Les Infiltrés (Martin Scorsese - 2006)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés à partir de 1980.

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tronche de cuir
Ophely, no soucy
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Post by tronche de cuir »

Ne vous en faîtes pas Messieurs, il y a de grandes chances pour que le film vous plaise...
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Zelda Zonk
Amnésique antérograde
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Post by Zelda Zonk »

Excellente critique de Pierre Murat dans le Télérama sorti aujourd'hui.
Il est plutôt difficile d'habitude. Là il attribue au film l'évaluation maximum (le p'tit Ulysse saute de joie).
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odelay
Mogul
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Post by odelay »

Quelle claque ce film !
J'en sors, j'ai encore du mal à m'en remettre. On est assurément à un autre niveau que le film de HK qui était pourtant déjà excellent.

L'interprétation de Di Caprio, Damon et Nicholson est magistrale, la mise en scène est totalement en adquation mais néanmoins espurgée de certains éléments qui étaient devenus la signature de Scorsese et qui ont été trop copiés par d'autres (par exemple, plus de travellings avant à 300 à l'heure sur les personnages), les choix musicaux absolument sont parfaits comme d'hab (ok, on a déjà entendu Gimme Shelter dans Les Affranchis, mais c'est toujorus aussi puissant tout comme la scène avec Let it loose des Stones dans laquelle la tension monte à l'unission avec la chanson)), le score de Shore est étonnant (on l'entend quand même pas mal), et on a bien sûr un bon nombres de scènes qui vont devenir des classiques comme celle du cinéma porno et de la filatures qui s'en suit,ou alors celle des deux héros au téléphone pour la première fois.

Pour une fois la campagne publicitaire ne ment pas, il s'agit bien d'un film sur la recherche d'identité, sur deux jeunes loups qui ont perdu tout repères et pour qui il n'y a plus d'avenir possible.

9/10
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Watkinssien
Etanche
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Post by Watkinssien »

Faites comme Colqhoun ou Jeremy Fox, rigolez des écrits ratés de ce "drôle" de julien, et allez courir voir ce polar magnifique, véritable coup de poing bénin.
Un Scorsese audacieux, comme toujours, qui comprend encore une fois tous les tenants et aboutissants d'une histoire complètement remise à zéro, nous faisant repenser à la hargne du cinéaste dans un milieu pour lequel il a grandement contribué et où son travail a considérablement influencé les cinéastes contemporains se frottant dans les mêmes sphères, ainsi qu'à la stupéfiante énergie qui se dégage, avec ses références shakespeariennes et christiques toujours insérées là où il faut, quand il faut, avec une classe indémodable.
Si en plus de cette intrigue séduisante, de cette mise en scène puissante, il y a des comédiens exceptionnels, alors n'hésitez pas.
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Mother, I miss you :(
eric-v
Doublure lumière
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Post by eric-v »

Argh! je suis perplexe!

Je suis un fan de la première heure de Infernal affairs dont j'ai vu le premier opus au moins 5 fois et comme beaucoup je n'attends pas grand chose de ce "remache"... Force est de constater qu'un certains nombres ici et ailleurs lui trouvent une très bonne raison d'exister et des qualités.
Certainement en DVD 8)
dmonteil
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Post by dmonteil »

Clairement le meilleur Scorsese pour moi depuis Casino...Un petit +/- tiens!

+
-La scène d'intro (Nicholson dans l'ombre, sur "Gimme shelter" des Stones, bordel, ça poutre!)
-Les acteurs, mais tous hein! Préférence perso pour Nicholson donc (qui cabotine par moment, mais il le fait bien) et Wahlberg, excellent dans ce genre de rôle (les tirades à Fuck qu'il peut nous sortir...culte).
-Le montage et le rythme du film: épuisant, dans le bon sens.Thelma s'est surpassée!
-Le côté supra couillu quand même (la fin j'entends)

-
-Quelques longueurs quand même. Ca aurait pu durer 15minutes de moins je pense.

Au final, j'en resors comblé. J'aime cette sensation, celle d'avoir vu un putain de film, ou on sors content quoi!
Martin, à 64ans, tu déchires!
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Alfred Kralik
Machino
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Post by Alfred Kralik »

Opéra sanglant qui replace Scorsese à son plus haut niveau.
Dialogues épatants.
Nicholson enfin dans un rôle à sa mesure (y'avait longtemps).
Di Caprio immense acteur, Damon excellentissime.
Maîtrise totale du savoir cinématographique.
Un grand moment !
Bluffé je suis.
Ovation debout.
"Le cinéma est un art. La télévision est un meuble."
Steve Austin
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Post by Steve Austin »

Un polar magnifique, signé par un Scorsese en très grande forme. Ca file à cent à l'heure, sans sacrifier une seconde la psychologie des personnages. On a beau être en terrain à priori connu, tant sur le plan thématique que stylistique (les mouvements de caméra virtuoses magnifiquement entremélés par Thelma Schoonmaker sur fond de Rolling Stones, je ne m'en lasse pas :D ), je n'y ai vu aucun radotage: porté par un scénario superbement charpenté, Scorsese utilise toute sa palette avec une fougue ravageuse. L'interprétation est impeccable (mention spéciale à Jack Nicholson, dans une composition "ogresque" qui ferait passer le Daniel Day Lewis de Gangs of New York pour un modèle de Bresson). Seul bémol: le personnage féminin, que j'ai trouvé un peu trop fonctionnel.
Bref, j'ai adoré :D
Simone Choule
antépiphoromaniaque
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Post by Simone Choule »

