de la part de quelqu'un d'intelligent et de mesuré comme tu sais l'être.

Réserve plutôt tes indignations pour des non-cinéastes qui le méritent ...
Last edited by jacques 2 on 27 Sep 11, 12:28, edited 1 time in total.
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Jeremy Fox
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Re: Top Quentin Tarantino

Post by Jeremy Fox »

jacques 2 wrote: Réserve plutôt tes indignations pour des non-cinéastes qui le méritent ...
Des exemples ?

M'enfin, "étron" pour mon film préféré de 2009, ça me fait quand même de la peine :cry:
jacques 2
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Re: Top Quentin Tarantino

Post by jacques 2 »

Jeremy Fox wrote: Des exemples ?
Chacun trouvera les siens ... :wink:

Il y a un topic "vos pires réalisateurs", non ?
Ne me pousse pas à la violence : le ciel est bleu et les oiseaux chantent ... :fiou: :wink:
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Jeremy Fox
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Re: Top Quentin Tarantino

Post by Jeremy Fox »

jacques 2 wrote:
Jeremy Fox wrote: Des exemples ?
Chacun trouvera les siens ... :wink:
Bref, tes propos à leur encontre ne seraient guère plus intelligents et mesurés je pense :wink:
jacques 2
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Re: Top Quentin Tarantino

Post by jacques 2 »

Jeremy Fox wrote:
jacques 2 wrote: Chacun trouvera les siens ... :wink:
Bref, tes propos à leur encontre ne seraient guère plus intelligents et mesurés je pense :wink:
Eh bien, tu penses mal en l'occurrence : je n'ai jamais traité un film - même que je n'apprécie guère - d'étron ... :wink:
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Re: Top Quentin Tarantino

Post by El Dadal »

Juste envie de dire qu'Inglorious Bastards est effectivement un film délicat à appréhender, bien plus que les précédents films de QT, et ce du fait du contexte historique. Quand bien même ce dernier est poussé vers le cartoon, on franchit une barrière de cinéma (à l'opposé de Kill Bill par exemple qui reste dans son monde) qui inscrit la violence dans une réalité tout de même plus palpable.
Spoiler (cliquez pour afficher)
Le fameux plan de la tête d'Hitler criblé de balles était peut-être une façon pour Tarantino d'offrir au cinéma une revanche -puérile?- sur la vie, ça n'en reste pas moins perturbant dans sa justification.
Je crois que seuls Inglorious Bastards, qui n'est pas un mauvais film loin de là, et Kick-Ass, m'ont vraiment perturbé ces dernières années, en termes de représentation de violence, et du public auquel ils s'adressent. Des films comme Anti-Christ ou Martyrs, peut-être plus durs à encaisser de prime abord, font preuve d'une vertu morale et de principes qui font défaut au film de QT.
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Re: Top Quentin Tarantino

Post by Rick Blaine »

Stark wrote:une nouvelle légitimation rance de la vengeance (salvatrice, puisqu’elle s’exerce par le biais du cinéma, et contre les nazis, que l’on torture et massacre dans une joyeuse catharsis).
Ce point m’intéresse beaucoup.
Je n'ai pas vu dans Inglorious Bastards, que j'ai énormément apprécié à tous points de vues, une légitimation de la vengeance.
A mon sens, Tarantino ose avec ce film une question qui a déjà été posée maintes fois au cinéma : Comment la civilisation doit-elle répondre à la barbarie, plus particulièrement à la barbarie nazie? Majoritairement, il n'y a pas de débats sur la réponse, la civilisation répond de manière civilisées, justement pour conserver son statut. Ici, Tarantino fait, l'inverse, en nous proposant une réponse à la barbarie par la barbarie et nous dit: les nazis sont sortis de la civilisation, et dans ce cas nous pouvons peut-être sortir de la barbarie pour combattre. Il fait incarner cette réponse par des personnages charismatique, qui instinctivement nous feraient légitimer leurs actes. Mais c'est justement fait pour mieux nous poser la question initiale, à aucun moment je n'ai senti que Tarantino m'imposait pour réponse le comportement des héros du film, il nous fait admirer leur comportement simplement pour nous poser la question, et c'est au spectateur de trouver la réponse des héros d'Inglorious Bastards légitime ou non.
En tout cas c'est comme ça que j'ai ressenti la chose, c'est un film que j'ai trouvé absolument passionnant dans son fond parce qu'il remettait en cause, pour moi, une certaine évidence, sans nécessairement lui donner une réponse brutale. Je surinterprète probablement les choses. (aussi parce que j'avais un peu de peine pour l'"etron" :( , même si je comprend que le style Tarantino puisse agacer quand on n'y adhère pas.)
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Re: Top Quentin Tarantino

Post by Kevin95 »

On parle d'immoralité ou de banalisation de la violence dans son cinéma, mais chez Tarantino il y a bien deux violences : celle graphique et celle émotionnelle (comme chez Peckinpah). Des lors je ne pense absolument pas que la violence chez lui ne se montre que sous son aspect "divertissant".

