Alan Parker (1944-2020)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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ballantrae
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Re: Alan Parker

Post by ballantrae »

Je serais moins dur envers lui même si je ne le trouve pas spécialement fin.
Il a pour lui un vrai talent de scénariste ( je pense à Year of the dragon avant ses films pas à Midnight express !) qui brille notamment dans Salvador, Platoon ou JFK et par ailleurs ce dernier titre assez manipulateur se montre très convaincant dans son usage des différentes textures d'images.
Autre point qui le différencie des deux autres: sa volonté parfois ambitieuse de faire un cinéma politique qui use des pouvoirs dialectiques du montage.
Je dois te décevoir en ne le mettant pas au bas niveau des deux autres même si je n'aime pas du tout Natural born killers, Né un 4 juillet (un supplice ce film là!), The doors ou World trade centre entre autres. A contrario U turn n'était pas si mal et L'enfer du dimanche même si consacré à un sujet dont je me fous totalement avait une certaine efficacité.
Cinéaste parfois intéressant donc à défaut d'être majeur.
Grimmy
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Re: Alan Parker

Post by Grimmy »

Il ne tourne plus depuis 12 ans...Il a pris sa retraite ou il a du mal à financer ses projets ?
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AtCloseRange
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Re: Alan Parker

Post by AtCloseRange »

Grimmy wrote:Il ne tourne plus depuis 12 ans...Il a pris sa retraite ou il a du mal à financer ses projets ?
Je croyais l'avoir posté ici mais il vient effectivement d'annoncer sa retraite il y a quelques semaines (je ne retrouve plus le lien).
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mannhunter
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Re: Alan Parker

Post by mannhunter »

Interview croisée Alan Parker et Hugh Hudson pour la série des documentaires "cinéastes 80's":

http://teleobs.nouvelobs.com/actualites ... udson.html
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AtCloseRange
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Re: Alan Parker

Post by AtCloseRange »

Autre interview où il commente sa filmo

http://www.gqmagazine.fr/pop-culture/in ... view/25591
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Jeremy Fox
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Re: Alan Parker

Post by Jeremy Fox »

Splendor Films nous propose dès demain de redécouvrir Shoot the Moon de Alan Parker.
Ballard73
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Re: Alan Parker

Post by Ballard73 »

Visionnage de Birdy (1982) : un film dramatique qui raconte l'histoire d'amitié entre deux jeunes garçons de Philadelphie, Hal et Birdy, et la lutte du premier pour ramener à la réalité le second suite à un terrible épreuve vécue au Vietnam.

L'histoire est contée par le biais de flashbacks sur la rencontre puis l'évolution de l'amitié entre les deux protagonistes. Cette forme d'évolution du récit n'a rien d'original et se retrouve dans d'autres films. Ce qui fait l'originalité de l'histoire, et donc du film Birdy, c'est la volonté du héros du même nom de se prendre pour un oiseau. Les thèmes abordés sont l'amitié (évidemment), l'enfance dans un milieu social défavorisé, la guerre, le traitement des pathologies psychologiques aux US dans les années 70, et plus globalement la perte du rève et de l'innocence quant nous sommes rattrapés par la réalité. Alan Parker a le talent pour nous transporter dans le milieu social de Birdy et Hal, grâce à quelques belles scènes dans le quartier où vivent les deux amis (les parties de baseball, les cages à oiseaux, les vieilles guimbardes, la scène de l'envol). La photo grise colle parfaitement au récit, tout comme les scènes dans l'hopital psychiatrique.

