Alan Parker (1944-2020)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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MJ
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Post by MJ »

Frank Bannister wrote:Un réalisateur que j'aime beaucoup. Il réalisa ses meilleurs films dans les années 80.

1974 : Our Cissy : pas vu

[...]

2003 : La Vie de David Gale (The Life of David Gale) : très bon film politique.
Frank Bannister c'est un peu notre imdb à nous.
"Personne ici ne prend MJ ou GTO par exemple pour des spectateurs de blockbusters moyennement cultivés." Strum
Frank Bannister
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Post by Frank Bannister »

j'aime que les choses soit précises :lol:
Frank Bannister
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Post by Frank Bannister »

au fait, est-ce qu'il existe une édition 16/9e de Mississippi Burning? le zone 1 peut-etre?
Frank Bannister
The Virgin Swiss Hyde
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Post by Frank Bannister »

j'ai vu qu'une première édition zone 2 sorti chez Columbia Tristar est 16/9e. Comment se fait-il que le 16/9e est disparu en passant chez MGM?

Commissaire Juve? :fiou:
Ben Castellano
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Re: Alan Parker

Post by Ben Castellano »

La Vie de David Gale

Un peu le condensé de la manipulation façon Parker, ici plus mécanique que jamais. On peut facilement griller le tour pendable joué par le réalisateur ceci dis, et c'est un peu dommage que le cinéaste réduise aussi son sujet politique et humain à ce genre e pauvres 'intrigues à tiroirs. On se croirait revenu au temps d'André Cayatte, d'autant que niveau esthétique Michael Seresin cette fois-ci a décidé d'être aux abonnés absents. Acteurs agréables, mais que valent pour les personnages les prestations de ces flash-backs bidons?
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AtCloseRange
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Re: Alan Parker

Post by AtCloseRange »

Ici on n'est pas dans la manipulation mais dans la bêtise pure. C'est vraiment le nadir de son oeuvre. Je ne vois pas comment quelqu'un avec un peu de talent a pu accepter de participer à un film aussi inepte, d'autant plus que c'est sur un sujet sensible.
Le twist final est vraiment impardonnable.

Ce qui me surprend souvent, c'est la grande difficulté qu'ont les cinéastes américains même avec les meilleures intentions du monde pour aborder la question de la peine de mort. La plupart donnent l'impression de militer contre mais comme dans le film de Parker, c'est fait avec une telle maladresse que ça se retourne généralement contre ce qu'ils voulaient défendre au départ. C'était déjà le cas pour un film comme Dead Man Walking.
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Ben Castellano
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Re: Alan Parker

Post by Ben Castellano »

AtCloseRange wrote: Ce qui me surprend souvent, c'est la grande difficulté qu'ont les cinéastes américains même avec les meilleures intentions du monde pour aborder la question de la peine de mort. La plupart donnent l'impression de militer contre mais comme dans le film de Parker, c'est fait avec une telle maladresse que ça se retourne généralement contre ce qu'ils voulaient défendre au départ. C'était déjà le cas pour un film comme Dead Man Walking.
J'ai l'impression qu'au vu de ce que pensent les américains de la peine de mort, pour éviter de froisser il faut toujours faire appel à une certaine ambiguïté ou des grosses circonvolutions pour traiter le sujet chez eux pour éviter au mieux le rejet direct. Dans "David Gale" le tarabiscotage sombre joliment dans le ridicule. Mais on a eu pire avec des trucs genre "L'héritage de la haine" :lol:
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Watkinssien
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Re: Alan Parker

Post by Watkinssien »

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Voici sans aucun doute possible le meilleur film d'Alan Parker , réalisateur inégal, capable du meilleur (comme ici) et du plus convenu possible.

La réussite incontestable du film provient d'éléments très simples : le mélange des genres.
Au départ, Angel Heart déploie tous les ornements du film noir : un détective privé engagé par un puissant pour retrouver une personne, une atmosphère poisseuse, la reconstitution des années 50 dans un cadre (La Nouvelle-Orléans) propice au genre. Mais au fur et à mesure de l'enquête s'immisce la présence d'un fantastique pur, dans lequel sexe, violence et quête identitaire se mêlent avec une osmose rare.
Ce que je trouve particulièrement remarquable, c'est la manière dont Parker use, sans sourcillement et avec beaucoup de sens, sur le symbolisme de son film, à tel point que beaucoup pensent qu'il en fait trop.
Mais c'est bel et bien cette recherche frénétique de symbolisme qui rend l'exercice de style captivant, car tout cela s'immisce dans une ambiance où les frontières entre les genres sont définitivement invisibles, rendant le film complet et abouti.
En mêlant les univers du film noir et du vaudou sataniste, Parker parvient à rendre entièrement singulière une oeuvre où chaque séquence avive des idées, où la métaphore de la descente aux enfers, comme point final d'une recherche identitaire où se mêlent religion, racisme, justice et inceste, sans que l'on y trouve une quelconque forme de précipitation, s'avère particulièrement efficace.