Mais merde, putain quel film.
Putain ! Merde.
Ouf Je Respire
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Post by Ouf Je Respire »

Vu hier. Wow. On peut faire des films du mois ex-aequo? :mrgreen:
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« Toutes choses sont dites déjà ; mais comme personne n’écoute, il faut toujours recommencer. » André Gide
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Profondo Rosso
Howard Hughes
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Post by Profondo Rosso »

Encore une petite bombe du père Scorcese. Une ouverture brillante façon "Les Affranchis" à Boston qui place tout les enjeux et protagonistes en quelques minutes magistrale avant qu'une intrigue plus linéaire se mette en place.
Di Caprio (impressionant) et Damon sont parfaitement complémentaire l'un complètement rongé par le poid de sa mission et l'autre trichant et mentant sans le moindre scrupule. Le remake enterre severement l'original par la mise en scene bluffante de Scorcese et dans l'approfondissement du passé des personnages qui s'avère plus complexe et fouillé. Mark Wahlberg livre une performance monstrueuse en flic rentre dedans débitant les insultes salces comme des perles. Quelques petits soucis cependant, des évènements qui vont trop vite au début (on ne ressent pas le poids des longues années undercover entre la sortie de l'école de police et les évènement du film comme dans l'original) et un peu accéléré à la finaussi. Quelques petites longueur, un Jack Nocholson excellent mais qui en fait parfois un peu trop (un peu abusé quand il joue au gros pervers dans le ciné porno meme si c'est drole ça fait sortir du film) mais sinon rien de bien méchant. Un polar de haute volée rondement mené qui prouve que Scorcese garde la forme contrairement à De Palma. 5/6
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AtCloseRange
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Post by AtCloseRange »

Le sujet du film me rappelle l'excellent State Of Grace mais bon, ça n'a sans doute pas grand chose à voir.
Joe Wilson
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Post by Joe Wilson »

Avec The Departed, Martin Scorsese nous livre une épopée du crime, un constat terrible, lucide mais désenchanté d'une Amérique viciée de l'intérieur, ou l'absence d'intégrité et du moindre sens moral ne peut que détruire des vies et sceller un avenir aveuglé.
Stylistiquement, le film est un polar dont la maîtrise de la mise en scène est digne des tous meilleurs Scorsese. On y retrouve une énergie, une urgence, une rage viscérale prêtes à exploser dans un maelstrom chaotique et impitoyable. A ce niveau, le premier quart d'heure en forme de flash-back, en plus de poser l'intrigue, développe une tension palpable, un sentiment de rupture permanente, comme si l'équilibre du film était sans cesse bousculé, se remettant en cause à chaque instant (montage haute-gamme impressionnant de Schoonmaker). The Departed ne contient aucun moment de repos, ou l'attention peut baisser, au contraire Scorsese maintient un crescendo constant jusqu'à l'inéluctable.
Le final, d'une noirceur insondable, grandit le film dans son propos, constitue même un aboutissement thématique par rapport au discours de Gangs of New York sur une histoire américaine de la violence et du mensonge. Ce n'est pas un hasard si The Departed s'installe auprès d'une communauté irlandaise. Scorsese offre une ampleur dramatique magistrale à ces mensonges d'Etat, à ces trahisons, au profit d'une criminalité qui se transmet d'une génération à l'autre et achève de contaminer une société.
Spoiler (cliquez pour afficher)
La scène de l'enterrement en grandes pompes de Costigan/Di Caprio, sur fond de musique traditionnelle irlandaise, est de loin la plus émouvante du film
Des destins brisés survivent dans cette arène de fureur contrôlée. Leonardo Di Caprio (impressionnant de colère brute, d'une révolte proche de la désespérance)et Matt Damon (très solide dans un rôle à priori plus conventionnel) incarnent deux pôles opposés, deux trajectoires symétriques. L'un est un écorché perpétuel, l'autre un fier arriviste. Ce sont des identités brisées, des vies en sursis, ne faisant que courir à leur perte. Nicholson, dont le cabotinage démoniaque fait preuve d'une justesse indispensable, incarne un Costello effrayant, tordu, assumant jusqu'à l'excès une perversion définitive. L"Etat impuissant le protège tout en le poursuivant, son existence est à la fois parasite mais indispensable. Le renversement des valeurs détruit toute tentative de pacification d'un milieu : la police nourrit le crime et vice versa.

J'ai peut-être quelques infimes regrets. Le personnage de Vera Farmiga est magnifique, mais son importance tragique aurait pu être davantage exploitée. Quelques scènes, en vrac, me semblent peut être en trop.
Mais c'est à mon avis un accomplissement majeur pour Scorsese après deux semi-réussites d'une bancale fulgurance, et un des film les plus brillants d'une belle (à mon goût) année cinématographique 2006.
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frédéric
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Post by frédéric »

Mazette, quelle fin :D , j'en suis toujours pas revenu !!!

Sinon, c'est franchement pas mal, mis à part le début, qui m'a pas véritablement passioné. Scorsese use trop de ses trucs, montage hyper rapide, ça passe vite, faut ingérer trop de choses. Mais dès qu'ils commençent à jouer au chat et à la souris, ça devient vraiment intéressant et prenant, jusqu'à une fin qui restera dans les annales !!!

Bref, j'ai bien aimé, même si c'est un peu long.

J'ai évité la vo, je voulais pas entendre fuck toutes les 2 minutes :mrgreen:
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Ouf Je Respire
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Post by Ouf Je Respire »

C'est pas compliqué, j'ai dû changer 2 fois de slip pendant la projection.

Mamma mia, quel film!
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