En revanche, j'ai quelques bémols sur le fond. Les personnages sont pour la plupart manichéens et leurs attitudes très prévisibles (la scène de bal et ce qui s'en suit.....waouh c'est du lourd.....). Par ailleurs, le film pâtit clairement d'un scénario un peu simpliste, mais l'objectif ici pour PARKER n'est pas de faire du cinéma d'auteur, mais de procurer un moment de divertissement au spectateur, avec en arrière plan un contenu légèrement politique. De ce point de vue, Parker fait du Parker (cf Mississipi Burning, Midnight Express, la vie de David Gale, etc). Malheureusement pour lui, les films sur l'internement en hopital psy ont déjà leur piliers (Shock Corridor, Vol audessus d'un nid de coucous). Je rajoute que j'ai vu le film en VF, j'avais rien de mieux, le doublage de Nicolas Cage étant euh....une purge pour mes oreilles, et en plus la BO était signée Peter Gabriel... On était en 1982, donc ça pouvait se comprendre, mais aujourd'hui ça s'écoute difficilement, enfin personnellement. Un film moyen ++ pour ma part, qui aurait mérité de creuser des aspects du scénario (la relation entre Birdy et son père, notamment).
Un film à voir : pour les complétistes d'Alan Parker / un dimanche soir / les fans de Peter Gabriel (en reste-t-il beaucoup ?? :D ) / l'interprétation très bonne de Modine (surtout) et Cage (je trouve qu'il en fait un peu des tonnes sur certaines scènes)
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Thaddeus
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Re: Alan Parker

Post by Thaddeus »

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Bugsy malone
Boîte de nuit déserte où l’on improvise une danse à claquettes, murs de briques des impasses à embuscades, rues aux pavés luisant sous les éclairages contrastés, pièces striées par l’ombre portée des stores, scènes pour chorus girls à culotte courte et ring pour faunes de combinards… Images archétypales entre toutes, peuplées de bambins dont les doyens n’ont pas quinze ans. Pastichant sans dérision ni sarcasme la mythologie naïve des mélodrames saccadés où le romantisme urbain glorifiait l’esprit d’entreprise de l’homme de la rue au rythme des mitraillettes de James Cagney et des foxtrots d’Harry Warren, le cinéaste équilibre illusion nostalgique et déconstruction amusée, cultive un humour malicieux traduit à merveille par le brio du montage et les chansons de Paul Williams. On sourit du début à la fin. 4/6

Midnight express
La caution "tiré d’une histoire vraie" peut autoriser toutes les outrances, situations et déformations. Si cette descente aux enfers répond à l’attente du spectateur en transformant le rêve (une escapade touristique) en cauchemar (la détention à perpétuité dans les geôles turques), elle ne recèle aucune dialectique interne et évacue tout suspense au profit d’un univers de plus en plus effrayant, d’une violence toujours plus forte et gratuite s’enracinant sur un fantasme exotique : crainte, peur, haine de l’autre, de l’ailleurs, du lointain. Ainsi l’angoisse n’est-elle supportable qu’à condition de se trouver déniée par le recours à la loi (morale), et l’ordre américain soutient-il partout ceux qui croient en lui, telle cette jeunesse chevelue égarée parfois sur les routes de la contestation. Aussi efficace que douteux. 3/6

Fame
Cadre : la célèbre High School of Performing Arts de New York, sorte de conservatoire municipal où se retrouvent tous les prétendants à la gloire, apprentis musiciens, comédiens ou danseurs confrontés aux difficultés inhérentes à la voie choisie et dont ils découvrent qu’elle est loin d’être royale. Le relatif conformisme du script ne fait que mieux ressortir la volubilité du ton, l’énergie du style, l’étonnante maîtrise du rythme d’un metteur en scène formé à une école où il faut avoir tout dit en trente secondes, et dont le mérite est de mettre des personnages reproduisant dans ce milieu clos le monde extérieur dont ils sont issus (différences, inégalités, injustices), de montrer le rêve au moment du succès et la peur permanente de rester dans l’ombre, sans jamais parvenir à franchir la porte de jade du paradis perdu. 4/6

Pink Floyd : The wall
Film-culte, emblème d’une décennie placée sous l’égide de l’impact visuel permanent, cette transposition de l’album-phare du Floyd est fidèle à sa réputation. Pour mettre en images les souvenirs, les fantasmes expressionnistes, les cauchemars d’un héros englouti dans son maelstrom intérieur, broyé par la répression sociale et familiale, mû par le désir forcené d’élever entre lui et les autres un mur, Parker vise une saturation formelle qui place chaque scène dans une logique paroxystique – et beaucoup sont vraiment sidérantes. L’opéra-rock s’offre comme une transe, un trip psychédélique aux plans impossibles et à l’imaginaire torturé, dont les délires hallucinatoires revêtent des accents d’apocalypse prophétique. On comprend que le découvrir à quinze ans, lors de sa sortie, ait pu faire un gros choc. 5/6