Dans Inglourious Basterds on a beaucoup parlé de la scène finale dans le cinéma mais a-t-on parlé de l'émotion lors de la scène où Shosanna fuit à grande enjambée son bourreau ? Est-elle cool ou racoleuse ? Personnellement elle m'a chopée comme certaines autres scènes de sa filmographie. Death Proof et Pulp Fiction mis à part, la violence la plus marquante chez Tarantino et celle qui déchire les personnages donc qui apparaît sous son visage le plus laid.
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
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El Dadal
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Re: Top Quentin Tarantino

Post by El Dadal »

Kevin95 wrote:Death Proof et Pulp Fiction mis à part, la violence la plus marquante chez Tarantino et celle qui déchire les personnages donc qui apparaît sous son visage le plus laid.
Mhhh, Kill Bill, c'est quand même 4h de pop violence.
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Jeremy Fox
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Re: Top Quentin Tarantino

Post by Jeremy Fox »

El Dadal wrote:
Kevin95 wrote:Death Proof et Pulp Fiction mis à part, la violence la plus marquante chez Tarantino et celle qui déchire les personnages donc qui apparaît sous son visage le plus laid.
Mhhh, Kill Bill, c'est quand même 4h de pop violence.
C'est l'un des films de chevet de Mme et Mlle Fox qui se réjouissent de voir une femme dans ce style de rôle ; Mme Fox qui abhore la violence en général, ce film la réjouit au plus haut point, y voyant une ode au féminisme ; comme quoi :mrgreen:
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Thaddeus
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Re: Top Quentin Tarantino

Post by Thaddeus »

jacques 2 wrote:Je te trouve vraiment excessif dans ce jugement, qui n'engage évidemment que toi ...

QT n'a pas pris la direction que tu espérais ...
Et alors ? Est ce obligatoire de tout traiter au premier degré ?
Tarantino a choisi la mise en abîme et le recul par rapport au cinéma de genre, qu'il chérit pourtant assez pour en respecter les figures récurrentes ...
TOUS ses films présentent des héros immoraux voire des marionnettes : cela peut aussi être un regard porté sur le monde et les choses et un choix aussi respectable qu'un autre même si il ne correspond pas - ou plus - à tes critères.
Pour ma part, je reverrai toujours "kill Bill" ou "Inglorious bastards" avec le même plaisir que "reservoir dogs" ou "Pulp fiction" ("Jackie Brown" étant hors concours parce qu'il fait naître une vraie émotion)

Maintenant, traiter les films que tu n'aimes pas d'"étrons" cela me surprend et me déçoit (même si tu n'en auras cure) de la part de quelqu'un d'intelligent et de mesuré comme tu sais l'être.

Réserve plutôt tes indignations pour des non-cinéastes qui le méritent ...
Si tu me trouves excessif, c'est sans doute parce que tu adores Tarantino, alors qu'il est ma tête de Turc. A partir de là, il fauit s'attendre à ce que mes propos te choquent.

En effet, Tarantino n'a pas tenu les promesses de ses trois premiers films, pour moi ; pire, il est devenu le syumbole de ce que j'exècre au cinéma : la puérilité, la vacuité, l'irresponsabilité morale, etc. C'est précisément sur ces points que je l'attaque, et que je suis très virulent. "Et alors ?" me demandes-tu ? Ben, et alors c'est le principe même d'un forum comme celui-ci d'exprimer ses conceptions, quand bien même celles-ci sont tranchées, il me semble.
Si tu veux défendre un cinéma où le second degré distancié est érigé en règle fondamentale, où l'humanité est absente, où les personnages sont des marionnettes (comme tu en conviens toi-même), pas de problème. Moi c'est tout l'inverse : ce cinéma-là me paraît totalement stérile, et je le dis. Va falloir arrêter de se retrancher derrière le sempiternel "ce cinéma n'est pas fait pour toi, c'est tout., qui est une manière larver d'affirmer que tel ou tel réalisateur est tout simplement incritiquable. Tarantino propose une conception du cinéma, et ce faisant il s'ouvre aux critiques, de quelque nature qu'elles soient. En tant que spectateur, je me sens agressé par cette vision d'un art qui, non contente d'être complètement déconnectée de l'humain, de l'affect, du monde sensible, me force à jouir d'une dynamnique et d'enjeux bâtis sur des notions nauséabondes. Je trouve ça dégueulasse, en plus d'être vain (la vanité, c'est un moindre mal). J'ai le droit de dire ici à quel point ce cinéma formalise tout ce que je déteste ?