Une oeuvre fortement subversive, impeccablement servie par les excellents Mickey Rourke et Robert de Niro.
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julien
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Re: Alan Parker

Post by julien »

Watkinssien le 16 Octobre 2006 wrote:Vais me mater dans quelques minutes Angel heart d'Alan Parker sur CinéCinéma Frisson.
T'en a quand même mis du temps pour écrire la critique. :D
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"Toutes les raisons évoquées qui t'ont paru peu convaincantes sont, pour ma part, les parties d'une remarquable richesse." Watki.
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Watkinssien
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Re: Alan Parker

Post by Watkinssien »

julien wrote:
Watkinssien le 16 Octobre 2006 wrote:Vais me mater dans quelques minutes Angel heart d'Alan Parker sur CinéCinéma Frisson.
T'en a quand même mis du temps pour écrire la critique. :D
:lol: Que veux-tu, je suis un Provençal !
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Boubakar
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Re: Alan Parker

Post by Boubakar »

Ressortie aujourd'hui de Bugsy Malone.

Pour ceux qui l'ont vu (car il y a très peu d'avis sur le forum), ça vaut la peine d'aller le voir ? :)
julien
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Re: Alan Parker

Post by julien »

Les chansons de Paul Williams sont franchement soûlantes.
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bronski
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Re: Alan Parker

Post by bronski »

Boubakar wrote:Ressortie aujourd'hui de Bugsy Malone.

Pour ceux qui l'ont vu (car il y a très peu d'avis sur le forum), ça vaut la peine d'aller le voir ? :)
Souvenir agréable mais lointain et anodin.
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odelay
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Re: Alan Parker

Post by odelay »

Je viens de découvrir Bugsy Malone; Film bien sympathique à l'idée originale. Les gamins sont pas mal dirigés (mention spéciale quand même à Jodie Foster, on voit qu'elle a plus de métier que les autres même si bizarrement elle n'est pas très convaincante et manque d'énergie dans lors de son numéro chanté), héros qui n'est pas fade comme c'est souvent le cas avec les gentils interprété par Scott Baio qui a de la présence (il deviendra un habitué d'happy Days ensuite), chansons plutôt inspirées écrites par Paul Williams (par contre ils ont eu l'idée complètement stupide de donner des voix chantées d'adulte aux enfants, ce qui fait qu'on décroche toujours un peu au début des numéros), scène finale qui a dû être quelque chose à tourner (j'imagine qu'il n'y a pas eu deuxième prise :lol: ) et qui m'a bien fait rire même si à la base ce genre de gag est d'un autre temps (ben ... des années 20 en fait... :roll: )... bref on passe un bon moment. Moment peut être pas inoubliable quand on le découvre adulte, mais qui doit marquer quand on le voit pour la première fois enfant.
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Re: Alan Parker

Post by nobody smith »

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Je crois que c’était cinephage qui avait fait un commentaire fort positif sur ce Angela's ashes. Ça avait piqué ma curiosité bien que n’étant pas un irréductible du cinéaste et de son style "ça passe ou ça casse". Au final, une très bonne surprise que cette biographie mélodramatique qui mériterait bien d'être un peu plus cité lorsqu’on évoque la filmographie du bonhomme. Le début annonce clairement du Parker pur jus. Sur des images de ruelles boueuses sous une pluie battante, la voix-off nous annonce le récit d’une enfance misérable. Et malgré l’authenticité des faits relatés, le résultat est un déballage d’horreur qui ne s’arrête pas : mort de nourrisson, habitat cradingue, père alcoolique incapable, éducation religieuse stricte, pauvreté et mendicité… Pourtant, le résultat n’est pas si lourd que ce que laisse penser un tel programme. Bien loin d’un insupportable midnight express, Parker arrive à traiter la véracité de l’histoire pour un résultat éprouvant mais qui ne semble pas forcé. Parker fait des choix assez judicieux dans sa manière d'évoquer le sujet. La première partie introduit ainsi le cocon familiale comme une entité imperméable où tout ce qui existe en dehors est éphémère (les personnages secondaires se succèdent sans qu’on est le temps de s'y attacher, à l’exception des membres éloignés de la famille). Visuellement, il y a des idées pour illustrer ce récit d’une famille qui avance sans se préoccuper véritablement au monde qui l’entoure que ce soit par l’exploitation intéressante de l’architecture (des lignes droites qui ne montre qu’un chemin à suivre) ou la répétition de certaines compositions de plan au gré de l’histoire. Ce côté imperméable empêche toutefois de s’immiscer dans les émotions des personnages qui ne resteront "que" de fascinants mystères. Il faudra attendre que le personnage principal grandisse et gagne en maturité afin de s'exprimer son opinion sur les évènements pour que l’émotion intervienne. Cela toutefois laisse toujours dans l’ombre certains caractères dont notamment la mère qui semble bizarrement en retrait alors que l’œuvre est apparemment censé lui rendre hommage. Reste quand même un film fort poignant à la reconstitution sublime (Parker a réussi à trouver des qualités esthétiques à ces environnements sordides) et au casting impeccable, sans oublier une forte appréciable BO de John Williams. Un travail remarquable en somme.
"Les contes et les rêves sont les vérités fantômes qui dureront, quand les simples faits, poussière et cendre, seront oubliés" Neil Gaiman
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