Birdy
L’histoire d’un innocent icarien qui veut voler comme les oiseaux et finit par se prendre pour l’un d’eux – entretemps il y aura eu le Vietnam et le syndrome post-traumatique. L’histoire surtout d’une amitié entre deux gueules cassées, l’un essayant de ramener l’autre à la raison et à la société : mais, est-il demandé implicitement, quelle raison et quelle société ? Quand on voit l’immonde champ d’épandage que semble constituer Philadelphie, quand on revoit la boucherie de la guerre, quand il ne semble n’y avoir qu’abattoirs et ordures, comment ne pas vouloir désespérément s’échapper du monde terrestre ? Ayant acquis avec profit la discrétion, vertu qui lui manquait, Parker conduit un récit sincère et touchant dont la complexité (un hachis de flash-backs) met en valeur le classicisme de la mise en scène. 4/6

Angel heart
Le pavé humide de New York au cœur des années cinquante. Un privé dans la mouise qui se voit confier une mission providentielle, payée rubis sur l’ongle par un commanditaire aussi énigmatique qu’inquiétant. Implacablement, le cauchemar infiltre tout et rythme le récit comme un sabbat de l’horreur. Les témoins s’évanouissent dans des bains de sang, la raison chancelle et la logique dérape. Ventilateurs qui tournent, ascenseurs comme des cages et courbes d’escaliers vertigineux semblent épouser les méandres d’un labyrinthe vaudou dont l’aspect policier ne serait finalement qu’une vue de l’esprit, et au centre duquel se tapit l’ultime vérité, l’hallucination définitive. Par son climat oppressant, la densité de son discours, sa virtuosité technique, ce thriller satanique reste un modèle du genre. 5/6

Les Commitments
Si le schéma du film répond à des standards éprouvés (la success story d’un groupe qui se monte, se cherche chaotiquement et se produit l’espace d’un instant), c’est son arrière-plan qui captive l’auteur, un fond social traqué d’emblée avant que la musique ne s’en fasse le vecteur. Plantant sa caméra à Dublin, il cherche à pénétrer l’âme de la capitale irlandaise, fouille ses tréfonds, sa pauvreté, ses bas-fonds aux cieux gris, en des tableautins loin des cartes postales touristiques. Avec des images pugnaces, une tendresse chaleureuse et cocasse héritée d’un certain cinéma britannique (rires, larmes et complicités au pub du coin), il raconte ainsi l’ordinaire, la rage de vivre, l’idéal d’une bande de jeunes dont la séparation finale n’est qu’une étape de l’existence, et nullement le glas de leur destin. 4/6


Mon top :

1. Pink Floyd : The wall (1982)
2. Angel heart (1987)
3. Fame (1980)
4. Bugsy malone (1976)
5. Birdy (1984)

Les années 80, que beaucoup considèrent comme celles du formalisme et du post-modernisme à tour crin, furent pour cet enfant de la publicité comme une période de gloire. Si son importance est relative, on ne doit pas minimiser l’impact que certains de ses films provoquèrent sur un public en mal de nouveaux référents, ni la verve, l’énergie, le charme, la maîtrise indéniable, bien qu’assez ostentatoire, d’une expression rompue aux gageures formelles.
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Alexandre Angel
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Re: Alan Parker

Post by Alexandre Angel »

Toujours pas vu Bugsy Malone (alors qu'en plus, j'avais envie de le voir à sa sortie!).