Tu peux trouver le terme "étron" excessif - il l'est sans doute en partie, mais il exprime la révulsion que me valent les trois derniers opus de QT d'un point de vue moral. Et je n'ai pas du tout envie de perdre une seconde de mon temps à parler des bouses sur lesquels tout le monde s'accorde - de Saw 36 au dernier Bensalah, sur lequel tu m'orientes. Je ne vais pas voir ces films, de toute manière, je m'en fous... Si je prends le temps ici de parler (en mal) de Tarantino, c'est parce qu'il est sans doute le cinéaste le plus adulé du monde actuellement, et qu'en cela il syptomatise une attente, une conception du public, de la cinéphilie, qui minterroge et entre violemment en opposition avec les miennes. Je ne vais pas m'indigner pour une daube insignifiante comme il en fleurit toutes les semaines, par contre je crie bien haut mon rejet d'un réalisateur aujourd'hui porté aux nues, justement parce que je le trouve très doué (tous ses films, même ceux que je déteste, sont là pour le rappeler), et que ce talent est à mes yeux utilisé à des fins que je trouve stériles et nauséeuses. Il n'y a rien de pire, d'énervant, d'horripilant que le talent lorsqu'il employé à la stérilité, et pire à l'apologie de notions puantes.

Ce laïus est-il suffisant ? :mrgreen: De toutes façons, je n'ai pas à me justifier ; je parle ici de qui je veux, comme je veux.
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Thaddeus
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Re: Top Quentin Tarantino

Post by Thaddeus »

Rick Blaine wrote:
Stark wrote:une nouvelle légitimation rance de la vengeance (salvatrice, puisqu’elle s’exerce par le biais du cinéma, et contre les nazis, que l’on torture et massacre dans une joyeuse catharsis).
Ce point m’intéresse beaucoup.
Je n'ai pas vu dans Inglorious Bastards, que j'ai énormément apprécié à tous points de vues, une légitimation de la vengeance.
A mon sens, Tarantino ose avec ce film une question qui a déjà été posée maintes fois au cinéma : Comment la civilisation doit-elle répondre à la barbarie, plus particulièrement à la barbarie nazie? Majoritairement, il n'y a pas de débats sur la réponse, la civilisation répond de manière civilisées, justement pour conserver son statut. Ici, Tarantino fait, l'inverse, en nous proposant une réponse à la barbarie par la barbarie et nous dit: les nazis sont sortis de la civilisation, et dans ce cas nous pouvons peut-être sortir de la barbarie pour combattre. Il fait incarner cette réponse par des personnages charismatique, qui instinctivement nous feraient légitimer leurs actes. Mais c'est justement fait pour mieux nous poser la question initiale, à aucun moment je n'ai senti que Tarantino m'imposait pour réponse le comportement des héros du film, il nous fait admirer leur comportement simplement pour nous poser la question, et c'est au spectateur de trouver la réponse des héros d'Inglorious Bastards légitime ou non.
En tout cas c'est comme ça que j'ai ressenti la chose, c'est un film que j'ai trouvé absolument passionnant dans son fond parce qu'il remettait en cause, pour moi, une certaine évidence, sans nécessairement lui donner une réponse brutale. Je surinterprète probablement les choses. (aussi parce que j'avais un peu de peine pour l'"etron" :( , même si je comprend que le style Tarantino puisse agacer quand on n'y adhère pas.)
Je n'ai plus le courage de développer mon point de vue sur ce film ; je l'ai déjà fait en long, en large et en travers, sur ce forum et (plus encore, sur un autre, sur lequel j'ai sué sang et eau :mrgreen: ).
J'ai dit pas mal de choses ici et sur la page suivante : http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... &start=585

Pour le dire en deux mots, très très vite : à mes yeux, Tarantino légitimise la vengeance juive sur la barbarie nazie, et cherche et nous faire jouir du spectacle et brandissant l'alibi de la déréalisation et de la diégèse cinématographique. Je trouve ça puant.