Fame est celui que j'ai le plus vu, plus que Midnight Express (rapport sentimental à ce film)
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Thaddeus
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Re: Alan Parker

Post by Thaddeus »

D'ailleurs, scène géniale de Fame (le switch avec The Rocky Horror Picture Show) :

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Major Tom
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Re: Alan Parker

Post by Major Tom »

Relation étrange avec le cinéma de Parker, dont je suis loin d'avoir tout vu. Je l'ai découvert par Birdy très jeune, charmé par ce joli petit film qui a mal vieilli (revision assez difficile des années plus tard) mais qui reste charmant. Mais la pièce qui fut vraiment emballante pour moi fut Angel Heart. Bien sûr, on voit venir à des kilomètres le Louis Cypher joué par De Niro et la fin de l'histoire, et certains pourront être rebutés par l'esthétique outrancièrement 80's, mais j'aime beaucoup ce film malgré ses défauts. Une première partie new-yorkaise, pluvieuse, sombre, glauque et donc proche du polar classique, et une seconde à Nouvelle-Orléans dans le monde du vaudou et de l'occulte, avec un Mickey Rourke extraordinaire. Je ne compte plus les revisions. Ça fait deux films et déjà, malheureusement, ça se gâte. Je crois n'avoir jamais réussi à regarder The Wall d'une seule traite, il y a 2, 3 choses intéressantes mais c'est assez irregardable (désolé Thaddeus :oops:) à part pour les séquences animées de Gerald Scarfe, et bien sûr l'excellente musique des Pink Floyd mais dans ce cas, l'album suffit à lui-seul (un peu comme Tommy des Who, inutile de vous encombrer du film et pourtant j'aime beaucoup Ken Russell). Mississippi Bruning, souvenir d'un film assez manichéen mais avec quelques bonnes séquences, toutefois très oubliable, quant à La Vie de David Gale, c'est un sacré ratage avec cette étrange fin à rebondissements stupides, dont le dernier qui dessert totalement le propos. Quant à Midnight Express, et alors que j'adore les films de prisons, ce fut un terrible ennui. :oops:

Je n'ai pas vu Bugsy Malone, Shoot the Moon, The Commitments, Evita, ni Fame, mais concernant ce dernier, cet extrait me tenterait presque...
Thaddeus wrote:D'ailleurs, scène géniale de Fame (le switch avec The Rocky Horror Picture Show) :

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Grimmy
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Re: Alan Parker

Post by Grimmy »

Ce fut longtemps mon cinéaste préféré, peut être parce que ce fut l'un des premiers pour moi où j'y ai vu une patte. J'ai découvert Alan Parker avec "Birdy" qui sortait au cinéma à l'époque. "Première" en avait fait des louanges, j'avais 16 ans et ce fut le choc. J'avais, cependant, vu "Midnight Express" quelques années avant lors d'une reprise en salle et c'était avec "Scarface" et "Dead Zone" mon film préféré. Brad Davis mon acteur préféré. J'étais jeune.
Ensuite, j'ai vu au moment de leurs sorties "Angel Heart" et "Mississipi Burning". C'était bien mais sans plus et allez savoir pourquoi, ensuite je n'ai plus vu un seul Alan Parker en salles.
Mon préféré est peut être "Shoot the Moon" que j'avais adoré lors d'un passage télé. Jamais revu depuis. "Fame" est sympa. Pas sûr d'avoir vu le reste.
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Jeremy Fox
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Re: Alan Parker

Post by Jeremy Fox »

Grimmy wrote: Mon préféré est peut être "Shoot the Moon" que j'avais adoré lors d'un passage télé. Jamais revu depuis.
Celui-ci aussi avait été un des chouchous de Première l'année de sa sortie. J'avais beaucoup aimé à l'époque, un peu moins à la revoyure. Fame, Angel Heart et Mississippi Burning tiennent toujours très bien le coup. The Commitments et The Road to Welville étaient sympas aussi.
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Thaddeus
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Re: Alan Parker

Post by Thaddeus »

Étrange, je n'avais jamais entendu parler de ce film, Shoot the Moon.
J'avoue qu'entre The Wall et Angel Heart mon coeur balance pour désigner mon préféré. Le second est vraiment un modèle du genre : en termes de "film noir satanique", je ne suis pas sûr qu'on n'ait jamais mieux.
Spoiler (cliquez pour afficher)
Ah si : The Strangers. :)
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Alexandre Angel
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Re: Alan Parker

Post by Alexandre Angel »

Thaddeus wrote:Le second est vraiment un modèle du genre : en termes de "film noir satanique", je ne suis pas sûr qu'on n'ait jamais mieux.
Je ne l'aimais pas du tout à sa sortie (cette esthétique clip), puis ça va nettement mieux.